rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

29 décembre 2008

Crise à l'hôpital !

Ces derniers jours, deux évènements médiatiques sont venus nous rappeler que l'hôpital public vivait une crise sans précèdents : la mort d'un petit garçon à la suite d'une erreur de médicament, et celle d'un homme n'ayant pu trouver de place dans un établissement à temps. Certes, la lumière n'a pas encore été complètement faite sur ces deux affaires. Cependant, elles suscitent déjà un émoi considérable dans le milieu de la santé et au-delà, dans la société entière. Ces scandales médicaux ne sont pas les premiers, ils font suite à beaucoup d'autres qui sont la preuve de dysfonctionnements récurrents de notre système médical. Or, ces problèmes , notamment le manque de personnels et de moyens, sont connus depuis longtemps, et ils sont directement liés à une politique gouvernementale qui ne fait qu'accentuer les difficultés.

Cette politique de restrictions entraîne un malaise profond des professions de santé qui sont confrontées directement à la population. Le manque de moyens, les difficultés organisationnelles, les carences en personnel, ont des conséquences de plus en plus dramatiques sur la qualité des soins. A ce malaise s'ajoute le sentiment de ne pas être écouté par le gouvernement, voire d'être méprisé par la ministre qui demande toujours plus à des personnels débordés.

Le tout s'inscrit dans une politique de restrictions budgétaires massives dans la fonction publique. La justice, l'Education Nationale, les impôts se trouvent dans un désarroi moral au moins équivalent à celui de l'hôpital public. Ce sont les bases mêmes de notre démocratie qui sont atteintes, ce sont les principaux services publics qui font lien et sens dans la société française que l'on est en train de crédibiliser voire de démanteler. Tout cela au nom d'une logique économique qui veut que l'on protège fiscalement les plus riches, que l'on aide massivement les banques ou les grandes entreprises, mais que l'on ne trouve pas l'argent pour faire fonctionner convenablement nos services publics nécessaires en premier lie aux plus fragiles. La crise actuelle de l'hôpital public et de la fonction publique est une conséquence directe de la politique voulue par la droite au pouvoir.

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21 mai 2008

Pourquoi il faut aller dans la rue le 22 mai.

Demain, jeudi 22 mai, je serai gréviste, et je manifesterai à Paris. Mais contrairement à d'autres fois, cette fois ma colère, mes peurs et mes doutes sur la politique menée sont immenses. Les raisons qui font que je vais battre le pavé sont multiples et vont bien au-delà du mot d'ordre sur les retraites.

Je serai dans la rue :

- Parce qu'il n'est pas normal que l'on demande toujours aux mêmes de travailler plus pour financer les retraites, alors que dans le même temps les revenus du capital explosent et ne sont jamais sollicités pour participer à la solidarité nationale. En ce sens, la réforme des retraites est injuste puisqu'une minorité de privilégiés ne sont pas touchés.

- Parce qu'il n'est pas normal que se  soit aux malades de payer pour financer le trou de la sécurité sociale. Les franchises médicales touchent principalement les plus pauvres, tandis que dans le même temps le gouvernement multiplie les allègements de charges pour les entreprises, accentuant encore le déficit de la Sécurité Sociale.

- Parce que sous prétexte de réduire les déficits publics, on supprime des postes de fonctionnaires comme s'il s'agissait de patates, sans aucune considération pour les personnes et pour le travail effectué.

- Parce qu'en s'attaquant à l'Education Nationale, ce gouvernement insulte l'avenir en privant notre jeunesse d'une éducation de qualité. De plus, il montre qu'il n'a aucune vision à long terme puisque tout indique que dans quelques années le nombre d'élèves va augmenter.

- Parce que ce gouvernement méprise le dialogue social. De même qu'il méprise la démocratie, l'adoption définitive du texte sur les OGM est un bon exemple.

- Parce que la répression se fait de plus en forte contre les plus faibles : les sans-papiers, les chômeurs, les lycéens qui manifestent, etc.

- Parce qu'il y a eu mensonge au plus haut niveau sur la question du pouvoir d'achat.

