rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

04 décembre 2009

Christian Estrosi : le sarkozyste zélé.

Il en est des ministres comme de l'ensemble des citoyens, certains sont plus enclins à faire du zèle que d'autres. C'est assurément le cas de Christian Estrosi. Le maire de Nice a donc décidé d'en rajouter une louche sur le thème de l'insécurité et de publier un de ces fameux arrêtés municipaux sur les mineurs qui font tant parler. Pourtant, il n'a sauté aux yeux de personne qu'il y avait plus de délinquances à Nice qu'ailleurs.

Oui, mais la population aisée et vieillissante présente en masse sur la promenade des Anglais a eu légèrement tendance à voter Front National ces dernières années (comme quoi, trop de soleil, cela peut parfois être nuisible). A la veille d'élections qui s'annoncent périlleuses, il faut bien donner des gages à cet électorat si on ne veut pas qu'il retourne dans les bras de Jean-Marie Le Pen. Peu importe le scepticisme des forces de police ace à ce couvre-feu, peu importe qu'une nouvelle fois on règle un problème de société par la force, peu importe que la menace de suppression d'aides sociales contribue surtout à enfoncer un peu plus des familles qui auraient plutôt besoin qu'on les aide. Non, Mr Estrosi a parfaitement compris que son mentor qui dirige l'Elysée voulait faire de la sécurité un thème de campagne, donc il communique sur ce sujet, montre ses petits muscles, et pour les conséquences, on verra plus tard.

Mais ce n'est pas tout, car Mr Estrosi est vraiment un bon soldat du sarkozysmesarkozysme. Il ne lui a pas échappé qu'en lançant un débat sur l'identité nationale, messieurs Sarkozy et Besson avaient aussi l'intention d'instrumentaliser le dossier de l'immigration. Et comme avec le vote suisse l'actualité lui fournit une excellente occasion de s'afficher, Christian Estrosi ne s'en prive pas et déclare qu'il n'y aura pas de minarets à Nice. Voilà qui est courageux et qui va encore faire gagner quelques voix (ce qui reste à prouver). Mais, au fait, pourquoi cette déclaration soudaine ? Y a-t-il une mosquée en construction à Nice ? Quelqu'un a-t-il l'intention de construire un minaret dans le centre ville ? Ou alors s'agit-il une nouvelle fois de jouer sur les peurs et de faire un effet d'annonce ?

Sur ces deux exemples, on comprend mieux comment Nicolas Sarkozy a réussi à récupérer les voix du Front National. Tout simplement en reprenant ses idées. Malheureusement pour l'UMP, je crains fort pour ce parti que la mise en application de ces idées là n'entraîne aussi un retour des électeurs frontistes dans leur famille d'origine.

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03 décembre 2009

Identité nationale : mea culpa et rétropédalage !

J'ai commis sur ce blog plusieurs textes où j'écrivais que les gens de gauche se devaient de participer massivement à ce débat sur l'identité nationale. Non pas parce que je partageais les idées de Nicolas Sarkozy et de son ministre Eric Besson, mais parce que je pensais (et pense toujours) que la gauche avait des choses à dire sur ce qu'est le vivre ensemble, et sur ce qui fonde le pacte républicain, à savoir les acquis sociaux qui la plupart du temps ont été obtenus de haute lutte par les syndicats, les partis de gauche et par des gens qui ne partageaient pas les valeurs d'exclusion et de repli sur soi qui sont celles que l'on met en avant en ce moment.

Je croyais honnêtement qu'il ne fallait pas laisser le terrain libre aux paroles les plus réactionnaires, faute de voir tout le débat sur les élections régionales une nouvelle fois vérolé par de fausses problèmatiques. Les faits me donnent raison, c'est exactement ce qui se passe, et la collusion entre identité nationale et immigration fait malheureusement son chemin dans les esprits.

