rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

16 décembre 2009

Climat : avec ou sans accord, Copenhague ne servira à rien.

Avec le grand raout sur le climat de Copenhague, toute la presse se déchaîne sur le sujet. Il n'y a plus de jours qui passent sans un appel à consommer moins, à trier les déchets, économiser les énergies, que sais-je encore ! Dans moins d'un mois, ils seront passés à autre chose. En attendant, on en appelle toujours aux attitudes individuelles. Je veux bien, il s'agit de notre planète, de notre bien commun, il est normal que chacun fasse son possible pour le préserver. Mais au bout d'un moment, il y a saturation.

D'une part parce qu'en tant qu'individu, j'en ai marre d'être stigmatisé, et j'ai la désagréable impression que sous prétexte de protection de l'environnement, on nous invente de nouveaux impôts, de nouveaux règlements, lesquels, comme par hasard, touchent en priorité les couches populaires.

D'autre part, parce que j'ai le sentiment que l'on nous ment, que la stigmatisation des comportements individuels a un but précis : nous faire oublier que les premiers pollueurs sont les industriels, que c'est notre modèle économique qui est la source première des dérèglements climatiques.

Trouver des exemples, ce n'est pas très compliqué, on peut citer pêle-mêle : les délocalisations (il faut rapatrier ensuite les marchandises pour les vendre, et ça ne se fait pas à bicyclette), le développement du tourisme bas de gamme (ce qui a pour conséquence d'augmenter considérablement les voyages en avion), la construction immobilière sauvage (qui encourage la déforestation et détruit les cotes), les pressions des lobbies automobiles, pétroliers ou nucléaires (qui ne sont jamais bousculés pour développer des énergies renouvelables ou des véhicules moins polluants), le trafic d'essences d'arbres rares, etc, etc.

Tout cela mis bout à bout, on a bien l'essentiel de la pollution. Et si on rajoute que la plupart du temps cela se conjugue avec l'exploitation des travailleurs ou des populations locales, on comprend bien qu'en se focalisant essentiellement sur les pratiques individuelles on fait fausse route. Mais cela est évidemment voulu et assumé, car s'en prendre de front à tous ces grands groupes industriels qui font la pluie et le beau temps (l'image est belle, n'est-ce pas ?) sur la planète, c'est remettre en compte le libéralisme sauvage dans lequel les milieux économiques avec la complicité des politiques nous ont plongé.

Copenhague ne servira à rien s'il ne débouche pas sur un changement radical de philosophie, qui mettrait l'homme au centre plutôt que l'économie et les profits. Il me semble que parmi les mesures urgentes à prendre, il faudrait imposer une relocalisation des productions (ce qui profiterait à tous, les occidentaux qui garderaient leurs emplois, et les autres qui pourraient ainsi profiter de ce qu'ils produisent), et imposer une limitation du trafic aérien, ce qui implique de payer les voyages en avion à leur vraie valeur.

Evidemment, des idées il y en a plein d'autres, je ne vais pas les citer toutes ici, mais apparemment, ce n'est pas de cela que l'on discute en ce moment à Copenhague. Et pour cause, si les associations de défense de l'environnement ont fait le déplacement, les lobbies industriels eux aussi. A l'instar des droits sociaux élémentaires, la protection de l'environnement est une nécessité qui se gagnera dans les luttes, il ne faut rien attendre des politiques

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14 décembre 2009

Le gouvernement fait un grand emprunt pour compenser sa politique qui ne marche pas.

Ca y est, on sait enfin de combien sera le montant du fameux grand emprunt, 35 milliards, et surtout, Nicolas Sarkozy a annoncé à quoi il allait servir. D'ailleurs, on peut quand même s'interroger sur la méthode qui consiste à proclamer que l'on va emprunter une forte somme d'argent sans savoir au préalable comment on va l'utiliser. Interrogation qui se double d'une seconde sur l'opportunité de creuser encore la dette de l'Etat, surtout qu'il y avait la possibilité par une autre politique (ne pas le faire le paquet fiscal, ne pas baisser la TVA sur la restauration par exemple) de dégager des fonds conséquents.

