22 décembre 2009
Elections régionales : Nord Pas de Calais
Le Nord Pas de Calais sera particulièrement intéressant à regarder pour au moins deux raisons. D'abord parce que cet ancien bastion ouvrier ne s'était pas encore complètement remis des fermetures des mines et des grandes usines sidérurgiques qu'il subit à nouveau de plein fouet la crise économique, l'industrie automobile étant fortement implantée ici. Le taux d'abstention en dira long sur le désespoir des classes populaires. Ensuite, le Nord constituera un vrai test pour connaître les capacités de rebond du N, où Marine Le Pen a fait le choix de s'implanter durablement. Les classes populaires sont aujourd'hui celles où le parti d'extrême-droited'extrême-droite continue de prospérer. Un bon score ici aux régionales serait source d'inquiétude pour l'UMP et Nicolas Sarkozy dans la perspective des présidentielles.
La Gauche radicale :
Historiquement implanté dans la région, c'est le score du PCF qui part sous la bannière du front de gauche qui sera à suivre. La liste sera conduite par Alain Bocquet, personnalité locale respectée et appréciée, surtout, il sera épaulé par Marc Dolez ancien secrétaire de la fédération PS du Nord qui a gardé une influence certaine. Avec une campagne de terrain appuyée par ce qui reste de la force de frappe militante du PCF, le Front de gauche espère atteindre les 10 %, ce qui pourrait gêner fortement les socialistes, puisqu'alors Bosquet n'exclue pas d'être présent au second tour, surtout si le MODEM rejoint la gauche entre les deux tours. Il faudra cependant surveiller aussi le score du NOPA, qui fait généralement ici de bons résultats et pourrait grappiller des voix au front de gauche. Gageons cependant que le retour d'un vrai discours de gauche chez les communistes nordistes devrait limiter l'influence du parti d'Olivier Besancenot.
Le Parti socialiste :
Déjà abandonné par les communistes en 2004, le PS y va cette fois-ci sans les verts. Dans cette région historiquement ancrée à gauche, il serait fort surprenant qu'il perde le contrôle de l'exécutif. Toutefois, cette fois-ci, les socialistes devront compter au premier tour sur une concurrence accrue par la présence des verts. Ils devront aussi faire taire leurs divisions locales. Le score du PS dans la région sera certainement observé à la loupe, puisqu'il attestera aussi du poids réel de Martine Aubry dans sa région d'adoption, et par delà, au sein même du parti. Rappelons aussi que vu le contexte compliqué avec les communistes locaux, les négociations de second tour pourraient s'avérer compliquées, et peut-être contraindre le PS à une quadrangulaire. Cela dit, dans cette région fortement marquée par la crise et le chômage, c'est la capacité des partis de gauche à mobiliser leurs électeurs qui fera la différence.
Les écologistes :
Dans la foulée de leur bon score aux européennes, ils ont décidé cette fois-ci de s'affranchir de la tutelle socialiste au premier tour. Pour l'instant, il paraît fort probable que l'ensemble des forces écologistes se rassemble sous la bannière Europe écologie. Pour autant, la sociologie particulière du Nord Pas de Calais n'est guère favorable à ce courant qui recrute essentiellement dans les classes moyennes. Les écologistes espèrent surtout s'inscrire dans une dynamique nationale.
La majorité présidentielle :
En laissant la tête de liste régionale au Nouveau Centre, l'UMP en dit long sur ses chances réelles de gagner la région, d'autant plus qu'il ne fait de doute pour personne que le FN sera en mesure d'imposer une triangulaire au second tour. C'est Valérie Létard, très implantée dans la région qui conduira donc la liste. En envoyant la ministre aux technologies vertes au charbon, la droite espère prendre des voix écologistes, et récupérer les fruits de la posture verte de Nicolas Sarkozy à Copenhague. Malheureusement, il ne me semble pas que les considérations écologistes soient la priorité d'une région fortement populaire en déshérence économique.
Le Front National :
Marine Le Pen espère bien que son score aux régionales lui permettra de faire main basse sur le parti de son père. Bien implanté dans la région, à Hénin-BeaumontHénin-Beaumont, où il surfe sur les différents scandales qui émaillent la vie locale, le parti de Jean-Marie Le Pen espère bien être présent au second tour avec un score dépassant les 15 %, ce qui constituerait un coup de tonnerre. Il est évident que l'implantation du FN dans les classes populaires, l'impact dévastateur de la crise, la résurgence inopinée des thématiques sécuritaires et migratoires, réjouissent la formation d'extrême-droited'extrême-droite. Et ce n'est pas la présence d'une liste dissidente conduite par Carl Lang qui devrait nuire à Marine Le Pen.
19 décembre 2009
Elections régionales : Ile de France.
Comme annoncé il y a un mois, je commence mon tour de France des régions, 3 mois avant les élections. Je débute avec la première des régions, celle qui concentrera tous les regards : l'Ile de France.
Vu l'importance politique, économique, culturelle et démographique de la région capitale, il va sans dire que tous les 6 ans, les principaux partis mettent tous leurs efforts sur cette région. Mais cet année, les enjeux seront encore plus forts, à cause du projet de grand Paris voulu par Nicolas Sarkozy et qui risque fort à terme de modifier en profondeur les équilibres politico-socio-économiquespolitico-socio-économiques.
