rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

08 septembre 2009

François Bayrou prend-il un virage à gauche ?

C'est l'affaire politico-médiatique de cette rentrée : la main tendue de François Bayrou aux socialistes, et inversement d'ailleurs. Il ne fait aucun doute qu'il y là de part et d'autre un calcul politique, une recherche d'alliance en vue des élections régionales, voire présidentielles.

Pourtant, d'aucuns vont plus loin, allant jusqu'à prétendre que François Bayrou est en train de prendre un virage à gauche, sa posture étant de plus en plus celle d'un opposant. Certes, on ne peut plus vraiment le classer aujourd'hui dans la majorité, tant son discours est virulent contre le pouvoir en place. Il est même certain que l'on aimerait beaucoup que la gauche, du moins celle qui se dit être de gauche, tienne parfois les mêmes propos que le président du MODEM, sur les médias ou les prisons par exemple. Mais est-ce pour autant que François Bayrou devient de gauche ?

Pour le savoir il faudrait d'abord savoir ce que l'on appelle encore être de gauche aujourd'hui. L'aile droite du PS dont on a du mal à distinguer aujourd'hui ce qui la différencie de la droite ? A coup sûr Bayrou est proche de cette tendance.

Mais que dit-il sur des sujets vraiment clivants, quelles sont ses valeurs de gauche ? Que dit le MODEM sur la retraite à 60 ans ? Que dit le MODEM sur les atteintes aux droits syndicaux que l'on constate un peu partout ? Que dit le MODEM sur les 35 heures ? Pourquoi les sénateurs centristes votent-ils presque toutes les lois ? Sur ces questions importantes et sur beaucoup on ne l'entend guère, probablement parce qu'il est d'accord avec la politique de la droite.

On voit bien que de la coupe aux lèvres, il y a un fossé que le MODEM n'a pas encore franchi. François Bayrou n'appartient pas à cette droite libérale au pouvoir, il s'en distingue même fortement, mais il n'est certainement pas à gauche. Par contre, on pourrait se demander vu les positions qu'ils prennent, si certains socialistes, et notamment ceux qui sont prêts à prendre langue avec le patron du MODEM, ne sont pas déjà à droite.

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28 décembre 2008

Les postures de François Bayrou.

Je n'ai jamais été dupe de l'attitude de François Bayrou, cet homme qui pendant de longues années a soutenu toutes les majorités de droite et participé à plusieurs gouvernements (dont celui de Mr Balladur qui n'était pas le moins réactionnaire). Pourtant, depuis quelques temps, j'apprécie son discours, notamment sur deux sujets, l'Education nationale et le rôle des médias. Devant l'indigence de l'opposition, il tient un discours contestataire, qui lui a valu un certain succès pendant la campagne présidentielle, lui permettant de recueillir les suffrages d'électeurs de gauche. C'est d'ailleurs bien cet électorat là qu'il vise désormais.

Mais des paroles aux actes, il y a un pas que Mr Bayrou ne franchit vraiment pas. Sur l'école, je me contenterai de rappeler qu'il a été le ministre de l'Education Nationale proposant la révision de la loi Falloux (qui permet aux collectivités de subventionner en partie les écoles privées, le but étant pour Bayrou d'augmenter cette partie au détriment des écoles publiques), jetant un million de personnes dans les rue de Paris.

Mais c'est surtout son discours contre les médias qui m'intéresse, surtout parce que tout ce qu'il dit est juste. Il a raison pendant les présidentielles quand il s'insurge contre l'attitude des médias qui font tout pour renforcer les deux principaux candidats et le bipartisme. Il a raison quand il dénonce les conflits d'intérêts entre l'Elysée et les principaux patrons de presse tous amis du pouvoir. Il a raison quand il déclare que la suppression de la publicité sur le service public, n'est qu'un cadeau à ces mêmes patrons en plus d'une insulte à la liberté d'expression. Il a d'autant plus raison que le Parti socialiste, occupé à ses querelles internes, est inaudibles sur ces sujets (du moins jusqu'au débat parlementaire).

François Bayrou a donc occupé le terrain de la gauche sur un sujet ou elle aurait dû être omniprésente. Le résultat dans les instituts de sondages est d'ailleurs clair, l'électorat de François Bayrou vient de plus en plus souvent de la gauche. C'est peu dire que le député du Béarn était attendu pendant le débat à l'Assemblée Nationale sur la réforme du service public de radio et de télévision. Le PS, pour une fois a fait feu de tout bois, réussissant à alerter l'opinion sur ce qui constitue une atteinte majeure à la liberté d'expression.

