rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

24 avril 2009

Le plan de lutte contre le chômage des jeunes est une offrande de plus aux entreprises.

Nicolas Sarkozy a présenté aujourd'hui son plan de lutte contre le chômage des jeunes. Il est vrai que chez nous, il s'agit d'un véritable fléau récurrent. Le chef de l'état s'est donc une nouvelle adonné à son exercice préféré : le catalogue.

On peut en premier lieu s'étonner de cette multiplication de plans tous plus ou moins liés à la crise. il s'agit bien d'un aveu indirect de l'échec du plan de relance. Sans compter qu'à force de cumuler les annonces, celles-ci finissent par sonner creux. Surtout quand la plupart d'entre elles sont sans lendemain.

Pour autant, qu'y-a-t-il réellement dans ce plan annoncé aujourd'hui ? Essentiellement des mesures destinées aux entreprises avec des exonérations de charges ou des aides à l'emploi. Comme toujours avec Sarkozy, la politique se résume à aider toujours les mêmes. Dans la continuité de tout ce qui se fait depuis 2 ans, le pouvoir d'achat est le grand oublié.

Cependant, même s'il y a ici ou là quelques propositions intéressantes sur la formation ou l'apprentissage, ce que l'on retiendra surtout de cet énième catalogue, c'est qu'il ne s'agit que de mesurettes ponctuelles et qu'il n'y rien qui semble en mesure d'endiguer le problème de fond de notre pays, à savoir la persistance d'un taux de chômage massif chez les jeunes.

Mais pour cela, il faudrait remettre en cause la politique actuelle du gouvernement, investir massivement dans l'éducation, la recherche et les services publics, des éléments qui sont facteurs d'équité et porteurs d'avenir. Or, chacun sait que c'est tout le contraire qui a été fait. Mieux, la France s'entête dans cette voie, là où même les pays les plus libéraux y renoncent.

Ce nouveau plan ne servira à rien, si ce n'est à enrichir encore quelques patrons (et pas les plus petits, puisque, comme un symbole, une mission vient d'être confiée au patron de Veolia environnement), et à maintenir Nicolas Sarkozy au centre de la scène médiatique, ce qui à quelques semaines des élections européennes est pour lui l'essentiel.

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09 janvier 2009

La CFDT signe les accords sur l'UNEDIC.

Comme d'habitude la CFDT a signé un accord qui risque à terme de s'avérer un recul pour les salariés. A ce jour, ce syndicat a la réputation de moins en moins usurpée de traître, est le seul à avoir signé.

L'accord stipule que le droit d'entrée dans le régime des chômeurs se ferait au bout de 4 mois de cotisations et non plus 6 comme avant. Cela permettra d'indemniser environ 200 000 chômeurs de plus selon la CFDT. C'est certes un progrès, mais au rythme où évolue le taux de chômage, on estime à 250 000 les nouveaux chômeurs pour les 6 prochains mois, et quand on sait que dans le même temps, moins d'un chômeurs sur deux est indemnisé, on voit bien l'insuffisance de l'accord.

Mais le vrai problème, c'est qu'en concédant ce progrès relatif, le MEDEF a obtenu des compensations qui n'ont rien de relatives. Tout d'abord, si elles seront prises en compte à partir de 4 mois de travail, les indemnités seront versées en fonction du nombre d'années travaillées, ce qui reste de faire bien peu pour quelqu'un qui n'a cotisé que 5 ou 6 mois. Jusqu'ici, les indemnités variaient dans le temps en fonction de l'ancienneté dans le chômage. Cette dégressivité est finie, mais si au final il y a plus de personnes indemnisées, elles risquent fort de toucher moins.

Cependant, l'autre compensation obtenue par le MEDEF est bien plus scandaleuse : les années où le régime sera bénéficiaire, les cotisations patronales diminueront, ce qui devrait être le cas en 2009. Si on considère que l'excédent de cette année est du en grande partie à la non-augmentationnon-augmentation des indemnités chômage depuis des années, et aux radiations massives de chômeurs, on peut donc en conclure que les chômeurs ont payé les baisses de cotisation du patronat.

