07 octobre 2009
L'ouverture des jeux en ligne : amuser le peuple pour qu'il oublie sa colère.
L'Assemblée Nationale étudie aujourd'hui la libéralisation des jeux en ligne, ce qui de fait devrait mettre fin au monopole de la Française des jeux et du PMU sur ce secteur. On peut s'interroger sur opportunité qu'il y a à présenter un tel texte, comme s'il n'y avait pas d'autres problèmes bien plus urgents à régler dans ce pays, comme si les souffrances et les colères de millions de citoyens ne comptaient pas.
La rapidité avec laquelle le gouvernement opère et d'autant plus surprenante que les arguments avancés sont faux. Le prétexte selon lequel il s'agirait de répondre à une injonction de Bruxelles ne tient pas (décidément, l'Europe a bon dos), puisqu'il y a un mois, la cour européenne de justice a rendu un arrêt légitimant le monopole d'Etat sur le marché des jeux en ligne. Juridiquement l'Etat français n'a donc aucune obligation. Ensuite, l'argument selon lequel une libéralisation "contrôlée" serait le meilleur moyen de lutter contre les paris illégaux en ligne, n'est pas plus crédible, puisque dans le même arrêt, la cour européenne de justice indique que le meilleur moyen de lutter contre l'argent est justement le monopole d'Etat.
On voit bien cependant qu'il un gâteau financier énorme à partager, et on voit bien qui pourrait se le partager : les amis du président entre autres. C'est toujours la même rengaine, on fait des cadeaux aux plus riches, et peu importe si cela se fait au détriment des plus pauvres. Peu importe également tous les problèmes sociaux et de santé publique que cela ne va pas manquer de générer. On estime aujourd'hui à 600 000 le nombre de joueurs compulsifs, un chiffre qui ne risque pas de diminuer.
On se croirait revenu au moment de la fin de l'Empire romain, quand les empereurs pour faire oublier les guerres à répétition, les famines et la misère que leur soif de puissance générés, n'avaient trouver comme dérivatif pour calmer la colère du peuple, que les jeux du cirque. Aujourd'hui, les paris en ligne sont avec le sport professionnel les jeux d'hier. On sait ce qui est advenu de l'empire romain.
PS : Sur ce sujet, je conseille la lecture de l'Humanité d'aujourd'hui qui a fait un très bon dossier et dont j'ai repris quelques arguments.
04 octobre 2009
L'Union Européenne n'est pas démocratique !
Cela faisait quelques temps que je n'avais plus guère d'illusions mais le référendum irlandais a définitivement fini de me convaincre : les institutions européennes ne sont pas démocratiques. On ne peut pas dire que se soit vraiment une dictature, la liberté d'expression et l'état de droit, même s'ils subissent de nombreuses attaques, sont encore la règle. Mais il me semble que parmi les principes fondamentaux d'une démocratie il y a la possibilité pour les citoyens de choisir leurs dirigeants et les politiques menées, cette dimension là est particulièrement bafouée au sein de l'Union Européenne (mais aussi de certaines démocraties occidentales). Nous en sommes dans un entre deux qui dérive dangereusement vers une diminution des libertés.
Plusieurs pays ont la possibilité de passer par la voie référendaire pour des questions importantes, notamment celles concernant les questions institutionnelles. La France, les Pays-Bas et l'Irlande ont récemment fait ce choix. Dans les 3 cas les peuples ont répondu à la négative à la question posée. Il va de soit que ces 3 refus auraient dûs bloquer toutes les réformes et obliger les dirigeants à trouver de nouvelles voies prenant en compte les souhaits des peuples.
