rêver de nouveau

30 janvier 2012

Proposition n°3 : imposer des quotas pour maintenir la présence de commerces de proximité.

J'aurai pu commenter une fois encore la logorrhée présidentielle, mais je n'en ai pas eu envie. A vrai dire, tout ce qu'il peut dire ou faire désormais est tellement risible, tellement vain, que ça ne sert plus à rien de s'apesantir dessus, à moins d'être journaliste au Figaro et d'être payé pour tomber en pâmoison à chaque claquement de talon de celui qui ne sera plus bientôt, du moins je l'espére, qu'un mauvais souvenir. Donc pas de Sarkobashing aujourd'hui, mais un retour vers une rubrique qui me tient à coeur mais que j'avais un peu abandonné ces derniers temps, celle de mes propositions en vue de la présidentielle.

 Place donc à la proposition n°3 ! Celle-ci part d'un constat simple, la désertification de nos campagnes, des quartiers populaires des grandes villes ou des centres des petites villes de province, ne concerne pas que les services publics, mais également tous ces petits commerces qu'on dit de proximité si essentiels à la vie : boulanger, boucher, charcutier, fromager, épicier, j'y ajouterai même les marchands de journaux voire les libraires, fondamentaux pour la vie d'une démocratie. Les raisons en sont certes multiples, mais il me semble qu'en premier lieu l'implantation massive de grandes surfaces et de centres commerciaux surdimensionnés, est la première cause de la fermeture de nombreux petits commerces qui ne peuvent suivre la concurrence déloyale des grandes enseignes.

L'idée serait donc de mettre en place un système de quotas. Par exemple, à partir de 500 habitants, tout village se devrait d'avoir une boulangerie (le chiffre est juste une hypothèse), ce qui ne veut pas dire qu'un village ou un quartier n'ayant pas cette population ne pourrait avoir ce commerce, mais qu'à partir de cette population la mairie disposerait de facilités pour rechercher un commerçant et lui permettre de s'installer. Mieux, elle serait dans l'obligation de le faire. 

Remettre des commerces dans les villages, dans les centres villes, c'est recréer du lien social là où il n'y en a plus, c'est permettre à des pans entiers du territoire de continuer à vivre.  C'est aussi un bon moyen de recréer de l'emploi et de changer l'image de certains quartiers. Enfin, et c'est loin d'être négligeable, c'est mettre un frein à l'expansion sans fin des supermarchés et autres centres commerciaux.

De fait, cette loi sur les quotas aurait son pendant : à partir du moment où un territoire donné remplit son quota sur  un type de commerce (boulangerie, par exemple), il ne serait plus possible aux grandes surfaces installées sur ce territoire de proposer ce commerce. L'objectif est évidemment de rendre viable le commerce de proximité. Et au bout du compte, cela serait forcément bénéficiable à l'emploi, puisque contrairement à un préjugé répandu, les grandes surfaces détruisent plus d'emplois qu'elles n'en créent sur le long terme.

 

 Sur d'autres sujets  :

La gauche alternative choletaise a trouvé une petite vidéo sympa pour expliquer l'origine de la dette.

Les Témoins du temps présent a prouvé un beau texte de l'AFP sur la situation des Grecs.

L'ami K a quand même regardé Sarkozy et s'est même fendu d'un petit texte : son verdict est sans appel.

Les Echos de la gauchosphère publient la lettre des Anonymous à l'intention de Christophe Barbier.

Jef a été choqué que l'intervention de Nicolas Sarkozy se fasse en simultané sur 6 chaînes de télévision.


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29 janvier 2012

L'intervention télévisée de Sarkozy, c'est...



 

... du vent et rien d'autre ! 

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28 janvier 2012

Où il est démontré que même dans le domaine sécuritaire le programme du Front National ne peut pas fonctionner.