Cet accord ne peut être mis en application que si un seul syndicat le signe. La CGT et FO ont d'ores et déjà refusé de le faire, la plupart des autres centrales s'interrogent. Seule la CFDT a signé. Comme en 2003 lors de la réforme des retraites, ou avec la réforme du régime des intermittents, ce syndicat n'hésite pas à aller contre ses propres militants. Pour ceux qui se rappellent ce qu'était la CFDT dans les années 70, un syndicat combatif, il y a de quoi être dégouté.

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30 décembre 2008

La crise économique n'est pas seule responsable de la montée du chômage !

Les chiffres du chômage pour le mois de novembre devraient être annoncés ce soir. Si on en croit le journal Le Monde, ils devraient être catastrophiques, encore plus mauvais que ceux d'octobre qui l'étaient déjà. Il ne faut pas être mage pour deviner l'argument principal du gouvernement : c'est la faute à la crise. Ne doutons pas non plus que cette rhétorique sera reprise par la majorité des médias. Pourtant, la crise a bon dos, et c'est exonéré bien facilement nos gouvernants et les principaux responsables économiques de leurs responsabilités.

La crise actuelle est forte et spectaculaire, mais elle se déroule pourtant dans un contexte démographique favorable : ce sont actuellement les personnes issues du baby-boom qui partent à la retraite, mécaniquement cela devrait entraîner le taux de chômage vers le bas. S'il n'en est rien depuis maintenant 7 mois, c'est que le gouvernement encourage le non remplacement des départs à la retraite. En supprimant massivement des postes de fonctionnaires et en facilitant le recours aux heures supplémentaires, le gouvernement a insulté l'avenir et fragilisé le pays en cas de crise éventuelle.

Mais ce n'est pas tout, car contrairement à ce que l'on voudrait bien nous faire croire, la crise ne date pas de septembre 2008. Elle était déjà bien présente outre-Atlantiqueoutre-Atlantique avec les premiers soubresauts liés aux subprimes dès le mois d'aôut 2007 (j'ai quelques messages datant de cette époque où j'exprimais déjà ma crainte d'un séisme économique profond). Depuis un an au moins, nos hommes d'état savaient ce qui allait arriver. Ils ont continuer à mener leur politique de casse du droit du travail et des acquis sociaux, laquelle casse facilite aujourd'hui la croissance massive du nombre de chômeurs. Pourtant, le rôle de l'Etat est bien de prévoir et d'anticiper. Il y a suffisamment de conseillers dans ce but. Messieurs Sarkozy, Fillon et consorts ont donc failli à leur mission, et la crise n'a rien à voir là-dedans, tout juste permet-elle de mettre en lumière leurs manquements.

Mais dans cette faillite économique qui va toucher en premier lieu les travailleurs et les familles les plus pauvres, le pouvoir politique à un allié objectif : le patronat. La crise a permis a de nombreuses entreprises d'annoncer des plans sociaux à moindres frais. Cependant dans le même temps, ces entreprises continuent d'empocher des dividendes confortables. Au nom du profit, au nom des actionnaires, on licencie, on délocalise, on met des milliers de personnes au chômage technique. La crise dans tout cela, n'est que le nuage de fumée qui permet de masquer le cynisme et l'hypocrisie incroyable de nombre de grands dirigeants d'entreprises.

Si aujourd'hui des milliers d'ouvriers, de cadres, d'employés risquent de se retrouver sur le carreau, ils le doivent à une logique économique qui a favorisé le profit plutôt qu'à la crise elle-même. Mais ce n'est pas tout, car le pire est malheureusement devant nous, car les chiffres du chômage de novembre  ne tiennent pas encore compte des différents plans sociaux annoncés cet automne.

Mais attention, car la colère est loin de toucher les seuls fonctionnaires, lycéens ou étudiants. Les faillites bancaires de l'automne ont ouvert les yeux à des millions de gens, qui ne croient plus au discours va-t-en guerre de Nicolas Sarkozy. Ces millions de Français qui sont victimes par ricochet d'une crise qu'ils n'ont pas provoqué ne vont pas forcément rester longtemps sans rien dire. La situation grecque est là pour nous le rappeler.

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01 novembre 2008

Le gouvernement s'attaque à la retraite.

