17 mars 2009
Il faut revenir sur le paquet fiscal !
Le fameux paquet fiscal est considéré comme la mesure symbolique de la présidence Sarkozy. Dès son origine, les partis de gauche ont été vent debout contre elle, dénonçant le côté injuste de la mesure, mais aussi son inefficacité et son coût pour les finances publiques.
Mais depuis, la crise est passée par là, donnant un nouvel écho aux critiques. Surtout, l'opposition est dèsormais rejointe par des députés de droite qui réclament a minima un aménagement temporaire des mesures fiscales décriées. Il faut évidemment voir dans cette volte-face l'effet de la grogne sociale qui menace.
Malgrè cela, le pouvoir reste sourd et maintient sa politique, englué qu'il est dans une posture rigide et idéologique.
Le paquet fiscal, c'est avant tout deux mesures. La première consiste à fixer un plafond de 50 % maximum des revenus imposables, pour les personnes très riches. A l'heure où une grande partie de la population connaît des heures difficiles, demander à ceux qui vivent dans l'opulence, et qui parfois sont aussi responsables de la crise, de participer à l'effort national, me paraît justifié.
Certes, le nombre de personnes concernées est minime (on parle de 14 000 personnes), mais en politique le symbole est important. De plus, les arguments qui ont servis à justifier ce cadeau fiscal sont sujets à caution. Cela n'a pas fait revenir les éxilés fiscaux, et on constate qu'il y a de nombreux riches étrangers qui s'installent en France, attirés par le cadre de vie, et la qualité de nos services publics. En outre, il est bon de rappeler que durant les années 70, les gros revenus étaient taxés jusqu'à 70 %, et pourtant, ce furent des années de croissance exceptionnelles. L'argument du frein au développement est donc caduque.
Le second volet du paquet fiscal, concernait les exonérations des heures supplèmentaires. Le fameux travailler plus pour gagner plus. La crise à eu au moins le mérite de révéler à quel point cette décision était contraire au bon sens. Comment veut-on lutter correctement contre un chômage en très forte augmentation, si on demande aux gens de travailler encore plus. Peut-être suis-je complètement nul en économie, mais il me semble surtout qu'il s'agit de bon sens, et je pense que ceux qui prétendent le contraire agissent par pure idéologie.
Le 19 mars, le retrait du paquet fiscal sera dans toutes les têtes, même si évidemment, cela ne suffira pas. Pourtant, le gouvernement communique déjà à outrance pour assurer qu'il n'en fera rien. C'est à se demander qu'il n'a pas conscience de l'état de colère et d'impatience du peuple Français, c'est à se demander s'il ne recherche pas l'affrontement, à l'instar de ce qui s'est passé aux Antilles.
13 février 2009
Pourquoi la situation sociale est plus tendue en France que dans les autres pays européens ?
C'est officiel, la France à l'instar des autres pays européens est entrée en récession, la ministre de l'économie vient de prononcer le mot. Cependant, même si la situation n'est pas florissante en France, on remarque que notre pays résiste mieux que d'autres. Il doit en grande partie cette résistance à son modèle social et à l'importance de ses services publics pourtant tellement décriés. Pourtant, si on excepte la Grèce et l'Islande, deux pays à la situation particulière, la France est la seule grande nation en proie à d'importantes turbulences sociales qui menacent de déraper en un grand conflit majeur. Il y a, à mon avis, plusieurs explications à ce paradoxe apparent :
1) En France, contrairement à d'autres pays, la réalité de la crise a longtemps été niée par les autorités, créant ainsi un décalage profond entre ce que vivent et ressentent les Français, et les discours officiels.
2) Depuis bientôt 2 ans, le gouvernement a mis en route de très nombreuses réformes qui modifient profondément l'organisation socio-économique de notre pays. Si certaines d'entre elles avaient au départ l'assentiment de la population, la méthode employée pour les faire passer fait qu'au final, elles sont toutes ou presque devenues impopulaires. Il n'y a pour ainsi dire aucune concertation, toutes les réformes sont décidées d'en haut, sans que jamais les acteurs de terrain ne soient consultés.
