24 octobre 2009
Une affaire de pot de vin qui pourrait secouer l'Elysée ?
Souvenez-vous, en 2002 un attentat à Karachi fait 11 morts, 11 ingénieurs français. Tout de suite l'enquête se dirige sur la piste islamiste. Mais depuis, une autre hypothèse a fait son apparition, celle d'une vengeance des services secrets pakistanais contre l'état français qui n'aurait pas versé les pots de vin promis lors de l'achat de sous-marins. Pour l'instant, cette hypothèse est réfutée par le pouvoir français.
Sauf qu'un article paru dans la presse suisse, et qui sera suivi d'autres enquêtes en France relance cette piste, allant jusqu'à laisser penser que Mr Sarkozy, alors ministre du budget, pourrait être impliqué.
En attendant d'en savoir plus (et en espérant que la presse française ne se dégonflera pas), voici l'article en question :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/35312a9e-bf4a-11de-b6d7-be89cc3615cf%7C0
20 octobre 2009
Frédéric Lefebvre et la presse : je t'aime moi non plus !
Avec la succession de polémiques actuelles, la ligne de défense de la droite est claire : il s'agit d'une cabale contre le pouvoir montée par la presse. Et c'est l'artilleur en chef de l'UMP, Frédéric Lefebvre qui s'y colle. On peut trouver un peu partout la vidéo de son interview par Jean-MichelJean-Michel Apathie. Ce serait risible si ce n'était pas un énorme mensonge qui cherche à dissimuler une vérité bien plus cruelle : Ce gouvernement menace gravement la liberté d'expression. On n'en est pas encore à la situation italienne, où le président du conseil va jusqu'à porter plainte contre les rares journaux qui osent lui résister. Pour autant, je crois qu'il est utile de faire un petit rappel à Mr Lefebvre.
L'Etat est l'actionnaire unique de tout le service public audiovisuel, soit la totalité des chaînes du groupe France-télévisionFrance-télévision, l'ensemble de Radio France, auxquels il faut rajouter l'audiovisuel extérieur (RFI, France 24). L'Etat est censé garantir la liberté d'expression de ces moyens d'expression. Rappelons simplement que le président de la République nomme directement les PDG des différents groupes. Rappelons aussi que la directrice des programmes politiques de France 2, s'est fait vertement rappeler la façon dont elle doit exercer son métier lors de la dernière interview du président. S'il y a une cabale contre le gouvernement, on voit mal comment elle pourrait venir de ce côté-ci.
Du côté du secteur privé, alors, mais malheureusement, la situation n'est guère plus réjouissante. La première chaîne de télévision française appartient à Martin Bouygues, un très proche du président : sur TF1, les risques de débordements sont bien circonscrits. Il en est de même pour Europe 1qui a pour principal actionnaire le groupe Lagardère, dont le président Arnaud Lagardère a un jour déclaré qu'il considéré Nicolas Sarkozy comme son frère. Quant aux autres principales radios (RTL, RMC), soumises à la publicité et à la guerre d'audience, on les voit mal prendre le risque de se mettre à dos des annonceurs aussi importants que l'Etat, Bouygues où les principaux groupes de distribution dont chacun sait que les intérêts économiques penchent du côté de l'extrême-gauchel'extrême-gauche.
Il y a bien encore la presse papier, avec certains journaux qui restent indépendants (L'Humanité, Le Canard Enchaîné, Politis, Les InrockuptiblesInrockuptibles), mais leur situation économique est très difficile, et leur impact sur la population moindre (excepté le Canard peut-être). Pour le reste, Le Figaro appartient au groupe Dassault, et il suffit de le lire pour se rendre compte que ce journal est à l'UMP ce que la Pravda était à l'URSS. Le groupe Bolloré, dont le PDG, Vincent Bolloré est lui aussi un proche, possède une bonne partie des journaux gratuits. Quant à la presse régionale, elle prend bien soin depuis des décennies, de s'occuper prioritairement d'actualité... régionale.
Il y a bien ici ou là quelques poches de résistance, mais bon, globalement les moutons sont bien gardés. Et cela Monsieur Lefebvre ne l'ignore pas. C'est donc un gros mensonge qu'il a commis sur RTL, à moins qu'il ne visait autre chose : internet.