Cette nuit, l'Assemblée Nationale a voté deux amendements qui pourraient avoir une importance capitale dans la vie de beaucoup d'entre nous. Dans un premier temps, les stewards et pilotes qui le veulent pourront travailler jusqu'à 65 ans. Dans un second temps, l'âge maximum autorisé pour travailler a été repoussé à 70 ans pour tous les salariés. On ne peut pas ne pas voir dans ces deux votes une première étape vers un repoussement de l'âge légal de la retraite.

Ces deux amendements sont purement idéologiques et surtout complètement infondés du point de vue de la réalité économique et sociale. D'ailleurs je ferai remarquer qu'une fois de plus un texte important est voté en catimini, pendant les vacances scolaires, la veille d'un jour férié. Est-ce que le gouvernement aurait quelque chose à cacher ?

Autoriser les gens à travailler plus longtemps est complètement absurde à un moment où le pays entre dans une grave crise économique qui aura de fortes répercussions sur le nombre de chômeurs. J'aimerais que l'on m'explique comment le chômage peut baisser si les gens ne partent pas à la retraite.

Ces deux amendements sont en plus complètement déconnectés de la réalité du monde du travail. Aujourd'hui, l'âge moyen de départ à la retraite est de 57 ans. Tout le monde sait que dépassé un certain âge, les entreprises font tout pour se débarrasser de leurs employés. Nous sommes bien dans l'idéologie ultralibérale pure, celle justement que dit vouloir combattre notre président.

Enfin, l'argumentation gouvernementale pour justifier ces textes est basée sur un mensonge. Il faudrait selon le ministre du travail s'adapter à la réalité démographique, ce qui permettrait de sauver les caisses de retraite. C'est oublier malheureusement  qu'il n'y aurait pas de déficit des caisses de retraite (ni de la sécurité sociale d'ailleurs) si le gouvernement compensait les baisses de charges et autres divers cadeaux faits aux entreprises, comme la loi l'y oblige, rappelons-lerappelons-le.

Ces votes ne sont qu'un début, et on commence à entrevoir les premières conséquences liées à la crise : elle va fournir un alibi parfait pour casser tout le droit du travail et les divers acquis sociaux, au nom comme toujours, du pragmatisme.

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29 octobre 2008

Le plan emploi de Sarkozy : de l'esbroufe essentiellement !

Nicolas Sarkozy a présenté son plan pour les salariés, et comme je l'avais dit dans mon message précédent, il y a certes un léger retour à un traitement social du chômage, mais globalement, il n'y a rien qui puisse réellement changer la donne et répondre aux craintes des Français.

Le premier élément concerne comme toujours la forme. Là où auparavant le premier ministre ou le ministre de l'économie auraient été en première ligne, Nicolas Sarkozy confisque encore la parole. On ne s'étonne plus de ces manières contraires à l'esprit de la cinquième République, mais elles finissent par lasser.

Sur le contenu, rien d'enthousiasmant. Sur le retour des contrats aidés d'abord, signalons seulement qu'il s'agit ici de rétropédalage puisque Mr Sarkozy s'est toujours déclaré contre. De plus l'Etat ne devrait en créer que 100 000 de plus, là où ils en ont supprimé 200 000. Ce n'est qu'un semi retour à la normale.

L'extension du contrat de transition professionnelle m'apparaît comme étant une bonne chose. Encore faut-il savoir comment cela sera financé, puisque ce dispositif nécessite beaucoup d'agents. On se demande comment cela sera possible dans un budget qui prévoie une forte baisse du nombre de fonctionnaires. Encore une incohérence de plus.

Quant au recours aux CDD facilités et au développement des services à la personne, cela apparaît d'abord comme un développement du travail précarisé. D'ailleurs dans la même logique on retrouve évidemment l'autorisation du travail le dimanche. Je ne reviendrai pas sur cette mesure, il vous suffit de retrouver mes messages à ce sujet, mais il est évident que le gouvernement profite de la crise pour continuer à démolir ce qui reste du code du travail.