- Parce que j'ai de moins en moins l'impression de vivre dans une démocratie, mais dans un état où la police a beaucoup de pouvoirs et où l'information est sous contrôle (du moins en partie).

- Parce que j'ai le sentiment que les politiques de gauche nous ont abandonné à leurs querelles intestines, et que par conséquent il ne reste que la rue pour s'exprimer.

15 mai 2008

De l'art de noyer les poissons.

En écoutant les informations ce matin qui mettent surtout l'accent sur le service minimum dans les écoles, je me suis énervé contre cette désinformation organisée, et j'ai donc décidé de republier mon message du 5 mai (mais aussi parce que comme je suis en grève et que je vais à la manif, j'ai peur de ne pas avoir de temps ni de courage pour écrire ce soir) :

Les syndicats ont prévenu, le mois de mai risque d'être difficile pour le gouvernement, et particulièrement dans l'éducation, puisque les lycéens, déjà dans la rue contre les suppressions de postes seront rejoints le 15 mai par le personnel enseignant, pour ce qui pourrait être une importante journée de mobilisation.

Xavier Darcos, ministre de l'Education, est donc la cible privilégiée des critiques. Mais voilà, en politique comme en stratégie militaire, lorsqu'on est acculé, la meilleure défense est l'attaque. Quoi de mieux donc pour faire oublier un peu dans l'opinion les colères dues à une gestion purement économique du système éducatif, que de lancer une autre patate chaude, celle du service minimum à l'école en cas de grève.

Et il faut dire que le coup est bien joué, puisque parfaitement relayer par les médias. Certes, il ne s'agit que de communication, mais le ministre tente ainsi d'apparaître comme le gentil, celui qui pense en premier aux familles qui seront gênées par la grève. Laquelle grève devient du même coup uniquement le moyen que les professeurs ont trouvé pour embêté les parents d'élèves, puisque c'est bien connu, en temps de grève, il n'y a que des citoyens pris en otages, et victimes de ces privilégiés de fonctionnaires.

Et pendant 15 jours, tout le débat sur les suppressions de poste dans la fonction publique en général et dans l'Education Nationale disparaît au profit de cette nouvelle polémique. Comme d'habitude, le gouvernement utilise son arme préférée celle de la division, dans le cas présent, il joue les parent d'élèves  et l'opinion en général contre les familles. Il faut dire qu'il ne peut pas justifier et défendre sa politique éducative, puisque si l'on en croit les sondages, celle-ci est, et à juste titre, rejetée par les Français. Il ne lui reste donc comme arme que celle de la diversion.

Seulement voilà, cette tactique est très risquée. C'est oublier, même si le discours gouvernemental et médiatique voudrait nous faire croire le contraire, que l'on ne fait pas grève par plaisir, que l'on accepte pas de perdre de l'argent comme ça, juste pour ne pas travailler (rappelons-le, les fonctionnaires lorsqu'ils font grève ne sont pas et n'ont jamais été payés). C'est oublier que lorsque l'on s'occupe d'enfants et que l'on aime son métier, faire grève une journée est quelque chose qui humainement et moralement coûte. Non, on ne fait jamais grève par plaisir, que l'on soit fonctionnaire ou pas, non, on fait grève par obligation, parce qu'en l'occurrence les politiques menées remettent en cause l'exercice même de la profession. Rappelons tout de même cette règle simple (puisqu'à l'heure de la désinformation permanente il faut tout rappeler), ce n'est jamais, absolument jamais le gréviste qui est responsable de la grève, mais son employeur. Soyons en sûr, l'immense majorité des enseignants préférerait le 15 mai être auprès de leurs élèves. De même qu'il est certain que le 15 mai, la majorité des Français continuera à les soutenir, renvoyant Mr Darcos à la seule réalité, celle du rejet de sa politique.

Et puis, en faisant mine de remettre en cause des acquis sociaux, Xavier Darcos prend un autre risque, celui d'attiser la colère des personnels de l'Education Nationale, et de renforcer la mobilisation.