Eh oui ! Parce que si le pouvoir contrôle peu ou prou les médias traditionnels, tel n'est pas le cas sur la toile. Je ne parle même pas des milliers de blogs où la liberté d'expression est totale. Il suffit de regarder tous ces nouveaux sites d'information qui éclosent (Rue 89, Mediapart, Arrêt sur image, Bakchich, Slater, Marianne 2, etc.). Là réside une vraie impertinence journalistes, un vrai questionnement au quotidien sur les sujets qui fâchent. Le problème du pouvoir, c'est la montée en puissance de ce moyen, qui est maintenant bien plus influent que la presse papier. D'ailleurs, les grands journaux ne s'y trompent pas qui publient régulièrement sur leurs sites des articles bien plus virulents que dans le format papier (c'est souvent le cas pour Libération, mais même Le Monde s'y met).
Et Monsieur Lefebvre n'est pas dupe de cet état des choses. Car sa sortie médiatique arrive à la suite de plusieurs autres responsables de la majorité (Mr Copé particulièrement), qui visaient explicitement Internet et sa trop grande indépendance. De la parole aux actes, on sait qu'avec l'UMP il n'y a jamais très loin, on est donc en droit de craindre une tentative de remise au pas du web.
Cela pourrait s'avérer difficile, au moins techniquement, d'où la volonté actuelle de décrédibiliser internet, pour essayer d'en diminuer l'influence. En attendant, la liberté d'expression a encore sa petite fenêtre : utilisons-làutilisons-là.
09 septembre 2009
Le PS est pitoyable, mais la presse l'y aide bien !
Ce n'était un secret pour personne, mais le livre qui sort sur ce sujet enfonce le clou : c'est bien la haine qui a prévalue au congrès du Parti Socialiste à Reims, et le Tout Sauf Ségolène était pour la majorité élue, la seule ligne politique.
Evidemment, le clan Royal n'a pas été en reste et y est bien allé de ces petites tricheries, toutefois, ce qui prédomine c'est bien qu'il fallait à tout prix éliminer cette empêcheuse de magouiller en rond par n'importe quel moyen, dans le seul but de préserver les intérêts personnels des apparatchiks de ce parti. Il y a donc eu fraude massive à tous les étages. Ce simple fait, qu'un parti censé être du côté du peuple ne soit même pas capable de respecter ses propres militants me dégoûte profondément. Et on va nous demander, à nous électeurs de gauche de voter pour ces gens là ! Sans moi en tout cas !
On pense ce que l'on veut de Mme Royal, et à titre personnel si j'ai apprécié sa volonté de mettre un coup de pied dans ce nid d'éléphants, je suis loin de partager nombre de ses propositions. Toujours est-il qu'au Parti Socialiste, elle est considérée comme plus dangereuse que la droite. On ne m'enlèvera pas de l'idée que si elle a perdu la présidentielle, ce n'est pas parce qu'elle a été mauvaise ou que Sarkozy était meilleur qu'elle, non, c'est simplement parce qu'elle a été flinguée par ses propres amis.
Pour autant, je m'interroge sur l'opportunité de remuer de nouveau ces querelles à un moment où le PS semblait se ressaisir. A 6 mois d'élections régionales qui s'annoncent périlleuses pour l'opposition, mais surtout pour la majorité, on imagine aisément qui peut tirer profit d'une réouverture de la chasse chez les socialistes. Et je ne crois pas que le fait que le livre soit écrit par deux journalistes d'Europe 1 soit particulièrement anodin. Europe 1 appartient au groupe Lagardère, et chacun sait qu'Arnaud Lagardère est un proche de Nicolas Sarkozy. Il faut écouter les interviews politiques de Mr ElkkabachElkkabach, se pencher sur le contenu des journaux pour comprendre que cette station est particulièrement orientée à droite.
Toutefois, est-ce que la guerre au PS va de nouveau faire rage ? Pas sûr, car tous ont intérêt à une paix armée, tant ce parti joue gros aux élections régionales. Ségolène Royal la première d'ailleurs, puisqu'une réélection dans sa région la placerait d'office en position de favorite pour une candidature à la présidentielle. Quant à Martine Aubry et son entourage, après la claque des européennes, ils ne survivraient pas à un deuxième naufrage.