Toutefois, dans cette région si importante, le thème de campagne majeur reste les transports (et en cette période d'intempéries, ce ne sont les personnes coincées dans les bouchons qui me diront le contraire). L'organisme qui gère les transports publics en Île de France, le STIF, a fait l'objet d'une bagarre politicienne intense, de nombreux projets se trouvant bloqués faute de majorité pour les voter. Pourtant, le défi à relever en ce domaine est immense : vétusté des lignes SNCF et RATP, quasi absence de liaisons banlieue-banlieuebanlieue-banlieue, désenclavement de nombreux quartiers, etc.
Outre les transports, les problématiques liées à la pollution et à l'écologie vont jouer un rôle important. Beaucoup plus que dans toutes les autres régions, la population est ici fortement urbanisée, avec des classes moyennes sur représentées. Or, les dernières élections ont montré que ces populations étaient les plus sensibles aux questions environnementales. L'échec de la conférence de Copenhague ne devrait pas diminuer l'impact des besoins d'écologie chez les Franciliens.
Les forces en présence :
La gauche radicale :
Comme aux européennes, les principaux partis n'ont pas réussi à se mettre d'accord et devraient donc partir séparés aux urnes. Lutte ouvrière et le NPA présentent chacun leurs listes. Dans cette région riche où les nombreux quartiers populaires fournissent le gros des bastions de l'abstention, leur score devrait rester symbolique.
Il pourrait en être autrement du Front de gauche qui rassemble le PCF et le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Le PCF possède encore de nombreux bastions en petite couronne, et le front de gauche, comme en juin dernier pourrait bénéficier du déclin de l'image d'Olivier Besancenot dans l'opinion et d'une bonne dynamique. Reste toutefois un handicap majeur : le PCF est toujours un parti aux pratiques staliniennes, et il s'entête à imposer la candidature de l'inconnu et peu charismatique Pierre Laurent, ce qui permettrait à ce dernier de pouvoir ensuite remplacer Mme Buffet. Comme d'habitude, l'intérêt du parti prime sur l'intérêt des électeurs, car les candidatures de messieurs Mélenchon ou Braouezec auraient été bien plus pertinentes et porteuses d'espoir.
Le Parti socialiste :
Le parti socialiste détient la région depuis 12 ans. Il a bénéficié la dernière fois d'une triangulaire imposée par le Front National. Il y a fort à parier que ce ne soit pas le cas cette fois-ci. En outre, le PS partira seul à la bataille, sans les écologistes cette fois-ci, avec en plus la présence du MODEM. C'est dire si au premier tour la partie sera compliquée pour jean Paul Huchon, d'autant plus que ce dernier malgré ses six années de présidence de région, reste méconnu et sans envergure. Pour autant, le PS défendra un bilan somme toute positif si on tient compte de tous les bâtons dans les roues mis par la droite au sein du STIF ou par l'entremise du gouvernement. L'enjeu principal pour le PS, sera de mobiliser les catégories populaires au premier tour, ce sont elles qui devraient lui permettre de devancer les listes Europe Écologie. Au second, Jean-Paul Huchon est à 3 mois de l'élection, pour l'instant largement favori.
Les Écologistes :
La composition sociologique de la région joue pour eux : l'importance des classes moyennes et la prédominance des thématiques environnementales devraient leur permettre de faire un gros score. Si on ajoute à cela une liste jeune, homogène avec des personnalités connues et respectées pour leurs engagements (Augustin Legrand, Coline Serreau, Stéphane Hessel, Pierre LarrouturouLarrouturou, etc.), la secrétaire des verts met tous les atouts de son côté pour créer la surprise au soir du premier tour. D'autant plus qu'ils peuvent aux aussi revendiquer leur part dans le bilan de la mandature. Reste toutefois deux inconnues qui pourraient les empêcher de devancer le PS : l'importance du vote utile, et l'impact de la conversion de Nicolas Sarkozy sur les plus centristes de leurs électeurs potentiels.
Le MODEM :
Les temps changent pour les centristes. En 2004, la liste menée par André Santini avait fait alliance au second tour tour avec la droite. Aujourd'hui, les centristes se rapprochent de la gauche. En Ile de la France, le parti de François Bayrou fait le pari de la diversité avec un jeune homme d'origine antillaise en tête de liste. Il devrait cependant avoir beaucoup de mal à exister avec la montée en puissance des écologistes qui pompent une grande partie de l'électorat modéré. Toutefois, il devrai comme il se doit être fortement courtisé entre les deux tours.
L'UMP :
S'il y a une région que la droite voudrait récupérer, c'est celle-ci. Avec le projet de grand Paris, et le futur agrandissement du quartier de la Défense, Nicolas Sarkozy ne manque pas d'ambitions pour la région capitale. Il lui importe donc qu'elle soit dirigée par un de ses fidèles. C'est donc une de ses ministres les plus en cour qui s'y colle : Valérie Pécresse. Même si elle devrait bénéficier de l'apport que constituent les bastions indéfectibles des Yvelines et des Hauts de Seine, la partie s'annoncent compliquée pour la ministre de l'enseignement supérieur. En premier, parce que même si elle est aux affaires depuis deux ans, elle reste largement méconnue du grand public. Ensuite, parce que comme tous les candidats de la majorité, elle va pâtir de l'image désastreuse de Nicolas Sarkozy dans l'opinion. Enfin, parce que son principal adversaire est elle-même : elle a parfois une forte tendance a méprisé ses interlocuteurs, ce qui pendant une campagne peut avoir un effet dévastateur.