Mais bon, il n'est plus l'heure de polémiquer là-dessus, puisque c'est désormais acté que l'Etat s'endettera encore, voyons plutôt à quoi servira cet argent au final.

11 milliards pour l'enseignement supérieur et la formation :

C'est le principal secteur qui sera concerné, et au vu de l'état des universités françaises, de leur manque de moyens notamment, il y avait urgence. Toutefois, ces crédits ne concerneront essentiellement qu'une dizaine de campus d'élite. C'est à dire que l'on reste dans la logique de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités et qu'il en est définitivement fini avec le principe de l'égalité à l'éducation sur l'ensemble du territoire.

Nicolas Sarkozy a aussi décidé de renforcer l'apprentissage. Il a raison, car vu ce que Darcos et maintenant Chatel font aux programmes scolaires, il devient clair que dans les hautes sphères, il y a toute une catégorie de la population dont on n'envisage plus qu'elle puisse un jour étudier. Alors autant les mettre en apprentissage, puis au boulot.

8 milliards pour la recherche :

C'est bien, on investit enfin dans l'avenir. Toutefois, cela ne suffira pas pour rattraper le retard pris en ce domaine, ni pour compenser les coupes de crédit voulues par tous les gouvernements de droite depuis 2002. En outre, la France va certes investir dans sa recherche, mais essentiellement dans les domaines porteurs, c'est à dire ceux qui rapportent de l'argent. Adieu la recherche en sciences sociales ou sur les maladies rares.

6,5 milliards pour l'industrie et les PÂME :

L'industrie automobile et l'aviation seront les grands gagnants. Encore un cadeau de plus à certains de ses amis. Mais surtout, en plein sommet de Copiage, c'est un peu contradictoire avec les engagements environnementaux du chef de l'état. Enfin, notons quand même que sur ce domaine, Nicol as Sarcome renoue avec une posture gaulliste qui faisait de la politique industrielle de la France une priorité.

4,5 milliards pour l'industrie numérique :

Allez, si on cherche bien, là aussi on doit trouver quelques amis du chef de l'état. Toutefois, comme je travaille dans la culture, je me réjouis que des millions soient trouvés pour numériser les fonds des bibliothèque et des musées. Ceci dit, vu qu'ils suppriment un poste sur deux dans ces établissements, on se demande qui va l'effectuer cette umérisassions. Il y a comme un petit problème de cohérence.

5 milliards pour le développement durable :

Là par contre il a cohérence, puisque le nucléaire devrait se tailler la part du lion. On voit bien que Mir Polio n'a pas été nommé à la tête EDF pour rien.

Bref, l'éducation, l'industrie, l'environnement, la recherche,  il a fallu 7 ans à la droite, et deux ans et demi à Sarcome pour se rendre compte que ces domaines étaient prioritaires. Ce qu'il y a surtout d'intéressant avec tous ces projets, c'est qu'en filigrane, a demi mots, Nicol as Sarcome nous indique que jusqu'ici il s'était un peu planté en matière économique, et que maintenant, il essaie un peu de corriger le tir.

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07 décembre 2009

Que faut-il attendre de la conférence de copenhague sur le climat ?

En toute honnêteté, je vois au moins un gros avantage au grand raout qui aura lieu à Copenhague, c'est de mettre en lumière que les premières victimes des changements climatiques sont d'abord les populations des pays pauvres. Pour une fois, le monde va se rappeler que c'est le mode de vie des pays riches qui abîme l'environnement. On s'apercevra aussi que ces mêmes pays sont plutot réticents à remettre en cause leur niveau de vie. Mais à part cela, je ne vois pas un grand intérêt à Copenhague.

Certes, il y aura un accord dans la cité scandinave. Même a minima, celui-ci sera célébré par tous les médias et tous les chefs d'Etat comme une grande avancée. Le fait même que tant de pays aux intérêts si divergents puissent s'accorder sur un sujet aussi complexe, prouve que ledit accord n'aura que peu de valeur. Même si celui-ci était contraignant comme le souhaite la France, qui s'assurera que les contraintes sont respectées ?