Ce billet est un peu spécial. De fait, il sert de réponse à un commentaire envoyé par un lecteur, ce que je fais rarement, du moins ainsi. Il s'agissait en fait de mon billet concernant la façon dont Mme Lapix avait renvoyé Mme Le Pen dans les cordes (à lire ici). C'est visiblement un aficionado du parti d'extrême-droite qui m'a répondu. Je n'ai rien à dire sur la forme, la réponse étant relativement courtoise, fait assez rare dans ce courant d'opinion pour être noté. Je passe pour l'instant sur le contenu réel du message, j'y reviendrai en fin de billet, pour m'attarder sur ce qui est sous-entendu, c'est à dire la politique en matière de sécurité publique.

Je pense, à l'instar du commentateur, qu'il est assez juste d'affirmer que gauche et droite ont échoué dans ce domaine. La gauche par excès d'angèlisme, la droite par idéologie et populisme. Pour autant, je considère qu'il est péremptoire de suivre la logique du commentaire et de considérer que le FN serait compétent là où les autres ne le serait pas.

La meilleure preuve en est que depuis qu'il est au pouvoir, c'est une bonne partie du programme sécuritaire de Mr Le Pen en 2007 que Nicolas Sarkozy applique. Le durcissement de la politique d'immigration, la suppression de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs délinquants, la création d'un ministère de l'immigration, la mise en avant de l'identité nationale, la création de peines planchers, la remise en cause de la justice, tout cela et bien d'autres joyeusetés (la liste serait trop longue), fait partie intégrante, et depuis longtemps du corpus idéologique de l'extrême-droite, seule la remise en cause de l'abolition de la peine de mort a échappé au grand retour en arrière effectué par l'UMP. Or, que constate-t-on ? Que rien, absolument rien ne fonctionne, l'insécurité, même avec des chiffres faussés, augmente, ainsi que son corollaire, le sentiment d'insécurité.

Certes, on pourrait me rétorquer deux arguments. Le premier serait que la baisse des effectifs imposée par la politique actuelle à empêché toute amélioration substantielle. C'est oublier qu'entre 2002 et 2007, les mêmes effectifs ont fortement augmenté, sans résultats significatifs, si ce n'est ceux liés à la communication de celui qui sera le futur président en 2007.

Le second argument consisterait à dire  que si cela n'a pas fonctionné, c'est parce que Mr Sarkozy n'est pas allé assez loin. Il est vrai que le président ayant largement pillé les idées de son père, Mme Le Pen a donc décidé de faire dans la surenchère. Comment peut-on expliquer que ce qui a dégradé la situation marchera mieux si on le fait de façon plus radicale ? Soyons pragmatique, ce qui ne marche pas, ne marche pas. Point barre.

Ce n'est pas par plus de répression que passe la solution. Certes, il en faut malheureusement, mais elle ne doit pas consister le seule volet d'une politique sécuritaire. La prévention doit redevenir une priorité des forces de police. Mais cela ne peut suffire, l'aspect social de l'insécurité doit être traité. Pourquoi est-elle plus fréquente dans les quartiers populaires (ou du moins différente, parce que la délinquance des cols blancs, ça existe aussi) ? Il faut traiter les causes de l'insécurité pour que celle-ci baisse. A-t-on déjà vu un plombier ne faire qu'évacuer l'eau qui fuit sans s'occuper de colmater la fuite ? Mais peut-être Mme Le Pen n'a pas de problèmes de fuite chez elle ?

Pour terminer, je voudrais revenir sur le contenu du billet, dont voici le texte :

"Avant de dire que le programme de Mme Lepen ne tient pas la route,...il faut souligner là ou les programmes des "ennemis-amis" droite-gauche nous mis dans la situation dans laquelle nous sommes! Je ne parle pas du reste,...le drapeau national qui sert de torche anus, la Marseillaise huée et sifflée, les flics, les pompiers, les chauffeurs de bus et de rames de métro,...caillassés et les groupes de rap qui insultent le pays avec la complicité des associations contre le racisme!...on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas!!!"