3) L'obstination du pouvoir à ne pas intégrer un volet concernant le pouvoir d'achat pèse lourdement sur le climat social. D'autres pays, comme le Royaume-Uni, l'Espagne ou encore l'Allemagne l'ont fait, garantissant ainsi momentanément la paix sociale, ainsi qu'ils sont dans un marasme économique bien plus profond que nous. En France, la plupart des aides sont perçues comme des cadeaux faits aux entreprises, notamment les banques, à l'origine de la crise. Cela induit un fort sentiment d'injustice.
4) Le mécontentement est très fort dans les Antilles françaises, il faut y voir je crois, une résurgence du passé colonial de la France, passé que nous n'avons jamais eu le courage de regarder en face. L'élection de Barack Obama fêtée avec joie dans ces régions nous renvoie à nos manquements en matières d'égalité sociale et d'intégration des minorités. Ce malaise des DOM-TOM, pourrait gagner les banlieues métropolitaines,où il est regardé de prés, et où la crise de l'automne 2005 n'a jamais été traitée. Tout ceci est explosif a plus ou moins long terme.
5) En confisquant le pouvoir, en réduisant à néant le rôle du premier ministre, en affaiblissant les ministres, Nicolas Sarkozy dénature la cinquième République et perturbe profondément la vision politique des Français. De plus, en multipliant les discours non suivis d'actes, il contribue à rendre inaudible la parole politique.
6) La faiblesse de l'opposition, l'absence de projet alternatif crédible, la mise sous tutelle de tous les contre-pouvoirscontre-pouvoirs, tout cela fait que la rue devient peu à peu le dernier moyen d'exprimer sa colère et son désarroi. Rajouté à cela une répression de plus en plus mal vécue par la population, on comprend que des partis aux propos plus radicaux aient une écoute favorable en ce moment.
Alors que tout laisse penser que le gouvernement souhaite éviter une explosion sociale, celle-ci n'a jamais semblé aussi proche, à cause notamment de la façon qu'a Nicolas Sarkozy d'exercer le pouvoir. Les prochains jours seront déterminants, mais il me semble probable que l'on ne pourra pas éviter une forte déflagration sociale.
28 janvier 2009
Une grève politique !
Le mouvement de grève de demain 29 janvier sera probablement très suivi. C'est pourquoi de nombreux commentateurs le compare déjà aux mouvement de 1995 ou de 2006 contre le CPE, qui avaient fortement marqués les esprits en leur temps. Pourtant, il existe de vraies différences, et la journée de demain n'est pas comparable : il s'agira d'une grève politique quand les mouvements passés étaient dus à des revendications précises.
En effet, si des millions de personnes seront dans la rue demain, ce n'est pas pour réclamer le retrait d'une réforme ou pour obtenir de nouveaux acquis sociaux (cette époque est bien révolue). Non, demain, le mot d'ordre est multiple. Ce qui s'exprimera, c'est d'abord et avant tout un malaise diffus face à la peur de la crise, mais surtout face à la politique du gouvernement.
Il est vrai de dire que la crise angoisse les Français, et la peur de perdre son emploi ou de voir sa situation sociale affectée sera présente dans les cortèges. Mais la vraie raison qui explique l'ampleur de ce mouvement (j'anticipe, mais je n'ai aucun doute là-dessus) est ailleurs. Il y a un rejet de la politique du gouvernement, et un immense sentiment d'injustice. Comment accepter que les responsables de la crise continuent à empocher des millions quand les victimes elles n'ont qu'à subir et se taire ? Et en plus, elles doivent se montrer solidaires !