Et où était Mr Bayrou pendant le mois qu'a duré le débat ? En tout cas pas à l'Assemblée puisqu'il n'y a pas mis les pieds pendant 4 semaines (information du Canard enchaîné). Vous me direz que ce n'est pas grave, comme il ne dispose pas de groupe dans cette chambre, il lui est difficile de s'exprimer. Il s'est donc répandu dans les médias, afin de défendre ses positions sur quelque chose qui visiblement lui tient à coeur ? Que nenni, qui peut citer une intervention médiatique de François Bayrou en décembre ?

Non, Mr Bayrou n'a pas bougé, ni lui ni ses proches (qui a entendu Marielle de Sarnez ?) pour une bonne raison : peu lui importe de défendre des idées, son seul but est de récupérer les électeurs attachés à ces idées. François Bayrou a construit ce mirage idéologique qu'est le centre dans le seul but d'exister médiatiquement face aux mastodontes UMP et PS. La seule chose qui l'intéresse, à l'instar de beaucoup d'autres, c'est le pouvoir. Peu importe la force des convictions et la manière dont on l'obtient.

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12 septembre 2008

Symptomatique affaire Tapie.

Je ne reviendrai pas sur le fond du nouvel imbroglio juridico-politiquejuridico-politique impliquant Bernard Tapie, tout simplement parce que je n'y comprends pas grand-chose (tout comme la plupart de mes compatriotes je suppose), et que l'immoralité de cette affaire est évidente : l'Etat va verser des millions à un type qui ne les mérite pas quand dans le même temps l'immense majorité des Français est priée de se serrer la ceinture. Non, ce qui m'intéresse ici, c'est l'attitude et le comportement de divers acteurs de notre vie politique.

Commençons par le principal intéressé, Bernard Tapie. L'homme symbole de la politique spectacle et des années fric que furent les années 80. Quel personnage de perdant magnifique incroyable. Un voyou, une crapule, en tout cas au moins dans les manières, mais un homme qui se redresse toujours. Un acteur né, avec une gouaille phénoménale qui fait qu'il est très populaire. Bernard Tapie a toujours su lier des liens d'amitiés avec les personnes pouvant lui venir en aide, même si a une époque donnée, beaucoup l'ont lâché.

Et justement, c'est une amitié qui amène le second personnage de l'histoire, le président de la République. Lui aussi sait choisir ses amis en fonction de ses intérêts, et nul doute que la popularité de Bernard Tapie dans les classes populaires lui a rendu un grand service au moment où il s'est rallier à lui. Et Nicolas Sarkozy sait renvoyer l'ascenseur ou protéger ses amis (l'épisode corse nous l'a bien prouvé). Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un tribunal arbitral soit convoqué pour juger une affaire qui normalement ne devrait pas être de son ressort. Chez Nicolas Sarkozy, l'intérêt de ses amis passe avant l'intérêt général.

Mais dans une démocratie telle que la notre, l'opposition doit crier devant de tels conflits d'intérêts, me direz-vous si vous êtes naïfs. Sauf que dans notre pays, la politique est un métier à vie, et les dirigeants de l'opposition aujourd'hui sont les mêmes que ceux qui étaient au pouvoir dans les années 80 et 90, c'est à dire quand Bernard Tapie était ministre et  donc au commencement de l'affaire avec le Crédit Lyonnais. Ce sont eux qui ont mis le pied à l'étrier pour Bernard Tapie. Et bien plus que leurs divisions, cela explique peut-être leur silence gêné sur cet affaire.

Et silencieux dans cette affaire, il y en a un qui ne l'est pas, c'est le dernier protagoniste important, le Zorro de la politique française, le chevalier blanc des causes perdues, François Bayrou. C'était trop tentant pour lui, il n'a pas su résister au plaisir de jeter un nouveau pavé dans la mare socialiste, et d'apparaître comme le défenseur des valeurs républicaines. Mais, les défend-il sincèrement ? On peut légitimement se poser la question quand on sait que Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, lui aussi partie prenante dans l'affaire, n'est autre que le vice-président du MODEM. Au final, François Bayrou défend les intérêts de qui ?

