maj sjowall

Le commissaire Nyman est assassiné de façon particulièrement brutale. Martin Beck et son équipe sont chargés de l'enquête, et ils ne tardent pas à découvrir les méthodes policières pour le moins douteuses de la victime. Rapidement, ils envisagent que les violences et les abus de pouvoir du commissaire Nyman aient pu entrainer une vengeance.

Un nouvel épisode de la saga Martin Beck écrite autour dans les années 60 et 70. Le septième plus précisément de cette série qui en comptera 10. Le plus noir de tous sans aucun doute.

Avec "L'Abominable homme de Säffle" Maj Sjöwall et Per Wahlöö continuent d'explorer les travers de la société suèdoise. Ils s'attaquent cette fois-ci aux violences policières et au passé parfois sulfureux de certains policiers durant les années de guerre. La démonstration est implacable et fait froid dans le dos. L'écriture est plus resserrée, plus tranchante que jamais, elle sert admirablement un récit qui inexorablement nous emmène vers le pire. Contrairement à certains de leurs autres romans, il n'y a pas d'échappatoire cette fois-ci, la fin, logique ne peut-être qu'une boucherie, et cequi reste une fois le livre refermé, c'est un immense trouble : on ne sait plus qui désigne vraiment le titre, qui est l'abominable homme du roman.

Quand le livre sortira en 1971, il fera grand bruit en Suède, parce que la question des violences policières, pourtant monnaie courante, était encore taboue. Le fameux couple d'auteur suèdois va donc mettre les pieds dans le plat, de façon admirable, comme toujours.

Il faut lire Maj Sjöwall et Per Wahlöö, il faut lire toute la série des Martin Beck ! Parce que le roman policier a bel et bien existé en Europe du nord avant Stieg Larsson, avant Henning Mankell. Le roman policier nordique qui fait fureur aujourd'hui, ce sont eux qui l'ont inventé. Et ils n'ont encore été égalé à ce jour.