28 novembre 2009
Une nouvelle loi contre les entreprises embauchant des sans-papiers : encore et toujours de la com'.
Les ministres du Travail et de l’immigration vont déposer un projet de loi afin d’imposer la fermeture administrative des entreprises qui emploient des immigrés clandestins. On pourrait se réjouir qu'enfin les pouvoirs publics s'attaquent à ceux qui exploitent la misère, s'il ne s'agissait une fois de plus de faire diversion.
En effet, le gouvernement fait de nouveau face à une grève massive de travailleurs sans-papiers. François Fillon et Nicolas Sarkozy savent pertinemment que socialement, administrativement et moralement, il n'y a pas d'autres solutions qu'une régularisation massive de ces personnes. Malheureusement, à quelques mois d'élections compliquées pour la majorité, ce serait un très mauvais message envoyé aux électeurs du Front National dont l'UMP a besoin pour limiter la casse.
Toutefois, le gouvernement ne peut rester inactif et tente d'apaiser les esprits sur ce dossier en proposant de faire une loi pour punir les patrons qui emploient des travailleurs sans-papiers. Cette proposition présente le double avantage de maintenir le thème de l'immigration sous les feux de l'actualité, et de montrer que l'Etat essaye d'agir efficacement contre les clandestins.
Pour autant, il ne s'agit de rien d'autre que de communication, agrémenté d'un léger travestissement de la réalité. L'arsenal législatif donne déjà toute la possibilité à l'Etat de condamner lourdement les patrons employants des travailleurs sans-papiers. Ces derniers risquent jusqu'à 5 ans de prison et peuvent voir leurs équipements confisqués. Jusqu'ici, le gouvernement n'a jamais ou presque appliqué cette loi, tout simplement parce qu'il n'y a jamais eu d'intention politique de le faire, ou alors, il faudrait remonter jusqu'aux donneurs d'ordre, bien souvent les plus grandes entreprises du CAC 40. On voit mal Nicolas Sarkozy se fâcher avec ceux qui l'ont fait roi.
Cette nouvelle loi annoncée par les ministres aura donc pour objet de donner le gage à l'opinion et d'occuper les parlementaires jusqu'aux élections. Mais il n'y aura évidemment jamais de décret d'application, comme pour de nombreuses lois votées jusqu'ici. Comme d'habitude, Nicolas Sarkozy et ses ministres utilisent la loi à des fins électoralistes. Le plus grave est que cela se fait sur le dos de personnes qui sont honteusement exploitées.
05 novembre 2009
Sarkozy en tête au premier tour en 2012 selon un sondage
C'est la panade totale à droite. Les cotes de popularité de exécutif sont en berne, les polémiques Mitterrand et Sarkozy ont jeté le trouble sur l'électorat UMP, plusieurs réformes mal conçues préparées dans l'urgence soulèvent un véritable tollé chez les parlementaires de la majorité. Bref, Nicolas Sarkozy ne tient plus ses troupes, et c'est la cacophonie qui règne. A tel point que les divisions au PS n'intéressent plus personne. C'est dire !
Alors que faire quand plus rien ne va ? Un sondage ! Il suffit de passer par un journal ami (en l'occurrence valeurs actuelles), et de préparer une question bien choisie. En l'occurrence, il s'agissait de se prononcer sur le premier tour de la présidentielle de 2012. Evidemment, pour que Nicolas Sarkozy puisse faire un score raisonnablement élevé, on prend bien soin de sélectionner les adversaires potentiels. Mme Aubry représente donc le PS. Pourquoi elle et pas Mme Royal ou DSK, allez savoir ? Peut-être parce qu'elle est moins populaire que les deux précédents. Pour les verts, on prend Cécile Duflot, certes secrétaire générale de son parti, mais qui présente l'avantage pour ce sondage d'être complètement inconnue. On y retrouve aussi les incontournables Bayrou, Besancenot et la famille Le Pen représentée cette fois-ci par la fille. Ah, et puis pour le fun, on rajoute une guest star, Dominique de Villepin. Pourquoi de tels choix ? Pourquoi Jean-Luc Mélenchon n'est pas testé ? Ou Daniel Cohn-Bendit ?
Les résultats sont tellement grotesques qu'à part quelques gazettes, ces chiffres ont été peu repris. Encore une mauvaise nouvelle pour l'Elysée, puisque voilà un nouveau coup de com qui tombe à l'eau.