Ce malaise précède la crise, et celle-ci n'a fait qu'accentuer les ressentiments. C'est bien la politique du pouvoir qui sera remise en cause demain, sinon comment expliquer la présence massive de fonctionnaires. Même si elle n'a rien d'étonnant, leur mobilisation sera plus forte qu'à l'accoutumée, or, ils sont beaucoup moins concernés par le risque de perdre leur emploi que dans le secteur privé. Non, s'ils seront dans la rue demain, c'est parce qu'ils ne veulent pas des multiples réformes qui jettent le discrédit sur la fonction publique et mettent à mal la solidarité nationale. Ils en ont aussi plus qu'assez d'un discours qui divise et oppose constamment les Français entre eux.
Mais que le pouvoir ne s'y trompe pas, les salariés du privé sont en accord (ce que disent d'ailleurs les sondages) avec le mouvement de demain, et ils le prouveront par une présence plus importante que d'habitude. Nicolas Sarkozy et son gouvernement feraient une immense erreur de n'imputer cela qu'à la crise. La grogne contre le pouvoir était déjà manifeste avant l'été. La question du pouvoir d'achat reste un des problèmes majeurs des Français, or, l'Etat a trouvé des milliards pour les banques ou les grandes entreprises, mais rien pour les salariés. Et personne ne se fait d'illusions sur les soi-disant plans de relance. Il y a aujourd'hui un immense sentiment d'injustice.
Mais ce n'est pas tout, qui peut croire qu'il y a une France du public qui rejette les réformes et une France du privé (celle qui travaille selon le pouvoir) qui les attend et les soutient ? Qui peut croire que le travail le dimanche n'inquiète pas les salariés de la grande distribution ? Qui peut croire que les ouvriers acceptent la perspective de devoir travailler jusqu'à 70 ans ? Toutes ces questions, et d'autres comme la rémunération du chef de l'Etat, la politique sécuritaire, toutes seront présentes dans toutes les têtes demain. Car ce qui va s'exprimer dans la rue, ce sont des mois et des mois de frustration et de colère rentrés.
Pendant ce temps, quelle est l'attitude de la majorité ? Les ministres, les députés se répandent tous dans les médias, soit pour tirer à boulets rouges sur les syndicats et les grévistes, n'hésitant pas à remettre en cause le droit de grève, soit pour minimiser l'ampleur de la grève et l'imputer à un mouvement d'humeur. Quel décalage avec ce que les Français vivent au quotidien ! Tous les propos entendus ces derniers jours ne vont qu'attiser l'incendie qui couve. Nos gouvernants sont-ils à ce point inconscients de l'état d'exaspération dans lequel se trouve le pays ?
PS ; je vous renvoie sur un excellent article traitant du même sujet, sur le blog d'un ami blogueur :
http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/01/mobilisation-gnrale.html#more
04 décembre 2008
Plan Sarkozy : les patrons disent merci !
Tout ça pour ça ! Des jours que l'on nous promet le grand plan qui va sauver l'économie française. Eh bien maintenant que l'on sait, on attend toujours le fameux plan qui va sortir la France de l'impasse. Tout ce que l'on a eu c'est un catalogue de cadeaux aux entreprises. Elles sont contentes, elles vont pouvoir passer à la caisse avant de délocaliser. Il y a bien quelques mesurettes pour les plus pauvres, mais presque rien sur le pouvoir d'achat. Et pourtant, c'est bien ce que réclament les Français depuis des mois, c'est bien la consommation qui a toujours été le fer de lance de la croissance de notre pays, mais non, rien, toujours rien pour le pouvoir d'achat.
Allez, puisque j'aime bien l'exercice, et qu'avec Sarkozy, on est arrosé de plans en toutes sortes dont on ne voit jamais les effets positifs, je décrypte les principales propositions du catalogue.
Réalisation de grands travaux : Du grand classique, mais j'admets que cela a par le passé prouvé son efficacité. Mais en ce qui concerne la rénovation des services publics comme les tribunaux ou les hôpitaux, il a fallu une crise pour se rendre compte qu'il y avait un réel besoin. Le hic dans tout cela, c'est que les collectivités locales vont être mises à contribution, alors même que l'Etat leur supprime une partie de leurs subventions. C'est donc le contribuable qui d'une façon ou d'une autre va payer.
