01 novembre 2009
Retour sur le débat sur l'identité nationale.
Depuis plusieurs jours, j'ai un débat très intéressant sur ce sujet sur un blog ami où je vais régulièrement : http://blogajef.blog.lemonde.frblogajef.blog.lemonde.fr/2009/10/29/identite-nationaleidentite-nationale-2/. Je reconnais que certains arguments de mes contradicteurs sont complètement recevables. J'ai cependant pris position pour la participation de la gauche à ce débat, mais je ressens le besoin de repréciser ma pensée pour qu'il n'y ai pas d'ambigüité, les raisons qui sont les miennes sont en opposition totales avec celles de Mr Besson voire celles de Mme Royal.
Tout d'abord, c'est une évidence, comme toujours, à l'approche d'une élection majeure, Nicolas Sarkozy et ses sbires ressortent les thèmes de l'insécurité ou de la nation, surtout s'il y a un fort risque que le résultat du scrutin leur soit défavorable. Je déplore cette attitude, et je préférerai évidemment que le débat porte sur la politique menée par le gouvernement. Mais je déplore aussi l'attitude de la plupart des leaders de gauche qui se drapent dans une posture morale, brandissent l'épouvantail du Front National, et au final n'ont rien à dire sur les maux et les souffrances du peuple français.
Car finalement, que va-t-il se passer ? Avec ou sans la gauche, ce débat aura lieu, avec, n'en doutons pas, la complicité des médias (cela a déjà commencé sur France Inter ce soir). Donc, pendant des semaines, voire des mois, c'est la petite musique sécuritaire, nationaliste et réactionnaire de la droite que l'on va nous servir. Exit les difficultés sociales, exit le bilan de deux ans de SarkozysmeSarkozysme, exit les questions régionales. Parler d'identité nationale ne peut se résumer à la Marseillaise, la langue française ou au drapeau. C'est malheureusement cela que la droite a bien l'intention de faire, et elle aura beau jeu, faute d'interlocuteur en face.
Pourtant, tout est lié aux problèmes que Nicolas Sarkozy a l'intention d'aborder le moins possible. On ne peut pas parler (en tout cas on ne devrait pas) d'identité nationale sans aborder la question du vivre ensemble. Or, celle-ci ramène évidemment aux questions sociales. Pourquoi toute une frange de la jeunesse se sent exclue ? Pourquoi la violence augmente malgré un durcissement des lois et une politique sécuritaire sans cesse renforcée ? Pourquoi les éléments qui hier faisaient lien social, comme l'école, les services publics, la laïcité, la Sécurité Sociale se portent aujourd'hui moins bien et n'assurent plus leur rôle d'intégration ? Pourquoi la défiance envers les élites de ce pays n'a jamais été aussi forte ? Pourquoi le pays dit des droits de l'homme renvoi des personnes dans leur pays par charter entiers, au mépris de toutes les valeurs dont il s'abreuve ? Pourquoi l'image de la France s'est dégradée, non seulement dans le monde, mais aussi auprès des Français ?
On voit bien que sur tous ces points, la politique menée depuis 7 ans par la droite au pouvoir est en cause. Il faut le dire, il faut pointer les responsabilités de l'actuel majorité au pouvoir. Il faut enfin démontrer qu'une autre politique mettant le social et l'humain au centre est possible, et que ce n'est qu'à ce prix que chacun trouvera sa place dans ce pays. Pour cela, il faut participer au débat. Mais attention, pas de malentendu, si c'est pour faire comme Mme Royal et récupérer les thèmes de la droite, je crains fort que cela ne soit contre productif. On a vu le résultat en 2007.
Ceci dit, il m'apparaît flagrant que la raison officieuse pour laquelle les élus de gauche refuse d'apporter la contradiction, c'est que cela les obligerait à regarder en face leur propre politique, et leurs propres contradictions. Eh oui, à force de courir derrière les idées de droite, à force d'aller à la chasse aux électeurs centristes, on n'a plus rien à dire sur le fond, si ce n'est des condamnations morales. Pourtant, je crois que cela aurait été bien de rappeler que gauche et droite, ce n'est pas la même chose, et que la vision de la société que chacune d'entre elle porte n'est pas la même.
31 octobre 2009
Condamnation de Charles Pasqua : le vrai scandale n'est pas celui dont on parle !