Peu importe ce qui sera décidé à Copenhague, cela permettra à quelques chefs d'état de parader et de rouler des mécaniques, mais pour l'environnement, rien ne changera, et ce pour une excellente raison : la première cause de la pollution est liée à notre modèle économique.

Comment peut-on parler de lutte pour la planète quand le taux de croissance reste la valeur immuable pour jauger une économie, quand la consommation est érigée en valeur ? Personne, et surtout pas Nicolas Sarkozy, ne se rend à Copenhague avec l'intention de sortir définivement de l'économie libérale. Pire, on entend certains dirigeants exprimer leur souhait de contraindre les multinationales à avoir des attitudes éthiques. Franchement qui peut croire que Total cessera d'utiliser des navires poubelles s'il est plus rentable pour lui de le faire ? Ce n'est évidemment qu'un exemple, mais on peut le multiplier à l'infini.

Je dirais même plus Copenhague inquiète. La plupart des partis écologistes, en principe à la pointe en matière d'environnement, se rallient au marché. Je ne parle pas des militants associatifs qui restent mobilisés. Mais quand on voit qu'aujourd'hui l'écologie est symbolisée dans ce pays par Nicolas Hulot (dont les émissions télévisées sont sponsorisées par Rhône Poulenc), Yann Arthus-Bertrand (qui milite du haut de son hélicoptère), ou Daniel Cohn-Bendit (qui s'est déclaré converti au capitalisme), on se dit qu'être écologiste aujourd'hui, c'est surtout un excellent moyen pour faire parler de soi. Etre vert est décidément à la mode chez les people et les bobos. Que les riches se rallient à l'écologie, ce n'est assurément pas un bon signe pour les pauvres, ceux d'Afrique ou des îles du Pacifique qui sont en première ligne pour subir les foudres du climat.

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07 septembre 2009

La taxe carbone : un projet bobo, par les bobos, pour les bobos.

La taxe carbone est prometteuse. Le pataqués politique qui se profile à l'horizon pourrait être digne de figurer dans les annales. Gauche et droite ont déjà commencé à s'écharper, même les écolos sont divisés sur la question.

Il faut dire que comme toujours, pressé de faire un effet d'annonce et soucieux de récupérer chez les écologistes une partie des voix qui pourraient lui manquer lors des présidentielles, Nicolas Sarkozy à balancer la pierre de la Taxe Carbone dans le débat public sans aucune préparation. En effet, si tout le monde à son avis sur la question, personne ne sait à l'heure actuelle quel sera le montant de cette taxe, comment elle sera prélevée, qui la paiera, et encore moins si elle sera remboursée. Bref, nous nageons dans le flou artistique le plus total.

Pourtant, ce n'est pas ce qui pose le plus problème autour de cette taxe. Alors que globalement, de la droite au PS ils sont peu à en contester le principe, c'est pourtant celui-ci qui m'interroge. En effet, tout le monde sera d'accord pour dire qu'il est urgent de limiter les émanations de gaz carbonique. Pour autant, cette taxe ne résoudra rien puisqu'elle ne s'attaque pas au fond du problème, à savoir la remise en cause de notre mode de vie. Ce nouvel impôt, au diable la sémantique du pouvoir, il s'agit bien de cela, ce nouvel impôt n'aura quasiment aucune influence sur les premiers pollueurs de la planète, à savoir les industriels, qui pourraient être autorisés par l'Union Européenne à payer un droit de polluer.

De même, la voiture est le moyen de locomotion principal pour des millions de personne. Elle leur est même indispensable pour vivre. Augmenter le prix de l'essence n'aura de toute façon qu'un impact infime sur l'environnement, mais pourrait être désastreux pour des milliers de foyer. Par contre, on sait aujourd'hui que la recherche dans le domaine des véhicules propres à fortement progressée, une vraie politique environnementale consisterait à en faire la promotion, à investir dans des infrastructures pour des véhicules électriques, à développer le ferroutage et les transports en commun. Ce n'est pas la voie choisie, car elle nécessite une confrontation avec certains lobbies économiques très puissants dans ce pays et sur cette planète.