Le Front National :
Au milieu des années 80, le parti d'extrême-droited'extrême-droite faisait des scores élevés dans les banlieues populaires. Avec le temps, son poids électoral a reflué, un peu plus en petite couronne qu'ailleurs, essentiellement à cause du métissage important de la société francilienne. Aujourd'hui, même s'il profite de la mise en avant de thématiques qui lui sont chères, il ne devrait pas retrouver dans la région suffisamment d'audience pour figurer au second tour. Auquel cas, il enterrerait définitivement les chances de la droite.
18 décembre 2009
Et si la stratègie de Sarkozy était de faire remonter le Front National ?
Identité nationale, immigration, insécurité, à quelques mois des élections régionales, la droite ressort son fond de commerce habituel qui lui a permis de gagner les deux dernières présidentielles. Remettre sur la table les thématiques préférées de l'extrême-droitel'extrême-droite aurait, selon la quasi totalité des commentateurs, la vertu de siphonner l'électorat du Front National.
Ce fut vrai autrefois, et particulièrement pour la présidentielle, sauf que cette fois-ci, les premiers sondages indiquent qu'il n'en est rien, l'effet serait même contraire, le parti de Jean-Marie Le Pen, remonterait. Ce qui somme toute, avec un exécutif tant décrié, apparaît logique. Toutefois, Nicolas Sarkozy a déjà maintes fois prouvé qu'il était un fin stratège, il est donc envisageable qu'il ait prévu cette remontée, voire qu'il l'aie souhaitée. L'idée peut paraître biscornue à première vue, mais à bien y regarder, je la trouve plausible.
L'obsession de Nicolas Sarkozy, chacun le sait, c'est sa réélection. Les scrutins intermédiaires ne sont pour lui que secondaires, il peut donc très bien accepter une défaite si celui lui permet à terme de satisfaire son objectif. Il l'a déjà en partie fait pour les municipales. La défaite certes, mais à condition de tenir compte des enseignements du scrutin. Or, que ce soit aux municipales ou aux européennes, le verdict est clair : l'UMP est certes le premier parti de France (et de loin), mais elle n'a aucune réserve de voix, et ne peut donc gagner aucune élections à deux tours.
D'où une stratégie à deux bandes. D'une part, on drague l'électorat écologiste, ce qui explique en partie la conversion verte du chef de l'Etat, d'autre part on relance les thèmes traditionnels de l'extrême-droitel'extrême-droite. En effet, quoi qu'il arrive, la remontée du FN n'empêchera pas Nicolas Sarkozy d'être au second tour. Mais elle lui permettra d'avoir de nouveau un réservoir de voix, sachant que le parti des Le Pen, père et fille, récupérer aussi des voix de gauche. Ainsi, il fragilise encore plus le PS. Et si cela pouvait permettre de rééditer le coup de 2002, pourquoi pas ?
A cela, il faut aussi rajouter une chose : un FN au score élevé ne signifie pas forcément que les régions sont perdues pour l'UMP, dans le passé, de nombreux barons locaux n'ont pas hésité à passer des alliances pour conserver le pouvoir. Et aujourd'hui, ce ne sont plus les barrières idéologiques qui les gênerait, puisque Sarkozy les a toutes fait sauter les unes après les autres.
Bref, même s'il ne s'agit que d'une hypothèse, il ne faut pas écarter l'idée qu'à son tour Nicolas Sarkozy aux apprentis sorciers, et se serve du Front National pour gagner les élections.
10 décembre 2009
Une petite tranche de rigolade avec la grosse niaiserie du moment !
Et dire que ces gens sont au pouvoir !
21 novembre 2009
Point sur les élections régionales.
A quatre mois des élections régionales, et avant de commencer un petit focus régions par régions, il me semblait intéressant de faire un petit point sur la situation nationale, et de voir où en étaient les forces en présence.
La première inconnue de ce scrutin sera la participation. Alors que comme en 2004, tout le monde déplore le peu d'intérêt apparent des Français, je fais au contraire le pari que les électeurs répondront présent. Cela pour au moins deux raisons. La première, parce que l'électorat de droite reste mobiliser autour de la politique du président qu'il soutien. La seconde, parce que les régionales constituent la seule occasion qu'auront les Français avant les présidentielles d'exprimer leur colère, si tant est qu'ils en aient une comme je le crois. La participation devrait donc être forte.
Pour appréhender la situation, je propose de diviser le spectre politique en 5 grands camps, lesquels abordent le scrutin de façon très diverses.
La gauche radicale : Avec la crise, le rejet de la droite et les divisions au PS, elle devrait avoir le vent en poupe. Las, faute de pouvoir s'entendre sur une stratégie commune, et ce essentiellement à cause de l'incapacité qu'a le PCF de tourner le dos à ces alliances passées avec le PS (il est vital pour lui de conserver ses élus), ce camp se rend à la bataille fortement divisé. Certes, comme d'habitude, Lutte Ouvrière y va seule, et devrait une fois de plus faire un score marginal. A l'inverse le NPA et l'alliance du Front de gauche devraient se retrouver avec des scores autour de 5% chacun, ce qui prouve leur potentiel électoral. on comprend la déception des partisans d'une ligne de gauche radicale, car une alliance, accompagnée d'une dynamique aurait certainement permis à cette gauche d'être présente au second et d'imposer une autre politique au PS. Malheureusement, ce sont encore les combats de boutique qui l'ont emporté, et comme toujours les électeurs qui en font les frais.