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01 mai 2008

Le mois de Mai sera-t-il chaud ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la période qui s'annonce ne se présente pas sous les meilleurs auspices pour le gouvernement.

Il y a tout d'abord le contexte. Un président désapprouvé par l'opinion comme aucun de ses prédécesseurs ne l'a été avant. Une conjoncture économique et internationale difficile renforcée par le sentiment profond que les premières mesures économiques du nouveau président étaient injustes. Jamais le moral des Français n'aura été aussi fort et leur inquiétude concernant l'avenir aussi forte. Enfin, et cela risque de peser, nous sommes en pleines commémorations de Mai 68, avec tout ce que cela veut dire de valeurs et d'espoirs qui sont désormais rappelées aux Français.

Et en plus de ce contexte particulier, c'est le moment que choisi le gouvernement pour présenter des réformes impopulaires et inégalitaires. Les suppressions d'emplois dans la fonction publique, particulièrement dans l'Education Nationale, ce qui n'est pas le meilleur moyen de préparer l'avenir. L'annonce de l'allongement de la durée du travail. Des prix qui n'en finissent plus de monter, des salaires de stagner, et un gouvernement qui multiplie les bévues sur ce sujet.

Le mois de mai 2008 va donc connaître un nombre impressionnants de défilés de mécontents. Pour l'instant, les syndicats n'ont pas réussi à agréger la somme des colères, mais entre les lycéens inquiets pour leur avenir, les profs et les fonctionnaires qui voient leurs conditions de travail se dégrader, l'ensemble des salariés  confrontés à de grosses difficultés de pouvoir d'achat et menacés de devoir travailler plus, le danger est grand pour le gouvernement d'un mouvement de forte ampleur.

Pourtant, rien n'est fait, et la plupart des grandes manifestations vécues par ce pays, n'ont souvent été prévues par personne, Mai 68 étant en cela le meilleur exemple. Messieurs Fillon, Sarkozy et consorts ont ensuite encore quelques atouts dans leur manche.

Tout d'abord, ils disposent de la bienveillance d'une grande partie des médias, notamment de la télévision, et nos gouvernants actuels ont déjà prouvé qu'ils savaient s'en servir. Ensuite, comme il l'avait fait en 2003, François Fillon va essayer de jouer sur la division des syndicats. Et si les premières manifestations seront presque unitaires, on sent bien que les accords entre eux sont fragiles. Enfin, la droite française bénéficie de l'indigence de la gauche et de l'absence totale de projet de celle-ci sur les questions sociales et économiques.

Je ne suis pas devin, et même si l'inquiétude et le mécontentement sont forts, personne ne saurait dire si les diverses manifestations prévues vont déboucher sur quelque chose de plus important. Mais, ce que l'on peut dire à coup sûr, c'est que le mois de mai soit chaud ou pas, la coupure entre ce gouvernement et l'opinion est telle, les attentes tellement importantes, et les déceptions depuis l'élection de Mr Sarkozy tellement fortes, que cela peut se cristalliser sur un rien, et parfois au moment le moins attendu.

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04 avril 2008

La France risque de payer cher les fonctionnaires qu'elle économise aujourd'hui

C'était attendu, Nicolas Sarkozy a annoncé aujourd'hui le plan d'économies de l'Etat Français (il s'agit en fait d'un plan de rigueur, même si la droite se refuse à l'appeler ainsi). Et sans surprises, une grande partie des économies se fera en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux.

Soyons clair, je ne nie pas que dans certains secteurs une réforme de l'Etat soit nécessaire et que celle-ci débouche par des suppressions de postes. Ne serait-ce que pour s'adapter aux transformations sociales et démographiques que connait notre pays. Mais cette réforme nécessite un travail de longue en amont, un dialogue permanent avec les partenaires sociaux. Cela nécessite aussi que l'on accepte que certains secteurs sont prioritaires ou en sous-effectifs : l'Education Nationale dont les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, ou la justice en proie à une judiciarisation de la société, par exemple.

