A propos d'Elly de Asghar Farhadi
Un groupe d'amis a décidé de passer le week-end dans une grande villa au bord de la mer avec femmes et enfants. Sepideh, qui s'est chargée de l'organisation, a invité Elly, l'institutrice de sa fille, et espère secrètement qu'elle ne reste pas insensible aux charmes de son ami Ahmad. Tout se passe dans une relative bonne humeur, jusqu'à la disparition d'Elly.
Une magnifique petite surprise qui nous vient tout droit d'Iran, et qui en dit bien plus long sur la complexité de ce pays que n'importe quel reportage télévisé. Ces trentenaires en vacances sont résolument modernes, et ne dépareilleraient pas dans nos démocraties occidentales. Libres et indépendants en apparence, c'est la disparition subite de l'une d'entre eux, la dernière arrivée dans le groupe, dont justement on ne sait que peu de choses, qui va révéler toutes les pesanteurs et tous les paradoxes de la société iranienne.
Des pesanteurs évidemment, mais qui doivent beaucoup plus aux traditions et au regard des autres qu'à la religion. D'ailleurs, cette dernière est complètement absente du film, il n'est à aucun moment fait référence à l'Islam, et si les femmes ne portaient pas le voile, nous pourrions être dans n'importe quel pays du monde. Des paradoxes surtout puisque les femmes que l'on oblige à porter le voile sont aussi celles qui décident et prennent les décisions. Mais elles sont aussi celles sur lesquelles l'opprobre tombe dès que l'on sort des sentiers battus.
Ce film est passionnant de bout en bout, surtout au regard de l'actualité récente. certes, les personnes dont il est question ici sont plutôt urbaines et aisées, il ne s'agit pas des iraniens moyens, mais ils sont cependant assez représentatifs d'une jeunesse iranienne avide de liberté et qui se cherche.
Pour terminer sur ce joli petit film,je dirai deux choses.D'abordchoses.D'abord un tout petit bémol, ce film est tourné caméra à l'épaule, ce qui fait que l'image bouge beaucoup (un peu comme chez les frères Dardenne), même si cela renforce l'impression de proximité, et à titre personnel, cela m'est désagréable. Enfin, je tiens à dire un petit sur l'actrice principale, celle qui joue Sepideh, bouleversante et complexe, à elle seule un résumé de son pays.