La gauche dite de gouvernement : Pour résumer, il s'agit essentiellement des socialistes et des écologistes, lesquels partent sur des dynamiques opposées. Le PS est toujours englué dans ses divisions et ses combats de chef. Pour autant, contrairement aux élections européennes, il s'agit ici d'une élections à deux tours. Au premier, un léger effet "vote utile" devrait lui permettre de limiter la casse face à la concurrence des verts, du MODEM, et du Front de gauche. Au second tour, si les reports se font bien, la France entière devrait constater que l'UMP a eu une victoire à la pyrrhus aux régionales, et que la France penche à gauche. Pour les écologistes, la situation est très différente. Surfant sur leur bon score aux européennes et sur un climat d'inquiétude autour des questions environnementales, ils sont sur une excellente dynamique. Ils devraient même pouvoir se retrouver en tête de la gauche dans certaines régions, et revendiquer la présidence de certains exécutifs. Toutefois, leur stratégie aléatoire qui pousse certains à vouloir s'allier même avec la droite, devrait raviver les tensions, de même que les appétits qui ne vont pas manquer de naître. Le premier tour devrait être un succès pour eux, le second s'annonce comme stratégiquement périlleux.
Le Centre : Je parlerais ici surtout du MODEM, puisque le Nouveau Centre n'est qu'un avatar de l'UMP. La situation du parti de François Bayrou n'est pas très réjouissante. Depuis les européennes, la perception qu'ont les Français du leader centriste a évolué. Il apparaît désormais comme un ambitieux, à l'instar de Nicolas Sarkozy, et son projet se fait de plus en plus flou. En outre, la stratégie du ni droite ni gauche qui séduisait bon nombre de Français jusque là, ne semble plus aussi évidente, et les tentatives de rapprochement avec la gauche devraient effrayer certains électeurs. François Bayrou joue ici une de ses dernières cartouches, il aurait beaucoup de mal à se relever d'un nouvel échec.
La Droite : En rassemblant toutes les composantes ou presque de la droite bien avant le scrutin, Nicolas Sarkozy permet à son camp de se présenter uni au premier tour. Le contraste est grand avec l'image donnée par la gauche. Cette stratégie devrait s'avérer payante au premier tour, et devrait être propre à enclencher une dynamique de second tour, qui pourrait limiter les dégâts. Toutefois, le danger de rassembler trop largement au premier tour est qu'il n'y a plus de réserves de voix pour le second tour, lequel devrait nous renseigner sur l'impact réel de l'impopularité de exécutif et sur les chances réelles du président de la République en 2012. Il y a toutefois des signes qui ne trompent pas, alors qu'il y a 6 mois, les principaux leaders de l'UMP pensaient ravir 5 à 6 régions, ils se contentent désormais officieusement d'une ou deux. Ce qui n'est même pas sûr.
L'extrême-droite : donnée moribonde par tout le monde, elle peut encore constituer un vrai danger pour la droite dans certaines régions où elle semble capable d'atteindre les 10 % nécessaires pour se maintenir au second. Et ce, d'autant plus que certains des électeurs frontistes séduits par Nicolas Sarkozy pourraient être tentés par un retour au bercail, histoire d'envoyer un message avant 2012. De plus, les divisions de la gauche radicale ne lui permettent pas de surfer sur la colère ambiante, exercice pour lequel le Front National a par le passé montré qu'il était doué. Donc, attention, s'il y a une surprise à attendre, elle peut se produire de ce côté-ci de l'échiquier.
09 octobre 2009
Elections régionales : le rapport de force à 6 mois du scrutin.
Certes, le jeu des alliances n'est pas encore terminé, les évènement peuvent encore bouger les lignes, mais à 6 mois des élections régionales, on peut déjà faire une photographie pertinente de la France politique. Et comme j'aime bien l'exercice, je m'y essaie.
Le Front National : En 2004, la puissance électorale du FN lui avait permis de se maintenir dans une quinzaine de régions, provoquant ainsi la déroute de la droite. Cette époque est révolue pour le parti d'extrême-droited'extrême-droite. Pour autant, l'épisode polémique autour de Frédéric Mitterrand prouve que ce parti bouge encore et espère bien récupéré une parti des déçus de la droite. Toujours est-il qu'il semble toujours en mesure de dépasser les 10 % dans 2 ou 3 régions, notamment en PACA ou dans le Nord Pas de Calais. Le FN espère que ce scrutin sera celui de la fin de son déclin.
L'UMP : Au soir du premier tour, comme lorsque des européennes, l'UMP devrait apparaître comme étant le premier parti de France, devançant de loin ses adversaires. Sauf que cette fois-ci, il s'agit d'un scrutin à deux tours, et que le manque de réserves à droite va se faire cruellement sentir. A cela il faut rajouter que l'ouverture politique est de plus en plus mal vécue par les électeurs de droite. De plus, la taxe carbone, gage donné aux écologistes, est mal perçue dans les rangs conservateurs. Il y a quelques mois Xavier Bertrand rêvait tout haut de récupérer quelques régions. Il pourrait n'en être rien, et les électeurs pourraient faire dans les urnes, ce qu'ils n'ont pas fait dans la rue : botter les fesses du pouvoir.