Au final, les quelques mesures présentées n'amélioreront pas la situation des salariés, mais elles sont surtout de nouveaux cadeaux faits aux entreprises et particulièrement aux plus grandes. Nicolas Sarkozy continue à mener en France la politique ultra libérale que pourtant il dénonce au niveau international.

28 octobre 2008

Nicolas Sarkozy présente enfin un plan pour les salariés.

C'est prévu pour aujourd'hui, le président de la République va présenter son plan pour l'emploi. Certes, si on ne connaît pas encore dans le détail son contenu, cette présentation amène toutefois quelques réflexion.

En premier lieu, celle-ci se fera à Rethel dans les Ardennes. Le lieu est éminemment symbolique, puisque c'est là que pendant la campagne présidentielle Nicolas Sarkozy a lancé son fameux slogan "travailler plus pour gagner". Un an et demi après son élection et la mise en application de cette doctrine, son échec est patent et la crise économique ne fait que l'accentuer. Si certains Français travaillent plus, ce sont surtout leurs patrons qui touchent plus. Quant à beaucoup d'autres, ils risquent carrément de ne plus pouvoir travailler du tout dans les mois qui viennent.

Ensuite, alors que les difficultés pour les Français n'ont pas attendu la crise, que les problèmes de pouvoir d'achat sont là depuis très longtemps, il n'est pas anodin de constater que le plan pour l'emploi et les salariés n'arrive qu'en troisième position, après ceux en faveur des banques et des petites entreprises. Cette hiérarchie n'est pas le fruit du hasard, elle indique simplement où se situent les priorités de l'actuel gouvernement.

Enfin, même si ce plan n'est pas connu dans les détails, il semble que l'on se dirige vers un retour des emplois aidés et du traitement social du chômage, soit ce que la gauche a fait et continue à préconiser, mais surtout ce que Mr Sarkozy a toujours combattu. Il faut dire que sa politique n'a eu de cesse de démanteler les dispositifs sociaux prévus par le gouvernement Jospin : emplois jeunes, 35 heures, etc. Aujourd'hui, ce retour en arrière apparaît surtout comme un échec pour le président de la République et comme une preuve d'incompétence.

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29 septembre 2008

hausse du chômage et mensonges politiques !

Le nombre de chômeurs pour le mois d'août va connaitre une forte augmentation, environ 40 000 de plus, soit la plus forte hausse depuis 1993. Ces chiffres catastrophiques arrivent alors que tous les autres indicateurs sont dans le rouge : croissance faiblarde, moral en berne, déficits publics en constante augmentation, etc.

Si l'on en croit la ministre de l'économie, ainsi que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et premier ministre officieux, tout cela est la faute à la crise économique qui frappe de plein fouet les places financières. Ah, la crise, elle a bon dos, elle est bien pratique. Elle permet d'exonérer le gouvernement de toutes ses erreurs en matière économique, grâce à elle, les maux des Français ont enfin un bouc émissaire.

Sauf que tout cela n'est évidemment que tromperie et mensonge. Comment peut-on décemment expliquer aux Français que les chiffres du chômage du mois d'août sont affectés par une crise dont le point d'orgue a eu lieu le 14 septembre ? Comment peut-on nier que sans les tripatouillages, les radiations massives, les chiffres du chômage seraient bien plus élevés qu'ils ne sont aujourd'hui ?

Certes la crise bancaire et financière a des conséquences et accentue les difficultés économiques de notre pays. Mais l'augmentation du chômage est surtout due aux mauvais choix économiques du gouvernement. Un président de la République et un premier ministre qui se refusent obstinément à voir les problèmes de pouvoir d'achat de leurs concitoyens, alors même qu'ils n'ont pas hésité à alléger les impôts des plus riches. Des gouvernants qui persistent à ignorer que des portefeuilles en berne des Français découle forcément une activité économique moindre.

De plus en plus d'économistes le disent, des politiques aussi, de la LCR au MODEM, ainsi que quelques UMP, la relance de la machine économique passera forcément par une augmentation des salaires (public comme privé). Or qu'annonce le président dans son discours ? Que propose le budget 2009 ? Rien, si ce n'est de faire encore et toujours des efforts, lesquels comme d'habitude seront essentiellement portés par les classes moyennes ; parce que dans les efforts proposés, figure comme de bien entendu la réduction du nombre de fonctionnaires, et cette fois-ci en plus de l'éducation, c'est sur la santé et les hôpitaux que vont porter une grande  part des économies.