Secteur Automobile : Versement d'une prime à la casse de 1000 euros en l'échange de l'achat d'un véhicule neuf. Cette "grande idée" a déjà été testée par les gouvernements Balladur (dont le ministre du budget était Nicolas Sarkozy) et Juppé. Dans les deux cas ce fut un échec. Si les gens n'achètent pas de voitures, c'est parce qu'elles sont trop chères et qu'ils font d'autres choix. Les 1 000 euros ne devraient pas changer la donne. Mais en admettant que cette prime incite les gens à acheter des véhicules, ces achats cessent en même temps que la prime. La crise du secteur automobile n'est donc que repoussée et amplifiée.
Le Bâtiment : Le doublement du prêt à taux zéro devrait peut-être permettre aux entreprises du secteur de s'en sortir. Mais cela va surtout bénéficier aux classes moyennes, celles qui ont les moyens d'acheter des logements. Quant à la construction de 70 000 logements sociaux supplémentaires, c'est bien, mais c'est à peine la moitié de ce qu'il faudrait.
Remboursement de la dette de l'Etat : l'Etat va rembourser par anticipation 11, 5 milliards d'euros aux entreprises. Magnifique, quand il s'agit des entreprises l'Etat anticipe ses dettes. Mais pourquoi ne rembourse-t-il pas les milliards d'euros qu'il doit à la sécurité sociale et aux caisses de retraite. S'il l'avait fait, on ne serait pas obligé de demander aux gens de travailler plus longtemps ou d'être moins bien soignés. Oui, mais le déficit des comptes sociaux permet d'en préparer la privatisation. Pour les mêmes entreprises que l'on va donc aider une fois de plus.
Emploi : exonération complète de charges sociales pour toutes les entreprises de moins de 10 salariés qui embauchent. C'est encore le trou de la sécu qui va être content.
RSA : L'Etat va verser une prime supplémentaire de 200 euros aux bénéficiaires du RSA. Bon allez, c'est toujours ça de pris, mais franchement, cette mesure, elle est un peu là pour montrer que l'on s'occupe aussi des vrais gens.
Au final, l'Etat va s'endetter massivement pour des résultats qui sont plus qu'aléatoires. C'est bien beau de faire des cadeaux aux entreprises, mais le problème des entreprises, c'est que les gens n'ont plus d'argent à dépenser. Et ce n'est pas avec le plan Sarkozy qu'ils en auront.
27 novembre 2008
Le CREDOC nuance l'intérêt de l'ouverture des magasins le dimanche.
Alors que le gouvernement va proposer une loi au Parlement sur l'ouverture des magasins le dimanche, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) publie un rapport intéressant qui relativise très fortement l'intérêt économique d'une telle initiative.
L'argument majeur donné par le gouvernement est que cela va relancer la consommation et l'emploi. Or l'étude qui s'appuie sur ce qui a déjà été fait à l'étranger montre qu'il n'en ait rien, bien au contraire. Ce sont essentiellement les grandes surfaces qui bénéficient de cette ouverture, mais les gens n'ayant pas plus d'argent, ils ne consomment pas plus. Les petites surfaces alimentaires, et plus généralement les petits commerces vont donc en pâtir. Cela pourrait se traduire par des pertes d'emploi. De plus, il ne devrait, toujours selon cette étude, y avoir aucune conséquence sur les prix, qui ne devraient pas baisser.
En outre l'étude montre que beaucoup plus que des ouvertures dominicales, se sont des des ouvertures tardives de magasins qui auraient la faveur des Français.
Enfin, l'enquête rappelle ce paradoxe : si 52 % des Français sont favorables au travail le dimanche, 60 % refusent de travailler ce jour-là.
A part ça, il ne s'agit pas d'une mesure idéologique ou d'un cadeau du gouvernement à ses amis de la grande distribution.
