01 décembre 2009
Rejet des minarets en Suisse : bien plus qu'une poussée du nationalisme.
C'est peu de dire que le résultat de la votation suisse sur la construction de minarets a surpris et ému dans toute l'Europe. Il faut se rendre à l'évidence, la Suisse n'est pas un monde à part, et le résultat n'aurait certainement pas été différent dans la plupart de nos pays. Mais avant d'essayer de comprendre les raisons profondes de ce vote, je voudrais juste faire une petite réflexion : quand des autorités acceptent de faire un référendum sur des questions absurdes et dangereuses, il ne faut pas s'étonner alors que la réponse soit absurde et dangereuse.
Pour en venir aux raisons de ce vote, la facilité serait de considérer qu'il ne s'agit que d'une poussée du nationalisme et de n'y voir que l'instrumentalisationl'instrumentalisation des partis populistes et de l'extrême-droitel'extrême-droite. Certes, cet aspect des choses existe et il convient de ne pas le négliger. Mais le mal est à mon avis bien plus profond que cela.
Je pense qu'il faut rapprocher la votation suisse du référendum Français de 2005. Certes, la question et le contexte ne sont pas les mêmes, mais le résultat porte à réfléchir : dans les deux cas, les peuples ont massivement voté contrairement au choix que leurs demandaient de faire l'immense majorité des élites politiques, médiatiques, intellectuelles ou culturelles. Beaucoup plus que la montée des nationalismes, c'est ce rejet des élites et surtout des intellectuels qui interroge et pose problème. La montée de l'extrême-droitel'extrême-droite et le repli sur soi n'en sont d'ailleurs qu'une expression.
Pourquoi ce rejet ? Les raisons sont évidemment multiples et complexes, sans avoir la prétention de toutes les donner, j'en vois quand même essayer d'esquisser quelques pistes.
A l'heure où tout est devenu communication et apparat, où les promesses n'engagent que ceux qui y croient, la parole des politiques est devenue caduque, sans valeur. Dans ce monde multipolaire, complexe et inquiétant, les médias et les politiques n'ont de cesse de toujours simplifier et de jouer sur les peurs. La parole de ceux qui essayent d'appréhender la complexité du monde sans se défiler est inaudible, perdue dans un flot d'images continuelles où jamais rien n'est expliqué, commenté.
La démocratie pour fonctionner a besoin de citoyens informés, cultivés, et encore plus dans une démocratie directe comme la Suisse. Ce ne peut être le cas dans une époque où les médias sont devenus des entreprises comme les autres, et où le profit et la rentabilité comptent peut-être encore plus qu'ailleurs. Là où les citoyens auraient besoin d'être respectés et considérés, on ne s'adresse plus à leur intelligence, mais à leurs pulsions. Il ne faut pas s'étonner alors qu'ils votent aussi en fonction de ces pulsions.
On peut s'interroger aussi sur le rôle des politiques qui ont démissionné devant les puissances de l'argent. En Italie ou en France, on ne compte plus les lois qui vont dans le sens d'une protection des riches, au détriment des plus pauvres et des plus fragiles. Il est trop simple de dire que les gens peuvent alors changer de dirigeants. Dans tous les pays d'Europe, les majorités se succèdent, de gauche comme de droite, et les comportements et les politiques menés sont les mêmes. Gauche et droite se confondent aujourd'hui, au point de ne plus vouloir rien dire.
Trahis par les politiques, lâchés par les intellectuels, abêtis par les médias, exploités par les grandes entreprises, les seules valeurs sûres qui restent sont celles de la famille et des proches. Le repli sur soi et la haine de l'autre sont d'abord le fruit d'une incompréhension et d'une inquiétude face à ce monde compliqué. Le vote suisse est d'abord et avant tout un appel à être considéré autrement par ceux qui ont la prétention de faire l'opinion.
26 novembre 2009
DSK : le meilleur candidat de gauche pour la droite !
Ca y est, la campagne pour les présidentielles est déjà sur les rails, du moins pour les médias qui ont déjà commencé à désigner les meilleurs candidats à coups de sondages.
Pour la droite, ce n'est pas bien compliqué, Nicolas Sarkozy ayant fait le vide autour de lui, même s'il est impopulaire, il n'y a personne d'autre à promouvoir. Et ce d'autant plus que la proximité de certains patrons de presse avec le chef de l'Etat n'est plus à démontrer.