Sauf que depuis, la donne a sensiblement changé. Entre temps le vote suisse sur la construction de minarets s'est immiscé dans le débat. Depuis, la droite se retrouve prise à son propre piège. Elle qui pensait se servir de la thèmatique nationaliste pour récupérer une fois de plus l'électorat du Front National, ne peut plus contenir les dérives qu'elle a provoquées. Aujourd'hui, les propos les plus ignobles, les amalgames les plus abjects sont diffusés à des heures de grande écoute dans les journaux télévisés et font le buzz sur internet. C'est donc le parti de Jean-Marie Le Pen, et lui seul, qui bénéficie de cette nouvelle tentative de maniûlation de l'opinion par Nicolas Sarkozy.

Que Le président de la République se plante, cela est plutot fait pour me réjouir, mais pas au prix d'accentuer les divisions et les maux de notre société. Pas au prix de jeter l'oppobre sur des centaines de citoyens Français, qu'on le veuille ou non.

Dans ce contexte de tension, où l'on exacerbe les a priori et les idées reçues, j'ai pour une fois, beaucoup apprécié la parole de Mme Aubry, qui tout en rappelant son opposition à ce débat, à dit ce qui pour elle constituait l'identité nationale Française : les services publics, la sécurité sociale, les retraites par réparttion et tout ce qui donne du lien collectif. Elle a aussi tenu a rappeler aux Français que ce qui menacait aujourd'hui l'identité nationale, c'était ni plus ni moins la politique d'exclusion et de division de l'actuel président.

Si refuser de débattre consiste aussi à clamer haut et fort les vraies valeurs de la gauche (qu'elle avait beaucoup oublié ces derniers temps), donc à se placer sur le terrain des idées et d'une certaine façon débattre malgrè tout, alors oui j'acquiesce. Mieux, je rétropédale et pense qu'à ces conditions il devient pertinent de ne pas participer à ces débats.

Pour terminer cet article, et pour ne pas faire semblant de rétropédaler, je mets un lien sur la pétition lancée par Médiapart qui appelle au refus du débat et a en moins de 48 heures été signée par plus de 8 000 personnes, et dont curieusement personne ne parle : http://www.mediapart.fr/journal/france/021209/lappel-de-mediapart-nous-ne-debattrons-pas

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26 novembre 2009

DSK : le meilleur candidat de gauche pour la droite !

Ca y est, la campagne pour les présidentielles est déjà sur les rails, du moins pour les médias qui ont déjà commencé à désigner les meilleurs candidats à coups de sondages.

Pour la droite, ce n'est pas bien compliqué, Nicolas Sarkozy ayant fait le vide autour de lui, même s'il est impopulaire, il n'y a personne d'autre à promouvoir. Et ce d'autant plus que la proximité de certains patrons de presse avec le chef de l'Etat n'est plus à démontrer.

C'est donc du côté de la gauche qu'il y a du grain à moudre, tant les candidats potentiels sont nombreux, presque autant que les divisions. Pour l'instant, c'est donc Dominique Strauss-Kahn qui a les faveurs des faiseurs d'opinion. Il est présenté comme le seul au PS pouvant battre Nicolas Sarkozy. Ce qui est un bon moyen de le rendre incontournable, tant le rejet de Sarkozy et la capacité qu'aura le candidat de gauche à le battre seront des éléments déterminants.

DSK est donc en tête des sondages. Lesquels ne veulent absolument rien dire, puisqu'à plus de 2 ans des élections, les Français ont autre chose en tête, à commencer par les régionales qui arrivent. De plus, on ne connaît pas la liste des candidats. Interroger les Français à ce sujet maintenant n'a aucune signification, mais présente tout de même un intérêt, du moins pour le landerneau politico-econo-médiatique.