Charles Pasqua condamné, Jacques Chirac renvoyé en correctionnelle, le verdict attendu en janvier pour Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela va mal pour la Chiraquie en ce moment.
Mais si toutes ces affaires sont importantes, la seule qui fasse vraiment peur à l'ensemble personnel politique, c'est celle dite de l'Angolagate dans laquelle est impliquée Charles Pasqua. Elle fait peur parce que ce sont 20 années de pratiques politiques qui sont mises au ban des accusés. Mais elles font surtout peur parce qu'il s'agit de Charles Pasqua et qu'il sait beaucoup de choses. Or, celui-ci apparaît déterminé à ne pas tomber tout seul. D'où son appel pathétique à ce qu'on lève le secret-défensesecret-défense. Pathétique parce qu'il sait très bien que tous vont se déclarer favorables à cette demande, mais que personne ne le fera, tant il y a d'enjeux.
Toute l'histoire est donc montée en mayonnaise par l'ensemble de la presse depuis des jours, et cette affaire de pot de vin touché par des ventes d'armes prend peu à peu la tournure d'un scandale d'état.
Pourtant, il y a comme un malaise. Parce que finalement, que Pasqua soit condamné, lui qui a trempé dans à peu prés tout ce qui ne sent pas bon sous la cinquième République, il n'y a rien de choquant. Bien au contraire, on devrait même se réjouir que la justice fasse son travail (même si évidemment, ce n'est pas encore terminé, l'ancien ministre va faire appel, n'en doutons pas). Non, le malaise vient du fait que les commentaires portent tous sur les commissions et les pots de vin qu'auraient touchés ou pas le personnel politique. Alors que la vraie, celle qui devrait faire débat n'est pas celle-ci, mais une autre, bien plus importante et qui nous concerne tous : Pourquoi la France vend-elle des armes à l'Angola ?
C'est curieux, celle-là de question, personne ne la pose. Il est vrai que toutes les transactions tournant autour de l'armement sont particulièrement opaques, et qu'à chaque fois que la justice a réussi à mettre son nez dedans, elle a soulevé de sacrés lièvres : souvenons-noussouvenons-nous des frégates de Taïwan, et observons bien l'affaire des sous-marins pakistanais qui pointe son nez.
La vente d'armes n'est pas remise en cause dans ce pays parce qu'elle profite à tous, industriels et politiques. L'argument de la sauvegarde de milliers d'emplois n'est ici qu'une imposture, cela n'a pas gêné les politiques de fermer les mines et les hauts fourneaux. Là aussi, il s'agissait de milliers d'emplois.
Non, on continue de vendre des armes parce que les sommes d'argent en jeu sont colossales. Et peu importe que les fusils, les avions, les chars vendus servent à dégommer des populations innocentes. Eh oui, parce que les régimes qui achètent notre matériel militaire ne le font quand même pas pour décorer.
Alors, que Charles Pasqua soit condamné, c'est une bonne chose en soi. Mais cela l'absence de débat sur les ventes d'armes montre tout le chemin qu'il y a encore à parcourir vers une société vraiment humaniste, vers une société des droits de l'homme.
30 octobre 2009
Chirac enfin jugé ?
Ce qui s'est passé ce matin va probablement marquer l'histoire de la justice de ce pays. Une juge d'instruction a pris la décision de renvoyer devant un tribunal correctionnel un ancien président de la République. Elle l'a fait contre l'avis du parquet, ce qui est d'autant plus courageux.
Evidemment, cela ne veut pas encore dire que Jacques Chirac sera jugé dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Mais aujourd'hui, la justice française a regagné un peu de cette indépendance que le politique n'a de cesse de lui contester. A l'heure où l'on parle de supprimer le juge d'instruction, Mme Xavière Siméoni vient de rappeler à quel point celui-ci était indispensable.
Toutefois, le parquet peut encore faire appel de cette décision, ce qui en dira long sur les intentions de Nicolas Sarkozy dans ce dossier, puisque le procureur dépend de la chancellerie, et qu'apparemment, Mr Marin passe pour quelqu'un de docile envers le pouvoir.