Las, ce n'est pas ce qui été fait. Les gouvernants, avec le président français à leur tête, ont décidé de faire passer une version allégée du traité refusé par les Français et les Néerlandais. Mais cette fois-ci, c'est la voie parlementaire qui a été choisie, bien moins risquée apparemment que de questionner le peuple. Alors évidemment les esprits taquins répondront que le Parlement est la représentation du peuple. Il ne s'agit là que d'une vue de l'esprit. En France comment peut-on dire que l'Assemblée nationale représente les Français quand les médecins, les professions libérales, les hauts fonctionnaires sont surreprésentées ? Le Parlement peut-il être représentatif quand il y a si peu de femmes, pas ou presque de jeunes, d'ouvriers, d'agriculteurs, et je ne parle même pas des minorités visibles ?
Le référendum irlandais est lui aussi exemplaire d'un déni de démocratie. Le peuple d'Irlande a choisi de dire non au trité de Lisbonne. Je m'en suis réjoui en son temps, même si je ne fais pas miennes la plupart des raisons de ce vote négatif. Peu importe ce vote, le gouvernement de Dublin a donc choisi de faire revoter son peuple, afin d'obtenir la réponse adéquate. Le prétexte était que l'Union européenne avait donné des garanties. Soyons sérieux, garantir l'interdiction de l'avortement ou la neutralité de l'Irlande ne coûte pas beaucoup d'effort à Bruxelles et ne modifie en rien l'aspect libéral du traité de Lisbonne. Le oui l'a donc largement emporté, et il ne pouvait en être autrement vu que tous les partis politiques, tous les médias ont fait un battage extraordinaire jouant comme toujours sur les peurs.
La voix du peuple ne compte pas, et pour cause, le peuple n'a aucune influence sur les décisions qui sont prises à Bruxelles. Le parlement de Strasbourg n'a que peu de pouvoirs, et on peut s'interroger sur le poids d'un parlement élu dans l'indifférence générale. C'est la commission européenne et son président qui concentrent le pouvoir de décision, en accord avec les chefs d'état. Mais Mr Barroso, l'actuel président très contesté n'est pas élu par le peuple. Surtout, les membres de la commission qui décident de toutes les règles en matière de droit du commerce ou du travail, subissent des pressions permanentes. Il n'est qu'à voir les rues adjacentes au siège de la commission à Bruxelles elles sont remplies d'immeubles avec les bureaux des lobbies représentant les grandes industries. C'est là, dans ces bureaux ques les vraies décisions sont prises, c'est là qu'est le vrai pouvoir.
Non respect du choix des électeurs, absence totale de représentativité des élus du peuple et le vrai pouvoir au mains des industriels qui poussent en permanence vers plus de libéralisme, le tableau est sombre. Et la question que je me pose aujourd'hui, et je suis sûr que je ne suis pas le seul, est la suivante : ne faudrait-il pas quitter cette union là, pour tenter d'en reconstruire une autre, une union pour et par les peuples ?
04 août 2009
Subventions européennes aux agriculteurs : c'est à l'Etat de payer !
Entre 1992 et 2002, l'Etat Français a versé indûment des subventions aux producteurs de fruits et de légumes. L'union Européenne réclame donc que ces sommes soient remboursées, apparemment 500 millions d'Euros, ce qui n'est pas rien, sous peine de payer de fortes amendes.
Pour commencer, je ferai remarquer que visiblement la demande de l'UE ne date pas d'aujourd'hui, mais le gouvernement Français a attendu les vacances pour l'annoncer, et surtout il a laissé passé les élections européennes. Il est vrai que cela ne fait pas une bonne publicité pour les instances de Bruxelles, même si la commission européenne est dans son droit. Et l'Etat Français a donné son accord pour les règles en vigueur,il lui est donc difficile de s'en affranchir.
Dans le contexte libéral européen l'Etat Français va donc payer. Du moins c'est ce que logiquement il devrait faire, puisqu'il est responsable d'avoir versé cet argent tout en sachant qu'il contournait les règles européennes. Or, ce n'est pas ce qu'à annoncé le ministre de l'agriculture. Le gouvernement envisage de faire payer les producteurs. Cela semble complètement irréel, les agriculteurs devraient payer la faute de l'Etat.