Tout cela nous donne un marigot puant où personne n'est sincère, où chacun défend ses propres intérêts, au mépris des Français la plupart. Et ni Bernard Tapie, ni le Crédit Lyonnais ne sont des victimes, il n'y a qu'une seule victime : la politique.

A lire sur le sujet :

http://poliblog.canalblog.com/archives/2008/09/11/10538893.html#comments (c'est plutot marrant)

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12 mai 2008

Les politiques ont capitulé devant le pouvoir médiatique.

Pendant la campagne électorale des élections présidentielles, la mainmise de certains grands groupes sur la quasi totalité des grands médias avait fait débat. Il faut d'ailleurs rendre hommage à François Bayrou qui le premier c'était insurgé contre cette situation.

Essayons d'imaginer un pays où les plus grandes fortunes posséderaient aussi les moyens d'information, un pays où la plupart des patrons de presse seraient des proches du pouvoir, un pays où le premier marchand d'armes serait aussi le propriétaire du premier journal d'information, un pays où la principale chaîne de télé appartient à un entrepreneur du BTP travaillant essentiellement avec les marchés publics,  un pays où quelles que soient les radios où les télés que l'on prennent, les plages d'information ont le même contenu, la même ligne éditoriale, la même saveur fade. Eh bien n'imaginez plus, ce pays existe, c'est la France.

Certes, en apparence, la presse est libre. Mais en apparenceseulement. Le meilleur exemple que l'on puisse donner est celui de la Chine. Le passage de la flamme à Paris avait permis aux partisans du boycott des Jeux Olympiques de se faire entendre. Depuis, il n'y a plus rien, la parole n'est plus donnée à ces Français qui ne veulent pas que leur pays cautionne une des plus grande dictature de la planète, une forte majorité si on en croit les sondages. Il faut dire que les enjeux économiques sont énormes. Or, parmi les grandes entreprises impliquées en Chine, on trouve celles qui possédent des télévisions, des radios ou bien des journaux. Et comme les mêmes patrons sont également souvent des proches du pouvoir, le résultat est attendu : silence médiatique pour les opposants et rabibochage politique avec la Chine.

Ce n'est donc pas du côté de la majorité qu'il faut attendre une quelconque critique sur la situation de monopole des grands groupes de presse. Mais du côté de l'opposition, on n'entend rien non plus. A peine entend-on les caciques du PS jouer les vierges effarouchées parce que le temps de parole du président n'est pas décompté, ou parce qu'ils s'estiment maltraités par telles ou telles émissions. Mais sur la collusion entre les pouvoirs médiatiques, économiques et politiques ? Rien, désespérément rien. Peut-être faut-il trouver une explication du fait que les hommes et femmes politiques de droite comme de gauche, fréquentent souvent les mêmes écoles que les journalistes, sont souvent issus des mêmes milieux sociaux, bref, sont du même sérail.

Oui, mais me direz-vous, cette gauche-là à capituler depuis longtemps face aux puissances d'argent. Allons donc voir du côté des plus radicaux. Chez Arlette Laguiller, dont l'organisation faisait la fête ce week-end, dans les derniers discours, à ma connaissance, il n'y a rien sur les médias. Pourtant, l'information devrait à mon sens être au centre du combat révolutionnaire. Quant à la LCR, la présence de son leader charismatique chez Drucker est symbolique. Soyons clair, je trouve bien qu'un leader politique amené à jouer un grand rôle puisse ^parler politique dans une émission populaire de grande écoute. Il faut bien aller chercher ses électeurs là où ils se trouvent. Mais, il ne faut pas que le compromis se transforme en compromission, il faut alors profiter d'être dans la place pour rappeler les collusions d'intérêt. Besancenot ne l'a pas fait. Il faut juste espérer que cela ne soit pas symbolique de ce que sera son futur parti politique : une machine à élections sans contenu derrière.

Certes, il y a françois Bayrou me direz-vous. Je reconnais que ses propos de campagne sur le sujet et son attitude ont été particulièrement courageux. J'ai aussi la faiblesse de croire le personnage sincère. Mais faisons quand même quelques observations. Pourquoi n'a-t-il jamais tenu les mêmes propos lorsqu'il était au pouvoir ? Les principales privatisations, les principales autorisations d'émettre se sont faits alors qu'il soutenait la majorité au pouvoir, ou quand lui-même était ministre. Son appartenance jusqu'à il y a peu au conseil d'administration de France-galop (principal organisateur des courses hippiques en France) peut paraître suspect, et faire paraitre ses propos de 2007 pour une simple posture. Il faut dire qu'au même conseil d'administration on y trouve aussi des personnes comme Edouard de Rothschild (principal actionnaire de Libération), Arnaud Lagardère et autres grands patrons.