Depuis ce matin, les réactions de la classe politique se multiplient. Et pour certaines, elles sont étonnantes. La droite s'insurge évidemment, mais la plupart du temps, ce n'est pas parce qu'elle nie les faits, mais au nom d'une instruction qu'elle juge trop longue. Aurait-elle oublié que c'est elle qui en modifiant la constitution n'a pas permis à la justice de suivre son cours normal ? Notons juste au passage que lorsque l'on durcit les lois pour les petits délinquants, le législateur sait aussi dans le même temps se montrer bien clément avec les puissants. Dans le même temps, certains ténors socialistes se montrent bien timorés : cela en dit long sur l'état de déliquescence de ce parti.
Car, enfin, soyons clair. Mr Chirac n'est pas que ce vieux grand-père sympathique décrit par les guignols, il n'est pas que l'icône des paysans qui sait taper le cul des vaches. Il ne faudrait pas oublier quel homme politique il a été. Il ne faudrait pas oublier toutes les casseroles politiques qui furent les siennes. Il ne faudrait pas que les gens de droite oublient qu'il a été le premier fossoyeur du gaullisme. Il ne faudrait pas oublier que Nicolas Sarkozy qui est aujourd'hui accusé de népotisme, de clientélismeclientélisme ou de clanisme, ne fait qu'appliquer les méthodes que son mentor d'alors, un certain Jacques Chirac, lui a enseignées.
Et c'est ce qui est intéressant dans cette affaire, car beaucoup plus qu'un homme, c'est une façon de pratiquer la politique qui est ici mise en cause. De Mitterrand à Sarkozy (ben oui, en la matière, la gauche n'a pas de leçons à donner), ce sont trente ans de pratiques douteuses que les français rejettent. Espérons simplement que ce procès sera la première des pages qui mèneront à une République qui soit vraiment au service des citoyens, et non plus des intérêts particuliers.
28 octobre 2009
Le Parti communiste est vraiment désespérant.
En apparence, le parti communiste français a décidé de reconduire le Front de gauche avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Ils devraient donc constituer au premier tour des listes indépendantes du Parti Socialiste. Mais ça, ce sont les apparences et le discours officiel, car en réalité les choses sont bien différentes.
Dans la réalité, ce sont les militants qui dans chaque région qui vont choisir la posture qu'ils veulent. Il faut donc s'attendre que dans plusieurs cas le parti communiste fasse alliance dès le premier tour avec les socialistes. De plus, dans tous les cas de figure, Mme Buffet, l'encore première secrétaire, a annoncé que le parti communiste rejoindrait la liste de gauche en tête (le PS donc), pour constituer des majorités et faire barrage à la gauche.
Cette attitude sonne le glas d'une union de la gauche radicale, Mme Buffet le sait d'ailleurs parfaitement. En effet, le NPA a fait d'un préalable à toute alliance, le refus de faire liste commune avec les socialistes. Vu la posture communiste, la rupture est donc inéluctable.
Evidemment, il y a un vrai piège tendu au NPA, puisqu'ainsi il apparaît comme le diviseur. Mais à bien y regarder, le parti de Besancenot a une vraie cohérence politique et idéologique, là où le parti communiste cherche d'abord à sauvegarder ses élus, au mépris de ce qui fut autrefois ses idées.
Comment les communistes vont pouvoir expliquer à leurs électeurs qu'ils font campagne contre le versement de subventions aux entreprises qui licencient ou délocalisent, alors que dans tous les exécutifs où ils participent, ils votent ces subventions. Comment vont ils faire lorsque les régions vont voter la mise en concurrence des TER dans chaque région ? Quitter les majorités socialistes qu'ils veulent former et donc provoquer une crise politique, ou se renier ? Cruel dilemme que depuis plus de 25 ans que les communistes partagent le pouvoir dans des majorités socialistes les communistes ont résolu par le reniement dans la plupart des cas.
A court terme, le Front de gauche peut faire un score raisonnable aux régionales, et le NPA sortira électoralement affaibli, surtout s'il n'arrive pas à rompre son isolement. Pour autant, une fois élus, les communistes devront rendre des comptes à leurs électeurs. Et là, il faut gager que la chute reprendra de plus belle. Comme toujours ! Il est affligeant de voir que le PCF ne tire jamais aucune leçon de l'histoire.
