rêver de nouveau

Les trois obstacles à la mise en place d'une vraie politique de gauche

"Nuit debout" aura au moins a minima eu un effet bénéfique majeur : celui de repolitiser toute une génération. Cette repolitisation se fait par la parole, par l'échange, par la prise de conscience que seule l'action collective peut faire bouger les lignes. Ce sont donc les bases des utopies, des actions et des luttes à venir qui se discutent sur des dizaines de places dans toute la France. Mais, pour aller plus loin, il me semble qu'il faudrait cerner les obstacles à la mise en place de vraies politiques de gauche et réfléchir aux moyens, aux solutions pour les contourner ou les dépasser. Ces obstacles, s'ils sont multiples et divers, j'en distinguerai pour ma part trois qui me semblent essentielles.

Le premier est évident, il s'agit du Parti Socialiste. Depuis plus d'un siècle, les socialistes ont toujours tenu des discours enflammés sur l'égalité, la justice sociale et la conquête de droits nouveaux quand ils sont dans l'opposition, pour mieux les oubliés une fois au pouvoir. C'est Jules Moch qui fit tirer sur les mineurs en grève en 1947, c'est Guy Mollet qui enfonça le pays dans la guerre en Algérie, c'est François Mitterrand qui prit le tournant de la "Rigueur" et amorça tous les sacrifices qui vont avec, c'est Lionel Jospin qui privatisa comme aucun autre Premier Ministre avant lui, c'est François Hollande qui désigna la finance comme son ennemi et se soumit à elle sans avoir opposé la moindre petite résistance. Depuis toujours, le Parti socialiste se revendique de gauche mais n'est autre que la "Cinquième colonne" du capitalisme au sein des forces de progrès pour mieux neutraliser ces dernières.

Le second obstacle me paraît essentiel, et il faut au moins reconnaître à François Hollande la lucidité de l'analyse (à moins que ce ne soit de l'hypocrisie ou de la perfidie) : il s'agit de la finance. La crise de 2008 aura au moins eu un bienfait, celui d'ouvrir les yeux à des millions de personnes sur les agissements réels des banquiers. L'argent qu'on leur confie ne sert qu'à spéculer toujours plus, faire toujours plus de bénéfices et de profits pour un nombre toujours plus restreints d'actionnaires, de milliardaires et de rentiers. Les banques qui devraient financer l'économie et permettre à l'argent de circuler, sont en fait l'obstacle majeur à toute reprise économique.

Le troisième est le moins évident, mais il n'en est pas moins important, il s'agit du vieillissement de la population. De fait, une population toujours plus âgée est de facto une population qui se recroqueville sur elle-même et sur ces acquis, une population en étt de fragilité qui succombe plus facilement aux discours sécuritaires basés sur la peur. Ce n'est pas pour rien si Nicolas Sarkozy a dû son élection en 2007 grâce aux + plus de 60 ans. Il s'agit aussi de la génération qui nous a amené aux dérives individualistes que nous connaissons aujourd'hui. Attention, il ne s'agit pas là de prôner une éradication des plus vieux, je n'en suis plus si loin et je sais trop bien ce que l'expérience des plus anciens à de précieux, il s'agit d'abord et surtout de réfléchir aux moyens de contourner et de maintenir la droitisation constante de cette frange de la population.

Voilà, ce sont justes quelques réflexions, mais elles me semblent utiles au débat. Pour aller plus loin, je vous propose la lecture de cette interview d'Emmanuel Todd : ici .

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Loi travail : le gouvernement doit reculer pour l'exemple !

La refonte du code du travail présentée par Mme El Khomri et voulue par le Premier Ministre constitue une attaque sans précédent contre les travailleurs de ce pays. C'est une précarisation généralisée que l'on nous prépare, et les Français qui ont signé massivement la pétition ne s'y sont pas trompés. Il faut maintenant se retrouver dans la rue pour obtenir le retrait de cette loi.

Cependant, je vois une deuxième raison pour laquelle il faut se battre comme des chiens cette fois-ci, et surtout gagner. Une raison certes politicienne, mais qui peut nous valoir une certaine protection contre des attaques futures : il faut se battre parce que c'est la gauche qui présente ce texte.