Non seulement cela est moralement inacceptable, et je doute fort que les agriculteurs se laissent faire, mais en plus, c'est économiquement très compliqué, surtout dans un contexte particulièrement difficile pour la filière. Mais aussi, je voudrais que l'on m'explique qui va payer. Les agriculteurs qui sont partis à la retraite depuis 1992 ? Ceux qui ont fait faillite? Ceux qui sont mort ? Ceux qui n'arrivent déjà plus à payer leurs traites ?
Cependant il convient d'aller voir un peu plus loin que ce problème de subventions. Ces dernières ont été versées pour faire face à la concurrence déloyale des produits espagnols qui subventionnent leurs agriculteurs, comme les Etats-Unis ou la Chine d'ailleurs. Aujourd'hui, ces primes, ces subventions, versées en accord avec l'UE ou pas, sont une source importante des revenus des agriculteurs. Nous nous retrouvons avec des exploitants qui ne peuvent plus vivre simplement du fruit de leur travail. Nous touchons là les limites de la politique menée depuis plus de 30 en Europe, mais surtout en France, une politique qui favorise l'agriculture intensive et productiviste. Un choix politique qui a entraîné la mort de dizaines d'exploitations, mais aussi la désertification rurale et qui fait la part belle à l'industrie agro-alimentaire.
On le sait aujourd'hui, nous ne pourrons pas continuer longtemps avec ce modèle agricole, tant il s'avère dangereux pour l'environnement (produire plus encourage à utiliser toujours plus de pesticides par exemple) ou la santé (dois-je citer l'exemple des OGM ?).
Pourtant, la France va payer ce que Bruxelles lui demande. Ce qui signifie clairement qu'il n'y a aucunement l'intention de revenir sur cette politique. Le Grenelle de l'environnement et les promesses environnementales sont un bien lointain souvenir. Mais, ne jetons pas la pierre à l'UMP, puisque c'est la gauche qui en 1992 a accordé ces aides aux producteurs. D'ailleurs, on n'entend pas le parti socialiste sur ce sujet.
Aujourd'hui, ce sont les producteurs de fruits et légumes qui sont dans la rue, hier, c'étaient les producteurs de lait, avant-hier les marins-pêcheurs, demain, d'autres viendront. Tous sont victimes de choix politiques datant de plus de trente ans. Des choix qu'il faudra bien remettre en cause un jour. Mais, il faut faire vite car le temps presse.
19 juin 2009
Sarkozy soutient Barroso pour que rien ne change.
Cette semaine, Nicolas Sarkozy nous a offert un résumé de son art de la politique en seulement deux actes.
Le premier, c'est son discours sur le monde du travail et sur la crise qu'il a donné à l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Un discours que l'on peut qualifier de résolument ancré à gauche, avec des propositions qu'aucun dirigeant syndicaliste n'a renié, notamment sur la nécessité d'imposer des règles internationales en matière de régulation économique et de droit du travail. Voilà une preuve supplémentaire, si besoin en était, que la droite libérale a parfaitement connaissance des maux que provoquent sa propre politique, et qu'en plus elle connaît les moyens de s'en sortir. C'est donc en conscience que les principaux dirigeants du monde nous envoie dans le mur.
Le second acte a eu lieu dans un temps très rapproché avec le premier, il s'agit de la volonté conjointe de la France et de l'Allemagne de maintenir José Manuel Barroso à la tête de l'Union européenne. En 5 ans, le bilan du portugais est proche du néant, que ce soit dans les domaines sociaux, politiques, de la défense, en politique extérieure, l'Europe n'a pas avancé d'un pouce. Seule la dérégulation libérale a connu un grand bond en avant dont les salariés paient les pots cassés aujourd'hui à l'heure de la crise.