Le MODEM : Scrutin compliqué pour le MODEM après l'échec retentissant des régionales. La difficulté pour le parti de François Bayrou tient essentiellement dans le fait qu'une grande partie de son électorat est volatil, et qu'il subit de plein fouet la concurrence écologiste. De plus, en apparaissant comme un homme obsédé par la présidentielle, le leader du MODEM a largement ébréché l'image de sincérité qui l'avait propulsé à 17 % en 2007.
Les écologistes : Depuis les européennes, ils ont le vent en poupe, et espèrent bien damer le pion aux socialistes. Toutefois, il ne s'agit pas du même scrutin, et les enjeux sont différents. D'une part la participation devrait être plus forte aux régionales, et d'autre part, il risque de pâtir de leur manque d'implantation dans les classes populaires. Mais, il est clair que partout où ils vont dépasser les 10 %, ils vont monnayer chèrement leur ralliement au second tour. L'enjeu sera pour eux de récupérer certaines présidences, voire d'être en mesure à terme de contester le leadership de la gauche au PS.
Le PS : Il y a peu de doutes qu'au soir du premier tour, il apparaîtra comme le grand malade de la politique française. complètement isolé, contrairement à 2004, concurrencé sur sa droite et sur sa gauche, le PS a beaucoup à craindre du premier tour. Mais heureusement pour lui, cette fois-ci, il y aura un second tour, où la droite ne semble pas en mesure de ravir beaucoup de régions. Tout dépendra de la capacité du PS à rassembler la gauche au second tour, voire à faire des concessions à ses alliés. Au second tour, il devrait de plus bénéficier de la volonté d'une part importante de l'électorat de sanctionner la droite.
La gauche radicale : Son potentiel électoral est évident, les scrutins allemands et portugais sont là pour le démontrer. Mais tout dépendra de la capacité des différentes obédiences à surmonter leurs divergences. NPA et Parti de Gauche semblent sur la même ligne, celle d'un refus de s'associer au PS pour diriger les régions. Tout dépendra donc des choix du PCF. Soit il choisit de maintenir ses alliances avec le PS et sauve ses élus mais se coupe définitivement du peu d'électorat qui lui reste. Soit il coupe avec le PS, mais ne pourra pas assumer le bilan des directions de région qui est aussi un peu le sien. Cruel dilemme en perspective.
10 juin 2009
Elections européennes, beaucoup de perdants et un seul vainqueur : Ségolène Royal !
Beaucoup de choses ont été dites sur les résultats des dernières élections européennes. Et en ce qui concerne le scrutin français, la plupart des commentaires s'accordent sur les mêmes choses : débâcle du PS et du MODEM, victoire de l'UMP, échec de la poussée de la gauche radicale.
Il me semble surtout que les choses sont un peu plus compliquées que cela, car au-delà des scores des uns et des autres, le vrai fait marquant, c'est l'abstention record. Quelle signification peut-on vraiment donner aux résultats quand près de deux électeurs sur trois ne se sont pas déplacés ? Les raisons de cette abstention sont multiples, et je n'ai pas l'intention d'en débattre dans ce message. Cependant, la faiblesse du nombre de votants relativise fortement la victoire de l'UMP, d'autant plus qu'il est acquis que la droite a su mobiliser son électorat plus fortement que la gauche.
L'UMP a donc gagné les élections, puisque pour une élection à un tour, c'est la liste arrivée en tête qui remporte le plus de sièges. Est-ce pour autant un succès électoral ? Le premier parti de France fait avec 28 % quasiment le plein des voix de droite, ce qui veut dire que pour une élection à 2 tours, la droite dispose de peu de réserves. Et même si on ne peut préjuger à l'avance de ce que feront les électeurs écologistes ou centristes lors de la présidentielle, c'est bien l'antisarkozysmel'antisarkozysme qui tient lieu d'élément commun aux leaders de tous ces partis. De plus, s'il est vrai que la droite l'emporte dans toute l'Europe, c'est en France qu'elle obtient son score le plus faible. Certes, l'UMP peut se targuer d'un excellent score, mais ce qui l'attend surtout, ce sont des lendemains électoraux difficiles qui sont inscrits dans les résultats de ce 7 juin.
La victoire des verts, plus évidentes est toutefois elle aussi à relativiser. Les écologistes ont déjà par le passé réalisé des coups électoraux, qui n'ont jamais eu de lendemains, rappelons nous les régionales de 1992 ou les européennes de 2004. En outre, le succès de leurs listes doit autant au charisme des leaders (Cohn-Bendit, Bové, Joly) qu'à la volonté des Français d'envoyer un message aux centristes et aux socialistes. Ceux qui aujourd'hui croient qu'il y a une adhésion forte des Français au vote écologiste risquent d'en être pour leurs frais lors des prochains scrutins.