Je me contenterai de rappeler à cette personne que depuis qu'elle existe la Marseillaise a toujours été sifflée, qu'à de multiples reprises dans l'histoire de notre pays, le drapeau national a été brûlé, que la police n'a jamais fait non plus l'objet d'un amour immodéré de la part d'une grande majorité de citoyens. Quant aux paroles des groupes de rap, je renvoie à Brassens, Brel, Ferré sans aller jusqu'à Bruant ou Couté qui allaient 10 000 fois plus loin dans le rejet de l'autorité et leur haine de la police. Pourtant, il ne viendrait à personne l'idée saugrenue de les interdire.

Toutefois, la grande différence entre ces évènements d'autrefois et ceux d'aujourd'hui, c'est l'ultramédiatisation actuelle qui déforme notre objectivité et influe notre jugement. D'autant plus que rien n'indique une recrudescence du sentiment anti-français, mais seulement un malaise profond de la part d'une population qui cherche une place dans la société qu'on s'obstine à lui refuser.
 


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24 janvier 2012

Non, la classe ouvrière ne vote pas Front National !

C'est la nouvelle antienne médiatique, celle que l'on rabâche à longueur de journées histoire que vous la compreniez bien, qu'elle vous rentre bien dans le crâne : les ouvriers, les employés, bref, les classes populaires vont voter massivement pour Marine Le Pen. Massivement ! C'est en général le terme qui est utilisé. Il n'est pas anodin ! Massivement, cela suggère en creux que c'est énorme, qu'il y a peu de personnes parmi ces ouvriers, ces classes populaires qui ne rallient pas derrière le parti d'extrême-droite.

C'est qu'il faut bien que vous imprimiez, ces classes populaires sont la lie de la société. Autrefois ils se jetaient dans les bras du parti communiste, aujourd'hui ils seraient épris de nationalisme et de racisme. Ces gens là sont mauvais, il faut vous en méfier, ce sont eux qui nous apporteront le malheur ! En tout cas, c'est le message sous-jacent.

Sauf que tout cela est faux, contredit par les mêmes enquêtes sondagières qui servent d'appui à ces contre vérités. Certes, il est vrai que le PCF, du temps de sa superbe a été très influent dans les milieux populaires et ouvriers. Mais il n'y a jamais été majoritaire. Socialistes, gaullistes, chrétiens sociaux y ont toujours conservé un ancrage. De même, s'il est évident que Mme Le Pen peut réaliser un bon score dans ces classes sociales au mois d'avril, il convient de relativiser fortement cette soi-disant percée.

En moyenne, selon les instituts de sondage, Mme Le pen serait autour de 35 %, dans ce qui est communément appelé, les classes moyennes inférieures (rien que l'expression en dit long sur la façon dont on les considére). Ce qui revient à dire que 65 % ne veulent pas de l'extrême-droite ! J'ai vu des scores plus massifs dans ma vie ! Mais ce n'est pas tout, car si on ajoute les scores de Mélenchon et de Hollande au sein de ces populations, on s'aperçoit que c'est encore la gauche qui a leur préférence. Et que ce choix s'accentue au second tour, et là on peut employer le terme massif, puisque ça tournerait autour de 70 % ! D'ailleurs, au passage rappelons que les ouvriers (53 %) et les employés (55 %) ont majoritairement voté à gauche en 2007, contrairement à cette idée fausse qui voudrait qu'ils aient "massivement" là encore succombé au charme sarkozyste.

35 %, c'est certes beaucoup, mais on est loin de la déferlante subodorée. Dautant plus que dans ces enquêtes, il y a un petit détail qui est omis. Dans les grandes entreprises françaises, nombre d'ouvriers sont étrangers, et ne sont donc pas pris en compte dans ce calcul.

Mais peu importe, j'admets que le chiffre est important ! Beaucoup trop à mon goût. Encore faut-il savoir d'où ils viennent ces 35 % d'ouvriers, d'employés qui tomberaient en pâmoison pour la maîtresse de maison du manoir de Montretout.