La crise, justement parlons-en, puisqu'en ces temps difficiles où même les gouvernements les plus libéraux ont appelé de leurs souhaits un plan de relance européen, l'homme qui était susceptible de pouvoir l'impulser, Mr Barroso donc, a brillant par son absence.
C'est donc cet homme, faible, sans envergure ni charisme, sans aucune vision politique et surtout sans aucun projet d'avenir pour l'Europe que les dirigeants européens veulent reconduire. Et gageons que la fronde des parlementaires de Strasbourg n'y changera pas grand-chose, il retrouvera au final son siège, enterrant ainsi tous les beaux discours donnés à l'OIT ou ailleurs.
En politique, plus que dans aucun autre domaine, ce sont les actes qui comptent. Mr Sarkozy aura beau nommé des ministres issus de gauche, faire des discours avant-gardistes, la politique qu'il mène est la plus à droite et la plus réactionnaire que la France ait connu depuis la guerre. Il vient d'en donner la preuve, même si comme toujours, il a réussi à brouiller les cartes.
07 avril 2009
Oui à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne !
Barack Obama en se prononçant pour l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne a rouvert ce vieux débat dans notre pays. Il est clair que je trouve curieux qu'un président étranger, même celui de la première puissance économique mondiale, se permette d'intervenir dans un débat interne à l'Union Européenne. Peut-être faut-il voir ici la concession faite au premier ministre turc pour qu'il accepte de soutenir le candidat soutenu par Washington à la tête de l'OTAN. Pour autant, je suis en total accord avec ses propos, et une fois de plus en complète opposition avec notre président.
D'ailleurs en ce qui concerne Mr Sarkozy, s'opposer à l'entrée de la Turquie à quelques mois des élections européennes est un moyen pratique de récupérer quelques voix, au risque de flatter certains sentiments racistes et xénophobes.
Cependant il me semble qu'il y a de nombreuses raisons tant économiques que politiques ou géostratègiques d'intégrer la Turquie.
1) La situation géographique de la Turquie fait d'elle le passage obligé entre l'occident et l'orient. De fait, toute politique proche-orientale passe par Ankara. Intégrer la Turquie permettrait à l'Union Européenne de peser dans le conflit israëlo-palestinien, et de faire contre-poids à la puissance américaine dans la région.
2) Permettre à un pays à majorité musulmane de s'ancrer durablement dans l'Union Européenne serait un formidable message d'espoir aux musulmans du monde entier, et accessoirement à ceux qui vivent chez nous et ont parfois le sentiment d'être considérés comme des citoyens de seconde zone.
3) Bien que musulmane, et ayant une grande partie de son territoire sur le continent asiatique, la Turquie s'est toujours tournée vers l'Europe. L'histoire de l'empire Ottoman est là pour nous le rappeler.
4) Bien que la situation actuelle entre nos deux pays se soit légèrement tendue, du fait même des prises de position deMr Sarkozy, la Turquie est un pays francophile avec lequel la France a toujours entretenue des relations privilégiées.
5) La Turquie est un pays démocrate qui a démontré que l'Islam était compatible avec la démocratie.
6) Certes la question des droits de l'homme, les problèmes kurdes ou chypriotes constituent des obstacles. Toutefois, il ne faut pas oublier que l'Espagne ou le Royaume-Uni sont dans l'Union alors même que l'Irlande du Nord ou le Pays Basque ont été en situation de quasi guerre civile. En outre, il ne faut pas oublier que des droits fondamentaux pour les femmes, tels que l'avortement ou le divorce ne sont toujours pas reconnus dans certains pays, contrairement à la Turquie.
7) La Turquie est un pays qui pratique une conception de la laïcité proche de la notre. Ce ne peut-être qu'un soutien tant les attaques contre celle-ci sont nombreux, particulièrement de la part d'une Europe qui ne comprend pas notre attachement à cette valeur et qui essaie d'imposer de prétendus fondements chrétiens dans de futurs textes constitutionnels.