05 septembre 2009
Si tous les journalistes étaient comme Mélissa Theuriau...
Une fois n'est pas coutume, je voudrais faire un petit message pour saluer le travail d'une journaliste, Melissa Theuriau. J'avais jusqu'ici un a priori plutot négatif sur cette personne dont on parle surtout dans les rubriques people des journaux. Mais voilà, dernièrement, elle avait Brice Hortefeux comme invité dans son émission. Et elle a été formidable de bout en bout, remettant en cause toutes les contre-vérités de ce dernier et n'hésitant pas à poser les questions qui fâchent, notamment sur la suppression de la police de proximité ou sur le taser.
Mme Theuriau a fait son travail de journaliste sans complaisance, ce que malheureusement ils sont bien peu à faire, si c'était le cas, il y a fort à penser que Sarkozy ne serait pas au pouvoir aujourd'hui, et le PS ne se laisserait pas aller à la dérive droitière qui est la sienne aussi facilement.
Mélissa Theuriau interviewe Brice Hortefeux
envoyé par rue89. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
29 août 2009
Les Français pensent que la gauche peut gagner la présidentielle : sans blagues ?
Ça c'est du journalisme de haut vol ! Il aura fallu un sondage bidon pour que les médias Français veuillent bien écarter leurs oeillères et s'apercevoir qu'il y a autre chose que Sarkozy dans le spectre politique Français. Parce que depuis quelques temps, ces messieurs dames nous donnent l'impression que les jeux sont déjà faits, on se demande même si en 2012 il sera nécessaire d'organiser une élection, tant il leur apparaît évidemment que Sarkozy sera réélu.
Malgré tout, par acquis de conscience, il y a un journal qui a commandité un sondage. Et là, surprise ! Une majorité de Français continue de s'accrocher à l'idée que le prochain président peut être de gauche. Quels mécréants ces Français, 2 ans après l'élection de Nicolas ils ne plébiscitent toujours pas le nouvel édile. Incompréhensible pour le commun des journalistes.
Pourtant, il aurait suffit que la majorité de ces messieurs (pas tous heureusement, il en reste des honnêtes) cesse de faire dans la complaisance, voire la propagande, pour s'apercevoir que ce résultat est logique. Mieux, il était inscrit dans les élections européennes : personne n'a voulu relever que le score de l'ensemble de la droite est un des plus bas qu'elle ait jamais réalisé. Il est donc normal qu'une majorité de Français pensent que la gauche puisse gagner les élections, puisqu'ils ne veulent plus de la droite.
Cela veut-il dire que la gauche, et le PS en particulier a un boulevard devant lui ? Que nenni, car au final, que dit ce sondage ? Que la moitié des Français pensent que la gauche peut gagner, et donc que l'autre moitié pense le contraire. Est-ce pour autant que la première moitié est de gauche, et l'autre de droite ? Non, évidemment. Les personnes interrogées se sont juste prononcées sur l'éventualité d'une possibilité d'une victoire de la gauche pour une élection qui aura lieu dans 3 ans. Autrement dit, ils se sont prononcés sur rien.
On en arrive à ce magnifique paradoxe où la réalité des faits (les résultats des élections) indiquent un rejet profond de la droite (même si elle gagne le plus grand nombre d'élus, la gauche en voix est nettement majoritaire, mais profondément divisée), et personne ou si peu dans la presse ne commente ce fait. Par contre, il suffit d'un sondage quelconque avec une question sans intérêt, pour que les mêmes journalistes fassent aujourd'hui les conclusions qu'ils auraient dues faire au soir du 7 juin.
Nous vivons dans un drôle de pays.
25 juillet 2009
Le nouveau nom de la grippe A : la grippe médiatique.
Oyez ! Oyez ! Braves gens ! La fin est pour bientôt ! L'apocalypse arrive, soyez-en sûrs. En tout cas, si vous suivez les principaux organes d'information, vous ne pouvez pas en douter. L'épidémie de grippe mexicaine, rebaptisée porcine pour ne pas faire de tort aux mexicains, puis grippe A pour ne pas gêner la filière porcine, sera bien la pire que l'humanité aie jamais connu. D'ailleurs, elle est tellement forte qu'on ne sait même pas quel nom lui donner.