En effet, beaucoup plus que Mme Aubry (trop à gauche) ou Mme Royal (trop incontrôlable), Mr Strauss-Kahn est compatible avec le système actuel. Vu son peu d'entrain pour réformer le système en profondeur, alors qu'en tant que patron du FMI (organisation symbole s'il en est de ce monde libéral dans lequel on veut nous faire vivre), il a justement la possibilité d'agir, il est le candidat idéal, celui qui à gauche serait le garant de la poursuite de la politique libérale commencée par Nicolas Sarkozy. A titre d'exemple, il suffit de se rappeler que quand il était ministre de l'économie (entre 1997 et 1999), il était partisan de créer des fonds de pension à la française (l'expression à la française étant mise à toutes les sauces pour faire passer les potions), lesquels fonds de pension ne sont pas pour rien dans la crise actuelle.

D'ailleurs, il est un signe qui ne trompe pas, dans les fameux sondages, DSK réalise un bon score dans l'électorat de droite. c'est bien pour cela qu'il est le candidat de la presse : parce qu'il n'est pas de gauche.

PS : on peut trouver à cette adresse http://monmulhouse.canalblog.com une illustration implacable et géniale de mes propos.

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22 novembre 2009

Martine Aubry sur la bonne voie !

J'avais il y a un an , le 16 Novembre 2008 exactement, au lendemain du congrès de Reims, commis un article où je disais tout le mal que je pensais de Mme Aubry. J'y exprimais en particulier mes doutes sur son ancrage à gauche et sur volonté et sa capacité à rassembler son camp. Je suis loin d'avoir changé d'avis, mais je reconnais volontiers que ces dernières semaines, le comportement et certaines décisions de la leader socialiste m'ont parues positives et aller enfin dans le sens d'un repositionnement nécessaire sur les vraies valeurs de la gauche.

J'admets que bien que ne partageant pas toujours (loin de là) les positions de Mme Royal, j'ai parfois été séduit par sa personnalité, et par le fait qu'elle renvoyait aux oubliettes de l'histoire tous ces éléphants qui fait tant de mal par le passé. Mais là, avec la polémique stérile et inutile qui l'oppose à Vincent Peillon, je ne comprends, je ne suis plus. Pour quelqu'un qui voulait combattre les courants, elle tient exactement les comportements qu'elle dénonce. Surtout à quelques mois d'élections importantes, les dégâts dans l'opinion ne peuvent qu'être ravageurs, et je pense qu'un leader politique d'importance doit à certains moments oublier sa partition personnelle pour jouer collectif.  C'est ici qu'intervient le premier point positif que je donne à Mme Aubry, car en ne rentrant pas dans la mêlée, en restant au-dessus de ces chamailleries stupides, elle renforce son image de premier secrétaire au travail, et indique pour une fois qu'il y a peut-être au PS des personnalités qui veulent en finir avec les combats d'égo.

De plus, il y a une autre chose qui me plaît beaucoup en ce moment chez elle, c'est qu'elle ne cesse de répéter qu'elle veut se situer sur le combat d'idées. Or, ces dernières années, le principal adversaire de la politique (au sens noble du terme), c'est cette pipolisation des hommes et des femmes politiques, dont l'actuel président et l'ancienne candidate socialiste se sont faits les ardents promoteurs. Mme Aubry n'apparaît dans aucun magazine people, elle ne met pas en sa scène sa famille ou ses proches, ne fait pas du plus anodin de ses déplacements un acte politique. Elle continue à faire de la politique comme on n'aurait jamais dû cesser d'en faire, c'est à dire un débat intellectuel où des conceptions différentes de la société  s'affrontent. On sort enfin de ce combat des chefs où finalement tout le monde est d'accord sur le fond.

Martine Aubry a donc une attitude qui tranche avec celle de la plupart du personnel politique en ce moment. Mais c'est surtout ce qu'elle a dit ce weekend au congrès des jeunes socialistes à Grenoble, qui a attiré mon attention sur elle. Sur trois sujets, elle a dit des choses que l'on n'avait plus entendues depuis très longtemps dans la bouche d'un leader socialiste.