05 janvier 2009
Le désastre de Gaza : tous responsables.
La situation au Proche-Orient est très compliquée, c'est pourquoi il en est peu question ici, de peur de faire des erreurs. Cependant, avec l'intervention israëlienne dans la bande de Gaza, la tension est telle qu'il est devenu difficile de ne pas en parler. Loin de moi cependant l'idée de prendre position, même s¨'il est facile pour ceux qui me lisent régulièrement de deviner où vont mes sympathies.
Les raisons de l'invasion actuelle sont claires et servent les principaux protagonistes. La ministre des affaires étrangère israëlienne de même que celui de la défense dans un premier temps. Tous deux sont engagés dans une élection difficile pour eux, où l'extrême-droite menée par Benyamin Netanyhaou menace fortement. Ils espérent tirer les dividendes électoraux d'une intervention musclée. Les derniers sondages leurs donnent d'ailleurs raison. Le Hamas ensuite est l'autre grand vainqueur de ce conflit, puisqu'il prospère sur la misère de son peuple et sur la haine des Juifs. Tout porte à croire que les dirigeants islamistes ont voulu l'intervention israëlienne, comme en témoignent la stratègie de bombardements continus. L'Iran enfin espére tirer les marrons du feu. Nul n'ignore que Téhéran soutient le Hamas et souhaite démontrer au monde sa capacité de nuisance intacte.
Mais au-delà de ces victoires à courte vue, c'est bien d'un fiasco général qu'il s'agit dont le prix sera payé par l'ensemble des populations de la région. Un fiasco qui ne date pas d'hier, et qui et la résultante de l'échec et de l'impuisance de tous les acteurs concernés, pas seulement les Israëliens et les Palestiniens.
L'échec de la classe politique israëlienne qui a continué à donner des gages à son extrême-droite notamment en continuant les colonisations. Le système électoral proportionnel, certes le plus démocratique possible, fait aussi que les extrêmistes religieux sont au centre du jeu politique et qu'aucune majorité n'est viable sans eux. Depuis Rabin, aucun dirigeant israëlien n'a osé s'opposer frontalement aux partis religieux. C'est triste à dire, mais la faiblesse d'Israël, c'est son fonctionnement démocratique.
L'échec de l'autorité palestinienne. Le Fatah, principal parti, gangréné par la corruption a vu peu à peu son autorité contestée par le Hamas, aujourd'hui au pouvoir à Gaza. L'incapacité du Fatah à proposer une alternative politique aux islamistes, de même que la guerre fratricide entre les deux factions, plonge le pays dans le désarroi le plus total, et laisse Israël sans interlocuteur.
L'échec du Hamas et des partis islamistes. Leur refus de reconnaître Israël et leur jusqu'au boutisme débouche fatalement sur une impasse. Aucune solution ne pourra être trouvée sans une reconnaissance d'Israël. C'est aussi l'échec du monde arabe, incapable d'avoir une position commune.
L'échec des Etats-Unis. La politique étrangère américaine soutient depuis toujours Israël. Cela s'explique évidemment par l'importance de la communauté juive outre-Atlantique. Mais, depuis 8 ans, la vision totalement binaire du monde qu'a Georges Bush, avec d'un côté le soi-disant monde libre et de l'autre les terroristes, sans qu'il n'y ait rien entre, cette vision-là s'est avérée catastrophique et n'a fait que renforcer les haines. L'élection de Barak Obama redonne certes un peu d'espoir, mais son silence depuis 10 ans indique qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions.
L'échec de l'Union Européenne. Incapable depuis toujours d'avoir une politique étrangère commune elle n'arrive toujours pas à parler d'une seule voix. La meilleure illustration de son indigence est le voyage du président français (initiative au demeurant louable), qui se fait sans l'accord des autres pays européens, et alors même que la présidence tchèque tient un discurs différent sur le sujet.