Les jeux ne sont pourtant pas encore complètement faits. Jean-Luc Mélenchon qui avait clairement lui aussi refusé de s'allier au PS, à une carte à jouer et peut encore pousser le PC à changer son fusil d'épaule. Pour autant, on n'en prend pas la direction, et là aussi, il devient difficile de suivre Mr Mélenchon. Pourquoi a-t-il quitté le PS pour mieux le rejoindre ensuite ?
Il est vraiment désespérant de voir qu'alors que nous avons besoin plus que jamais d'une gauche de résistance, ce sont les intérêts de boutique qui continuent à l'emporter. C'est de défendre des idées que nous avons besoin, pas de sauver des postes d'élus.
26 octobre 2009
Un débat sur l'identité nationale ? Chiche !
A quelques mois d'élections importantes, il ne fait nul doute que le discours sur la sécurité va ressortir. En tout cas, celui sur l'identité nationale est déjà là, et le but électoral est à peine dissimulé. Le gouvernement, par la voix du ministre de l'immigration souhaite engager un débat national sur ce sujet. La gauche refuse, dénonçant une manipulation populiste de l'opinion à quelques mois des élections.
Bon sang ! Mais de quoi a-t-elle peur la gauche ? Quelle prenne la droite a son propre jeu, et qu'elle débatte, parce que l'histoire de ce pays n'est pas la propriété d'un parti politique. Les gens de gauche ont participé à la fabrication de l'imaginaire collectif, l'identité nationale, c'est aussi le fruit des luttes menées par les syndicats et les partis de gauche. Parce que, être Français aujourd'hui, c'est quoi ?
- C'est vivre dans un pays où de tous temps une très forte minorité n'est née française, mais l'est devenue. Soit par annexion de territoires autrefois, soit par le fruit de l'histoire hier (colonisation), ou par l'immigration logique qui en découle aujourd'hui. La France est une terre métissée, le peuple Français a de tous temps était multiple.
- C'est grandir dans un pays avec l'idée permanente que nous sommes la nation des droits de l'homme, et découvrir peu à peu en devenant adulte qu'il y a loin entre les actes et les discours.
- C'est hérité de cette réputation de peuple frondeur et ingérable que nous ont laissé nos ancêtres. Bien leur en a pris d'ailleurs, car dans ce pays, aucune avancée sociale majeure, aucune conquête n'est venue d'en haut, c'est toujours le peuple qui est allé le chercher, parfois au prix du sang.
- C'est grandir dans l'idée que nous sommes tous égaux, et découvrir à l'adolescence que certains le sont plus que d'autres, que certains sont moins Français que d'autres.
- C'est être toujours en attente du grand chef, pour le meilleur ou pour le pire, mais attendre en revanche que ce leader soit exemplaire dans son attitude. Ne jamais oublier que le peuple Français est un des premiers à avoir trancher la tête de son roi. Les Français n'aiment pas qu'ont les trahissent.
Est-ce que toutes ces valeurs sont de droite ? Non, en tout cas, la gauche peut en revendiquer largement sa part. Parce qu'être Français ne se résume pas à apprendre la marseillaise, parler notre langue ou respecter scrupuleusement les lois, la gauche doit débattre et ne plus laisser le terrain des idées à la droite.
25 octobre 2009
Et si les écologistes étaient les nouveaux fossoyeurs de la gauche ?
C'est devenu une évidence depuis les élections européennes, les écologistes ont le vent en poupe et sont désormais en mesure de contester le leadership du PS à gauche. C'est l'évolution politique la plus notable de ces dernières années. Pour autant, cette ascension qui semble durable pose un certain nombre de question, à commencer par celle de l'ancrage réel de cette mouvance à gauche de l'échiquier.
Cette interrogation est légitime pour plusieurs raisons. D'abord, parce c'est la droite, grâce à Mr Sarkozy qui a senti la première la montée des préoccupations environnementales, d'où le Grenelle de l'écologie, et une certaine instrumentalisationinstrumentalisation des verts par l'Elysée. Beaucoup sont ceux qui pensent que Sarkozy veut faire avec les écologistes ce que François Mitterrand a fait avec le FN : un moyen d'affaiblir sur la durée l'opposition. Ensuite, parce que la structure même de l'électorat écologiste et les positions de certains des leaders se rapprochent de plus en plus des discours classiques de la droite.