Je m'explique. La France n'est pas une île à part dans le monde, et ce mouvement de droitisation libérale, certes bien avancé chez nous aussi, a déjà été mis en place dans une grande partie de l'Europe. Et à chaque fois, les plus grands coups ont été portés par les sociaux démocrates : Blair au Royaume-uni, Schröder en Allemagne, Zapatero en Espagne, Prodi et maintenant Renzi en Italie, et depuis 2012 Hollande fait le sale boulot en France.

La raison en est simple, libéraux, conservateurs ou sociaux démocrates sont tous sur la même longue d'onde sur la politique économique, ils sont tous, peu ou prou convertis au libéralisme et aux ordres des multinationales. Mais pour des raisons que j'ignore, qui tiennent certainement de la psychologie ou d'un certain romantisme politique, les peuples se mobilisent plus facilement quand les attaques proviennent de la droite.

Il ne faut donc rien lâcher cette fois-ci, montrer que même quand le pays est dirigé par des gens qui se disent de gauche, la colère peut s'exprimer massivement. Et surtout, il faut gagner pour l'exemple, pour que les éventuels futurs gouvernants de gauche y réfléchissent à deux fois avant de nous trahir. Pour le moral, mais surtout pour le symbôle que cela représenterait, il nous faut une victoire contre cette "gauche"-là.

 

Et surtout, n'oubliez pas, la première manif, c'est  :

Le 9 Mars à 14 H. à République (et partout en France)

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La France rebelle bouge encore !

Dans une grande partie du monde occidental on sent bien que les choses bougent. L'aspiration d'une partie importante des peuples à plus d'équité, de justice sociale et de démocratie se fait partout entendre, dans la continuité de ce que fut le mouvement des Indignés. Ce fut la victoire historique de Syriza en Grèce (même si après avoir âprement résisté, Tsipras a capitulé dans les grandes largeurs), la percée historique de Podemos en Espagne, l'arrivée au pouvoir non moins historique du parti communiste et de la gauche radicale au Portugal, la percée sans précédent du Sinn Fein en Irlande. C'est aussi la prise en main du parti travailliste britannique par les tenants de l'aile gauche ou encore le véritable engouement de la jeunesse démocrate américaine autour de la candidature de Bernie Sanders, le seul député états-unien à se revendiquer socialiste. Les choses bougent dans les têtes et les consciences et parallèlement à la vague conservatrice, réactionnaire et de repli sur soi, il y en a bien une autre favorable aux idées de progrès social et à l'ouverture aux autres qui déferle un peu partout.

Partout ? Peut-être pas. Il semblerait que la France, pourtant le pays chantre de la rébellion et la lutte sociale, ce pays qui est parfois montré en exemple dans les mouvements sociaux internationaux pour la réputation d'insoumission de son peuple, ce pays donc est pour une fois à la traîne. Morosité ambiante, dépression nationale, repli identitaire sont des termes que l'on entend régulièrement ces derniers temps à propos de la France et des Français. A tel point que dèsormais, dans les médias dominants, seule l'extrême-droite est présentée comme un recours à l'oligarchie politico-economico-médiatique qui nous dirige et nous domine.

Et pourtant, pourtant, à y regarder de plus prés, la réalité est un peu moins sombre et un peu moins déprimante. Certes, l'ambiance n'est quand même pas au grand soir ou à la révolution, mais peu à peu des signes apparaissent que quelque chose bouge dans cette société que l'on nous dit pourtant sclérosée et apathique.

Ces signes, ils peuvent être tout petits comme l'incroyable succès populaire du film "Merci, patron" de François Ruffin. C'est aussi le regain de lecteurs pour la deuxième année consécutive du Monde diplomatique (qui signe même la plus forte progression de la presse tous journaux confondus, ce qui n'est pas rien dans un monde journalistique en crise profonde) ou la progression constante du site Médiapart, tous deux clairement engagés pour un changement de modèle économique. Certes, on pourra rétorquer qu'il ne s'agit là que de la gauche intellectuelle, souvent taxée de bobo. Et alors, non seulement il est salutaire qu'elle existe et se fasse entendre, mais surtout sa progression dans un milieu où seuls les "intellectuels" réactionnaires de tous poils ont droit de cité est peut-être une indication sur un mouvement de fond dans la société, comme si le balancier idéologique bien ancré à droite en ce moment, s'apprêtait enfin à repartir dans l'autre sens.