Nicolas Sarkozy y ferait 28 %, score honorable certes, puisque proche de celui de 2007, mais si on rajoute celui que ferait Mr De Villepin (8 %), on obtiendrait 36 % pour la droite conservatrice, sans compter les 14 % de Bayrou et les 11 % de Le Pen fille. Ben tiens, c'est une évidence, plus la droite est impopulaire, plus son score est important aux élections. C'est logique, non ? En tout cas, chose bizarre, c'est complètement inverse à ce qu'indiquent les résultats des élections partielles, qui toutes indiquent une forte percée de la gauche.
Bref, un sondage complètement pipeau qui ne contient pas la seule information qui nous aurait intéressée : qui gagne au second tour ? C'est vraiment bizarre qu'ils n'aient pas penser à sonder sur le second tour. Enfin bon, le seul enseignement que l'on puisse tirer de tout ceci, c'est que si nous en sommes réduits à faire des sondages sur une présidentielle qui n'est que dans deux ans et demi alors même que dans 4 mois il y a des élections intermédiaires, c'est que notre démocratie a pris un sacré tournant présidentialiste, et qu'elle va bien mal.
Pour en savoir plus, un excellent article de Malakine : http://horizons.typepad.fr
24 octobre 2009
Une affaire de pot de vin qui pourrait secouer l'Elysée ?
Souvenez-vous, en 2002 un attentat à Karachi fait 11 morts, 11 ingénieurs français. Tout de suite l'enquête se dirige sur la piste islamiste. Mais depuis, une autre hypothèse a fait son apparition, celle d'une vengeance des services secrets pakistanais contre l'état français qui n'aurait pas versé les pots de vin promis lors de l'achat de sous-marins. Pour l'instant, cette hypothèse est réfutée par le pouvoir français.
Sauf qu'un article paru dans la presse suisse, et qui sera suivi d'autres enquêtes en France relance cette piste, allant jusqu'à laisser penser que Mr Sarkozy, alors ministre du budget, pourrait être impliqué.
En attendant d'en savoir plus (et en espérant que la presse française ne se dégonflera pas), voici l'article en question :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/35312a9e-bf4a-11de-b6d7-be89cc3615cf%7C0
16 octobre 2009
Retour sur l'interview de Nicolas Sarkozy au Figaro.
Polémiques à répétition, une majorité qui rechigne, une opinion publique de plus en plus rétive : les temps sont durs pour le président et ses partisans. Ce qui explique la réaction surprise en deux temps de Nicolas Sarkozy. La visite un brin tardive à Gandrange, et surtout l'interview fleuve qu'il a donnée au Figaro. Le message est clairement destiné à l'électorat de droite qui est un peu désorienté en ce moment, ce qui n'est jamais bon à quelques mois d'une élection importante. Cependant,l'intérêt de cette entrevue avec la rédaction du journal conservateur va bien au-delà puisque le président y fait le point sur tous les sujets importants du moment. Une bonne raison d'aller voir ce qu'il y a derrière cette évidente opération de communication.
Jean Sarkozy : Selon le président, se serait lui qui à travers son fils serait d=directement visé. Grave erreur, si on ne peut nier que certains profitent de l'occasion pour s'en prendre au président, il est tout aussi évident que ce qui est en cause ici, ce n'est pas la personne du président, mais son attitude. Le peuple français est en droit d'attendre du premier de ses représentants qu'il soit irréprochable, et surtout qu'il mette en accord ses actes avec ses paroles. Dans le cas de la nomination de son fils à la tête de l'EPAD, on en est loin.
Frédéric Mitterrand : La défense de son ministre est logique dans la mesure où il a toujours reconnu qu'il l'avait nommé après avoir lu le livre. On aurait aimé cependant qu'il revienne sur ce qui a vraiment déclenché la polémique, c'est à dire les propos du ministre de la culture concernant l'arrestation de Roman Polanski. De la part d'un président qui a fait de la sécurité son cheval de bataille et qui se veut le défenseur des victimes, on attendait une condamnation ferme de l'intervention du ministre.