On peut se procurer l'étude à cette adresse : http://www.credoc.fr/ C'est malheureusement payant, cependant on peut trouver sur internet des articles qui en parle, l'AFP notamment: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ie7pA-jeWJBY5mGlX95PrkujbiwA
24 octobre 2008
Crise économique : retour sur les diverses propositions de Nicolas Sarkozy.
Depuis quelques semaines, le président de la République a multiplié les discours et les annonces pour faire face à la crise. Cette attitude a au moins pour conséquence de donner l'impression qu'il y a un capitaine à bord. Cependant, il convient d'aller au delà des discours et de voir ce qu'ils contiennent réellement.
Et il y a de très nombreux motifs d'inquiètude. Cependant, j'ai trouvé quand même dans les diverses annonces quelques propositions intéressantes que certains à gauche n'auraient pas renié. A commencer par les propos sur la nécessité de refonder le capitalisme international. Qui aujourd'hui peut encore nier la responsabilité des grandes instances financières mondiales que sont la Banque Mondiale ou le FMI dans la crise ? De même, la volonté affichée par Mr Sarkozy de remettre la politique au centre du jeu, de ne plus laisser le champ libre aux milieux économiques me paraît une bonne chose.
Toutefois, et c'est là qu'apparaît le premier paradoxe des discours sarkozystes, s'il n'est pas permis de douter de sa volonté de changer de politique au niveau international, on ne peut que s'étonner dès lors qu'il s'agit du champ national, que la politique menée reste la même : on continue de privatiser les banques (LaPoste), de déréguler le marché du travail (travail le dimanche) ou de déstabiliser le service public dans un moment où il aurait besoin d'être renforcé.
D'où d'ailleurs le second paradoxe. Mr Sarkozy demande à l'Europe d'être plus protectionniste, et sa demande d'être président de l'Eurogroupe jusqu'en 2010 va dans ce sens, mais dans le même temps, les mesures prises pour la France indiquent une direction contraire, vers toujours plus de libéralisme. Au passage, je me réjouis de la position française pour plus de protectionnisme, même si je crains fort qu'il n'y ait là qu'une posture.
Un autre point important a été apporté par le président de la République lors de sa présentation de son plan d'aide aux PME. Avec la création d'un fonds de solidarité pour les entreprises en difficulté, la droite française revient aux valeurs fondamentales du gaullisme. Désormais, il redevient important pour la France de soutenir les secteurs clés de son entreprise, et elle s'en donne les moyens. Reste, et ce n'est pas rien, la question du financement, et là, c'est beaucoup plus évasif comme d'habitude. Le risque d'un coup d'épée dans l'eau et donc fort, à moins que ce ne soit encore les contribuables qui paient la facture.
La dernière mesure notable que je voulais aborder est celle d'une éxonération de la taxe professionnelle pour certaines entreprises qui investissent. Encore une fois, il s'agit d'un cadeau aux patrons, mais celui-ci va être payé sur le dos des collectivités locales qui sont les principales bénéficiaires de la taxe professionnelle. Or, 75 % de l'investissement public est réalisé par ces collectivités, elles sont donc un des moteurs essentiel de la croissance. Si des compensations sont promises, la non plus, rien n'est très clair, et cette idée risque également d'être contre productive.
Pour conclure, je ferais remarquer que comme d'habitude, les grands oubliés sont les salariés. Il n'y a aucune annonce concernant le pouvoir d'achat. Après avoir débloqué des milliards d'euros pour les banques, puis pour les entreprises, l'Etat n'a toujours rien fait pour ceux qui vont le plus souffrir de la crise : les particuliers.
14 octobre 2008
Qui est vraiment sorti de la crise ?
A entendre les commentateurs économiques à la radio ce matin, à voir les mines réjouies des traders, à voir le président de la République et ses ministres parader sur toutes les chaînes de télévision, on se dit qu'effectivement la crise a été vaincue, terrassée. Mais est-ce bien sûr ? Ne nous cache-t-on pas une autre réalité, bien plus complexe, bien plus sombre ?