Et peu importe qu'elle ne soit pas aussi mortelle qu'annoncée au départ. Ah, ça ! tant qu'elle était au Mexique la grippe, on avait l'impression que c'étaient par centaines de milliers que les victimes tombaient. Même que l'on s'est demandé s'il ne fallait pas stopper toutes les liaisons aériennes avec ce pays. Mais bon, depuis elle passé les frontières et que le nombre de cas américains, canadiens et surtout anglais dépasse largement les chiffres du Mexique, alors il faut bien rassurer la population, et expliquer que finalement, la grippe A n'est qu'à peine plus virulente qu'une grippe normale, c'est tout juste si elle se propage plus vite. Et plus question d'interrompre les laisons aériennes.
Certaines voix, a l'image du professeur Gentilini commencent à s'insurger contre cette médiatisation excessive, et rappellent que le paludisme fait chaque année des centaines de milliers de victimes, et que le SIDA est encore un véritable dans certains pays d'Afrique. D'ailleurs, est-ce justement parce que c'est en Afrique que l'on n'en parle si peu ?
Bon d'accord, la grippe A n'est peut-être pas aussi dangereuse que prévu, et il y a peut-être plus grave, mais attention, elle risque de paralyser l'économie du pays, c'est le premier ministre qui l'a dit. Ceci dit, rassurons-nous, nous sommes prêts, des millions de vaccins sont d'ores et déjà prévus, remplissant grassement au passage les poches des patrons de l'industrie pharmaceutique. 90 millions de vaccins en quelques mois ! et dire qu'en 10 ans, nous n'avons toujours pas trouver de solutions pour fournir en tri-thérapies les populations africaines touchées par le VIH !
La moitié de la population française risque d'être touchée cet hiver. Ce chiffre est ubuesque ! Même la fameuse grippe espagnole qui elle a fait des millions de victimes, n'a pas concerné autant de personnes. Alors je pose une question : si à la fin de l'hiver, on s'aperçoit comme je le prédit que toutes les sirènes médiatiques étaient fausses, que l'on a fait paniquer la société pour rien (ou peut-être pour faire diversion à la crise), est-ce qu'il y aura des démissions dans les directions des grands médias ou dans les cabinets ministériels ?
Quant à moi, c'est promis, si je me suis trompé, à la fin de l'hiver, je prends mes responsabilités, j'arrêterai ce blog !
22 juillet 2009
Le parti socialiste victime de la société du spectacle.
Bien qu'ayant pris mes distances depuis quelques temps avec le parti socialiste, je suis comme la plupart des électeurs de gauche, profondément attristé par l'état de décomposition avancée de ce parti. Eh oui, comme beaucoup, j'entretiens le secret espoir que le PS redevienne le fer de lance de la gauche, c'est à dire un parti ferme sur ses convictions et ses valeurs.
Hélas, alors que le monde traverse une crise sans précédent, que tout indique que le modèle libéral a prouvé son inefficacité, et qu'il est plus que jamais nécessaire de trouver une voie alternative (celle-ci à mon avis ne pouvant venir que de la gauche), les caciques du parti de Jaurés multiplient les querelles de personnes, les petites phrases et les combats d'égos surdimensionnés. De tout cela résulte une profonde vague de découragement chez les catégories populaires et laisse le terrain entièrement libre à la droite la plus libérale que nous n'ayons jamais eu.
Cependant, force est de reconnaitre que le désordre socialiste est la conséquence d'une société médiatique qui ne vit que par le spectacle. Les quadras, qui sont ceux par qui le scandale arrive, n'ont certes besoin de personne pour s'écharper, mais ils sont les enfants de cette société médiatique et usent et abusent des micros qu'on leur tend et sans lesquels ils n'auraient aucune existence politique puisqu'ils n'ont à l'évidence rien à proposer si ce n'est eux-mêmes.
De Manuel Valls à Julien Dhray en passant par Arnaud Montebourg, puisqu'il faut bien les nommer, qui peut citer une seule de leurs propositions sur la crise, les retraites, le travail le dimanche ? Ce sont pourtant sur ces sujets que les Français attendent la gauche. Pourtant aucun de ces prétendus socialistes ne s'exprime là-dessus, peut-être parce qu'ils n'ont rien à dire, probablement parce qu'ils sont d'accords avec la droite sur l'essentiel.