L'échec de l'ONU et de la communauté internationale. Incapable depuis toujours de faire respecter dans cette région la moindre décision du conseil de sécurité, l'ONU aujourd'hui n'est même plus dans la capacité d'avoir une simple déclaration de principe commune.
C'est toute cette accumulation d'échecs et de renoncements qui fait qu'aujourd'hui nous sommes devant un drame humain épouvantable. Pourtant, la solution est connue de tous, elle passe forcément par la création d'un état palestinien d'une part, et la reconnaissance d'Israël d'une autre. Toutes les autres questions, le statut de Jérusalem, ou le sort des réfugiés ne sont qu'annexes. Seules ces deux décisions peuvent permettre une issue favorable. Encore faut-il que la volonté politique existe.
05 octobre 2008
Un mini sommet européen pour rien.
A lire les journaux de ce dimanche matin, on a l'impression que le sommet européen à quatre (France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni) qui s'est tenu hier a donné lieu à de grandes décisions propres à changer le cours de la crise. Pourtant, il n'en est absolument rien, et la presse fait de nouveau preuve de son allégeance au pouvoir, mais bon sur ce sujet, on aura malheureusement l'occasion de revenir.
En premier lieu on peut s'interroger sur les raisons de ce sommet à 4. Au nom de quoi écarter les 23 autres pays ? L'Espagne, la Pologne de par leur poids économique ou leur population n'auraient pas eu leur place ? L'impression qui ressort, c'est qu'une fois encore, les pays riches et puissants essayent d'imposer leurs vues aux autres.
Ensuite, quelles sont les décisions réellement prises lors de cette réunion ? Principalement des déclarations d'intention, des promesses donc ; et on sait depuis Charles Pasqua que ces dernières n'engagent que ceux qui y croient (rappelons-nous d'ailleurs qu'à ces débuts Nicolas Sarkozy faisait parti de la garde rapprochée de Charles Pasqua).
En plus, il est fait grand cas dans la presse sur l'accord obtenu par la France pour assouplir les critères de Maastricht. Outre le fait que l'on puisse s'interroger sur le bien fondé économique d'une telle mesure, les premières déclarations de Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, prouvent que l'assouplissement n'est pas encore mis en place.
Egalement, l'attitude de certains pays comme l'Irlande démontre que l'unité européenne face notamment aux Etats-Unis est loin d'être une réalité.
Finalement, sous l'impulsion de l'hyper agité président de la République Française, les principaux dirigeants européens auront surtout occupé le devant de la scène, histoire de masquer leur incapacité à réformer réellement ce système qu'au final ils défendent tous.
09 septembre 2008
Géorgie : qui a raison de se réjouir ?
A écouter les revues de presse à la radio ce matin, l'accord trouvé hier entre le président russe et les dirigeants européens dont Nicolas Sarkozy satisfait tout le monde et devrait permettre de déboucher sur une solution dans le dossier des républiques sécessionnistes de Géorgie.
En apparence, il est vrai, l'Union Européenne sort grandie de ces négociations. Depuis le début du conflit russo-géorgienrusso-géorgien elle est au centre des discussions, elle a su pour la première fois se rendre incontournable, et surtout, les Etats-Unis qui campent sur des positions beaucoup plus dures sont en retrait.
En apparence encore Nicolas Sarkozy apparaît comme étant le grand vainqueur. Il est en tout cas, et c'est indéniable le grand artisan du regain de forme de l'Europe sur la scène internationale. Il est omniprésent depuis le début du conflit, et son intervention a probablement éviter de nombreux morts.