Avant de passer aux grands perdants que sont le PS et le MODEM, je voulais dire un mot de la gauche radicale. Certes, le résultat du Front de gauche est honorable, mais constitue quand même un échec puisqu'il n'améliore presque pas le score de 2004 obtenu par les seuls communistes. En outre, à mon avis, le PCF vient de sceller son acte de décès, Mélenchon ayant opérer une véritable OPA sur le parti, qui n'existe plus par lui-même. Quant au NPA, les 5 % sont nettement en-deçà des espérances, cependant, il s'agit d'un doublement du résultat de 2004, réalisé lui en alliance avec LO. De plus, l'électorat jeune et ouvrier, fer de lance de la gauche radicale s'est abstenu massivement. Le NPA sait aujourd'hui qu'il a encore du travail devant lui, mais qu'il a un vrai potentiel électoral, contrairement au PCF dont les électeurs plus âgés se sont apparemment mieux mobilisés.
J'en viens aux deux grands malades de ce scrutin le MODEM et le PS. Pour le parti de François Bayrou, les derniers jours de campagne ont permis de lever une imposture : le leader centriste n'est mué que par une seule ambition : la sienne. Les Français ont enfin pu voir qui il était réellement : le même autocrate que le personnage du président qu'il pourfend pourtant à longueur de discours. L'échec du MODEM n'est pas dû à son programme ou à sa campagne ratée, il le doit à la personnalité de son président qui aura bien du mal cette fois-ci à s'en relever.
Les données sont très différentes en ce qui concerne le parti socialiste. Rejet du libéralisme, pouvoir exécutif discrédité : tout porter à penser que le succès serait là pour le parti de Martine Aubry. Ce ne fut pas le cas. Les électeurs, et particulièrement les abstentionnistes ont sanctionné les divisions et les combats d'arrière-cour ainsi que l'absence de programme. Ce sont aussi les contradictions du parti qui ont été rejetées, celles qui notamment conduisent les dirigeants à clamer haut et fort leur refus du libéralisme et à voter dans le même temps le traité de Lisbonne. Pour autant, Le PS a déjà connu des échecs similaires, et s'en est toujours remis. Surtout que dans le cas présent, il semble évident que les Français attendent que ce parti redevienne le vivier intellectuel qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.
Cependant, au Parti Socialiste, où rien n'est jamais simple, il apparaît que cet échec n'en est pas un pour tout le monde. Depuis le congrès de Reims, tout a été fait pour écarter Ségolène Royal de la direction du parti. Cet échec est celui de Martine Aubry et de tous les éléphants mais n'est pas le sien. En se maintenant à distance pendant la campagne, en apparaissant comme rassembleuse depuis, elle devient peu à peu le recours évident du PS pour 2012. Les jeux ne sont pas encore faits, mais Ségolène Royal en restant au-dessus de la mêlèe prospère sur les divisions des autres. De plus, avec l'effondrement du MODEM, la question des alliances qui était pour elle une véritable épine ne se pose plus, quand à la concurrence annoncée du NPA, elle n'est pas encore très virulente. En restant à l'écart des jeux politiciens, en continuant à faire entendre à intervalles réguliers sa petite musique sur les sujets internationaux ou économiques, Mme Royal se rend de plus en plus incontournable. Le grand vainqueur de ce scrutin, c'est elle.
21 février 2009
Elections européennes : état des lieux.
A quelques mois de la seule échéance électorale de cette année, il m'a semblé intéressant de faire le point. Comme prévu, ce scrutin ne devrait pas passionner les foules, à moins que les Français ne se servent de leur bulletin de vote pour envoyer un message national, ce qui à l'instar des scrutins précédents est fort probable.
S'il s'agit d'élire les députés européens, il y a peu de chances que l'Europe soit au centre des débats. D'abord parce que le mode de scrutin national ne s'y prête pas, ensuite parce que l'Europe reste un concept lointain et nébuleux pour beaucoup de gens, enfin parce que les Français ont le sentiment (parfois justifié à mon avis) que le Parlement de Strasbourg ne sert pas à grand-chose, et que toutes les décisions principales sont prises entre chefs d'états, dans le dos des citoyens. Toutes ces raisons font que c'est surtout une lecture nationale qu'il faudra faire des résultats.
EXTREME-GAUCHE :
Il est clair qu'avec la crise économique, les idées défendues par les partis à la gauche du PS ont le vent en poupe. Toutefois, l'extrême-gauche devrait partir divisée au combat, atténuant l'effet attendu du score important qu'elle devrait faire. Toutefois, le NPA devrait profiter de la dynamique qui est la sienne actuellement, porté qu'il est par la personnalité médiatique d'Olivier Besancenot. Crédité de 8 à 9 % dans les sondages pour l'instant, il pourrait progresser encore et raffermir sa position hégémonique sur la gauche radicale.
A l'inverse, les élections européennes font l'effet d'une sorte de baroud d'honneur pour le PCF. Allié avec le nouveau parti du charismatique (à gauche) Jean-Luc Mélenchon, le parti de Marie-Georges Buffet peut espérer un score honorable et avoir quelques élus. Il est cependant peu probable que cela suffise pour revenir sur le devant de la scène pour peser à gauche face au parti socialiste.
Enfin, il reste le cas de Lutte Ouvrière. Sans sa porte-parole historique, le bastion inexpugnable de la gauche contestataire ne devrait pas faire un score important.
Les Verts :
En rassemblant toutes les familles écologistes sous une même banière, et en présentant des personnalités fortes en têtes de listes, les Verts pensaient avoir fait un bon coup politique. C'était compter sans l'arrivée de la crise économique qui met les préoccupations environnementales au second plan. De plus, la question de l'environnement est souvent reprise par les autres partis (NPA et MODEM notamment), alors que les écologistes n'ont toujours pas su se montrer crédibles sur les autres questions. Toutefois, s'il y a une vraie surprise lors de ce scrutin, je crois qu'elle viendra du score des verts.