Certes, toutes les bourses remontent en flèche, comme soulagées par l'intervention des états, ce qui u passage signifie qu'il y a des personnes qui font des plus-values substantielles. Certes, le capitalisme bousier et financier retrouve des couleurs et semble sauvé pour le moment. C'est d'ailleurs le minimum que l'on attendait de politiques qui ont toujours clamé haut et fort leur foi dans le libéralisme. Mais alors même que des milliards d'euros seront investis et dépensés pour sauvegarder la haute finance, plus personne n'a un regard sur ces milliers de licenciements qui menacent, personne ne s'offusque face au regain d'inflation que cet afflux massif d'argent risque de créer, inflation dont les premières victimes seront les plus pauvres évidemment.
Car, c'est là que l'on touche le scandale que constitue cette période. Il n'a suffit que de quelques semaines pour que tout ce que le monde compte de politiques et d'économistes de premier rang trouve une solution capable de sortir les banques du marasme où elles se sont mises toutes seules. Pour donner une idée de l'engagement pris par les états, les sommes engagées suffiraient amplement à résoudre la faim dans le monde. Est-ce à dire que l'avenir de quelques banques compte plus que des millions de vies en Afrique ou en Asie ?
En France, alors que l'Etat s'apprête à creuser les déficits publics, Nicolas Sarkozy n'a rien prévu pour juguler les conséquences désastreuses sur l'économie réelle qui s'annoncent. Peu lui chaut, les patrons sont désormais protégés, c'est tout ce qui compte.
Il a suffit d'un mois pour préparer un plan de 360 milliards, quand cela fait 30 ans que l'on laisse courir les déficits de la Sécurité Sociale ou des caisses de retraite. Les seules solutions explorées pour renflouer ces organismes sont de toujours faire payer plus les Français, alors que l'on se rend compte aujourd'hui que quand il veut, l'Etat est capable de trouver des sources de financement nouvelles.
Il a suffit d'un mois d'agitation présidentielle tous azimuts pour sauver les banques, quand l'immense majorité des Français a des problèmes de pouvoir d'achat, quand tous les indicateurs économiques sont dans le rouge et que la seule solution proposée est de travailler le dimanche. Pourquoi les mêmes devraient toujours faire les efforts, tandis que d'autres ont la garantie permanente que les gouvernements viendront à leur secours ?
Evidemment, cette séquence va momentanément faire faire un bond à Nicolas Sarkozy dans les sondages. Mais sur le long terme, elle aura surtout renforcé les rancoeurs des classes populaires et moyennes et renforcé les divisions des Français.
Un très bon article pour en savoir plus :
http://acide-critique.over-blog.com/
11 septembre 2008
Sarkozy en forte hausse dans les sondages : du pipeau !
Mais à qui fera-t-on croire que la suractivité diplomatique présidentielle de l'été aura permis à Nicolas Sarkozy de remonter significativement dans l'estime des Français ? 11 points de mieux selon LH2. Foutaises.Et voici quelques raisons objectives pour lesquelles il ne peut pas remonter.
1) Même trafiqués, les chiffres du chômage remontent.
2)L'immobilier est en crise.
3) on l'a vu cet été, le pouvoir d'achat est au plus mal.
4) Il n'y a pas que le pouvoir d'achat, le moral des Français n'a jamais été aussi bas.
5) Pourquoi les Français seraient-ils contents alors qu'un fichier risque de les menacer jusque dans leur vie privée ?
6) Pourquoi seraient-ils contents alors que l'attitude du président en Corse les a choqués ?
7) Comment se fait-il qu'il monte de 11 points dans un sondage, de 5dans un autre et d'aucun dans un troisième ?
8) Enfin, c'est annexe, et plutôt amusant, si le disque de sa femme est un bide, il est probable que ce soit parce que justement c'est sa femme.
27 août 2008
Mais dans quel sens va la politique économique de Sarkozy ?