Elle s'est clairement prononcée pour le mariage et l'adoption homosexuelle, ce qui ne va pas forcément dans le sens de l'opinion mais est en phase avec les valeurs de tolérance et d'humanisme censées être celles de la gauche. Elle a ensuite affirmé haut et fort que le Parti Socialiste était partisan d'une régularisation massive des sans-papiers, sous conditions certes, mais enfin une proposition concrète en matière d'immigration et de lutte contre les injustices. Enfin, Mme Aubry est sortie de son silence sur le débat voulu par Mr Besson, dénonçant l'amalgame fait par l'Elysée entre l'immigration et l'identité nationale. J'aurais souhaité qu'elle demande à ses militants d'aller le clamer haut et fort et massivement dans les préfectures, mais bon, il s'agit d'un début.

Évidemment, le parti socialiste n'a toujours pas de projet. Évidemment, à quatre mois des élections régionales, il n'est toujours pas au clair sur ses alliances. Mais, ce weekend, le parti à la rose a peut-être commencé à rebondir avec à sa tête une première secrétaire dont l'image sort grandie grâce aux faux pas de sa principale concurrente.

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14 novembre 2009

Petit message pour ces élus de gauche qui refusent le débat sur l'identité nationale.

Sur le fond, soyons clair, tous ceux qui dénoncent l'utilisation du thème de l'identité nationale à des fins politiciennes et électorales ont raison. De même, je suis en accord avec ceux qui pensent que les valeurs sous-entendues par la droite derrière le concept d'identité nationale sont dangereuses. Pourtant, dès le départ j'ai soutenu que la gauche ne devait pas fuir ce débat, sous peine de voir les vraies thématiques importantes (chômage, crise économique, précarité, dette publique) être éclipsées de la campagne électorale.

Malheureusement, pour l'instant, les faits me donnent raison. La "problématique" nationale a envahie les ondes et les pages des médias, dont plus personne n'ignore depuis 2002 la capacité à se faire la courroie de transmission de la communication gouvernementale. En prenant la parole sur ce sujet à La Chapelle en Vercors, alors qu'il était supposé parler de l'agriculture, Mr Sarkozy impose sa vision des choses, une approche faite de nationalisme et de suspicion envers ceux qui sont différent et surtout une volonté permanente de diviser les Français entre eux. Les mots de Nicolas Sarkozy trouvent à mon grand désarroi un écho non négligeable dans la population, et ce d'autant plus que les médias font leur travail de sape et qu'il n'y a en face personne pour alimenter la controverse.

Dénoncer les dangers d'une telle politique est une bonne chose, mais elle ne suffit pas, car les Français sont aujourd'hui en mal d'alternative. Or, il me semble que le moment aurait été opportun pour la gauche de contrecarrer la droite sur son terrain et de démontrer enfin qu'il pouvait y avoir au sein de l'état une autre conception de la République basée sur le vivre ensemble, le respect de chacun, sur les libertés et non pas sur l'ordre et la sécurité. Démontrer aussi que l'identité nationale ne pouvait se décréter mais qu'elle se construit par des politiques qui rassemblent.

Je ressens d'autant plus fortement ce vide laissé par la gauche, que les Français visiblement s'emparent du débat. Il suffit d'aller sur le site créer à cette occasion  http://www.debatidentitenationale.frwww.debatidentitenationale.fr/participation/pour-vous-qu-est-ce-qu-etrepour-vous-qu-est-ce-qu-etre/, pour s'en rendre compte et s'apercevoir aussi que les gens de gauche ont des choses à dire. En effet, sur ce site, il y a un nombre de contributions considérables (beaucoup plus que prévues), et ô surprise, le nombre de contributeurs défendant une vision humanitaire de la France y sont très nombreux. C'est d'autant plus surprenant qu'il est aisé d'imaginer que les messages les engagés ou les plus radicaux sont supprimés.

Les idées de gauche, du moins celles que je défends, faites d'humanisme, de curiosité envers les autres et de tolérance ont donc bel et bien un écho dans la population. Il est désolant que cet écho ne soit pas entendu par les dirigeants de l'opposition. A défaut de battre en brèche ce nationalisme ambiant, les Buffet, Besancenot, Aubry, Royal et autres auraient au moins pu commencer la réconciliation avec leurs électeurs.