ClearstreamClearstream : Il s'est excusé de sa phrase malheureuse sur le procès. C'est bien, mais ce qui est vraiment malheureux, c'est qu'il soit partie civile alors que nul ne peut porter plainte contre lui. Les excuses sont bienvenues, mais ne gomment pas l'impression d'une justice aux ordres.
AfghanistanAfghanistan : La France n'enverra pas de soldats supplémentaires. Mais ceux qui y sont vont rester. Quel manque de cohérence, soit la politique menée là-bas est la bonne, et dans ce cas, il faut renforcer les moyens humains et matériels. Soit elle est mauvaise, et alors il faut se retirer. La situation actuelle est hypocrite.
France Télécom : Selon lui, la vie des entreprises a trop longtemps tourné autour du cours de bourse et du court terme, au détriment des conditions de travail et des relations sociales. Le constat est juste, il n'y a pas de problème là-dessus. Le malaise, c'est que rien dans la politique actuelle ne vient contrecarrer cette évolution des choses : diminution du nombre de fonctionnaires, travail le dimanche, détricotage du code du travail entre autres, ce n'est pas cela qui favorise les relations sociales.
Bouclier fiscal : Il ne reviendra pas dessus. C'est clair, Nicolas Sarkozy n'aime pas reconnaître ses erreurs. Pourtant même à droite, on commence à s'agacer de cet entêtement. Cette mesure initiale de son quinquennat est comme une tâche dans l'opinion publique qui ne l'a jamais comprise. S'il la retirait, cela ne pourrait que lui être mis à son crédit.
Les impôts : Il faut bien entretenir cette légende selon laquelle la droite baisse les impôts et la gauche les augmente. Pourtant la réalité est toute autre, et les Français s'en rendent bien compte, si les impôts baissent, ce n'est pas ceux de la classe moyenne.
La cagnotte scolaire : Bon allez, on a moins un sujet d'accord lui et moi. Cette cagnotte est scandaleuse. Mais peut-être que le meilleur moyen de lutter contre l'absentéisme à l'école est de renforcer la présence des adultes au sein de l'école, c'est à dire de revenir sur la politique de suppression de postes dans l'Education Nationale.
24 septembre 2009
Clearstream, l'erreur de Sarkozy ?
Ceux qui fréquentent régulièrement ce blog savent ce que je pense de l'actuel président, pourtant, il y a jusqu'ici une qualité que je lui ai toujours reconnu, celle d'être une bête politique qui sait très bien sentir les choses et anticiper les coups. Grâce à cela, Sarkozy n'a plus d'adversaires de taille à sa droite, et ce n'est pas une petite prouesse quand on sait que les rancoeurs et les haines de ce coté-ci de l'échiquier politique n'ont rien à envier à la gauche. La haine justement, c'est bien de cela qu'il s'agit, notamment celle qu'entretiennent Mrs Villepin et Sarkozy. Et à travers Dominique de Villepin, Jacques Chirac, le père politique de Nicolas Sarkozy.
Quoique l'on pense de l'ex premier ministre, il est difficile de ne pas croire qu'il y a une part de vérité quand il déclare que sa présence comme accusé au procès ClearstreamClearstream est le résultat de l'acharnement du chef de l'Etat. Et ces propos résonnent encore plus fort après le lapsus d'hier soir.
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'animal politique qu'est Nicolas Sarkozy s'entête à vouloir se procès, et à se maintenir partie civile quitte à laisser croire à une justice inéquitable. C'est totalement incompréhensible tant le risque est important de retombées négatives durables sur son image. D'autant plus que si Dominique de Villepin à voulu ce procès (il aurait pu passer par la haute cour de justice, moins risquée pour lui), c'est bien parce qu'il a des billes et des arguments à faire valoir, et son attitude depuis deux jours prouve qu'il est décidé à mouiller le chef de l'état.
Pour moi, Nicolas Sarkozy commet là sa première erreur de stratégie politique. A moins qu'il y ait des choses et des raisons que l'on ignore.
22 septembre 2009
Sarkozy enclenche la privatisation de La Poste et continue son esbroufe.
Il n'y a même pas deux mois de cela, Nicolas Sarkozy jouait les va-t-en-guerre contre le libéralisme financier, accusé de tous les maux. Certains commentateurs allant jusqu'à trouver des accents d'homme de gauche au président et à prédire d'éventuelles nationalisations de banques à titre d'exemple. Il n'en fut rien, et d'ailleurs il n'en fut jamais question, les banques ont encaissé le pactole sans avoir de comptes à rendre. Mais ce nouveau discours aux relents anti-libéraux a permis à Mr Sarkozy de faire un bond substantiel dans les sondages. C'était là l'objectif principal.