Pourtant me direz-vous, les écologistes soutiennent ce projet, c'est bien qu'au niveau environnemental il doit être bénéfique. Certes, mais c'est oublier que tous les écologistes ne sont pas sur cette voie, beaucoup prônent une réflexion beaucoup plus globale prenant en compte l'ensemble des aspects sociaux et économiques de la question. Parmi eux, je pense entre autre à Martine Billard, députée verte de Paris qui vient de quitter son parti. Mais voilà, ces tenants d'une approche globale n'ont pas l'aura ni l'atttrait médiatique d'un Dany Cohn-Bendit.

Vous pourriez aussi me répondre que l'Etat à prévu de rembourser cette taxe, notamment pour les foyers les plus modestes. Alors là, voyez-vous, je m'enfonce dans la perplexité la plus totale, car à quoi peut bien servir une taxe si elle est remboursée ? Pédagogiquement en tout état de cause, à rien !

Un autre aspect de cette question me semble loin d'être anecdotique. Il s'agit de l'apparente convergence d'idée sur ce sujet entre les écolos et une partie de la droite. De la part de cette dernière rien d'étonnant tant le président de la République s'évertue depuis deux ans à brouiller les cartes. Mais que penser de ce rapprochement droitier des verts ? A bien y regarder, il n'est pas si étonnant que cela. Aux dernières européennes, les classes sociales qui ont votées pour eux et permis leur bon score se retrouvent parmi les aisées, c'est à dire peu ou prou l'électorat traditionnel d'une partie de la droite et du centre (et désormais aussi un peu du PS). Le principe de la taxe carbone fait l'unanimité ou presque parmi les élites, il suffit de lire la presse nationale pour s'en rendre compte. L'électorat écologiste ne se retrouve que bien peu du coté des classes populaires. Il est donc normal que les Verts soutiennent l'idée d'une taxe carbone à l'encontre d'une réflexion globale.

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22 août 2009

Fillon passe au vert par opportunisme !

François Fillon a interrompu ses vacances ! Et chose curieuse, ce n'est ni pour le phénomène médiatique de la grippe A (Et le fait même qu'aucun ministre n'arrête ses vacances alors qu'elle sévit dans l'hémisphère sud, prouve bien le caractère purement médiatique de cette prétendue pandémie), ni à la suite d'un mouvement social dans une entreprise (ben oui, si l'avenir des ouvriers intéressait le pouvoir, cela se saurait).

Non, François Fillon a écourté ses vacances à cause de l'algue verte qui prolifère sur les plages bretonnes. Mais attention, il ne s'est déplacé que parce qu'il y a eu la mort d'un cheval et qu'on est désormais certain de la dangerosité des émanations de gaz produites par l'algue. Ben oui, parce que s'il n'y a pas un fait divers susceptible d'appâter les caméras, il ne faut pas espérer que le pouvoir s'y intéresse.

Donc François Fillon se déplace. Il faut dire que c'est tout bon pour lui, à une semaine de la reprise du président, il peut enfin occuper l'espace médiatique. Pendant une semaine, il existe !

Alors, il se retrouve là, sur les plages costarmoricainescostarmoricaines en plein mois d'août, accompagné de la ribambelle de journalistes qui de toute façon, au mois d'août, n'ont rien d'autre à faire. Mais attention, François Fillon est premier ministre ! il ne se déplace donc pas les mains vides ! Dans sa besace, il annonce princièrement que l'Etat nettoiera à ses frais les plages les plus touchées.

Voilà de la politique de haut vol ! Parce qu'avec des écologistes à 16% lors des européennes et qui grâce à leur université d'été ont le vent médiatique dans le dos, le gouvernement ne pouvait rester inactif sur le lourd et inquiétant dossier de l'environnement. Donc, il nettoiera !