C'est donc du côté de la gauche qu'il y a du grain à moudre, tant les candidats potentiels sont nombreux, presque autant que les divisions. Pour l'instant, c'est donc Dominique Strauss-Kahn qui a les faveurs des faiseurs d'opinion. Il est présenté comme le seul au PS pouvant battre Nicolas Sarkozy. Ce qui est un bon moyen de le rendre incontournable, tant le rejet de Sarkozy et la capacité qu'aura le candidat de gauche à le battre seront des éléments déterminants.
DSK est donc en tête des sondages. Lesquels ne veulent absolument rien dire, puisqu'à plus de 2 ans des élections, les Français ont autre chose en tête, à commencer par les régionales qui arrivent. De plus, on ne connaît pas la liste des candidats. Interroger les Français à ce sujet maintenant n'a aucune signification, mais présente tout de même un intérêt, du moins pour le landerneau politico-econo-médiatique.
En effet, beaucoup plus que Mme Aubry (trop à gauche) ou Mme Royal (trop incontrôlable), Mr Strauss-Kahn est compatible avec le système actuel. Vu son peu d'entrain pour réformer le système en profondeur, alors qu'en tant que patron du FMI (organisation symbole s'il en est de ce monde libéral dans lequel on veut nous faire vivre), il a justement la possibilité d'agir, il est le candidat idéal, celui qui à gauche serait le garant de la poursuite de la politique libérale commencée par Nicolas Sarkozy. A titre d'exemple, il suffit de se rappeler que quand il était ministre de l'économie (entre 1997 et 1999), il était partisan de créer des fonds de pension à la française (l'expression à la française étant mise à toutes les sauces pour faire passer les potions), lesquels fonds de pension ne sont pas pour rien dans la crise actuelle.
D'ailleurs, il est un signe qui ne trompe pas, dans les fameux sondages, DSK réalise un bon score dans l'électorat de droite. c'est bien pour cela qu'il est le candidat de la presse : parce qu'il n'est pas de gauche.
PS : on peut trouver à cette adresse http://monmulhouse.canalblog.com une illustration implacable et géniale de mes propos.
18 novembre 2009
Trop de foot tue le foot (et le reste avec)
Chacun sait que je suis amateur de sports, et particulièrement de foot et de rugby. D'ailleurs, je serais probablement devant un écran ce soir. Seulement voilà, j'aurais aimé n'entendre parler de football que ce soir. Mais non, le match a envahi tous les médias, a tel point qu'a surgi en moi l'idée qu'une non qualification à la coupe du monde serait peut-être salutaire.
Du foot à la une des principaux journaux, sur les principales radios (de toutes les généralistes, seule France Inter ne diffusera pas le match), du foot à tous les journaux d'information télévisés, souvent en première place. Comme s'il ne se passait rien d'autre dans le monde.
Cependant, il y a bien un débat majeur dans ce pays sur la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle, la situation en Irak ou en Afghanistan est toujours aussi compliquée, la crise n'est finie que pour les plus riches. Et là, je ne parle que des faits qui trouvent encore leur place dans l'information. D'autres, comme la réforme des chambres régionales des comptes vont passer aux oubliettes, pourtant, cette réforme risque à plus ou moins long terme d'avoir une incidence sur le bon fonctionnement de notre vie politique.
Aujourd'hui et les jours précédents, on nous a gavé de foot, le tout agrémenté d'une bonne dose de nationalisme. Il est vrai que les sommes d'argent en jeu sont colossales, et que les sponsors officiels ont beaucoup à perdre. Ce qui expliquerai ce soutien inconditionnel quelques mois seulement après que les mêmes médias et sponsors aient fomentés une cabbale contre le sélectionneur.
Du foot partout aujourd'hui, la mort de Michael Jackson hier, autre chose demain. Comment s'étonner ensuite que les Français se désintéressent et ne comprennent pas des inormations plus complexes ? Comment s'étonner que cette incompréhension débouche sur de la violence ?
24 octobre 2009
Une affaire de pot de vin qui pourrait secouer l'Elysée ?
Souvenez-vous, en 2002 un attentat à Karachi fait 11 morts, 11 ingénieurs français. Tout de suite l'enquête se dirige sur la piste islamiste. Mais depuis, une autre hypothèse a fait son apparition, celle d'une vengeance des services secrets pakistanais contre l'état français qui n'aurait pas versé les pots de vin promis lors de l'achat de sous-marins. Pour l'instant, cette hypothèse est réfutée par le pouvoir français.
