Les agriculteurs en colère et en détresse sont en train de payer plus de 40 ans de dérives libérale de la politique agricole qui les a mis dans les mains et sous la coupe des grands groupes agro-alimentaires et des distributeurs. Cette politique fut inspirée dès 1972 parle ministre de l'agriculture de l'époque, un certain Jacques Chirac, et n'a jamais été remise en cause par aucun des gouvernements successifs depuis, gauche ou droite confondus. Le tout étant bien évidemment encouragéet accéléré par l'Union Européenne.

Mais là où réside la résponsabilité des agriculteurs et par là même leur vrai problème, c'est que cette dérive a depuis quarante ans été soutenue et voulue par leur principal sybdicat, la FNSEA, qui a d'ailleurs eu une situation de monopole sur le secteur.

Cette situation ambigüe n'a fait que s'amplifier depuis que Mr Beulin est à la tête du syndicat . Qui est-il ? le PDG d'Avril, un des plus grands groupes agro-alimentaires de France (pour en savoir plus, lire ici), certes dont le coeur d'activité est le bio, mais qui est aussi très inverti dans la transformation et la distribution de produits alimentaires. Autrement, ce groupe n'a aucun intérêt à ce que les prix de l'agriculture augmentent puisque des prix bas lui garantissent de forts revenus. Le monde agricole en donnant toujours massivement ses voix à la FNSEA est complètement schizophrénique.

Pourtant, il semblerait que les choses changent. Le mouvement de colère aujourd'hui dans l'ouest de la France se fait pour une large part en totale autonomie, à l'écart des centrales syndicales. Mieux, il semblerait qu'une partie des agriculteurs retrournent enfin leur colère contre la FNSEA, qui les trahit depuis si longtemps (lire ici)