Mais ces hommes politiques, auxquels il convient de rajouter Jack Lang, le symbôle à lui seul de la gauche caviar, sont aussi en grande partie instrumentalisés par les médias. Il est en effet plus facile d'inviter l'une de ces personnalités pour obtenir la petite phrase qui fera couler de l'encre les jours suivants, que d'interroger sur les sujets de fond un député impliqué réellement dans la vie parlementaire ou une personnalité sincère dans ses convictions. Et quand bien même la parole leur est donnée, la majorité de l'interview sera consacrée aux prétendus querelles internes socialistes, et ce, alors que la plupart du temps l'interviewé souhaiterait s'exprimer sur d'autres questions. Et quand on sait que la plupart des médias, journaux, télés ou radios sont contrôlés soit directement, soit par des proches du pouvoir, on pourrait parfois se laisser aller à penser que la zizanie au PS est voulue et organisée avec la complicité (consciente ?) de certains dirigeants socialistes.
Je ne suis pas, loin de là, un fan de Martine Aubry, et d'ailleurs, j'attends peu de choses de cette personne. Pour autant, j'aimerai encore croire aux miracles, alors comme des milliers de Français, j'en appelle à la fin de cette mascarade et qu'on en revienne enfin au débat d'idée, ce qui de tous temps été la marque fabrique de la gauche.
26 juin 2009
Michael Jackson partout ! pensée nulle part !
Depuis l'annonce du décès de Michael Jackson, l'information passe en boucle dans tous les médias, vue sous tous les angles. Il existe dans ce pays des dizaines de journaux, de télés, de radios, qui en principe devraient garantir le pluralisme et la diversité. Pourtant, je défie quiconque de trouver un seul de ces médias qui ne consacre la quasi-totalité de sa plage d'information à la mort du musicien. Comme si tout le reste, (conférence à l'ONU, manifestations en Iran, visite de Sarkozy dans les Antilles, sans parler des centaines d'ouvriers en grève dans leurs entreprises dont on ne parle jamais), n'existait pas ou comptait bien moins que la mort d'un saltimbanque.
Certes, la place de Michael Jackson dans la musique actuelle est considérable, les frasques et la vie agitée de ce dernier en font une personnalité controversée et atypique de la sphère médiatique. On eût cependant apprécié que Sartre, Deleuze, Foucault ou d'autres aient eu droit à de pareils hommages, tant leur pensée compte aujourd'hui et comptera pour éclairer les lanternes de nos descendants. Il n'est pas sur que l'on écoute encore Michael Jackson dans 50 ans.
Car c'est bien d'absence de pensée critique qu'il s'agit ici, et soyons clair, le pauvre Michael Jackson n'y est pour rien. Cette uniformisation de l'information ne peut que déboucher sur un prêt à penser confinant au néant. Quand tout le monde pense la même chose, c'est que plus personne ne pense.
Les mêmes mots, les mêmes images, les mêmes témoins vont défiler sur nos antennes ou nos journaux pendant des heures, appelant ainsi à faire de la surenchère dans le patos et l'émotionnel. Pour preuve, cette anecdote entendue ce matin sur France Inter, où la Journaliste en studio interpelle l'envoyée spéciale en lui demandant s'il y avait beaucoup d'émotion à Los Angeles, cette dernière lui répond que c'est la nuit dans cette partie du monde, et que par conséquent il n'y a personne ou presque devant l'hôpital. Commentaire définitif de la journaliste : "oui, mais au lever du jour, l'émotion sera forte".
Les mots ne sont pas exactes, mais l'esprit est exactement le même. On voit bien à travers cet exemple que nous sommes confrontés à une information qui n'en est pas une, est que la journaliste, soucieuse de ne pas être en reste face à la concurrence commente des faits non avérés, qu'elle ne peut que supposer. Si ça c'est encore du journalisme....
09 mars 2009
L'enfumage médiatique continue !
De quoi nos médias nous ont-ils parlé ce week-end ?
- D'un accident de supporters de foot à la sortie du Stade de France.
- D'un forcené dans le 13ème arrondissement de Paris.