Pourtant d'autres solutions existent, elles auraient certainement pu éviter la crise actuelle. Mais hors de la pensée unique des milieux d'affaires, très bien reliée dans les grands médias, il existe des économistes qui ont d'autres propositions. De Bernard Maris à Michel Husson en passant par Thomas Piketty, tous pensent que nous faisons fausse route. Jusqu'à quand allons-nous continuer ?

PS : Un article intéressant sur le sujet :

http://horizons.typepad.fr/

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19 septembre 2008

Crise financière : Quelles conséquences en France ?

A entendre notre ministre de l'économie, la France ne serait que peu touchée par la crise, notre pays serait donc protégé, un peu comme à l'époque du nuage de TchernobylTchernobyl qui s'arrêtait aux frontières. Ces propos sont évidemment bien peu crédibles, à tel point que le chef de l'état envisage de consacrer un discours entier à cette question.

Et des conséquences, il est clair qu'il y en aura. Sur le pouvoir d'achat d'abord. Comment imaginer, alors que de nombreuses banques sont menacées de faillite et que les liquidités s'apprêtent à manquer, que les entreprises vont se mettre d'un coup d'un seul à augmenter les salaires. Non, bien plus qu'avant la crise, elles n'ont aucune raison de le faire ; et ce d'autant plus que les actionnaires vont continuer à vouloir toucher leurs dividendes. Pour eux, crise ou pas, les bénéfices doivent continuer à s'engranger, même si c'est au prix de dizaines d'emplois.

L'emploi, justement, comment croire qu'il ne sera pas toucher. Si les banques sont en difficulté (et tout indique que les banques françaises seront elles aussi touchées), la première réaction qu'elles vont avoir pour tenter d'équilibrer leurs comptes, va être de rendre encore plus difficile l'accès au crédit, pour les particuliers, mais aussi pour les entreprises. Or, une entreprise qui ne peut pas emprunter, est une entreprise qui ne peut pas investir. Les menaces sont donc graves sur les créations d'emploi, sur la recherche et sur tout ce qui fait l'avenir des PME françaises.

L'immobilier, enfin risque d'être lui aussi la victime collatérale de cette crise. Il ne faut pas oublier qu'il en est d'ailleurs à l'origine, les subprimes devant permettre à des familles pauvres de devenir propriétaires. Mais s'il devient plus difficile de faire des crédits, qui va pouvoir encore s'engager dans la construction ; sachant en plus qu'avec les difficultés actuelles des Français, il y a de moins en moins d'investissement dans l'immobilier, et si les prix baissent, le nombre de nouveaux logements, lui n'augmente pas, bien au contraire. On se dirige donc probablement vers une crise aiguë du logement.

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04 septembre 2008

Des idées pour lutter contre la précarité

Après mon second billet sur le RSA, j'ai été interpellé (gentiment) dans un commentaire sur le fait que je critiquais beaucoup (c'est vrai), sans jamais rien proposer. Il est vrai que chez les politiques de gauche, il y a bien peu d'idées, ou du moins elles sont inaudibles pour l'instant. Mais, à titre personnel j'ai quand même quelques réflexions sur la situation actuelle et sur comment y remédier.

Tout d'abord, l'objectif du RSA est de rendre le travail plus attrayant financièrement. Là, je vois une solution beaucoup plus simple, elle serait d'augmenter les salaires, et de payer le travail à sa vraie valeur. Quand on voit que les caissières à Carrefour touchent à peine 1000 euros net par mois, qu'elles sont obligées parfois de se mettre en grève pour de simples augmentations qui ne rattrapent pas l'inflation, alors que dans le même temps leur société annonce des bénéfices colossaux, il y a problème. Et une des façons de mieux rémunérer le personnel serait de le faire profiter de ces bénéfices. Pourquoi il ne devrait y avoir que les actionnaires pour toucher le fruit du travail des autres ?