Sauf qu'un article paru dans la presse suisse, et qui sera suivi d'autres enquêtes en France relance cette piste, allant jusqu'à laisser penser que Mr Sarkozy, alors ministre du budget, pourrait être impliqué.
En attendant d'en savoir plus (et en espérant que la presse française ne se dégonflera pas), voici l'article en question :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/35312a9e-bf4a-11de-b6d7-be89cc3615cf%7C0
20 octobre 2009
Frédéric Lefebvre et la presse : je t'aime moi non plus !
Avec la succession de polémiques actuelles, la ligne de défense de la droite est claire : il s'agit d'une cabale contre le pouvoir montée par la presse. Et c'est l'artilleur en chef de l'UMP, Frédéric Lefebvre qui s'y colle. On peut trouver un peu partout la vidéo de son interview par Jean-MichelJean-Michel Apathie. Ce serait risible si ce n'était pas un énorme mensonge qui cherche à dissimuler une vérité bien plus cruelle : Ce gouvernement menace gravement la liberté d'expression. On n'en est pas encore à la situation italienne, où le président du conseil va jusqu'à porter plainte contre les rares journaux qui osent lui résister. Pour autant, je crois qu'il est utile de faire un petit rappel à Mr Lefebvre.
L'Etat est l'actionnaire unique de tout le service public audiovisuel, soit la totalité des chaînes du groupe France-télévisionFrance-télévision, l'ensemble de Radio France, auxquels il faut rajouter l'audiovisuel extérieur (RFI, France 24). L'Etat est censé garantir la liberté d'expression de ces moyens d'expression. Rappelons simplement que le président de la République nomme directement les PDG des différents groupes. Rappelons aussi que la directrice des programmes politiques de France 2, s'est fait vertement rappeler la façon dont elle doit exercer son métier lors de la dernière interview du président. S'il y a une cabale contre le gouvernement, on voit mal comment elle pourrait venir de ce côté-ci.
Du côté du secteur privé, alors, mais malheureusement, la situation n'est guère plus réjouissante. La première chaîne de télévision française appartient à Martin Bouygues, un très proche du président : sur TF1, les risques de débordements sont bien circonscrits. Il en est de même pour Europe 1qui a pour principal actionnaire le groupe Lagardère, dont le président Arnaud Lagardère a un jour déclaré qu'il considéré Nicolas Sarkozy comme son frère. Quant aux autres principales radios (RTL, RMC), soumises à la publicité et à la guerre d'audience, on les voit mal prendre le risque de se mettre à dos des annonceurs aussi importants que l'Etat, Bouygues où les principaux groupes de distribution dont chacun sait que les intérêts économiques penchent du côté de l'extrême-gauchel'extrême-gauche.
Il y a bien encore la presse papier, avec certains journaux qui restent indépendants (L'Humanité, Le Canard Enchaîné, Politis, Les InrockuptiblesInrockuptibles), mais leur situation économique est très difficile, et leur impact sur la population moindre (excepté le Canard peut-être). Pour le reste, Le Figaro appartient au groupe Dassault, et il suffit de le lire pour se rendre compte que ce journal est à l'UMP ce que la Pravda était à l'URSS. Le groupe Bolloré, dont le PDG, Vincent Bolloré est lui aussi un proche, possède une bonne partie des journaux gratuits. Quant à la presse régionale, elle prend bien soin depuis des décennies, de s'occuper prioritairement d'actualité... régionale.
Il y a bien ici ou là quelques poches de résistance, mais bon, globalement les moutons sont bien gardés. Et cela Monsieur Lefebvre ne l'ignore pas. C'est donc un gros mensonge qu'il a commis sur RTL, à moins qu'il ne visait autre chose : internet.
Eh oui ! Parce que si le pouvoir contrôle peu ou prou les médias traditionnels, tel n'est pas le cas sur la toile. Je ne parle même pas des milliers de blogs où la liberté d'expression est totale. Il suffit de regarder tous ces nouveaux sites d'information qui éclosent (Rue 89, Mediapart, Arrêt sur image, Bakchich, Slater, Marianne 2, etc.). Là réside une vraie impertinence journalistes, un vrai questionnement au quotidien sur les sujets qui fâchent. Le problème du pouvoir, c'est la montée en puissance de ce moyen, qui est maintenant bien plus influent que la presse papier. D'ailleurs, les grands journaux ne s'y trompent pas qui publient régulièrement sur leurs sites des articles bien plus virulents que dans le format papier (c'est souvent le cas pour Libération, mais même Le Monde s'y met).