Mais tout cela n'est qu'apparence, car qu'est-ce qui a réellement été obtenu hier à Moscou ? Que la Russie avait un délai d'un mois pour retirer ses troupes ? Mais cela fait déjà plusieurs semaines qu'elle s'était engagée à le faire. Pourquoi ferait-elle demain ce qu'elle n'a pas fait aujourd'hui ? Et puis, elle a en plus obtenue de laisser des soldats sur les territoires abkhazes et ossètes. En outre, les menaces proférées par Nicolas Sarkozy ne sont pas de nature à intimider Moscou. L'Union Européenne interviendrait de façon forte en cas de non-respect des accords ! Non, sans blague.
Au final, j'ai bien peur que tout cela ne soit que l'entérinement de la situation actuelle, que le seul vainqueur sur toute la ligne ne soit la Russie, que dans un mois l'Union Européenne n'ait plus que ses faiblesses à exhiber, et que le coup d'éclat médiatique de Nicolas Sarkozy ne soit qu'un feu de paille.
13 août 2008
Vers un succès diplomatique pour Nicolas Sarkozy
Le président de la République est suffisamment critiqué sur ce blog, il convient donc aussi de saluer lorsque certaines de ses initiatives sont positives. La démarche de conciliation entre la Russie et la Géorgie qui paraissait vouée à l'échec au départ, devrait déboucher dans les heures qui viennent sur un cessez-le-feu et un plan de paix entre les deux protagonistes ( contenu du plan de paix à cette adresse : http://www.euronews.netwww.euronews.net/fr/article/12/08/2008/russia-and-europe-draw-up-georgia-peace-planrussia-and-europe-draw-up-georgia-peace-plan/ ).
Il convient toutefois de rester prudent tant la situation reste précaire et la guerre des communiqués permanente entre belligérants. Cependant la rapidité avec laquelle cet accord est intervenu est un succès pour Nicolas Sarkozy. Néanmoins, il faut remarquer qu'il se fait sur la base de ce que voulait la Russie et ne règle en rien la situation politique des régions sécessionnistes.
Au rang des grands vainqueurs de ce conflit, il faut donc mettre la Russie et son duo dirigeant (Medvedev peut-être pas si potiche que cela et Poutine Premier ministre omniprésent). Elle a attendu l'erreur de la Géorgie pour intervenir, a fait reculer cette dernière et renforcé ses positions dans la région. Surtout en intervenant d'une manière disproportionnée, la Russie envoie un message à tous ses voisins, signifiant qu'elle est de retour sur la scène mondiale et que rien ne pourra plus se décider sans elle, surtout si cela concerne sa sphère politique.
L'Union européenne et Nicolas Sarkozy en tant que président de cette dernière sortent pour l'instant grandis de cet épisode. Toutefois une nouvelle épreuve attend l'Union Européenne puisque la plupart des pays de l'est soutiennent publiquement la Géorgie et craignent fortement un retour en force de la Russie sur la scène diplomatique. Malgré tout, le fait que l'Europe ait pu contribuer à stopper un conflit à ses portes est une bonne nouvelle, et le fait que Nicolas Sarkozy en soit l'instigateur ne peut que renforcer les positions de la France en son sein.
Reste ceux qui aux yeux du reste du monde apparaissent comme les grands perdants de ce conflit. Le président géorgien en premier lieu, SaakachviliSaakachvili. Contesté dans son pays, l'intervention en Ossétie du sud se voulait pour lui un moyen de renforcer son autorité et de contrer les velléités russes sur la région. Mais l'amateurisme avec laquelle cela a été préparé, le fiasco militaire final font qu'il est complètement discrédité au niveau international et que ses jours à la tête de son pays sont probablement comptés.
Le second perdant dans cette guerre, ce sont les Etats-Unis. Georges Bush a multiplié ces derniers jours les discours appelant au retrait des troupes russes et au soutien du président géorgien. Rappelons que celui-ci a été formé aux Etats-Unis et était proche des pays occidentaux. Cependant, les américains ont renaclé a soutenir militairement la Géorgie, montrant en cela qu'ils ne sont plus la superpuissance qu'ils affirment être, et surtout qu'ils n'ont plus les moyens de contrer la Russie.
