Curieux résultats que ceux de dimanche soir dans le Doubs, avec un vainqueur qui fait la tête et une battue si joyeuse que l'on croirait qu'elle a gagné. La vérité est pourtant bien plus simple : les présents du second tour comme les éliminés au premier, tous ont perdu.

A l'UMP, certains, au soir du premier tour, ont voulu nous faire croire que la défaite était à relativiser, puisque le candidat avait gagné 3 points depuis 2012. Gagné 3 points certes, mais il n'était pas qualifié pour le second tour contrairement à 2012 et contrairement aux 12 élections partielles passées. Cherchez l'erreur ! Mais, c'est surtout, le 8 février que l'UMP est apparue comme la grande perdante. Après des jours de cacophonie, le parti avait péniblement choisi de ne pas choisir entre le PS et l'UMP, d'appeler à l'abstention en quelque sorte. Résultat ? 6 000 électeurs de plus et une part importante des votants UMP du premier tour qui se sont reportés sur l'un des deux candidats restants. Bref, un fiasco total et un parti devenu inaudible. Le sujet de la prochaine conférence de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, c'est la stratégie politique ?

Le PS est évidemment le deuxième perdant. Certes, son candidat a gagné, mais avec un score étriqué. Certes, il a enfin enrayé la spirale de défaites depuis 2012. Mais quand même, 10 000 électeurs de moins en 2 ans et demi ! Ce simple chiffre en dit long sur la désillusion de son électorat et sur l'ampleur du rejet de la politique de François Hollande. La remontée de François Hollande dans les sondages ne serait-elle qu'une bulle médiatique ?

Enfin, tout aussi paradoxal que cela puisse être, le FN est également perdant de ce scrutin. La stratégie mise en place par le parti de la fille de Jean-Marie, bien relayée par les médias, consiste à faire croire que cette défaite est presque une victoire compte tenu de la forte augmentation du score de la candidate lepéniste entre les deux tours. C'est vrai ! Encore faut-il rappeler que ce résultat, si serré soit-il, conforte l'idée que le parti de Mme Le Pen est incapable la plupart du temps de capter 50 % des électeurs. Il n'a jusqu'ici gagné que dans des triangulaires ou presque. C'est d'autant plus rageant pour lui que le terrain lui était favorable. Un scrutin un mois après les attentats remettant les thèmes favoris du parti sur le devant de la scène, une circonscription populaire où Mme Le Pen fait des scores de 8 à 10 points supérieurs à sa moyenne nationale, et surtout pour une fois, elle était en lice contre le candidat de gauche, ce qui lui laissé l'espoir de capitaliser sur une bonne partie des votes de droite. Las ! malgré ce contexte favorable, le FN est encore battu. Etre incapable de faire élire ses candidats, pour un parti qui aspire à gouverner, avouez que cela fait mauvais genre. Le FN a-t-il atteint son plafond de verre ?

Pour terminer, je voudrais dire un mot sur la participation que l'on nous a présenté comme étant en forte hausse. Malgrè la présence du FN au second tour, et malgré la forte médiatisation du scrutin, 1 électeur sur deux a choisi de rester chez lui. Rien que cela suffit à dire qu'ils ont tous perdu !