Et Monsieur Lefebvre n'est pas dupe de cet état des choses. Car sa sortie médiatique arrive à la suite de plusieurs autres responsables de la majorité (Mr Copé particulièrement), qui visaient explicitement Internet et sa trop grande indépendance. De la parole aux actes, on sait qu'avec l'UMP il n'y a jamais très loin, on est donc en droit de craindre une tentative de remise au pas du web.
Cela pourrait s'avérer difficile, au moins techniquement, d'où la volonté actuelle de décrédibiliser internet, pour essayer d'en diminuer l'influence. En attendant, la liberté d'expression a encore sa petite fenêtre : utilisons-làutilisons-là.
09 septembre 2009
Le PS est pitoyable, mais la presse l'y aide bien !
Ce n'était un secret pour personne, mais le livre qui sort sur ce sujet enfonce le clou : c'est bien la haine qui a prévalue au congrès du Parti Socialiste à Reims, et le Tout Sauf Ségolène était pour la majorité élue, la seule ligne politique.
Evidemment, le clan Royal n'a pas été en reste et y est bien allé de ces petites tricheries, toutefois, ce qui prédomine c'est bien qu'il fallait à tout prix éliminer cette empêcheuse de magouiller en rond par n'importe quel moyen, dans le seul but de préserver les intérêts personnels des apparatchiks de ce parti. Il y a donc eu fraude massive à tous les étages. Ce simple fait, qu'un parti censé être du côté du peuple ne soit même pas capable de respecter ses propres militants me dégoûte profondément. Et on va nous demander, à nous électeurs de gauche de voter pour ces gens là ! Sans moi en tout cas !
On pense ce que l'on veut de Mme Royal, et à titre personnel si j'ai apprécié sa volonté de mettre un coup de pied dans ce nid d'éléphants, je suis loin de partager nombre de ses propositions. Toujours est-il qu'au Parti Socialiste, elle est considérée comme plus dangereuse que la droite. On ne m'enlèvera pas de l'idée que si elle a perdu la présidentielle, ce n'est pas parce qu'elle a été mauvaise ou que Sarkozy était meilleur qu'elle, non, c'est simplement parce qu'elle a été flinguée par ses propres amis.
Pour autant, je m'interroge sur l'opportunité de remuer de nouveau ces querelles à un moment où le PS semblait se ressaisir. A 6 mois d'élections régionales qui s'annoncent périlleuses pour l'opposition, mais surtout pour la majorité, on imagine aisément qui peut tirer profit d'une réouverture de la chasse chez les socialistes. Et je ne crois pas que le fait que le livre soit écrit par deux journalistes d'Europe 1 soit particulièrement anodin. Europe 1 appartient au groupe Lagardère, et chacun sait qu'Arnaud Lagardère est un proche de Nicolas Sarkozy. Il faut écouter les interviews politiques de Mr ElkkabachElkkabach, se pencher sur le contenu des journaux pour comprendre que cette station est particulièrement orientée à droite.
Toutefois, est-ce que la guerre au PS va de nouveau faire rage ? Pas sûr, car tous ont intérêt à une paix armée, tant ce parti joue gros aux élections régionales. Ségolène Royal la première d'ailleurs, puisqu'une réélection dans sa région la placerait d'office en position de favorite pour une candidature à la présidentielle. Quant à Martine Aubry et son entourage, après la claque des européennes, ils ne survivraient pas à un deuxième naufrage.
05 septembre 2009
Si tous les journalistes étaient comme Mélissa Theuriau...
Une fois n'est pas coutume, je voudrais faire un petit message pour saluer le travail d'une journaliste, Melissa Theuriau. J'avais jusqu'ici un a priori plutot négatif sur cette personne dont on parle surtout dans les rubriques people des journaux. Mais voilà, dernièrement, elle avait Brice Hortefeux comme invité dans son émission. Et elle a été formidable de bout en bout, remettant en cause toutes les contre-vérités de ce dernier et n'hésitant pas à poser les questions qui fâchent, notamment sur la suppression de la police de proximité ou sur le taser.
Mme Theuriau a fait son travail de journaliste sans complaisance, ce que malheureusement ils sont bien peu à faire, si c'était le cas, il y a fort à penser que Sarkozy ne serait pas au pouvoir aujourd'hui, et le PS ne se laisserait pas aller à la dérive droitière qui est la sienne aussi facilement.