Malheureusement, ce n'est pas ainsi qu'a procéder le gouvernement. Tout se passe comme si les réductions du nombre de fonctionnaires, ministères par ministères, étaient décidées dans l'urgence et au coup par coup. Sans aucune réflexion sur ce qu'est le service public et sur son avenir. Les seuls arguments donnés sont d'ordre économique : la situation financière est délicate, et comme la France a beaucoup de fonctionnaires (ce qui reste à prouver), il faut donc dégraisser.

Mais c'est la même antienne qui revient depuis des années dans la bouche des dirigeants de droite (et malheureusement parfois de gauche) : la France a trop de fonctionnaires ! C'est oublier de dire que la droite est au pouvoir sans discontinuer depuis 2002. C'est aussi oublier que les fonctionnaires ne sont pas les seuls responsables de l'Etat calamiteux des finances. C'est l'Etat qui a donné 15 milliards d'euros en cadeaux fiscaux pour les plus riches. C'est l'Etat qui exonère les sociétés de charges sociales au nom de la lutte contre le chômage, exonérations qui manquent dans les différentes caisses et creusent les déficits. C'est l'état qui préfère construire des sous-marins nucléaires plutôt que des écoles ou des hôpitaux.

Certes, diminuer le nombre de fonctionnaires rapportera de l'argent à l'Etat. Mais à quel prix si demain les entreprises manquent de personnel qualifié car l'Education Nationale n'aura pu faire correctement sa mission, si demain les ghettos sociaux se multiplient, si seule une population aisée pourra se soigner, si la justice croulant sous les dossiers ne pourra plus être rendue.

A l'heure où des citoyens se battent contre la fermeture de leurs hôpitaux, de leurs écoles, de leurs palais de justice, à l'heure où des villes de banlieue paupérisées n'ont toujours pas de commissariat, réduire les dépenses de l'Etat, supprimer des postes risque de plonger la société française dans une crise encore plus profonde et grave que celle qu'elle connaît actuellement.

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27 janvier 2008

Lettre à Mr Martin Bouygues, principal actionnaire de TF1.

                                                             Monsieur Bouygues,

                                                             Certes, nous ne nous connaissons pas, mais votre chaîne de télévision s'adresse à moi et à plusieurs millions de nos compatriotes tous les jours. Je profite donc de mon blog pour me permettre de vous interpeller.

Cela va faire bientôt 15 ans que face à l'indigence des programmes télévisés j'ai décidé de ne plus avoir de télévision. Seulement des propos et des images diffusés sur TF1 et qui m'ont été rapportés par des proches m'ont mis hors de moi. Lors du journal télévisé du jeudi 24 janvier à 13 heures, le présentateur a annoncé son reportage ainsi : " que font les fonctionnaires grèvistes ? Ils font les soldes." Les images qui ont suivi ont montré deux personnes supposées fonctionnaires et grèvistes en train de faire les magasins.

Depuis plus de 20 ans déjà, votre famille est le principal actionnaire de la première chaîne de télévision européenne. Depuis 20 ans, forte de son audience, TF1 imprime les modes, fait et défait l'opinion et a vu l'ensemble du paysage audiovisuel aligner ses programmes sur elle. A plusieurs reprises, avec Mr Noir, puis Mr Balladur, elle a essayé d'imposer ses candidats dans l'opinion. TF1 a ensuite imposé un certain traitement de l'actualité pouvant largement modifié le comportement électoral, mais aussi celui des politiques. Je pense évidemment au thème de l'insécurité. Beaucoup pensent aujourd'hui que les images du grand-père orléanais au visage tuméfié quelques jours avant le scrutin de 2002 ont pu modifier le cours des choses.

Dèsormais, Mr Sarkozy est président de la République. Et nul n'ignore votre proximité avec lui. Mais il me semble que lorsque l'on dirige une grande télévision généraliste, que l'on s'adresse tous les jours à des millions de téléspectateurs, on est en droit d'attendre de votre part un minimum d'éthique et de morale sur ce que doit être TF1. Cependant, je doute fort que vos intérêts de patron deu BTP conjugués avec votre amitié avec le président ne vous permette d'avoir cette éthique.