Bien ! Bravo ! pendant quelques mois les bretons auront des plages propres ! Oui, mais après ? On renettoiera jusqu'à ce que les petites algues vertes comprennent d'elles-mêmes qu'il ne faut pas venir salir les jolies plages bretonnes ? Parce que, tout de même, si elles prolifèrent, ces algues, il y a bien des raisons, non ?

Peut-être que la présence massive de cette algue depuis 30 ans est dûe à l'abondance de pesticides dans les nappes phréatiques ? Peut-être que si les plages deviennent vertes, ce n'est que la conséquence d'une politique agricole entièrement tournée vers le productivisme ?

C'est curieux, mais le premier ministre, subitement devenu le premier écologiste de France, n'en a pas dit un mot. Peut-être parce que se serait toute la politique agricole européenne que son gouvernement soutient et que son camp a promu ? Rappelons seulement que le ministre de l'agriculture qui a impulsé le changement de la politique agricole française vers une production intensive s'appelle Jacques Chirac ! A l'heure de la rupture proclamée comme idéologie, il ne fait pas bon rappeler que l'on insiste dans les erreurs passées.

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04 janvier 2009

Le Dakar n'est pas une épreuve sportive : c'est une aberration environnementale et économique.

On croyait que le rallye autrefois appelé Paris Dakar était mort pour de bon, que les menaces terroristes, réelles ou mystifiées, avaient été les plus fortes. Enfin, cette manifestation scandaleuse et impudique responsable chaque année de la mort d'autochtones africains innocents allait prendre fin. Les marques automobiles occidentales n'allaient plus prendre les pays pauvres pour terrain de jeu et faire ainsi leur publicité, sous prétexte comme toujours de faire de l'humanitaire dont on ne voit jamais les résultats.

Las, il n'en est rien. Si l'Afrique ne sert plus de cadre à cette manifestation, elle rebondit néanmoins dans les pays andins. Son existence n'en reste pas moins choquante, et l'apparente joie des argentins au passage des véhicules n'en n'enlève pas le caractère immoral. Le retour de cette compétition est célébré fortement par la presse nationale, surtout dans le principal journal sportif qui consacre chaque jour plusieurs pages à l'évènement. Le fait que l'organisateur du Dakar soit aussi le propriétaire du journal ne doit pas être anodin, et rend tout ce battage médiatique assez nauséabond. L'intérêt sportif réel est donc relativement anecdotique.

D'ailleurs, peut-on encore considéré qu'il s'agit de sport, voire même d'aventures ? Le vainqueur appartiendra forcément à l'écurie la moins équipée et la plus riche, et possédera immanquablement la voiture la plus performante. Quant à l'aventure, elle est limitée, puisque le moindre concurrent égaré ou blessé sera  secouru grâce à la myriade de moyens mis à sa disposition. Si autant était fait pour aider les populations locales, peut-être que cette course serait moins choquante. Comme quoi, il est plus facile pour les occidentaux de dépenser des millions pour s'amuser, que de lutter contre la pauvreté dont nos politiques économiques sont en partie responsable.

Mais en plus de tout cela, le Dakar est une aberration environnementale. Après avoir pollué pendant des années les dunes sahariennes, ce sont désormais les magnifiques paysages d'Amérique du sud qui vont subir les assauts de véhicules qui sont tout sauf écologiques. Alors que le monde prend peu à peu conscience des conséquences de l'activité humaine sur la planète, les trois semaines que durent cette course vont être une publicité géante pour des véhicules parmi les polluants et pour une façon de vivre et d'agir qui nous entraîne à notre perte.

A l'heure où certains politiques affirment qu'il faut revoir notre comportement pour sauver la planète ou pour éviter de nouveaux scandales, l'existence même de cette épreuve prouve si besoin en était que tous ces beaux discours ne sont qu'hypocrisie. Il s'agit d'une épreuve de riches pour les riches, et qui n'ont absolument pas envie de se remettre en cause.