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01 novembre 2009

Retour sur le débat sur l'identité nationale.

Depuis plusieurs jours, j'ai un débat très intéressant sur ce sujet sur un blog ami où je vais régulièrement : http://blogajef.blog.lemonde.frblogajef.blog.lemonde.fr/2009/10/29/identite-nationaleidentite-nationale-2/. Je reconnais que certains arguments de mes contradicteurs sont complètement recevables. J'ai cependant pris position pour la participation de la gauche à ce débat, mais je ressens le besoin de repréciser ma pensée pour qu'il n'y ai pas d'ambigüité, les raisons qui sont les miennes sont en opposition totales avec celles de Mr Besson voire celles de Mme Royal.

Tout d'abord, c'est une évidence, comme toujours, à l'approche d'une élection majeure, Nicolas Sarkozy et ses sbires ressortent les thèmes de l'insécurité ou de la nation, surtout s'il y a un fort risque que le résultat du scrutin leur soit défavorable. Je déplore cette attitude, et je préférerai évidemment que le débat porte sur la politique menée par le gouvernement. Mais je déplore aussi l'attitude de la plupart des leaders de gauche qui se drapent dans une posture morale, brandissent l'épouvantail du Front National, et au final n'ont rien à dire sur les maux et les souffrances du peuple français.

Car finalement, que va-t-il se passer ? Avec ou sans la gauche, ce débat aura lieu, avec, n'en doutons pas, la complicité des médias (cela a déjà commencé sur France Inter ce soir). Donc, pendant des semaines, voire des mois, c'est la petite musique sécuritaire, nationaliste et réactionnaire de la droite que l'on va nous servir. Exit les difficultés sociales, exit le bilan de deux ans de SarkozysmeSarkozysme, exit les questions régionales. Parler d'identité nationale ne peut se résumer à la Marseillaise, la langue française ou au drapeau. C'est malheureusement cela que la droite a bien l'intention de faire, et elle aura beau jeu, faute d'interlocuteur en face.

Pourtant, tout est lié aux problèmes que Nicolas Sarkozy a l'intention d'aborder le moins possible. On ne peut pas parler (en tout cas on ne devrait pas) d'identité nationale sans aborder la question du vivre ensemble. Or, celle-ci ramène évidemment aux questions sociales. Pourquoi toute une frange de la jeunesse se sent exclue ? Pourquoi la violence augmente malgré un durcissement des lois et une politique sécuritaire sans cesse renforcée ? Pourquoi les éléments qui hier faisaient lien social, comme l'école, les services publics, la laïcité, la Sécurité Sociale se portent aujourd'hui moins bien et n'assurent plus leur rôle d'intégration ? Pourquoi la défiance envers les élites de ce pays n'a jamais été aussi forte ? Pourquoi le pays dit des droits de l'homme renvoi des personnes dans leur pays par charter entiers, au mépris de toutes les valeurs dont il s'abreuve ? Pourquoi l'image de la France s'est dégradée, non seulement dans le monde, mais aussi auprès des Français ?

On voit bien que sur tous ces points, la politique menée depuis 7 ans par la droite au pouvoir est en cause. Il faut le dire, il faut pointer les responsabilités de l'actuel majorité au pouvoir. Il faut enfin démontrer qu'une autre politique mettant le social et l'humain au centre est possible, et que ce n'est qu'à ce prix que chacun trouvera sa place dans ce pays. Pour cela, il faut participer au débat. Mais attention, pas de malentendu, si c'est pour faire comme Mme Royal et récupérer les thèmes de la droite, je crains fort que cela ne soit contre productif. On a vu le résultat en 2007.

Ceci dit, il m'apparaît flagrant que la raison officieuse pour laquelle les élus de gauche refuse d'apporter la contradiction, c'est que cela les obligerait à regarder en face leur propre politique, et leurs propres contradictions. Eh oui, à force de courir derrière les idées de droite, à force d'aller à la chasse aux électeurs centristes, on n'a plus rien à dire sur le fond, si ce n'est des condamnations morales. Pourtant, je crois que cela aurait été bien de rappeler que gauche et droite, ce n'est pas la même chose, et que la vision de la société que chacune d'entre elle porte n'est pas la même.