Ce reportage au 13 heures de TF1 est symbolique d'une nouvelle dérive. TF1 ne se contente plus de niveler par le bas après avoir pourtant promis le mieux disant culturel. TF1 ne se contente plus de flatter les instincts nombrilistes, populistes voire nationalistes par des reportages sans intérêts, surtout au journal de la mi-journée. Désormais TF1 joue la division, essaie de monter les Français les uns contre les autres, les feignants de fonctionnaires contre la France qui travaille, les voyous des banlieues contre les jeunes qui veulent s'en sortir. Quel intérêt de savoir que quelques grèvistes ont fait les soldes ? Le présentateur sait pertinemment que ce n'est pas une information et que les deux personnes ne sont pas représentatives (et cela n'est jamais dit). Dans le même temps la plupart des milliers de personnes en grève ou dans la rue ont fait le choix de sacrifier une journée de salaire pour exprimer leur colère. Cela a-t-il été dit ? Par contre par le passé, les journalistes n'ont jamais hésité à reprendre des propos insinuant que les grèves étaient payées sans jamais démentir.

TF1, en tant que première chaîne nationale, se doit d'être garante d'une information de qualité, soucieuse de vérité et d'équité. Elle doit défendre une information qui prône l'égalité entre les citoyens, et surtout, l'information doit être impartiale, et ne jamais être soupconnée de servir des intérêts privés. Dans une démocratie d'opinion, cela me semble primordial.

Pensez-vous, Mr Bouygues, que la France puisse encore se définir comme une démocratie, si son principal organe d'information et de culture n'est pas au service des citoyens ?

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27 novembre 2007

Inquiet !

Tout d'abord, avant de commencer ce message, je tiens à préciser 2 petites choses pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïtés sur ce qui va suivre.

1) Je cherche seulement à comprendre les raisons de la violence dans les banlieues, pas à l'excuser. Quand on tire à balles réelles sur une personne, flic ou pas, il s'agit d'une tentative de meurtre et doit être puni comme tel. Aucune colère ne doit, à mon sens, justifier la mort d'autrui.

2) Mr Sarkozy a  été élu par une majorité d'électeurs. Son élection est donc légitime au vu du fonctionnement démocratique Français. Il faut donc l'accepter. Même si on peut penser que certaines dérives médiatiques et un glissement vers la politique spectacle ont pu influencer le résultat final, du moins en ce qui concerne les 2 finalistes.

Voilà, maintenant que ces deux petites choses sont précisées, je peux commencer.

Les divers évènements qui se succèdent depuis 2 ou 3 mois me rendent inquiet. Les émeutes de Villiers le Bel tout d'abord, parce qu'elles me font craindre de revivre ce qui s'était passé à l'automne 2005.Parce que la colère, la violence, la haine, qui émanent de ces jeunes n'a d'égal que la colère, la violence, la haine et l'incompréhension surtout de toute une autre partie de la population qui s'exprime ici et là sur internet ou sur certaines émissions de radio.

Je suis inquiet aussi parce que la colère n'est pas qu'à propos des banlieues. Elle est dans les facs, dans les services publics, dans les entreprises de transports (où le sentiment d'une part des employés d'avoir été trahi par les syndicats rajoute l'amertume à la colère). Elle est aussi chez toute une partie de la population qui ne peut plus se loger, qui subit de plein fouet les augmentations de matières premières ou des produits d'alimentation.

Je suis inquiet parce que cette colère s'accompagne souvent d'un profond sentiment d'injustice envers un pouvoir qui n'a eu de cesse de donner des gages aux plus riches, tout en taxant les plus pauvres (franchises médicales).

Je suis inquiet, parce que je ne crois pas que Mr Sarkozy, tout légitime qu'il est, soit l'homme de la situation pour apaiser une France divisée et en crise d'identité profonde. Si celui-ci avait été un homme de dialogue, cela se saurait. Il suffit de demander aux maires des communes dont les tribunaux vont fermer suite à des décisions arbitraires, ou bien à ceux qui subissent la plupart des réformes actuelles sans que bien souvent il n'y ait eu de concertation préalable digne de ce nom.