PS : Pensez à la newsletter encore et toujours !

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24 mai 2008

Sommes-nous à l'aube de grands bouleversements ?

Ce n'est pas d'aujourd'hui, des dizaines de voix se sont déjà élevées pour dire que le système économique dans lequel nous vivons nous emmène droit dans le mur. Le capitalisme à outrance tel que nous le connaissons à certes permis à des millions de personnes d'accéder au confort, de voir leurs conditions de vie progresser, voir de s'enrichir, mais ses dégâts collatéraux sont considérables : catastrophes environnementales, accroissement des inégalités, asservissement de populations entières. On pourrait trouver d'autres raisons à ces maux, mais la course au profit les amplifie tous considérablement.

Des écologistes, des politiques éclairés, des hommes et des femmes conscients de ce qui se passe autour d'eux, ont bien essayé de tirer la sonnette d'alarme, d'avertir ceux qui sont en capacité de prendre les décisions. Mais la puissance des lobbies économiques ajoutée à l'idéologie ultra-libérale régnant dans ces milieux, tout cela fait que jusqu'à maintenant ils n'ont pas voulu ou réussi à imposer les réformes nécessaires, celles qui permettraient de changer les mentalités pour une utilisation parcimonieuse des ressources de la planète, pour une économie enfin au service de l'homme et non de l'argent, pour une diminution des inégalités.

Pourtant, la crise économique actuelle pourrait bien réussir là où les hommes n'ont pas eu assez de volonté. L'envolée des prix du pétrole a déjà commencé à changer les comportements individuels, et la hausse des prix de toutes les matières premières nous oblige à une gestion plus économiques de nos ressources. De même, il ne fait de secret pour personne que la main-d'oeuvre pèse pour beaucoup moins que les transports dans le coût d'un produit. Cela pourrait être la fin d'une certaine mondialisation qui remet en cause les acquis sociaux des pays riches sans permettre de progrès pour les plus pauvres. Et si les humains cessaient d'être considérés comme des marchandises ? En tout cas, des modifications profondes dans les modèles économiques actuels se profilent.

Mais ce tableau n'est pas idyllique, bien au contraire. Les famines menacent en Afrique ou en Asie, les catastrophes naturelles se multiplient, et dans certains pays des émeutes ont déjà eu lieu. Elles prennent même parfois un inquiétant caractère raciste comme en Afrique du sud.

Il est donc urgent de prendre la mesure des bouleversements qui nous attendent et de s'atteler à d'immenses chantiers : une meilleure répartition des richesses, une gestion des ressources naturelles qui soit parcimonieuse et respectueuse de l'environnement, la mise sous contrôle de l'économie au bénéfice des hommes.

Tôt ou tard nous serons obligés de modifier nos comportements. Malheureusement il semble que parmi les dirigeants actuels de la planète il n'y ait pas encore de voix pour porter et encourager les changements nécessaires. Espérons que la prise de conscience arrivera avant qu'il ne soit trop tard.

20 mai 2008

La crise de la pêche est révélatrice de nos erreurs.

Régulièrement, comme un leitmotiv, on entend parler des pêcheurs en colère, des ports bloqués. Il est difficile de ne pas être touché par ces hommes qui font un des métiers les plus pénibles et les plus dangereux qui soit. Ce n'est pas pour rien qu'on les appelle les forçats de la mer. Mais leurs craintes de voir leur métier, leur savoir-faire disparaître sont réelles. Pris entre d'un côté la raréfaction du poisson pour cause de sur-pêche et de l'autre la folle augmentation du prix du carburant en raison là aussi du manque de ressource, l'avenir apparaît plus que sombre pour ce secteur.

Si les pêcheurs auraient de toute façon subi la montée des cours du pétrole, ce qu'ils paient aujourd'hui avant tout, ce sont les choix économiques du passé, notamment ceux inscrits dans la PAC (Politique agricole commune). En subventionnant en priorité les gros exploitants, en favorisant les gros bateaux, la PAC a sonné la fin de toute une pêche traditionnelle pour passer à l'ére industrielle. Le prétexte était de faire face aux navires des pays asiatiques qui bien souvent utilisent des filets géants.