Bon, je le conçois bien volontiers, le revenu de solidarité active semble être une mesure de progrès sociale. Si j'ai bien compris, il permettrait aux chômeurs et rmistes qui retrouvent un emploi de ne pas perdre d'argent. Le projet, apparemment dans les cartons, de taxer les revenus financiers à hauteur de 1 % pour financer ce RSA apparaît aussi comme allant dans le bon sens, celui de la justice sociale, et de la solidarité. Il faudrait cependant se pencher plus en avant sur les projets et les intentions réelles du gouvernement, toujours est-il qu'à première vue, tout cela est intéressant.
Cependant, cela donne tout de même lieu à quelques réflexions. D'abord, je déplore qu'il faille que la droite soit au pouvoir pour entendre parler de taxation du capital. Il est désolant de voir que la gauche au pouvoir est incapable de mettre en action les discours qui sont les siens quand elle est dans l'opposition.
Ensuite, il ne faut tout de même pas perdre de vue que RSA ou pas, la situation ne va pas changer pour des millions de Français, pour lesquels les difficultés face à la baisse de leur pouvoir d'achat demeurent, de même que l'incapacité du gouvernement à répondre à leurs craintes. Au final, le RSA apparaît comme une goutte d'eau par rapport à l'étendue des difficultés rencontrées au quotidien par les Français. Et tout le battage médiatique autour de cette mesure n'est-il pas qu'un moyen de désamorcer une rentrée qui s'annonce houleuse ?
De plus, l'impression majeure donnée par rapport à l'ensemble de la politique de ce gouvernement, est qu'il navigue à vue. On va créer le RSA dans un contexte financier très tendu, taxer les riches (très faiblement) parce que c'est populaire. Mais dans le même temps, le paquet fiscal a accordé aux mêmes de fortes réductions d'impôts. Et que dire des réductions d'effectifs dans la fonction publique, qui handicaperont forcément les plus pauvres qui sont souvent les premiers destinataires et utilisateurs des services de l'Etat et les bénéficiaires du RSA. Bref, il n'y a aucune logique, aucune continuité, aucune lisibilité dans l'action gouvernementale. Ce gouvernement paraît surtout doué pour communiquer.
PS : Je rajoute un lien vers un article qui explique très bienfinalement les risques que représentent le RSA :
http://horizons.typepad.fr/accueil/2008/08/la-face-cache-d.html#more
19 août 2008
Le plan de rigueur est déjà là.
Ce n'est un secret pour personne, les politiques sont maîtres dans l'art de la langue de bois. Mais avec ce gouvernement nous avons affaire à des cadors, au dessus du panier. Affirmer comme ils le font que la France traverse une crise économique mais qu'il n'y aura pas de plan de rigueur relève du mensonge ou de l'affabulation. Parce que quand on est chômeur, smicard, rmiste, précaire, ouvrier ou même désormais lorsque l'on fait partie de la classe moyenne, la rigueur est bien là, tous les jours.
Mais peut-être ne sont-ils pas au courant, peut-être que la réalité socio-économique de ce pays ne touche pas les salons des ministères ? Il faut bien avouer que cette crise et cette rigueur ne concerne pas tout le monde, et en particulier les plus riches, parmi lesquels on retrouve nombre de proches du pouvoir et du président. Et la politique gouvernementale depuis un an a tout fait pour les mettre à l'abri.
Alors oui, la France traverse une grave crise économique, et oui les Français connaissent la rigueur. Et que nous annonce le gouvernement ? Qu'il va débloquer de l'argent pour aider les plus pauvres ou augmenter les bas salaires ? Que nenni ! Ils vont encore sabrer dans les dépenses publiques, diminuer le nombre de fonctionnaires, baisser les remboursements de la sécurité sociale, nous faire travailler plus longtemps, et bien d'autres réjouissances encore.
Evidemment, si on peut mettre ses enfants dans le privé, se payer une bonne mutuelle ou une retraite complémentaire, on peut s'en sortir. Encore faut-il pouvoir le faire. Mais peu importe, les autres, les gens de peu, n'intéressent pas François Fillon et ses amis. Mon avis est maintenant définitif, ce gouvernement est fait de tocards incompétents et arrogants. Pauvre France !