Mélissa Theuriau interviewe Brice Hortefeux
envoyé par rue89. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
29 août 2009
Les Français pensent que la gauche peut gagner la présidentielle : sans blagues ?
Ça c'est du journalisme de haut vol ! Il aura fallu un sondage bidon pour que les médias Français veuillent bien écarter leurs oeillères et s'apercevoir qu'il y a autre chose que Sarkozy dans le spectre politique Français. Parce que depuis quelques temps, ces messieurs dames nous donnent l'impression que les jeux sont déjà faits, on se demande même si en 2012 il sera nécessaire d'organiser une élection, tant il leur apparaît évidemment que Sarkozy sera réélu.
Malgré tout, par acquis de conscience, il y a un journal qui a commandité un sondage. Et là, surprise ! Une majorité de Français continue de s'accrocher à l'idée que le prochain président peut être de gauche. Quels mécréants ces Français, 2 ans après l'élection de Nicolas ils ne plébiscitent toujours pas le nouvel édile. Incompréhensible pour le commun des journalistes.
Pourtant, il aurait suffit que la majorité de ces messieurs (pas tous heureusement, il en reste des honnêtes) cesse de faire dans la complaisance, voire la propagande, pour s'apercevoir que ce résultat est logique. Mieux, il était inscrit dans les élections européennes : personne n'a voulu relever que le score de l'ensemble de la droite est un des plus bas qu'elle ait jamais réalisé. Il est donc normal qu'une majorité de Français pensent que la gauche puisse gagner les élections, puisqu'ils ne veulent plus de la droite.
Cela veut-il dire que la gauche, et le PS en particulier a un boulevard devant lui ? Que nenni, car au final, que dit ce sondage ? Que la moitié des Français pensent que la gauche peut gagner, et donc que l'autre moitié pense le contraire. Est-ce pour autant que la première moitié est de gauche, et l'autre de droite ? Non, évidemment. Les personnes interrogées se sont juste prononcées sur l'éventualité d'une possibilité d'une victoire de la gauche pour une élection qui aura lieu dans 3 ans. Autrement dit, ils se sont prononcés sur rien.
On en arrive à ce magnifique paradoxe où la réalité des faits (les résultats des élections) indiquent un rejet profond de la droite (même si elle gagne le plus grand nombre d'élus, la gauche en voix est nettement majoritaire, mais profondément divisée), et personne ou si peu dans la presse ne commente ce fait. Par contre, il suffit d'un sondage quelconque avec une question sans intérêt, pour que les mêmes journalistes fassent aujourd'hui les conclusions qu'ils auraient dues faire au soir du 7 juin.
Nous vivons dans un drôle de pays.
25 juillet 2009
Le nouveau nom de la grippe A : la grippe médiatique.
Oyez ! Oyez ! Braves gens ! La fin est pour bientôt ! L'apocalypse arrive, soyez-en sûrs. En tout cas, si vous suivez les principaux organes d'information, vous ne pouvez pas en douter. L'épidémie de grippe mexicaine, rebaptisée porcine pour ne pas faire de tort aux mexicains, puis grippe A pour ne pas gêner la filière porcine, sera bien la pire que l'humanité aie jamais connu. D'ailleurs, elle est tellement forte qu'on ne sait même pas quel nom lui donner.
Et peu importe qu'elle ne soit pas aussi mortelle qu'annoncée au départ. Ah, ça ! tant qu'elle était au Mexique la grippe, on avait l'impression que c'étaient par centaines de milliers que les victimes tombaient. Même que l'on s'est demandé s'il ne fallait pas stopper toutes les liaisons aériennes avec ce pays. Mais bon, depuis elle passé les frontières et que le nombre de cas américains, canadiens et surtout anglais dépasse largement les chiffres du Mexique, alors il faut bien rassurer la population, et expliquer que finalement, la grippe A n'est qu'à peine plus virulente qu'une grippe normale, c'est tout juste si elle se propage plus vite. Et plus question d'interrompre les laisons aériennes.
Certaines voix, a l'image du professeur Gentilini commencent à s'insurger contre cette médiatisation excessive, et rappellent que le paludisme fait chaque année des centaines de milliers de victimes, et que le SIDA est encore un véritable dans certains pays d'Afrique. D'ailleurs, est-ce justement parce que c'est en Afrique que l'on n'en parle si peu ?