Le Parti Socialiste :
Le scrutin de tous les dangers pour le parti de Jaurès. Une chose est sûre, il ne devrait pas rééditer le score de 2004, où il avait profiter à plein du rejet de Jean-Pierre Raffarin. Profondément divisé depuis son catastrophique congrès de Reims, coincé entre le NPA et le MODEM qui profitent de vraies dynamiques, le parti socialiste risque de sombrer définitivement. Cependant, les premiers sondages montrent qu'il semble mieux résister que prévu, profitant probablement de la crise économiquement et de la gauchisation de son discours, qui redevient peu à peu audible. En outre, face à la situation, les principaux dirigeants semblent désireux de se serrer les coudes, comme le suggère l'actuel rapprochement entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Enfin, si le discrédit de Mr Sarkozy dans l'opinion se confirme, le PS devrait sauver les meubles. Au moins pour cette fois-ci.
Le MODEM :
François Bayrou joue en grande parti son avenir politique sur les européennes. D'une part, parce qu'il a toujours clamé haut et fort son crédo européen, ensuite parce que le mode de scrutin associé au rejet de l'UMP lui permettent d'espérer un bon score, et de faire de l'élection au parlement de Strasbourg la première étape vers les présidentielles. Toutefois, même s'il apparaît probable que le MODEM fera un score plus que correct, particulièrement chez les classes moyennes et supérieures, le grand danger qui le guette est l'abstention, et peut-être aussi un petit réflexe de vote utile chez les électeurs de centre-gauche qui pourraient craindre une trop forte poussée de l'extrême-gauche, particulièrement du NPA.
L'UMP :
Quoiqu'il arrive, le soir du scrutin, les principaux leaders de droite diront qu'ils ont gagné. Il est en effet peu probable que l'UMP ne fasse pas plus mal que le résultat catastrophique de 2004. Mais il est tout aussi évident que l'élection ne sera pas facile pour le parti présidentiel. Les premiers sondages indiquent même une inversion des résultats de la présidentielle, avec l'ensemble des partis de gauche progressant de plus de 10 points. Certes, le soutien dont bénéficie encore Nicolas Sarkozy dans son propre camp fait qu'il devrait s'en sortir raisonnablement. Mais l'avenir pourrait s'avérer sombre, car à force de laminer les autres électorats de droite et d'extrême-droite, l'UMP n'a quasiment plus de réserves, et l'électorat centriste penche de plus en plus à gauche. Dans la perspective d'autres scrutins à 2 tours, comme les régionales ou la présidentielle, cette perspective sera problèmatique.
La droite souverainiste :
Traditionnellement, il y a un électorat de droite fortement anti-européen. Cet électorat ne se retrouve pas dans les thèses racistes du Front National. En s'alliant avec les chasseurs, Philippe de Villiers espére le récupérer en grande partie, à l'instar de ce qu'il a déjà fait par le passé. Il peut compter aussi sur le soutien d'une partie de la droite catholique. Toutefois, il sera concurrencé par la présence des listes soutenues par Nicolas Dupont-Aignan. Peu médiatisé, le jeune gaulliste peine à percer, mais son discours équilibré et sincère devrait toucher les nostalgiques du général de Gaulle, ou tous ceux qui croient qu'il ne faut laisser la République aux mains du marché, ceux qui ont une certaine idée de la grandeur de ce pays.
Le Front National :
Lentement, inexorablement, ça sent la fin pour le parti de Jean-Marie Le Pen. Financièrement proche de la liquidation, politiquement sans ligne directrice après le départ d'une part de son électorat vers la droite républicaine, profondément divisé, et avec un chef vieillisant qui ne sait pas passer la main, les élections européennes sont un vrai calvaire pour lui. S'il séduit encore une part non négligeable de l'électorat ouvrier, le Front National est dans une dynamique de déclin. D'autant plus que les thèmatiques qui ont fait son succès ne sont plus au premier plan.
02 décembre 2008
Elections européennes : la recomposition générale.
A 6 mois des élections européennes, il m'a semblé intéressant de faire un point dans un paysage politique qui s'annonce profondément bouleversé.
Comme toujours, il est à craindre pour ce scrutin un fort taux d'abstention. Pourtant, les élections européennes sont probablement celles qui influent le plus sur notre vie puisque 80 % des lois françaises se décident là. Cependant, le mode de scrutin (compliqué et à caractère national) ainsi que la propension des politiques à accuser l'Europe de tous leurs manques, font que les Français s'en désintéressent.
Malgré cela, ce scrutin s'annonce instructif, parce que la présidentielle de 2007 a singulièrement bougé les lignes, mais aussi parce que d'ici 2012, il y aura bien peu d'élections pour juger l'état des forces politiques.
A droite tout d'abord. Malgré un rejet de sa politique par la population, l'UMP devrait s'en sortir assez bien, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, parce que le score de 2004 fut particulièrement mauvais, par conséquent celui de 2009 sera meilleur. Ensuite parce que les divisions du Front National lui profitent. Ce dernier devrait encore subir un revers important. Enfin, l'UMP va tirer profit de l'état du PS et de la division de la gauche. Cependant, attention, l'apparition d'un nouveau parti, Debout la République, qui bénéficie de l'image de gaulliste intègre de son leader (Nicolas Dupont-AignanDupont-Aignan) peut capitaliser sur les déçus du sarkozysmesarkozysme et sur ceux qui sont réticents face à l'Europe.