La structure de l'électorat écologiste telle qu'elle est apparue aux dernières élections européennes est différente de la structure traditionnelle des partis de gauche. Certes, les électeurs y sont jeunes, beaucoup plus qu'ailleurs, ce qui est une bonne chose pour l'avenir, mais un souci pour gagner les élections, les jeunes s'abstenant plus que les autres catégories sociales. Mais, ce qui différencie les verts des autres partis traditionnels de gauche, c'est que son électorat est essentiellement urbain, plutôt des centres villes, et provient principalement des classes moyennes supérieures. Les couches populaires y sont particulièrement mal représentées. Tout porte à penser qu'il s'agit d'électeurs qui votent à gauche par habitude familiale, mais dont les préoccupations individuelles sont proches de celles des couches favorisées. Il n'est d'ailleurs pas innocent si on retrouve les mêmes caractéristiques dans l'électorat du MODEM.
Cette évolution de l'électorat écologiste commence à se ressentir dans les discours des leaders du parti environnemental. Certes, dans les listes Europe écologie, il existe encore des personnalités dont l'ancrage à gauche ne fait aucun doute. Je pense évidemment à Noël Mamère ou à José Bové. Pour autant, je note que la faction la plus radicale des verts est partie rejoindre le Parti de Gauche avec armes et bagages dans le sillage de Martine Billard. Je note aussi que certaines figures, comme Jean-Luc Benhamias ou Yann Wehrling ont franchi une partie du rubicon pour rejoindre le MODEM. Ce sont certes des actes anodins et individuels, mais qui correspondent à un glissement certain dans les discours.
A commencer par ceux de Daniel Cohn-Bendit, lequel n'hésite pas à s'afficher à l'Elysée en compagnie de Nicolas Sarkozy ou à promouvoir un rapprochement avec le MODEM. Le gauchiste de mai 68 est bien loin, Dany le rouge a commencé sa carrière politique comme élu à Francfort en Allemagne, qui est loin d'être une terre de gauche. Nicolas Hulot, l'autre figure de proue de ce renouveau écologiste est direction issu de la chiraquie, et n'hésite pas à faire de la publicité aux industries les plus polluantes (Rhone Poulenc par exemple). Que ce soit chez eux ou chez d'autres comme Dominique Voynet, il n'y a aucune condamnation du capitalisme et particulièrement du libéralisme, pourtant à la source même des maux de notre société, et surtout des maux environnementaux. Il n'y a aucune vision d'avenir (pas plus que chez les autres partis de gauche malheureusement), seulement un propos alarmiste porteur propre à faire gagner les élections.
Tout ceci ne suffit pas pour faire des écologistes la source d'espoir des couches populaires. Il n'est qu'à voir l'évolution des verts allemands qui n'hésitent plus à s'allier localement avec les libéraux, pour se dire que ce peut être un jour l'attitude des écologistes Français, le jour où ils y auront un intérêt électoral.
24 octobre 2009
Une affaire de pot de vin qui pourrait secouer l'Elysée ?
Souvenez-vous, en 2002 un attentat à Karachi fait 11 morts, 11 ingénieurs français. Tout de suite l'enquête se dirige sur la piste islamiste. Mais depuis, une autre hypothèse a fait son apparition, celle d'une vengeance des services secrets pakistanais contre l'état français qui n'aurait pas versé les pots de vin promis lors de l'achat de sous-marins. Pour l'instant, cette hypothèse est réfutée par le pouvoir français.
Sauf qu'un article paru dans la presse suisse, et qui sera suivi d'autres enquêtes en France relance cette piste, allant jusqu'à laisser penser que Mr Sarkozy, alors ministre du budget, pourrait être impliqué.
En attendant d'en savoir plus (et en espérant que la presse française ne se dégonflera pas), voici l'article en question :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/35312a9e-bf4a-11de-b6d7-be89cc3615cf%7C0
23 octobre 2009
Et si Jean Sarkozy avait renoncé par peur de n'être pas élu ?
Je propose simplement que l'on étudie cette supposition : Jean Sarkozy a renoncé pour éviter le camouflet d'une défaite à l'élection de l'EPAD, ce qui vu le contexte politique aurait créé un véritable séisme, pour éviter cela, Nicolas Sarkozy, en bon communicant qu'il est, suggère à son fils de reculer, ainsi il apparaîtra comme une personne ayant gagner en maturité, et d'un seul coup, les critiques s'apaisent.
