Ce qui se passe actuellement avec la Grèce est particulièrement inquiétant. Il ne s'agit pas seulement de résoudre une grave crise économique, mais d'abord et surtout d'une atteinte à la démocratie. Plus exactement nous avons en ce moment un exemple de dictature libérale, un monde où seul le marché et les banques ont tous les droits. Le pire ? c'est que tout cela se fait paradoxalement au nom de la démocratie.

Nous avons un peuple, les Grecs, qui au début de cette année se sont choisi un gouvernement prônant une politique économique différente de celle voulue par la doxa libérale qui dirige tout de Bruxelles à Berlin en passant par Paris ou Londres. Une politique qui se veut d'abord respectueuse des citoyens plutôt que des marchés et de la finance. Une politique qui vise à faire payer en premier lieu ceux qui depuis toujours s'exonèrent de l'effort collectif : les banques, les armateurs ou encore l'église orthodoxe. Or, depuis 6 mois, tout est fait pour décourager ce nouveau gouvernement, pire, certains prétendus journalistes, affidés du système vont jusqu'à expliquer comment le destituer pour le remplacer par un autre plus compatible avec l'austérité libérale.

Quand "Le Monde" rêve d'un putsch contre Tsipras (+ Acrimed)

Au moment où nous écrivons, les pressions s'accentuent sur la Grèce pour qu'elle accepte les mesures de rigueur imposées par ses créanciers. Depuis plusieurs mois, Le Monde y contribue à travers, notamment, les chroniques furieuses d'Arnaud Leparmentier contre le gouvernement d'Alexis Tsipras.

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Désormais, leur crainte d'une politique de redistribution, leur peur de l'expression populaire, de la "vox populi", est telle qu'ils refusent tout référendum sur l'acceptation ou non des politiques qu'ils veulent imposer. Quand Tsipras annonce un telle initiative, il suffit de quelques heures pour couper les mannes financières à la Grèce et dénier toute légitimité à ce scrutin.

Quelque part cependant, on pourrait être enclin à donner raison à tous ces donneurs de leçons, de Juncker, à Merckel en passant par Hollande ou Lagarde. De quel droit la Grèce veut elle imposer aux autres sa politique ? Tous les autres gouvernements ne sont-ils pas eux aussi sortis des urnes ? Cet argument, souvent repris pour expliquer que l'on ne peut céder au peuple grec bute cependant sur un point légitime : si tous les gouvernements sont légitimes, jamais un seul peuple n'a voté majoritairement pour les politiques qui sont menées. Pire, les rares fois où des citoyens européens ont été consultés sur les politiques menées en Europe ces dernières années, leur verdict a toujours été sans appel : non au traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas, non au traité de Lisbonne en 2008. Pourtant, aujourd'hui, d'une façon ou d'une autre, ces textes sont en application, contre l'avis des peuples.

De même, c'est au nom de la sacro-sainte loi des 3 % de déficit public que tous les pays de la zone Euro sont mis en coupe réglée pour tour toujours plus d'austérité. Or, nul part aucun peuple, aucun parlement n'a été consulté pour appliquer cette potion-là. D'où vient-elle ? Qui a décidé de ce chiffre ? C'est assez abscons, et surtout peu démocratique, pourtant, tout le monde s'y plie et c'est au nom de cette règle d'airain que l'on veut plonger des milliers de retraités, de petits épargnants grecs, dans la misère.

 

Déficit public : L'histoire secrète du 3%

C'est un témoignage direct d'un ex-haut fonctionnaire, qui raconte comment a été " inventé " le fameux critère des 3% de déficit en pourcentage du PIB. Un témoignage passionnant qui montre que ce critère des 3% est né au tout début des années 1980 et combien il est fort peu économique ...

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L'Union Européenne est aux mains du FMI, des banques, des multinationales, des lobbies. Elle n'est plus démocratique si tant est que sa vocation ait été un jour de l'être. C'est pour cette raison qu'il faut soutenir Tsipras et son gouvernement, c'est pour cette raison que nous devons sortir de cette Union qui ne fait que le jeu du grand patronat, et il serait grand temps que la gauche (la vraie, pas le PS), se décide enfin à sauter le pas et à ne pas laisser ce sujet au seul Front National.