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31 octobre 2009

Condamnation de Charles Pasqua : le vrai scandale n'est pas celui dont on parle !

Charles Pasqua condamné, Jacques Chirac renvoyé en correctionnelle, le verdict attendu en janvier pour Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela va mal pour la Chiraquie en ce moment.

Mais si toutes ces affaires sont importantes, la seule qui fasse vraiment peur à l'ensemble personnel politique, c'est celle dite de l'Angolagate dans laquelle est impliquée Charles Pasqua. Elle fait peur parce que ce sont 20 années de pratiques politiques qui sont mises au ban des accusés. Mais elles font surtout peur parce qu'il s'agit de Charles Pasqua et qu'il sait beaucoup de choses. Or, celui-ci apparaît déterminé à ne pas tomber tout seul. D'où son appel pathétique à ce qu'on lève le secret-défensesecret-défense. Pathétique parce qu'il sait très bien que tous vont se déclarer favorables à cette demande, mais que personne ne le fera, tant il y a d'enjeux.

Toute l'histoire est donc montée en mayonnaise par l'ensemble de la presse depuis des jours, et cette affaire de pot de vin touché par des ventes d'armes prend peu à peu la tournure d'un scandale d'état.

Pourtant, il y a comme un malaise. Parce que finalement, que Pasqua soit condamné, lui qui a trempé dans à peu prés tout ce qui ne sent pas bon sous la cinquième République, il n'y a rien de choquant. Bien au contraire, on devrait même se réjouir que la justice fasse son travail (même si évidemment, ce n'est pas encore terminé, l'ancien ministre va faire appel, n'en doutons pas). Non, le malaise vient du fait que les commentaires portent tous sur les commissions et les pots de vin qu'auraient touchés ou pas le personnel politique. Alors que la vraie, celle qui devrait faire débat n'est pas celle-ci, mais une autre, bien plus importante et qui nous concerne tous : Pourquoi la France vend-elle des armes à l'Angola ?

C'est curieux, celle-là de question, personne ne la pose. Il est vrai que toutes les transactions tournant autour de l'armement sont particulièrement opaques, et qu'à chaque fois que la justice a réussi à mettre son nez dedans, elle a soulevé de sacrés lièvres : souvenons-noussouvenons-nous des frégates de Taïwan, et observons bien l'affaire des sous-marins pakistanais qui pointe son nez.

La vente d'armes n'est pas remise en cause dans ce pays parce qu'elle profite à tous, industriels et politiques. L'argument de la sauvegarde de milliers d'emplois n'est ici qu'une imposture, cela n'a pas gêné les politiques de fermer les mines et les hauts fourneaux. Là aussi, il s'agissait de milliers d'emplois.

Non, on continue de vendre des armes parce que les sommes d'argent en jeu sont colossales. Et peu importe que les fusils, les avions, les chars vendus servent à dégommer des populations innocentes. Eh oui, parce que les régimes qui achètent notre matériel militaire ne le font quand même pas pour décorer.

Alors, que Charles Pasqua soit condamné, c'est une bonne chose en soi. Mais cela l'absence de débat sur les ventes d'armes montre tout le chemin qu'il y a encore à parcourir vers une société vraiment humaniste, vers une société des droits de l'homme.

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30 octobre 2009

Chirac enfin jugé ?

Ce qui s'est passé ce matin va probablement marquer l'histoire de la justice de ce pays. Une juge d'instruction a pris la décision de renvoyer devant un tribunal correctionnel un ancien président de la République. Elle l'a fait contre l'avis du parquet, ce qui est d'autant plus courageux.

Evidemment, cela ne veut pas encore dire que Jacques Chirac sera jugé dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Mais aujourd'hui, la justice française a regagné un peu de cette indépendance que le politique n'a de cesse de lui contester. A l'heure où l'on parle de supprimer le juge d'instruction, Mme Xavière Siméoni vient de rappeler à quel point celui-ci était indispensable.