Toutefois, la situation reste fragile, et les positions peuvent bouger rapidement, au point que les vainqueurs d'aujourd'hui ne le seront peut-être plus demain.
11 août 2008
Géorgie : le retour de la guerre froide ?
A l'heure où tout le monde s'inquiète (ou se réjouit) de la montée en puissance de la Chine, il est un autre pays, immense celui-ci, qui se rappelle à la face du monde, la Russie. L'intervention militaire en Géorgie ne doit rien au hasard, elle signifie simplement que la Russie a retrouvé sa puissance militaire et n'a en rien renoncé à influencer voire contrôler ses anciennes possessions, ou ses anciens pays satellites.
Rappelons d'abord les faits (on les trouve sur le site du Monde http://www.lemonde.frwww.lemonde.fr/web/module_chrono/0,11-0@2-3214,32-1081432@51-1036786,0.html). Dès l'indépendance de la Géorgie, la petite région d'Ossétie du sud, à majorité russophone, a voulu sa propre indépendance. En 1991, elle a obtenu une forte autonomie qu'elle a depuis lors renforcé, et de fait, le gouvernement de TbilissiTbilissi n'a quasiment plus le contrôle sur elle. En 2003, suite à une révolution, la Géorgie s'essaie à la démocratie et se dote d'un gouvernement pro-occidentalpro-occidental avec Mikheïl SaakachviliSaakachvili à sa tête, avec une promesse forte, celle de ramener les régions céssessionistes (l'Abkhazie est la deuxième) à la raison. Fortement contesté depuis sa réélection en 2008, SaakachviliSaakachvili tente de redorer son image en passant à l'action en Ossétie, région qui bénéficie de l'appui et du soutien militaire de Moscou.
En intervenant militairement en Russie, Poutine justifie sa popularité auprès de son peuple (le nouveau président Medvedev n'est ici qu'une potiche), montrant qu'il se situe bien dans la continuité de la puissante URSS, et surtout que la Russie en a fini avec le démantèlement de son territoire. Poutine signifie au monde que la Russie va reprendre progressivement son empreinte sur ses anciennes colonies. Les menaces économiques sur l'Ukraine avec le gaz n'étaient qu'un début.
L'intervention en Géorgie se comprend d'autant plus que ce pays est stratégique pour la Russie, avec le contrôle des oléoducs en provenance de la mer Caspienne. Elle ne peut donc y permettre le développement d'une puissance pro-occidentalepro-occidentale, intégrée dans l'OTAN comme le demande le régime de TbilissiTbilissi. Bien plus qu'une réponse à l'intervention militaire géorgienne, il s'agit d'un message envoyé au monde occidental, et particulièrement à l'Europe et aux Etats-Unis.
Il faut bien dire que l'Europe, une fois de plus, à montrée son indigence en matière de politique étrangère. De peur de s'opposer directement à la Russie, elle n'a pas voulu s'engager plus profondément dans l'intégration économique et politique de la Géorgie, laissant libre-champ à Moscou (à l'instar de la TchétchénieTchétchénie d'ailleurs). De même, les réponses tardives et poussives des Etats-Unis prouvent une fois de plus que ce pays, englué dans les conflits en Irak et en AfghanistanAfghanistan, n'est plus une superpuissance et n'a plus les moyens de pression que pourtant il revendique.
Parce que les Etats-Unis et l'Europe n'ont pas les moyens ni la volonté de contrer la Russie, on est en droit de s'attendre désormais à d'autres interventions de Moscou dans ce qu'elle considère comme sa sphère privilégiée, à savoir l'Ukraine, les Balkans, les pays Baltes, voire une partie des anciens pays de l'est. De là à penser au retour de la Guerre Froide, il n'y a pas loin, sauf que celle-ci ne se ferait plus sur des bases idéologiques, mais économiques et diplomatiques.