Je suis inquiet enfin, parce que ce que traduisent les différents mouvements actuels, c'est une coupure entre la partie la plus populaire des Français, et les élites de toutes sortes : politiques, journalistes, intellectuels, professeurs, etc.

Je suis inquiet, mais si on y réfléchit bien, rien de tout cela n'est surprenant. Il suffisait d'analyser les données de la présidentielle pour comprendre que derrière le résultat final, c'est bien de 2 France que l'élection a accouché, et 2 France qui visiblement ne communiquent pas entre elles. L'une rurale, plus agée, faite de commerçants, d'artisans, de professions libérales et de Français plutôt riches. L'autre, plus urbaine, plus jeune, plus populaire et où la population active est majoritairement représentée.

Tout cela est très schématique, je le conçoit, mais on imagine bien que ce n'est pas dans la première France que l'on trouvera la frange la plus progressiste de ce pays. Les commerçants, les agriculteurs, sans vouloir les insulter, sont pour la majorité d'entre eux, plutôt des conservateurs. Or, c'est parce que la politique et les réformes de Nicolas Sarkozy s'adresse en priorité à la deuxième France, celle qui justement n'a pas voté pour lui, qu'il y a problème. La majorité des étudiants Français n'a pas voté pour que l'on privatise en partie l'université. La majorité des fonctionnaires n'a pas voté pour que l'on sacrifie les services publics sur l'autel de la rentabilité économique, la majorité des ouvriers et des employés de ce pays n'a pas voté pour travailler plus, d'autant plus que cela ne se traduit pas par gagner plus. L'écrasante majorité des habitants des quartiers difficiles (jusqu'à 80 % dans certains bureaux de vote de Seine Saint Denis) n'a pas voté pour un homme qui a eu des propos insultants et méprisants envers une partie de sa jeunesse, ni pour une pour une politique de sécurité basée uniquement sur la répression, et qui ne fait que stigmatiser et enfoncer un peu plus les plus fragiles.

Notre pays est profondément divisé, et l'homme qui nous dirige et qui est censé nous rassembler, est pour beaucoup, le symbole de ces divisions.

Je suis inquiet.

01 novembre 2007

L'Etat lâche du lest : un fonctionnaire a été augmenté.

Et ce fonctionnaire, c'est Nicolas Sarkozy lui-même. Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même. Mais là, j'avoue, 140 %, j'en reste coi. Comme disait Audiard : "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

Mais, il faut bien dire que notre président national touche moins que don Premier Ministre, et qu'en plus, il fait son boulot. Ça devait lui faire bobo à son égo.

Il toucherait moins que la plupart des dirigeants des grands pays ? Ah là, je pense que c'est une cause pour laquelle on arriverait sans problème à faire bouger les milliers de RMistes, de smicards, voire les SDF. Car bon sang, il lui faut bien un peu d'argent de poche au petit Sarkozy (car en plus, il ne paie rien d'autre, c'est vraiment de l'argent de poche). C'en est même un vrai problème, il en est rendu à se faire payer ses vacances par ses amis milliardaires.

Tiens, justement, parlons-en. Il paraît qu'il serait moins payé qu'un cadre d'une grande entreprise, et à fortiori, qu'un dirigeant de ces mêmes boites. Et il paraîtrait que ce n'est pas normal, car il a quand même beaucoup de responsabilités, le pauvre petit. Eh bien, je suis d'accord !!!!!! Ces grands patrons sont beaucoup trop payés, on devrait ramener leur salaire au niveau de celui de notre président.

Mais, en fin de compte, ce n'est pas grave. Annoncer cela presqu'en même temps que les franchises médicales, au moment où les universités commencent à gronder, où les cheminots, les fonctionnaires, les agents d'EDF et de la RATP appellent à la grève, qu'Alcatel prévoit un plan de licenciement massif, tout cela ne peut que renforcer la colère. Sarkozy aura peut-être rendu un grand service au mouvement social.

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16 octobre 2007

Pourquoi je serai en grève jeudi prochain.