Toutefois, le parquet peut encore faire appel de cette décision, ce qui en dira long sur les intentions de Nicolas Sarkozy dans ce dossier, puisque le procureur dépend de la chancellerie, et qu'apparemment, Mr Marin passe pour quelqu'un de docile envers le pouvoir.

Depuis ce matin, les réactions de la classe politique se multiplient. Et pour certaines, elles sont étonnantes. La droite s'insurge évidemment, mais la  plupart du temps, ce n'est pas parce qu'elle nie les faits, mais au nom d'une instruction qu'elle juge trop longue. Aurait-elle oublié que c'est elle qui en modifiant la constitution n'a pas permis à la justice de suivre son cours normal ? Notons juste au passage que lorsque l'on durcit les lois pour les petits délinquants, le législateur sait aussi dans le même temps se montrer bien clément avec les puissants. Dans le même temps, certains ténors socialistes se montrent bien timorés : cela en dit long sur l'état de déliquescence de ce parti.

Car, enfin, soyons clair. Mr Chirac n'est pas que ce vieux grand-père sympathique décrit par les guignols, il n'est pas que l'icône des paysans qui sait taper le cul des vaches. Il ne faudrait pas oublier quel homme politique il a été. Il ne faudrait pas oublier toutes les casseroles politiques qui furent les siennes. Il ne faudrait pas que les gens de droite oublient qu'il a été le premier fossoyeur du gaullisme. Il ne faudrait pas oublier que Nicolas Sarkozy qui est aujourd'hui accusé de népotisme, de clientélismeclientélisme ou de clanisme, ne fait qu'appliquer les méthodes que son mentor d'alors, un certain Jacques Chirac, lui a enseignées.

Et c'est ce qui est intéressant dans cette affaire, car beaucoup plus qu'un homme, c'est une façon de pratiquer la politique qui est ici mise en cause. De Mitterrand à Sarkozy (ben oui, en la matière, la gauche n'a pas de leçons à donner), ce sont trente ans de pratiques douteuses que les français rejettent. Espérons simplement que ce procès sera la première des pages qui mèneront à une République qui soit vraiment au service des citoyens, et non plus des intérêts particuliers.

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28 octobre 2009

Le Parti communiste est vraiment désespérant.

En apparence, le parti communiste français a décidé de reconduire le Front de gauche avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Ils devraient donc constituer au premier tour des listes indépendantes du Parti Socialiste. Mais ça, ce sont les apparences et le discours officiel, car en réalité les choses sont bien différentes.

Dans la réalité, ce sont les militants qui dans chaque région qui vont choisir la posture qu'ils veulent. Il faut donc s'attendre que dans plusieurs cas le parti communiste fasse alliance dès le premier tour avec les socialistes. De plus, dans tous les cas de figure, Mme Buffet, l'encore première secrétaire, a annoncé que le parti communiste rejoindrait la liste de gauche en tête (le PS donc), pour constituer des majorités et faire barrage à la gauche.

Cette attitude sonne le glas d'une union de la gauche radicale, Mme Buffet le sait d'ailleurs parfaitement. En effet, le NPA a fait d'un préalable à toute alliance, le refus de faire liste commune avec les socialistes. Vu la posture communiste, la rupture est donc inéluctable.

Evidemment, il y a un vrai piège tendu au NPA, puisqu'ainsi il apparaît comme le diviseur. Mais à bien y regarder, le parti de Besancenot a une vraie cohérence politique et idéologique, là où le parti communiste cherche d'abord à sauvegarder ses élus, au mépris de ce qui fut autrefois ses idées.

