A en croire Philippe Marlière, politologue de renom, Jean-Luc Mélenchon en proposant sa candidature à la présidentielle sans l'aval du Front de gauche, tournerait le dos à l'histoire de la gauche (rien que ça !)(lire ici). Il validerait ainsi la dérive présidentialiste de la cinquième République, s'inscrirait dans la personnification du débat politique et défendrait au final une vision conservatrice de la République. Tout cela serait peut-être pertinent si Mr Marlière n'omettait pas d'une part de dire que la démarche de Jean-Luc Mélenchon s'inscrit dans la construction d'une VIème République où le peuple aurait toute sa place et si surtout et d'autre part de rappeler que l'histoire de la gauche c'est d'abord l'histoire de la défense d'idées et d'idéaux.

Or, à l'heure où le gouvernement Hollande (gouvernement de droite contrariée) présente une reforme du code du travail dont le seul qualificatif qui convient est celui d'inepte, c'est bel et bien toute la question, et c'est bien d'idées et d'idéaux de gauche dont il est ici. Dans le même temps alors que l'hypothèse d'une candidature Hollande semble perdre de l'importance au fur et aà mesure que l'échéance se rapproche, le Parti Socialiste, avec Jean-Christophe Cambadélis (lire ici) souhaite participer à une éventuelle primaire à gauche.

On est en droit de s'interroger sur l'attitude du PCF, et donc de Pierre Laurent ou du parti Ensemble ! de la Clémentine Autain, qui rappelons-le, au moment de la présidentielle de 2012 étaient vent debout contre l'idée d'une primaire à gauche. Aujourd'hui ils participent à des réunionspour mettre en place un tel processus. Rappelons quand même que le principe d'une primaire est que les candidats battus soutiennent le vainqueur, quelles que soient ses positions. Dans le cas, possible voire probable, où le PS participe à cette primaire en soutenant un ou plusieurs candidats issus de la mouvance sociale libérale, celle-là même qui défend aujourd'hui la réforme du code du travail, est-ce que Mr Laurent ou Mme Autain accepteraient de soutenir un candidat qui : 

          - supprime quasiment le paiement des heures supplèmentaires ?

          - fait passer la semaine de travail à 48 voire 60 heures ?

          - décredibilise les syndicats en autorisant les référendums à l'intérieur de l'entreprise ?

          - facilite les licenciements ?

          - plafonne les indemnités de licenciements ?

Sauf, à l'instar des écologistes, à se renier complètement, ils ne peuvent pas accepter cela. Alors pourquoi participer à une primaire qui pourrait inclure des socialistes et donc légitimer cette politique-là, même si elle était battuée ?