Mais, outre qu'il n'y aura pas de sanctions contre les banques, le projet de privatisation de La Poste met en lumière l'esbroufe complète de la parole présidentielle. Alors même que dans le monde entier, économistes, politiques, financiers réclament plus de contrôle économique et la fin du marché tout-puissant, la France s'apprête à privatiser un des services publics auxquels les Français sont le plus attachés.
Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'est pas question de privatisation, j'emploie le terme à bon escient car c'est malheureusement bien de cela qu'il s'agit. L'Etat change le statut de l'entreprise et ouvre le capital aux investisseurs publics. C'est la méthode qui a été utilisée pour France Télécom et GDF, et qui le sera demain pour EDF et la SNCF. Et je rabroue d'un revers l'argument selon lequel il s'agit de préparer l'entreprise à l'ouverture à la concurrence. En quoi cela peut-il la rendre plus forte, alors que les atouts principaux de La Poste sont sa proximité et sa qualité de service, ceux-là même qui disparaissent au nom de la rentabilité.
Encore une fois, la politique de Nicolas Sarkozy agit sciemment dans l'intérêt contraire des Français, au nom du sacro-saint marché, celui qui est la cause d'une crise sans précédent.
Pour terminer cet article, je voudrais signaler dette petite phrase ( elle n'est pas retranscrite au mot prés, mais l'esprit est conservé), entendue ce matin dans la bouche de Dominique Seux, journaliste aux Echos, on ne peut plus libéral : si la France résiste mieux à la crise que ses voisins allemands, espagnols, ou italiens, elle le doit à la force de son service public.
Même les libéraux le reconnaissent !
25 août 2009
Bonus : opération com' à l'Elysée.
Nicolas Sarkozy reçoit les patrons des grandes banques pour la septième fois en un an. L'objectif de cette entrevue est clamé sur tous les toits : faire la leçon aux banquiers et les obliger à tenir leurs engagements sur les rémunérations des traders et les prêts aux entreprises et aux particuliers.
A lire les manchettes des journaux, toujours prompts à faire la promotion du locataire de l'Elysée, la rodomontade va être sévère. Il faut dire que pour le verbe et pour les coups de gueule devant les caméras, Nicolas Sarkozy est très fort. Avec un certain succès parfois, puisque depuis le début de la crise, il a bien donné l'impression que la France donnait le tempo, et il a presque réussi à faire croire que des réformes en profondeur du système financier étaient engagées. Entre les plans de relance à coups de milliards, les injonctions à la mobilisation faites aux puissants de ce monde, et les mise en scène médiatiques, tout le monde à oublié qu'au-delà de la forme, ce qui importait, c'était le fond.
Or, sur le fond, on s'aperçoit aujourd'hui, qu'il n'y a jamais rien eu. Un an après le début de la crise, on peut commencer à faire un bilan. Et il est bien pauvre. Les banques ont touché des milliards qui ne se retrouvent pas dans l'économie puisque les prêts aux entreprises et aux particuliers sont toujours en berne. Par contre, les revenus des traders, eux, se portent bien. De même, les sociétés off-shores et les paradis fiscaux continuent à oeuvrer comme avant, en toute impunité. Bref, pendant que le président gesticule, les affaires continuent.
Un président, qui devant la colère qui monte n'a d'autres choix que de continuer le show. Pas sûr que les Français continuent à être dupes très longtemps. Ce pouvoir si prompt à aider les puissants se fait particulièrement discret sur les délocalisations et autres plans sociaux abusifs. Rien de surprenant de la part d'un gouvernement libéral. Et raison de plus pour maintenir cette politique de communication le plus longtemps possible.
24 juin 2009
Le remaniement comme outil de communication
Rien ne changera de ce remaniement ministériel, la politique menée sera la même, les hommes et les femmes qui arrivent ou changent de poste ne modifieront rien, puisque tout est décidé à l'Elysée.