Sauf que cette course à la rentabilité, au toujours plus a obligatoirement entraîné une sur-pêche et une quasi disparition de certaines espèces. Et ce qui n'était hier qu'une crise économique est désormais aussi une crise écologique de première ampleur puisque tout l'écosystème marin est menacé. Et c'est d'ailleurs bien pour cela que la crise de la pêche n'en est qu'à son début.

Mais l'Union Européenne n'est pas seule fautive. Ces orientations ont aussi été voulues et encouragées par l'Etat Français, lequel depuis des décennies, sous prétexte de défendre les marins français les enfonce de plus en plus en luttant contre les quotas de pêche, et surtout en continuant à favoriser une pêche productiviste.

Aujourd'hui, parce que nous avons fait il y a 30 ou 40 ans les mauvais choix économiques pour le monde agricole, ce sont des régions entières, dépendantes de leurs ports et des activités qui en découlent, qui sont menacées. Des écologistes, des économistes, des politiques, des professionnels de la pêche ont dès le début alerté contre les dangers d'une telle politique. Ils n'ont jamais été écoutés ni par l'Etat Français, ni par l'Union Européenne. Et quand on voit que ces deux entités politiques nous entraînent aujourd'hui à marche forcée vers le libéralisme en tous domaines, appliquant ainsi à tous les domaines économiques les recettes qui n'ont pas marché en agriculture, il y a de quoi être inquiet pour les années à venir.

06 novembre 2007

La Hausse du prix du pétrole.

Les prix du pétrole ne cessent de monter. Je n'en connais pas très bien les raisons, mais ce que je comprends à peu près, c'est qu'il y a derrière tout cela des gens et des entreprises qui en tirent des bénéfices colossaux.

Mais, cette augmentation, et la diminution programmée des réserves de pétrole, entraînent au nom de l'écologie, des changements de comportement, qui pourraient s'avérer au final catastrophiques pour la planète et les populations.

Le développement des biocarburants est, il est vrai, une solution face au réchauffement de la Terre. Mais dans le même temps, en Europe, le fait que l'on réserve une partie des cultures de céréales pour les carburants provoque une pénurie des mêmes céréales pour la consommation, et donc une envolée de leurs prix. Au Brésil, 40 % des carburants sont aujourd'hui d'origine végétale, et une grande partie du reste des cultures partent à l'exportation, essentiellement vers l'Europe pour combler les manques de cette dernière. Résultat, il y a là aussi une pénurie des produits alimentaires de base. Le risque est grand désormais de voir le retour de famines massives, là où elles avaient disparues.

En Indonésie, ce sont les forêts tropicales que l'on détruit, entraînant la disparition d'une faune et d'une flore unique et exceptionnelle. Tout cela pour planter à la place des palmiers, dont on tire une huile nécessaire aux biocarburants.

Mais voilà, les humains continuant à toujours consommer plus, à prendre la croissance du PIB comme indice de développement, il leur faut bien essayer de trouver de nouvelles sources d'énergie, car le pétrole augmente, et il n'est de plus pas éternel. A continuer ainsi, il devient presque évident que nous sommes au bord d'un précipice et que nous continuons d'avancer droit dessus.

A mon sens, et au risque de me répéter et de paraître redondant, je ne vois qu'une seule solution. Elle consisterait en un changement radical de nos modes de vie et surtout de notre vision économique. Revenir à une agriculture moins industrielle, à des productions locales, à une économie basée sur la satisfaction des besoins des populations, et non plus sur la recherche systématique du profit. Mais de cela, il n'est évidemment pas question pour l'instant, et les conclusions du Grenelle de l'environnement en attestent, puisqu'aucune mesure ne remet en cause la situation des grands groupes industriels, auxquels on ne veut visiblement pas s'attaquer.