Absurde comme raisonnement ? Peut-être pas, je propose simplement de reprendre le fil des évènements, et on s'apercevra qu'une succession d'erreurs de la droite aurait rendu possible cette défaite.
Il y a 15 jours donc, Jean Sarkozy annonce qu'il sera candidat à la succession de Patrick Devedjian à la tête de l'EPAD. A priori, personne ne connaît cet organisme, tout le monde s'en moque, l'Elysée pense donc que cela pourrait se dérouler sans problèmes. C'est compter sans un emballement médiatique qui va être décupler grâce aux internautes. Du coup, l'opposition profite de l'occasion pour se refaire une santé, et la polèmique enfle. Toute cette émotion à pour première conséquence que l'opposition décide de présenter un candidat, Patrick Jarry, le maire communiste de Nanterre. Le jeune Sarkozy se voit contraint de s'expliquer une première fois à la télévision. Du côté du pouvoir, on espère que cela suffira à calmer les esprits, et que comme à l'habitude, après deux ou trois jours de médiatisation, tout le monde aura oublié, et les affaires continueront.
Sauf que cette fois-ci, le décalage est tellement sidérant entre le discours présidentiel et les actes, que la colère ne retombe pas. La droite, dans l'urgence doit trouver une solution. Dans un premier temps, ce sont tous les caciques qui sont priés par l'Elysée de monter au front dire tout le bien qu'ils pensent du fils Sarkozy, et à quel point ils estiment que ce futur génie est compétent. Dans un second temps, un ministre fait une proposition : les fonctionnaires représentants l'Etat qui siègent à l'EPAD s'abstiendront de voter, histoire de prouver la bonne volonté du pouvoir, et de donner un semblant de démocratie à ce qui pour des millions de Français n'est rien d'autre qu'une nomination, que le fait du prince. Pour mémoire, je rappelle que le conseil d'administration de l'EPAD est composé de neuf représentants de l'Etat, huit élus politiques représentants les collectivités territoriales (dans le cas présent, 4 de gauche, 4 de droite), et un représentant de la Chambre de Commerce et d'industrie.
La manoeuvre ne dupe évidemment personne, mais a au moins le mérite de calmer un peu les débats. Mais, arrive un concours de circonstance. Le représentant de la chambre de commerce et d'industrie parle plus qu'il ne devrait, et exprime tout le bien qu'il pense du petit Jean. Or, cette personne, un certain Claude Leroi, est un ancien conseiller municipal de Neuilly sur Seine, qui plus est, à l'époque où l'actuel président en était maire. La polémique reprend de plus belle, la gauche et les internautes ne lâchent pas leur proie, la déclaration de Mr Leroi, est bien la preuve que cette élection est pipée, et que les accusations de népotisme qui font tant de dégâts dans l'opinion publique, sont fondées.
La droite se retrouve de nouveau dans une impasse, d'autant plus que même à l'UMP, les voix dissonantes se font entendre. C'est alors que Mr Leroi, qui décidément est bien bavard, se dit qu'il pourrait sauver la mise, si lui aussi décider de s'abstenir. La gauche saute sur l'occasion et l'encourage à tenir parole, ce qui devient alors plus que probable puisque ces propos étaient publics. Sauf que désormais la donne est complètement différente.
Il ne reste donc plus que huit votants potentiels : 4 de gauche, 4 de droite. Ce qui voudrait dire une égalité parfaite au premier tour et l'organisation d'un second tour. On voit mal pourquoi le résultat serait différent au second tour. Or que dit le règlement de l'EPAD en cas d'égalité au second tour ? Tout simplement que le plus âgé des deux candidats est élu. Avec ses 23 ans, Jean Sarkozy était bien mal parti.
Evidemment, l'effet désastreux que la polémique a sur l'opinion a jouer un rôle important. Surtout à quelques d'élections difficiles pour la droite. Mais l'éventualité que cette polémique soit amplifiée par une défaite qui aurait ridiculiser la droite, a certainement dû peser dans la décision du petit Sarkozy.
21 octobre 2009
Avec Eric Besson, la France reprend les charters pour l'Afghanistan.