D'ailleurs, l'ampleur du nombre d'arrivées, le jeu de chaises musicales et la qualité même de certaines personnalités prouvent bien qu'il s'agit d'un gouvernement fantoche, tout juste bon à faire parler les journalistes pendant des semaines, permettant aux conseillers de l'Elysée, les vrais décideurs, de préparer dans l'ombre les réformes de demain. Toutefois, il y a quelques enseignements à retenir de cet épisode.
L'ampleur de ce remaniement tout d'abord. Alors qu'au départ il s'agissait de remplacer seulement les deux ministres élus au parlement de Strasbourg (et sommés d'y aller, contrairement à Brice Hortefeux), ce sont au final huit personnes qui entrent au gouvernement et beaucoup de postes qui changent de titulaires. C'est bien là le signe qu'il y avait comme un dysfonctionnement dans la maison Sarkozy. Sur les départs, dans l'ensemble de Boutin à Dati en passant par Laporte, personne ne les pleurera. Et dans certains cas, leur départ est vraiment une bonne nouvelle.
Parmi les arrivées, il y a bien évidemment celle de Frédéric Mitterrand. A elle seule cette nomination résume la conception de la politique de Nicolas Sarkozy. Pour lui, la politique est d'abord de la communication, et la formation du gouvernement en est le premier outil, s'il peut en plus déstabiliser l'opposition, alors tous les objectifs fixés au nouvel organigramme seront remplis. Frédéric Mitterrand n'est donc pas nommé pour ses compétences, qu'il a peut-être certes, mais être un homme de culture reconnu ne gage en rien qu'il pourra géré plusieurs milliers de fonctionnaires. Non, le neveu de François Mitterrand, ne doit sa présence qu'à son nom de famille et à son assimilation par l'opinion à la famille socialiste, bien qu'il se soit toujours déclaré de droite.
Parmi les ministères qui changent de responsables, il y en a un emblématique, c'est celui des affaires sociales, qui en six mois aura donc son troisième ministre. Qui plus est, il s'agira de Xavier Darcos, l'homme qui a mis le feu à l'Education Nationale. Cela en dit long sur les intention présidentielles en ce qui concerne certains dossiers sulfureux : retraites, salaires, travail le dimanche, etc.
Je note aussi une bonne nouvelle, l'arrivée de Mme Alliot-MarieAlliot-Marie à la justice. Non pas que je sois un grand fan d'elle, mais après le passage désastreux de Rachida Dati, il fallait quelqu'un de rigoureux et de droit à ce poste. Ce sont justement les qualités de l'élue du pays basque.
Enfin, quelques considérations générales pour terminer ce billet :
Il n'y a pas de ministres dits d'ouvertures, à l'exception du trésorier du MODEM, ce qui démontre une ois de plus que le centre n'existe pas et réaffirme la volonté de Sarkozy de tuer politiquement François Bayrou.
Le nouveau gouvernement sera recentrè à droite, avec l'arrivée de nombreux fidèles du président, ce qui laisse penser que ce dernier prépare déjà la future présidentielle.
Enfin, une fois de plus tout s'est décidé à l'Elysée, confirmant si besoin était, l'inutilité du Premier Ministre.
23 juin 2009
22 juin 2009 : acte de décès de la cinquième république
Conformément à la constitution nouvellement modifiée, le président de la République a pu s'exprimer sans s'exposer au débat devant le congrès réuni à Versailles. Au-delà du discours lui-même, cet acte inédit dans notre pays pose de nombreuses questions sur le fonctionnement de nos institutions, en tout cas, sur la façon dont Nicolas Sarkozy pratique le pouvoir.
Nous avons un président qui en deux ans à rayé complètement le premier ministre de la carte politique. Celui-ci n'est plus le dépositaire de la politique gouvernementale, puisque tout ce décide désormais à l'Elysée entre le président et ses conseillers. François Fillon et ses ministres sont réduits au rôle de potiches, tout juste bons pour l'inauguration des chrysanthèmes. Cela pose à l'évidence un vrai problème démocratique puisque le cabinet du président, là où sont réellement prises toutes les décisions, n'est responsable ni devant le peuple dont il ne tient pas sa légitimité, ni devant le Parlement devant lequel il n'est pas autorisé à s'exprimer. La quasi-disparitionquasi-disparition des ministres et surtout du premier d'entre eux est donc un véritable déni de démocratie, une négation du Parlement, pourtant le vrai lieu de débat émanant du peuple.