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28 octobre 2007

Le bilan du Grenelle de l'environnement.

Le fameux Grenelle de l'environnement était un des projets phare du nouveau président. Alors que la presse dans son ensemble s'est plutôt réjouie des conclusions, on entend toutefois ci et là des voix discordantes, surtout dans les milieux associatifs. Il est temps aussi sur ce blog, de se pencher sur les résultats de cette réflexion, à partir du discours de Nicolas Sarkozy.

OGM : Un moratoire sur les cultures commerciales a été décidé, en l'attente d'une expertise. Cependant, les directives de Bruxelles seront bien transposées dans le droit Français. En gros, il est urgent d'attendre, mais je prends le pari qu'au bout du compte, on finira bien par nous faire manger des OGM.

Pesticides : Le ministre de l'agriculture va proposer un plan pour réduire l'utilisation des pesticides de moitié en 10 ans si possible. Tout est dans le "si possible". En gros, cela n'engage à rien pour l'instant, et repousse à plus tard les vraies décisions.

Agriculture : Sur ce domaine, en plus des pesticides, on a droit à une annonce sur le développement d'une agriculture de haute qualité qui doit être un enjeu majeur. On aurait été forttement surpris qu'il annonce le contraire.

En outre, pour lui, la priorité devra être donnée à la deuxième génération de biocarburants. A l'heure où le prix du pétrole s'envole, et où la planète se réchauffe, c'est un engagement sain, mais c'est à ma connaissance seulement un engagement. Où est le concret ?

Fiscalité : Bon, là, je reconnais que sur ce sujet, il y a quelques avancées. Mais il faut dire que le bidouillage des impôts, c'est la spécialité de ce gouvernement. La création d'une taxe à taux réduit pour les produits respectant le climat et la biodiversité est une bonne chose. Reste à savoir qui décide quels seront les produits concernés.

Le président va en outre demander à l'Union européenne de taxer les produits importés par les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. C'est Bush qui doit rigoler. Ne vous précipitez pas trop, à mon avis, il n'est pas urgent de faire le plein de Coca.

Nucléaire :  Pas de surprise, la France n'y renoncera pas. De toute façon, nous n'avons rien à craindre, car depuis tchernobyl, nous savons que les nuages radioactifs e passent pas nos frontières. Le programme de recherche pour développer les énergies du futur n'est qu'un pis-aller pour faire passer la pilule.

Transports : On annonce la création d'une éco-pastille. Je n'ai pas bien compris ce que c'était, mais cela me rappelle la fameuse pastille verte qui a longtemps traînée sur mon pare-brise, et qui n'a servi a rien.

Par contre, sur le développement des transports en commun, là j'approuve totalement. On peut regretter cependant que l'effort soit mis essentiellement sur le TGV, entraînant probablement la fermeture de petites lignes moins rentables, obligeant ainsi les gens à prendre leur voiture. De plus, je déplore le fait de n'avoir rien vu sur le fret ou le ferroutage.

Logement : Sur ce domaine, enfin du concret, puisque tous les logements neufs devront être aux normes basse consommation d'ici à 2020. Un plan de grande ampleur pour logements anciens sera mis en place. Tout cela est positif, mais va forcément coûter très cher à un pays dont le Premier Ministre a déclaré qu'il était en situation de quasi-faillite, et dont une part grandissante de la population a des difficultés à se loger convenablement.

En conclusion, je ne partage évidemment pas l'enthousiasme médiatique. Il y a peu de concret, beaucoup d'annonces dont il faudra vérifier la réalité. Je rajoute en outre que plusieurs hommes politiques ou responsables associatifs ont relevé que souvent il ne s'agissait que de la mise en conformité avec le droit européen. De plus, même s'il y a peu de concret, certaines mesures vont coûter cher, sans que rien n'ait été indiqué sur le financement.

PS : Pour ce bilan, je tiens à préciser mes sources. Je me suis renseigné sur le site suivant http://www.planete-terra.fr. Un site collaboratif gratuit spécialisé sur le développement durable.

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