Des indications de la même veine, mais plus tangibles cette fois, il y en a d'autres, à l'instar de tous ces mouvements qui fleurissent sur le territoire, comme les luttes de Sivens et de Roybon ou encore celle contre la ferme des mille vaches ou contre les gaz de schiste (laquelle a d'ailleurs rassemblé des milliers de personnes dans le Gard). La plus emblématique de toutes étant évidemment celle contre l'aéroport de Notre Dame des Landes qui est en train de prouver qu'un autre monde est possible, un monde respectueux de l'environnement et des Hommes qui y vivent, un monde où les profits économiques d'une clique restreinte ne sauraient être la seule variable d'ajustement.

Autre signe ? Ce qui se passe autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Que l'on aime ou pas le personnage, que l'on approuve ou pas ses idées, on est bien obligé de reconnaître qu'il se passe quelque chose de ce côté-là. En moins de trois semaines, ce sont plus de 70 000 personnes qui ont décidé d'appuyer sa candidature et surtout prés de 600 groupes de soutien dans toute la France. A plus d'un an de l'échéance présidentielle, c'est beaucoup, et ce d'autant plus que cela se produit contre toute la classe politico-médiatique, de la droite à la gauche radicale qui a unanimement condamné une initiative décriée comme solitaire et contre-productive. Pourtant, son actuel succès pourrait bien la première pierre d'une insurrection populaire.

Insurrection populaire ? Et si les Français, ce peuple considéré comme morose et dépressif était en train de la construire ? Parce que le plus grand signe indiquantque nous sommes peut-être dans un moment particulier, réside bel et bien dans le succès fulgurant et colossal de la pétition contre le projet de réforme du code du travail. 800 000 signatures en moins de deux semaines ! Bientôt 1 million ! Et derrière ce rejet de ce qui n'est qu'un formidable recul pour la condition des travailleurs et des plus humbles, c'est une immense colère qui s'exprime, mais surtout, quand on lit les commentaires, l'espoir d'un monde plus juste. Et quand l'espoir renaît, tout alors redevient possible !

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On vaut mieux que ça !

Face à l'attaque sans précédent contre le monde du travail que constitue la loi El Khomri, la riposte s'organise. Après le succès incroyable de la pétition (ici), ce sont les internautes qui s'organisent en créant une plateforme :

 

 

Et maintenant, ce sont les étudiants qui rentrent dans la lutte (ici). Au moment des dix ans du CPE, ça rappelle quelque chose !

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Le Problème des agriculteurs ? La FNSEA

Les agriculteurs en colère et en détresse sont en train de payer plus de 40 ans de dérives libérale de la politique agricole qui les a mis dans les mains et sous la coupe des grands groupes agro-alimentaires et des distributeurs. Cette politique fut inspirée dès 1972 parle ministre de l'agriculture de l'époque, un certain Jacques Chirac, et n'a jamais été remise en cause par aucun des gouvernements successifs depuis, gauche ou droite confondus. Le tout étant bien évidemment encouragéet accéléré par l'Union Européenne.

Mais là où réside la résponsabilité des agriculteurs et par là même leur vrai problème, c'est que cette dérive a depuis quarante ans été soutenue et voulue par leur principal sybdicat, la FNSEA, qui a d'ailleurs eu une situation de monopole sur le secteur.

Cette situation ambigüe n'a fait que s'amplifier depuis que Mr Beulin est à la tête du syndicat . Qui est-il ? le PDG d'Avril, un des plus grands groupes agro-alimentaires de France (pour en savoir plus, lire ici), certes dont le coeur d'activité est le bio, mais qui est aussi très inverti dans la transformation et la distribution de produits alimentaires. Autrement, ce groupe n'a aucun intérêt à ce que les prix de l'agriculture augmentent puisque des prix bas lui garantissent de forts revenus. Le monde agricole en donnant toujours massivement ses voix à la FNSEA est complètement schizophrénique.

Pourtant, il semblerait que les choses changent. Le mouvement de colère aujourd'hui dans l'ouest de la France se fait pour une large part en totale autonomie, à l'écart des centrales syndicales. Mieux, il semblerait qu'une partie des agriculteurs retrournent enfin leur colère contre la FNSEA, qui les trahit depuis si longtemps (lire ici)

 

Posté par leunamme à 13:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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