Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
rêver de nouveau
Publicité
Newsletter
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 246 322
1 juin 2020

Et si les émeutes contre les violences racistes aux Etats-Unis faisaient finalement le jeu de Donald Trump ?

C'est une énième bavure policière qui a relancé la polémique contre le racisme de la police aux États-Unis. Les violences qui ont lieu depuis plusieurs jours dans les grandes villes américaines suite à la mort de Georges Floyd, Noir américain, causée par des policiers Blancs ne viennent pas de nulle part, elles sont le résultat d'une société profondément inégalitaire et qui n'a toujours pas tourné la page de son passé esclavagiste et ségrégationniste, et que l'élection d'un président Noir n'a pu masquer éternellement.

Le retour de ces tensions raciales exacerbées ne date pas de la présidence Trump. C'est sous l'ère Obama qu'est né le mouvement "Black lives matter", suite déjà à la multiplication de morts injustifiables de jeunes gens toujours Noirs par des policiers toujours Blancs. La colère de plus en plus forte et violente qui vient en réponse à chaque fois, et qui n'émane pas seulement que de la communauté noire mais embrasse un pan bien plus large de la société américaine, montre bien la volonté d'en finir avec cette violence d'Etat.

Pour autant, si Donald Trump n'a pas créé le racisme policier aux Etats-Unis, il a profondément modifié l'ambiance et le climat social dans son pays et encouragé un contexte favorable à la montrée des tensions raciales. En s'appuyant sur les forces les plus réactionnaires et conservatrices des États-Unis, en multipliant les déclarations clivantes et ouvertement racistes, en stigmatisant de façon quasi obsessionnelle la population immigrée, il a désinhibé une Amérique haineuse et violente, revancharde devant l'histoire qui n'attendait au final qu'un signal venu d'en haut pour se penser invulnérable. Les policiers qui assassinent au grand jour des citoyens Noirs, comme cesAmricains qui manifestement contre le confinement en exhibant leurs armes et proclamant leur haine du système et de "l'establishment" sont issus de cet Amérique profonde qui a issu Trump au pouvoir.

Seulement, il serait vain de croire que les images révulsantes de la mort de Georges Floyd et l'émotion et la compassion qui ont suivi suffisent à convaincre l'Amérique moyenne et à justifier les violences actuelles. Depuis presque 60 ans, la communauté noire est confrontée au même dilemme, celui qui déjà opposait Martin Luther King et Malcolm X, à savoir quel est le mode d'action le plus efficace pour lutter contre le racisme et les inégalités. Celui de l'action pacifique quitte à accepter de subir les violences ou celui de la réponse parfois violente qui à diviser encore plus la société ?

Il faut aussi compter avec le reste de la population. Ces Américains moyens que le racisme et les assassinats policiers révulsent mais qui sont tout aussi effrayés par les émeutes et le déferlement de violences anarchistes qui suivent. Trump a bien compris la faille et il joue sur ces peurs, accentuant la division de la société pour mieux se poser comme défenseur de l'ordre. Il n'a rien inventé, c'est déjà la stratègie qu'avait employé Nixon dans les années 60, au plus fort des revendications pour les droits civiques. le moins qu'on puisse dire, c'est que cela lui avait réussi.

Publicité
Commentaires
rêver de nouveau
Publicité
Publicité
Publicité