Commençons par un petit rappel historique si vous le permettez. Même dans les années 50 et 60, quand le PCF culminait à près de 25 %, il y a toujours eu dans ce pays un bon tiers des ouvriers qui votaient à droite. Toujours ! Or, que constate-t-on aujourd'hui, comme ce d'ailleurs aussi le cas en 2002 ? L'effondrement du candidat de la droite traditionnelle au sein des couches populaires. Sarkozy serait estimé en dessous de 10 % chez les ouvriers ! C'est bien de là que viennent les voix, d'une radicalisation de l'électorat populaire de droite. Et s'il y a bien quelques voix qui proviennent de gauche, il faut tordre le cou à cette idée trop souvent répandue qui voudrait que anciens communistes soient devenus "massivement" lepénistes. Une preuve ? En 2002, c'est en Alsace et sur la Côte d'Azur que le FN a fait ses meilleurs scores, régions où le PCF a toujours été peu implanté.

S'il est vri que le FN prospère du désenchantement envers les politiques de droite comme de gauche, il n'en reste pas moins que la classe ouvrière, dans son ensemble, reste attachée à la gauche et que celle qui glisse vers l'extrême-droite était déjà à droite.

 

Sur d'autres sujets : 

Je vous conseille, comme souvent, les petits billets plein d'humour noir de gballand.

Marianne 68, une nouvelle venue digne d'intérêt ! 

J'aime bien l'atmosphère heureuse que l'on trouve sur le blog de Raymichemin.

Sur le blog de la gauche alternative choletaise, on trouve une déclaration intéressante de Patrick Braouezec sur l'obligation de neutralité dans les structures de la petite enfance.

Annie fait des petits rappels historiques sur la méfiance qu'il convient d'avoir envers le PS.

Les petits billets de Cloudy font du bien au moral. Et ce n'est pas rien !

Dasola conseille d'aller voir Millénium.

Je goûte toujours autant l'humour corrosif de Tropicalboy.

Jef est très critique sur le discours de François Hollande.


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22 janvier 2012

Hollande fait un show à l'américaine pour lancer sa campagne : efficace mais pauvre sur le fond !

Sauf si vous vivez sur une île déserte sans aucun moyen de communication, vous ne pouvez pas ignorer que François Hollande faisait son premier grand meeting de campagne. "L' évènement" a été, comme qui dirait, un tantinet survendu. Mais peu importe, de toutes façons, il était intéressant de l'entendre, ne serait-ce que pour savoir si dans le cas où il serait le candidat de second tour le plus à gauche, il mérite d'avoir ma voix.

 Sur la forme, nous avons eu droit à un véritable show à l'américaine : la "grande famille" socialiste réunie toute souriante, des peoples sur la scène et au premiers rangs, une foule en liesse qui agite les drapeaux et réagit quand il le faut, une salle avec des écrans télés partout. Bref, du clinquant, mais "l'américanisation" s'est également ressentie sur le fond du discours. Maintenant, il n'y a plus moyen d'y couper, c'est comme si les éléments de story-telling était un passage obligatoire pour les candidats. On a donc eu droit à l'évocation de ses parents, à une déclaration d'amour envers la gauche, à un véritable CV de candidat à la présidentielle. Il ne s'agit pas là de projets, mais de montrer que l'on a envie. On est bien loin là du contenu des discours de Jean-Luc Mélenchon qui ne sont que pédagogie et explications sur les raisons de la crise et les moyens de s'en sortir.

Je sais, certes, qu'il ne s'agissait pas ici de présenter un projet. Visiblement, ce sera fait dans la semaine. Mais que faut-il en attendre quand dans le même discours le candidat socialiste déclare que son adversaire principal est la finance mais n'indique jamais qu'il est partisan d'une refonte totale du système économique, voire d'en trouver un autre ? Le problème de François Hollande n'est pas tant la sincérité de ses convictions de gauche, qui sont je pense réelles, mais les concessions qu'il est prêt à faire pour conquérir et garder le pouvoir.

Pourtant, il convient d'être honnête. François Hollande a fait un bon discours. On trouve même dedans certaines propositions qui sont de vrais marqueurs pour des gens de gauche : l'inscription de la laïcité dans la constitution, le droit de vote des immigrés, la fin des stocks-options, la création d'une vraie taxe Tobin, etc. Toutes sortes de mesures qui font que même sans illusions, je n'aurai aucun scrupule pour mon vote de second tour.

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