Comment les communistes vont pouvoir expliquer à leurs électeurs qu'ils font campagne contre le versement de subventions aux entreprises qui licencient ou délocalisent, alors que dans tous les exécutifs où ils participent, ils votent ces subventions. Comment vont ils faire lorsque les régions vont voter la mise en concurrence des TER dans chaque région ? Quitter les majorités socialistes qu'ils veulent former et donc provoquer une crise politique, ou se renier ? Cruel dilemme que depuis plus de 25 ans que les communistes partagent le pouvoir dans des majorités socialistes les communistes ont résolu par le reniement dans la plupart des cas.

A court terme, le Front de gauche peut faire un score raisonnable aux régionales, et le NPA sortira électoralement affaibli, surtout s'il n'arrive pas à rompre son isolement. Pour autant, une fois élus, les communistes devront rendre des comptes à leurs électeurs. Et là, il faut gager que la chute reprendra de plus belle. Comme toujours ! Il est affligeant de voir que le PCF ne tire jamais aucune leçon de l'histoire.

Les jeux ne sont pourtant pas encore complètement faits. Jean-Luc Mélenchon qui avait clairement lui aussi refusé de s'allier au PS, à une carte à jouer et peut encore pousser le PC à changer son fusil d'épaule. Pour autant, on n'en prend pas la direction, et là aussi, il devient difficile de suivre Mr Mélenchon. Pourquoi a-t-il quitté le PS pour mieux le rejoindre ensuite ?

Il est vraiment désespérant de voir qu'alors que nous avons besoin plus que jamais d'une gauche de résistance, ce sont les intérêts de boutique qui continuent à l'emporter. C'est de défendre des idées que nous avons besoin, pas de sauver des postes d'élus.

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26 octobre 2009

Un débat sur l'identité nationale ? Chiche !

A quelques mois d'élections importantes, il ne fait nul doute que le discours sur la sécurité va ressortir. En tout cas, celui sur l'identité nationale est déjà là, et le but électoral est à peine dissimulé. Le gouvernement, par la voix du ministre de l'immigration souhaite engager un débat national sur ce sujet. La gauche refuse, dénonçant une manipulation populiste de l'opinion à quelques mois des élections.

Bon sang ! Mais de quoi a-t-elle peur la gauche ? Quelle prenne la droite a son propre jeu, et qu'elle débatte, parce que l'histoire de ce pays n'est pas la propriété d'un parti politique. Les gens de gauche ont participé à la fabrication de l'imaginaire collectif, l'identité nationale, c'est aussi le fruit des luttes menées par les syndicats et les partis de gauche. Parce que, être Français aujourd'hui, c'est quoi ?

- C'est vivre dans un pays où de tous temps une très forte minorité n'est née française, mais l'est devenue. Soit par annexion de territoires autrefois, soit par le fruit de l'histoire hier (colonisation), ou par l'immigration logique qui en découle aujourd'hui. La France est une terre métissée, le peuple Français a de tous temps était multiple.

- C'est grandir dans un pays avec l'idée permanente que nous sommes la nation des droits de l'homme, et découvrir peu à peu en devenant adulte qu'il y a loin entre les actes et les discours.

- C'est hérité de cette réputation de peuple frondeur et ingérable que nous ont laissé nos ancêtres. Bien leur en a pris d'ailleurs, car dans ce pays, aucune avancée sociale majeure, aucune conquête n'est venue d'en haut, c'est toujours le peuple qui est allé le chercher, parfois au prix du sang.

- C'est grandir dans l'idée que nous sommes tous égaux, et découvrir à l'adolescence que certains le sont plus que d'autres, que certains sont moins Français que d'autres.

- C'est être toujours en attente du grand chef, pour le meilleur ou pour le pire, mais attendre en revanche que ce leader soit exemplaire dans son attitude. Ne jamais oublier que le peuple Français est un des premiers à avoir trancher la tête de son roi. Les Français n'aiment pas qu'ont les trahissent.

Est-ce que toutes ces valeurs sont de droite ? Non, en tout cas, la gauche peut en revendiquer largement sa part. Parce qu'être Français ne se résume pas à apprendre la marseillaise, parler notre langue ou respecter scrupuleusement les lois, la gauche doit débattre et ne plus laisser le terrain des idées à la droite.

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