- D'un homme visiblement soûl qui a renversé des cyclistes dans le Gers.
- De l'affaire de la française inculpée au Mexique.
- Du voyage du couple présidentiel au Mexique et son séjour dans des hôtels de luxe.
- De la modification du texte de loi sur la santé face à la mobilisation des viticulteurs.
- Du supposé racisme du leader syndical guadeloupéen.
Voilà pour l'essentiel des gros titres. Il n'y a donc quasiment que des faits divers, à l'exception des viticulteurs( ce qui prouve l'importance de ce lobby dans notre pays) et de ce qui concerne Elie Domota. Mais sur ce sujet, on peut penser qu'il y a une volonté de discréditer le mouvement guadeloupéen en s'attaquant à son principal leader.
Maintenant voici les titres qui n'ont été que survolés, voire ignorés :
- Le rebond de la mobilisation dans les universités.
- Le conflit qui s'annonce dans l'hôpital public.
- La grève qui continue en Martinique.
- Celle qui s'amorce à la Réunion.
- La préparation de la grève du 19 mars qui s'annonce massive.
Et je neparle ici que de la France, il ne faudrait pas se prendre à espérer que les conflits en Afrique ou dans d'autres pays se mettent à faire la Une en dehors de massacres particulièrement violents.
Je crois que mon énumération tout aussi subjective et incomplète qu'elle soit parle d'elle-même. Je ne la commenterai donc pas, je me contenterai donc de citer mon ami mulhousien, Eric, dont le blog est dans les liens :
Eteignez votre télé, c'est votre seule chance !
27 février 2009
Le Figaro cherche à déstabiliser le mouvement guadeloupéen à coups de sondages.
Cette semaine, Le Figaro a titré en Une sur un sondage à propos du conflit guadeloupéen, lequel sondage s'avérerait, selon le journal, dérangeant. Pour qui, on ne sait pas, mais assurément pas pour le gouvernement.
En effet, que dit cette soit disant enquête : que 51 % des Français de métropole seraient favorables à l'indépendance de la Guadeloupe. Poser ainsi la question après plus d'un mois d'un conflit dur, c'est insinuer que la question de l'indépendance est au coeur du conflit. D'un coup d'un seul, tous les autres problèmes passent au second plan, le pouvoir d'achat, les salaires, les conditions de vie, la répartition des richesses. Grâce au Figaro, cela devient une évidence, ce qu'ils veulent, c'est l'indépendance, cessons donc de parler de crise sociale.
On voit donc ici qui n'est pas dérangé par ce sondage : le gouvernement Français et les principaux patrons de l'ïle. Si la question de l'indépendance arrive au coeur des débats, ceux qui auraient pour intention d'étendre le conflit aux autres DOM ou à la métropole ne sont que des fauteurs de troubles malintentionnés.
Qu'on ne s'y trompe pas, l'indépendance et le passé colonial de la France sont dans toutes les têtes, mais ne figurent absolument pas dans la plate-forme de revendications du LKP, lequel fédère, rappelons-le, des associations et des partis politiques de toute obédience, certains mêmes se revendiquant de la droite, et pour ces derniers, il ne peut évidemment être question de l'indépendance.
Les raisons du sondage apparaissent ainsi clairement, d'autant plus qu'il est commandité par un journal qui ne cache pas son soutien sans failles à la politique de Nicolas Sarkozy, et réalisé par un institut (Opinion way) dont l'impartialité des enquêtes fait souvent débat.
Cependant, revenons sur le sondage lui-même, car il est intéressant. Ce que ne précise pas le Figaro, c'est que la marge d'erreur donnée par l'institut est de 3 %. Il est donc tout à fait possible de penser qu'une majorité de Français s'oppose à l'indépendance de la Guadeloupe. Mais, ce n'est pas tout, car le reste de l'article (qu'il faut donc lire en pages intérieures) contredit en partie le titre en Une. Ainsi, 68 % des Français reconnaissent que la Guadeloupe contribue au rayonnement international de la France et 80 % des guadeloupéensguadeloupéens sont attachés à la France. Ce n'est évidemment pas ces chiffres là que Le Figaro voulait mettre en valeur.
Qui a dit que ce sondage ne tombait pas au bon moment ?