Contrairement à la vision réductrice de la grève du 18 octobre que donnent les médias, la défense des régimes spéciaux est loin d'être le seul enjeu, et les salariés des entreprises publiques ne seront pas les seuls sur le pavé. Toute la fonction publique y sera, la territoriale, dont je fais partie, également.

Je ferai grève tout d'abord pour défendre le régime des retraites, car il ne faut pas être dupes, l'attaque contre les régimes spéciaux n'est qu'un début, c'est tout le système qui à terme est visé. Dès janvier, les partenaires sociaux doivent se réunir pour tout remettre à plat, et déjà on entend le MEDEF ou l'UMP parler de 41 ou 42 années de cotisations, et d'une retraite à 61 ou 62 années. Les régimes spéciaux ne sont qu'un bélier pour tout casser. Et puis, j'ai de la mémoire. En 2003, lors de la réforme Fillon, le discours du gouvernement de l'époque était simple : nous n'avons pas le choix, c'est la réforme de la dernière chance, grâce à elle tout ira mieux. Et que constate-t-on ? Rien ne va mieux évidemment, mais les systèmes de retraites complémentaires ont prospéré. C'était le but, cela l'est encore aujourd'hui.

Je ne suis pas naïf, je sais que la population vieillit, et qu'il n'y a plus assez d'actifs pour payer les retraites. Mais est-ce parce que l'on vit plus longtemps qu'il devient d'un seul coup moins pénible de travailler jusqu'à 60 ans ? Evidemment non. Ne revenons pas sur un acquis social, mais par contre, il doit bien être possible de trouver de nouvelles sources de financement, les stock options, les revenus boursiers par exemple. Et si on cessait tout simplement d'exonérer les entreprises de charges sociales ? Les déficits des régimes sociaux ne s'en porterait pas plus mal.

Mais la retraite n'est pas le seul motif de ma colère. Je ferai grève aussi parce que j'en ai marre d'être stigmatisé en tant que fonctionnaire. Faut-il s'étonner que le nombre d'agressions dans les transports ou à l'école augmentent quand le discours dominant sous-entend en permanence que ces salariés sont au mieux des privilégiés, au pire des fainéants.

Je ferai grève parce que depuis bientôt 10 ans, je ressens une forte baisse de mon pouvoir d'achat. Si je n'avais pas été promu suite à une réussite à un concours, il y a beaucoup de choses que je n'aurais plus les moyens de faire. Beaucoup de mes collègues font le même travail depuis 10 ans. J'aimerais que l'on me dise en quoi leur place dans la société est moins importante qu'il y a une décennie. Pourquoi devrait-on travailler plus, simplement pour avoir le droit de ne pas voir son niveau de vie baisser ?

Je ferai grève parce que mes conditions de travail et celles de la fonction publique en général se dégradent. C'est bien beau de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, mais c'est la qualité du service public qui en pâtit. Est-il normal d'attendre 2 à 3 ans avant qu'une affaire ne soit jugée par un tribunal ? Est-il normal d'attendre 4 à 5 aux urgences à l'hôpital ? Est-il normal que nombre de quartiers isolés ou de petits villages ne soient plus desservis par des transports publics ?

Mais à ce manque criant de personnels, se rajoute un autre phénomène : on ne le sait que trop peu, mais aujourd'hui, c'est dans la fonction publique qu'il y a la plus grande précarité. Les CDD, intérims, et autres contrats se multiplient. Aujourd'hui, dans certains services, il n'est pas rare de voir jusqu'à 40 % de personnes qui ne sont pas titulaires de leurs postes. L'emploi à vie est une légende.

Je ferai grève enfin, parce que j'ai conscience qu'un service public de qualité est certes coûteux, mais est surtout bénéfique pour l'ensemble de la société. Toutes les enquêtes montrent que les Français y sont attachés. Une des premières raisons données par les entreprises étrangères pour s'installer en France est justement la qualité des services publics Français. On est en train de casser tout cela, pour le remplacer par des entreprises privées dont le but est de faire des bénéfices sur notre dos.

Posté par leunamme à 19:07 - economie et social - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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