Alors évidemment, augmenter les salaires, cela revient aussi à augmenter les charges. Ce qui à mon avis, et contrairement à ce que l'on nous rabache à longueur de temps, n'est pas un problème pour les grosses entreprises (du moins celles qui font des bénéfices). En outre, je rappellerais que les salaires dans les pays d'Europe du nord sont plus élevés qu'en France avec des charges équivalentes. Par contre, il y a le problème des entreprises en difficultés, et c'est là que doit intervenir l'état, en ciblant mieux ses aides qu'il ne le fait. N'oublions pas en effet, que la plupart des subventions de l'Etat vont d'abord aux grosses entreprises. Les services publics devraient je le pense assujettir toute aide à des résultats concrets en matière d'embauche ou de maintien de l'emploi. Cela devrait se matérialiser par des obligations de remboursement pour toute société ne jouant pas le jeu, ou profitant des deniers de l'Etat pour engranger avant délocalisation, par exemple.

Voilà pour les salaires et les charges sociales, et je remarque toutefois qu'à chaque fois que l'on augmente les revenus des couches les moins aisées, cela se retrouve immédiatement dans la consommation et bénéficie à toute l'économie, et ne va finalement que très peu dans l'épargne.

Sur la précarité maintenant, qui beaucoup plus que le chômage, est le vrai problème de notre société dite moderne. Il me semble urgent de revenir sur deux suppressions, l'une par la droite, l'autre par la gauche, et qui malheureusement ne font même plus l'esquisse d'un début de débat dans ce pays.

En premier lieu, il faut rétablir l'autorisation administrative de licenciement supprimée en 1986 par le gouvernement Chirac. L'argument donné à l'époque était que pour pouvoir embaucher les entreprises devaient pouvoir licencier plus facilement. On a vu les résultats, le chômage est passé de 2.5 millions à l'époque à plus de 3 millions 5 ans plus tard, et dans le même temps, le travail précaire explosait. Rétablir cette autorisation administrative ferait peut-être remonter le taux de chômage (le vrai, pas le trafiqué), mais dans le même temps, elle permettrait à de nombreuses personnes embauchées en temps partiel ou en CDD de soritr de la précarité.

Et donc, logiquement, en second lieu, il faut rétablir l'impossibilité pour les entreprises d'avoir plus de 10 % de personnes sur des contrats intèrimaires, comme c'était le cas avant que le gouvernement Jospin ne permette d'aller jusqu'à 50 %. L'emploi doit cesser d'être la variable d'ajustement systèmatique. Sans comper que des salariés à temps plei, et en CDI s'investissent beaucoup plus, sont plus motivés, et donc à terme plus rentables.

Voilà, il me semble que ce sont pourtant des idées simples, frappées au coin du bon sens (en tout cas de "mon" bon sens). Je remarque simplement que depuis 30 ans, on nous serine que les charges sont trop lourdes, qu'il faut aider les entreprises, et donc que depuis 30 ans, toutes les politiques vont peu ou prou dans ce sens, et que la situation des travailleurs continue inexorablement de se dégrader. Il serait donc peut-être enfin temps de se demander si on ne fait pas fausse route, et d'essayer de voir si la solution économique ne passe pas en premier lieu par une amélioration des conditions de vie des couches les plus fragiles.

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06 août 2008

Rapport de l'INSEE sur l'état du marché du travail en 2007

L'INSEE publie aujourd'hui un rapport très instructif sur le marché du travail en France en 2007. Et on y apprend un certain nombre de choses très instructives qui mettent à mal beaucoup d'idées reçues, et entre autres que les Français travaillent en moyenne beaucoup plus que 35 heures par semaines (41 exactement) ou que le chômage concerne surtout les femmes, les personnes peu qualifiées et les seniors.

Evidemment, ces données ont leur importance à un moment où la volonté gouvernementale est de nous faire travailler toujours plus, toujours plus longtemps. Comme quoi, les discours que l'on nous rabâche tous les jours sont avant tout idéologiques et absolument pas fondés sur la réalité sociale et économique de ce pays.

http://www.insee.frwww.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1206#inter1

En rajout, et juste pour sourire un peu, ce lien envoyé par http://flopy.canalblog.com :

http://www.article11.info/spip/spip.php?article33

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