De même, il ne faut pas oublier le MODEM. Certes le parti de François Bayrou est plus isolé que jamais, mais lui aussi devrait bénéficier du vide idéologique du Parti socialiste. Et surtout, parce que les positions de François Bayrou sur l'Europe ont toujours été claires et n'ont jamais variées, ce scrutin lui est en général favorable.
La situation à gauche est beaucoup plus complexe, avec un Parti Socialiste malade de ses divisions qui va aborder l'échéance en très mauvaise posture. Mais comme si ses divisions internes ne suffisaient pas, il va devoir affronter une triple concurrence. Celle du MODEM évidemment, mais aussi celle des verts qui pour une fois se présentent unis avec une tête de liste populaire (Cohn-Bendit).
Mais le vrai danger pour le PS, sera l'attitude de l'extrême gauche. Le NPA d'Olivier Besancenot monte en puissance depuis plusieurs et pourrait cristalliser la colère de nombreux électeurs de gauche. Cependant, la présence du Parti de Gauche de Jean -Luc Mélenchon vient troubler le jeu. De la capacité des forces de gauche de se rassembler et de partir ensemble à la bagarre électorale dépendra en grande partie le sort de ce camp. Si l'alliance du Parti de Gauche avec le PCF ne fait aucun doute, le ralliement du NPA pourrait profondément modifier la donne électorale et placer les listes de cet attelage devant le Parti Socialiste. Cela obligerait ce dernier à modifier son discours et à abandonner sérieusement ses velléités d'alliances avec le MODEM.
J'ai le sentiment que cette élection pourtant boudée des électeurs pourrait définir les grandes lignes de la future présidentielle. A mon sens, ce qui va se jouer à gauche va être la clef de voûte des affrontements futurs, que se soit dans les urnes ou dans la rue.
PS : je voudrais juste faire un petit retour sur la législative partielle d'Arcachon. Cette circonscription, à droite depuis 2 législatures, vient de revenir à un PS moribond. Certes, le candidat socialiste profite de la situation locale ubuesque (la députée élue en 2007 a préféré laissé son siège pour un autre plus confortable au Sénat, se moquant ainsi délibérément des électeurs), mais cela en dit surtout long sur l'état de popularité réelle du chef de l'état. Et sur la crédibilité des sondages d'opinion.
04 août 2008
La droite ne devrait pas se réjouir de la montée de Besancenot.
Régulièrement, à la lecture du "Canard enchaîné" ou encore de "Marianne" de la semaine dernière, on peut trouver des commentaires ou des interviews sur des politiques de droite qui se réjouissent de la montée en puissance d'Olivier Besancenot et du Nouveau Parti Anticapitaliste. Il faut dire qu'ils se félicitent de l'épine dans le pied que cela pose au PS, et ils espèrent bien que le NPA va jouer pour l'opposition le rôle qu'a eu le FN pour la droite pendant des années, permettant ainsi le maintien de la droite au pouvoir pour longtemps.
Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples qu'elles en ont l'air, et l'arrivée d'une force plus radicale à gauche est d'abord un problème pour la droite.
Certes, le NPA va créer des difficultés au PS, mais celles-ci ne seront pas électorales, elles concerneront essentiellement les choix politiques et le positionnement du PS. Or, ce parti n'a pas besoin du NPA pour se diviser sur la question. Mais contrairement à ce qui se passait à droite, où une grande partie de l'électorat FN ne reportait pas ses voix au second tour, préferant l'abstention voire le vote à gauche, le bulletin Le Pen étant avant tout un vote de colère, les voix qui se portent à l'extrême-gauchel'extrême-gauche se retrouvent toujours massivement au second tour sur le candidat socialiste, car il s'agit ici d'un vote plus politique que de rejet.
En outre, la montée en puissance d'une force radicale à gauche ne divise pas cette dernière, mais la renforce en obligeant à terme le PS à se radicaliser lui aussi et à clarifier les choses avec la frange de ses leaders tentés par les alliances avec le centre. Un NPA autour de 10 %, c'est la garantie du retour d'une opposition bien plus combative qu'elle n'est aujourd'hui.
Enfin, la principale erreur de jugement de la droite réside dans le fait qu'elle se méprend sur ce qui fait l'essence de la gauche. La raison d'être originelle de ce bord politique, et a fortiori du NPA, c'est l'amélioration des conditions de vie des plus pauvres et des plus fragiles. Cela peut passer par une victoire électorale, mais aussi et surtout par la rue ou les grèves notamment. L'extrême-gaucheL'extrême-gauche n'est pas l'extrême-droitel'extrême-droite, elle est la garantie que les classes populaires vont de nouveau se mêler de leurs affaires, dans un esprit de rassemblement et d'égalité.
Sur le court terme, le NPA va peut-être affaiblir le PS, mais à long terme, il va permettre une clarification idéologique à gauche (et pour cela, il faut souhaiter la réussite de l'entreprise du parti de Besancenot), et donc revitaliser l'opposition à la droite. Et c'est bien là le problème pour cette dernière.