Il est une méprise historique qu'il convient de réparer : l'effondrement du Parti Communiste Français n'a pas commencé avec la chute du mur de Berlin. En fait cet évènement qui a changé la face du monde n'a été qu'un accélérateur d'un déclin déjà bien entamé, qui en était presque à sa phase terminale.

En fait, c'est avec le programme commun en 1974 que les choses commencent à se dégrader pour le parti de la place du Colonel Fabien. Pour la première fois depuis la guerre, le PCF envisage de revenir au pouvoir, mais ainsi il redonne de la visibilité à un PS issu de la vieille SFIO, encore moribond. François Mitterrand cherchera toujours les alliances avec les communistes, pour mieux utiliser leur force militante. Pour mieux les tuer aussi.

L'alliance ainsi voulue pour la présidentielle de 1974, tiendra jusqu'au municipales de 1977, véritable succès pour la gauche, enfin surtout pour le PS. C'est le premier avertissement, il y en aura d'autres, la direction du Parti Communiste n'en tiendra pas compte, continuera à s'allier au PS pour occuper les postes de pouvoir, que ce soit au gouvernement ou dans les assemblées locales. A chaque fois la politique menée sera à dominante sociale-démocrate, de plus en plus droitière, de plus en plus libérale. Jamais le PCF ne pèsera sur les choix politiques fondamentaux.

Voila, où est son erreur fondamentale ! En participant à des pouvoirs qui mènent des politiques contraires à ses idées, en ne démissionnant pas (ou jamais à temps), le PCF tourne le dos à ce qui est sa force, son identité première : l'espérance d'un monde meilleur, plus juste plus égalitaire. En choisissant les postes de pouvoir à ses idées, en se compromettant avec le système, il se suicide politiquement, indiquant à l'immense masse de citoyens qui a besoin de cette utopie, qu'ils sont comme les autres, que le principe de réalité l'emporte toujours.

Je suis convaincu qu'en ne faisant pas de compromissions avec les idées, en faisant le choix de rester un parti d'opposition, non seulement le PCF aurait pu continuer à peser dans le débat politique, mais il aurait pu passer avec plus de facilités la tourmente politique que fut la chute de l'URSS.

L'ironie de l'histoire veut que ce soit justement un homme qui a fait le chemin inverse qui exige que le PCF revienne à ses vielles valeurs : pas de concessions avec le grand capital, même lorsqu'il met ses habits roses. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon  est en train de découvrir à ses dépens que le PCF est devenu un parti de notables et qu'il s'est suicidé à ne pas vouloir se voir ainsi. Il faut revenir à ce qui en politique devrait être l'essentiel, à ce qui ne devrait être que la seule motivation d'un vote : les idées plutôt que les personnalités politiques. Il devient malheureusement de plus en plus évident que cela ne pourra pas se faire avec le PCF.