Mais il y a encore plus grave. En modifiant ainsi la constitution, en s'octroyant des pouvoirs comme aucun de ses prédécesseurs n'en ont eu, on pouvait au moins s'attendre à ce que notre président tienne un discours qui fasse date dans l'histoire, à l'instar de ce qu'étaient capables de faire les Clémenceau ou ChurchillChurchill. Assurément Nicolas Sarkozy n'est pas de cette trempe. Il en est même loin. Il s'est contenté d'un discours de politique générale, égrenant les priorités qui seront celles de son futur gouvernement. Un discours qui est donc celui qui est normalement dévolu au premier ministre. On en arrive donc à un paradoxe néfaste pour la cinquième République, où non seulement le président réduit à néant ou presque le rôle du Premier Ministre, mais où en prenant sa place il affaiblit sa propre position, là même où il pensait renforcer sa stature de président. En ce comportant en chef du gouvernement, Nicolas Sarkozy n'est plus au-dessus de là mêlée, là où les Français espéreraient qu'ils soient, mais ils fragilise durablement les institutions.
A tout cela, il faut rajouter l'opposition qui n'en finit plus sa débandade. Certes, elle est mal en point, sans projet, sans leader, et même sans électeurs. Mais au moins pouvait-on attendre d'elle que devant un tel coup de canif à l'esprit de la cinquième République, devant ce qui est désormais une présidentialisationprésidentialisation du régime, qu'elle agisse avec cohérence et force. Las, tel ne fut pas sa stratégie, elle a préféré pour une grande part (les communistes et les écologistes malheureusement forts minoritaires ont sauvé leur honneur en boudant la séance) écouter sagement le président, puis quitter la salle sans profiter de l'occasion qui lui était donnée de marquer sa différence. Ce 22 juin 2009, l'opposition socialiste a contribué à signer l'acte de décès de la cinquième République.
19 juin 2009
Sarkozy soutient Barroso pour que rien ne change.
Cette semaine, Nicolas Sarkozy nous a offert un résumé de son art de la politique en seulement deux actes.
Le premier, c'est son discours sur le monde du travail et sur la crise qu'il a donné à l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Un discours que l'on peut qualifier de résolument ancré à gauche, avec des propositions qu'aucun dirigeant syndicaliste n'a renié, notamment sur la nécessité d'imposer des règles internationales en matière de régulation économique et de droit du travail. Voilà une preuve supplémentaire, si besoin en était, que la droite libérale a parfaitement connaissance des maux que provoquent sa propre politique, et qu'en plus elle connaît les moyens de s'en sortir. C'est donc en conscience que les principaux dirigeants du monde nous envoie dans le mur.
Le second acte a eu lieu dans un temps très rapproché avec le premier, il s'agit de la volonté conjointe de la France et de l'Allemagne de maintenir José Manuel Barroso à la tête de l'Union européenne. En 5 ans, le bilan du portugais est proche du néant, que ce soit dans les domaines sociaux, politiques, de la défense, en politique extérieure, l'Europe n'a pas avancé d'un pouce. Seule la dérégulation libérale a connu un grand bond en avant dont les salariés paient les pots cassés aujourd'hui à l'heure de la crise.
La crise, justement parlons-en, puisqu'en ces temps difficiles où même les gouvernements les plus libéraux ont appelé de leurs souhaits un plan de relance européen, l'homme qui était susceptible de pouvoir l'impulser, Mr Barroso donc, a brillant par son absence.
C'est donc cet homme, faible, sans envergure ni charisme, sans aucune vision politique et surtout sans aucun projet d'avenir pour l'Europe que les dirigeants européens veulent reconduire. Et gageons que la fronde des parlementaires de Strasbourg n'y changera pas grand-chose, il retrouvera au final son siège, enterrant ainsi tous les beaux discours donnés à l'OIT ou ailleurs.
En politique, plus que dans aucun autre domaine, ce sont les actes qui comptent. Mr Sarkozy aura beau nommé des ministres issus de gauche, faire des discours avant-gardistes, la politique qu'il mène est la plus à droite et la plus réactionnaire que la France ait connu depuis la guerre. Il vient d'en donner la preuve, même si comme toujours, il a réussi à brouiller les cartes.