Bon d'accord, la grippe A n'est peut-être pas aussi dangereuse que prévu, et il y a peut-être plus grave, mais attention, elle risque de paralyser l'économie du pays, c'est le premier ministre qui l'a dit. Ceci dit, rassurons-nous, nous sommes prêts, des millions de vaccins sont d'ores et déjà prévus, remplissant grassement au passage les poches des patrons de l'industrie pharmaceutique. 90 millions de vaccins en quelques mois ! et dire qu'en 10 ans, nous n'avons toujours pas trouver de solutions pour fournir en tri-thérapies les populations africaines touchées par le VIH !
La moitié de la population française risque d'être touchée cet hiver. Ce chiffre est ubuesque ! Même la fameuse grippe espagnole qui elle a fait des millions de victimes, n'a pas concerné autant de personnes. Alors je pose une question : si à la fin de l'hiver, on s'aperçoit comme je le prédit que toutes les sirènes médiatiques étaient fausses, que l'on a fait paniquer la société pour rien (ou peut-être pour faire diversion à la crise), est-ce qu'il y aura des démissions dans les directions des grands médias ou dans les cabinets ministériels ?
Quant à moi, c'est promis, si je me suis trompé, à la fin de l'hiver, je prends mes responsabilités, j'arrêterai ce blog !
22 juillet 2009
Le parti socialiste victime de la société du spectacle.
Bien qu'ayant pris mes distances depuis quelques temps avec le parti socialiste, je suis comme la plupart des électeurs de gauche, profondément attristé par l'état de décomposition avancée de ce parti. Eh oui, comme beaucoup, j'entretiens le secret espoir que le PS redevienne le fer de lance de la gauche, c'est à dire un parti ferme sur ses convictions et ses valeurs.
Hélas, alors que le monde traverse une crise sans précédent, que tout indique que le modèle libéral a prouvé son inefficacité, et qu'il est plus que jamais nécessaire de trouver une voie alternative (celle-ci à mon avis ne pouvant venir que de la gauche), les caciques du parti de Jaurés multiplient les querelles de personnes, les petites phrases et les combats d'égos surdimensionnés. De tout cela résulte une profonde vague de découragement chez les catégories populaires et laisse le terrain entièrement libre à la droite la plus libérale que nous n'ayons jamais eu.
Cependant, force est de reconnaitre que le désordre socialiste est la conséquence d'une société médiatique qui ne vit que par le spectacle. Les quadras, qui sont ceux par qui le scandale arrive, n'ont certes besoin de personne pour s'écharper, mais ils sont les enfants de cette société médiatique et usent et abusent des micros qu'on leur tend et sans lesquels ils n'auraient aucune existence politique puisqu'ils n'ont à l'évidence rien à proposer si ce n'est eux-mêmes.
De Manuel Valls à Julien Dhray en passant par Arnaud Montebourg, puisqu'il faut bien les nommer, qui peut citer une seule de leurs propositions sur la crise, les retraites, le travail le dimanche ? Ce sont pourtant sur ces sujets que les Français attendent la gauche. Pourtant aucun de ces prétendus socialistes ne s'exprime là-dessus, peut-être parce qu'ils n'ont rien à dire, probablement parce qu'ils sont d'accords avec la droite sur l'essentiel.
Mais ces hommes politiques, auxquels il convient de rajouter Jack Lang, le symbôle à lui seul de la gauche caviar, sont aussi en grande partie instrumentalisés par les médias. Il est en effet plus facile d'inviter l'une de ces personnalités pour obtenir la petite phrase qui fera couler de l'encre les jours suivants, que d'interroger sur les sujets de fond un député impliqué réellement dans la vie parlementaire ou une personnalité sincère dans ses convictions. Et quand bien même la parole leur est donnée, la majorité de l'interview sera consacrée aux prétendus querelles internes socialistes, et ce, alors que la plupart du temps l'interviewé souhaiterait s'exprimer sur d'autres questions. Et quand on sait que la plupart des médias, journaux, télés ou radios sont contrôlés soit directement, soit par des proches du pouvoir, on pourrait parfois se laisser aller à penser que la zizanie au PS est voulue et organisée avec la complicité (consciente ?) de certains dirigeants socialistes.
Je ne suis pas, loin de là, un fan de Martine Aubry, et d'ailleurs, j'attends peu de choses de cette personne. Pour autant, j'aimerai encore croire aux miracles, alors comme des milliers de Français, j'en appelle à la fin de cette mascarade et qu'on en revienne enfin au débat d'idée, ce qui de tous temps été la marque fabrique de la gauche.