3 Afghans ont été expulsés cette nuit dans un avion en direction de l'Afghanistanl'Afghanistan. Ce n'était plus arrivé depuis 2005. En soi, cette information est choquante : dans ce pays, si on ne possède pas le bon passeport, la vie ne vaut plus rien, en tout cas moins qu'une courbe d'opinion dans les sondages. Mais, le sentiment de honte que l'on peut éprouver en pensant à ce qui est commis en notre nom, est renforcé par les propos et l'attitude du ministre de l'immigration : Eric Besson.
Cet homme est chargé d'appliquer une politique qui devrait en principe être contraire aux valeurs de l'homme de gauche qu'il dit avoir été un jour. Ces actes en tout cas prouvent le contraire. Il sait pertinemment que ce qu'il fait est honteux, puisqu'il ne l'assume pas clairement. Selon Etienne Pinte, député UMP, le ministre lui aurait clairement affirmer dans la journée qu'il n'y aurait pas de charter, et qu'il n'y avait pas de calendriers pour les retours forcés vers l'Aghanistan. Mr Pinte a pu juger moins de 24 heures plus tard, ce que valait la parole de ce ministre.
Non seulement, il ne tient pas sa parole, mais de plus, pour justifier cette expulsion, il donne des raisons particulièrement fallacieuses. Selon lui, il tout à fait possible d'expulser ces réfugiés vers Kaboul, leur région d'origine, puisque la ville serait sécurisée. Ils ne craindraient donc rien. Peut-il nous expliquer alors pour quoi il y a 100 000 étrangers dans ce pays si sur (c'est presque autant qu'à l'époque de l'URSS). En outre, sur le site du ministère de l'intérieur, l'Afghanistanl'Afghanistan est déconseillé dans tous les cas. Soit il y a un gros problème de cohérence au sein même du gouvernement, soit Eric Besson est un menteur, ce qui commence à faire beaucoup, puisqu'il faut rappeler que pour la gauche, la vraie celle qui n'aurait jamais permis ce charter ni la création d'un ministère de l'immigration, cet homme est un traitre.
La politique migratoire de la France me fait honte, ce sentiment est accentué par le fait que l'homme qui doit la mettre en oeuvre a autrefois appartenu à un parti pour j'ai voté. Eric Besson représente pour moi le pire en politique.
19 octobre 2009
David Douillet député !
David Douillet député : il y a vraiment de quoi être désespéré du peuple français. Ce n'est pas tant la personnalité de l'élu (quoique j'y reviendrai), mais le fait que l'on soit capable d'élire un candidat UMP, malgré tout ce que l'on se prend dans la figure en ce moment.
Vous me direz, la 2ème circonscription des Yvelines, c'est un fief de droite, avec une population essentiellement composée de classes moyennes aisées. Pourtant la taxe carbone, ils vont bien la payer dans les Yvelines, et dans ce département comme les autres les bureaux de Poste ruraux sont amenés à fermer. Que je sache, dans les quartiers populaires de Poissy ou de Plaisir, comme dans tous les quartiers populaires de France, la situation ne s'est guère améliorée ces deux dernières années. Et je ne parle même pas des polèmiques pitoyables de ces dernières semaines qui font de nous la risée de toute l'Europe.
Non, malgrè tout cela, une grande majorité des électeurs de cette circonscription n'a pas trouvé un quart d'heure pour aller voter, laissant les électeurs de droite, traditionnellement plus mobilisés, décider pour eux.
Alors, évidemment on peut se rassurer en se disant qu'ils ont plus voté pour la personnalité très populaire du candidat de l'UMP plutot que pour ses idées. Mais même ça, c'est navrant, cela veut dire que peu importe ce que l'on pense ou l'on dit, si l'on a gagné quelques breloques dans un sport quelconque, c'est plus valorisant que n'importe quel discours. Désespérant, je vous dis.
Et ça ne s'arrange si on va voir d'un peu plus près ce que pense réellement David Douillet. Pour cela, il suffit de le citer : "Je suis mysogine, comme tous les hommes sauf les tapettes". Magnifique de poèsie n'est-ce pas ? Sûr que les femmes el les homosexuels ont dû voter en masse pour lui dimanche.
Bref, sale week-end, vivement que Sarkozy fasse une nouvelle connerie qu'on puisse rigoler de nouveau.