Je crois fondamentalement que si on veut sinon changer, du moins améliorer profondément la société, le combat de l'information, de sa diversité, de sa qualité et surtout de son indépendance est un des plus importants à mener. Or, sur ce domaine, il faut bien constater que toute la classe politique à renoncer. Seuls quelques philosophes comme Bernard Stiegler, ou quelques journalistes indépendants comme Serge Halimi ou Daniel Mermet ont le courage dénoncer cette imposture. Quelques journaux encore ont décidé de ne pas se taire. Mais pour combien de temps ?

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27 février 2008

Les municipales à Pau.

pau_2Pau, c'est la Mulhouse du sud-ouest. Du moins sur le plan politique. En effet, il y a quelques similitudes entre les situations des deux villes. Pau, comme Mulhouse, est une ville qui est depuis longtemps socialiste, et dont le maire sortant bénéficie lui aussi du soutien de l'UMP.

Yves_UrietaMais, dans le Béarn, la situation est encore plus complexe. L'image de la ville de Pau a longtemps été associée à celle son maire, André Labarrère, figure locale populaire. Mais, celui-ci est décédé en cours de mandat. C'est donc Yves Urieta qui lui succède à la mairie, apparemment non sans remous au sein de son parti. Mais, ce dernier se rapproche de la majorité présidentielle pour finalement rejoindre le mouvement créé par Jean-Marie Bockel (maire de Mulhouse, tiens, tiens), et se présenter soutenu par l'UMP. Dans la foulée, le parti socialiste présente contre lui une candidate, Martine Lignières-Cassou, députée très bien implantée localement.

Martine_Lignieres_CassouLes choses seraient déjà suffisamment compliquées s'il n'y avait en plus un troisième, qui plus est personnalité politique de niveau national : François Bayrou. Le centriste, natif de la région, décide de se lancer à la conquête de la ville, après un premier échec il y a déjà longtemps. Il sait qu'il joue sur ce scrutin une partie de sa crédibilité, même si en politique les choses ne sont jamais définitives et peuvent changer très vite. Reconnaissons toutefois le courage politique.

francois_BayrouFort du très bon score qu'il avait réalisé à la présidentielle sur la ville, 30 %, François Bayrou pensait pouvoir s'emparer facilement de la ville, et pourquoi pas, s'en servir comme tremplin au niveau national. Cela semblait d'autant plus faisable que le PS local est divisé (il y a même des dissidents sur la liste Modem, ce qui fait qu'il y a des socialistes sur les principales listes), et que la droite est atone. Mais, les premiers sondages indiquent que les choses ne seront pas si simples. Le maire sortant pourrait payer au prix fort sa trahison et ne rallier au final que les électeurs sarkozystes convaincus (ce qui, au train où vont les choses risque de faire bien peu). Mais Pau reste une ville de gauche, qui a massivement voté Royal au second tour de la présidentielle. Le résultat sera donc très serré.

Un échec à Pau, s'il ne met pas fin à la carrière du Béarnais, pourrait cependant sonner le glas de la stratégie du ni droite ni gauche, peu lisible pour les électeurs, et l'obliger à revois ses alliances futures.

PS : Je précise aussi la présence d'une liste soutenue par la LCR. En cas de triangulaire serrée, un bon report de ses voix sur la liste PS, peut avoir son importance. En outre, cette liste s'inscrit dans la logique de création d'un nouveau parti anticapitaliste. Il y a donc un double enjeu pour la LCR : réussir le meilleur score possible aux municipales, mais aussi entraîner un maximum de personnes dérrière son nouveau parti.

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03 février 2008

Le MODEM, c'est le grand n'importe quoi !

fran_ois_bayrouJe reconnais un certain courage politique à François Bayrou.J'ai même admiré certaines de ses prises de position pendant la campagne présidentielle. Et j'aurais aimé entendre certains des propos qu'il a tenu dans la bouche des leaders de la gauche, notamment sur les médias.

Seulement, il faut se rendre à l'évidence, c'était le temps d'une campagne, et déjà, ce n'est plus qu'une posture. Faire de la politique autrement, construire un grand parti politique du centre s'avère une gageure. La période des municipales est calamiteuse pour le MODEM. On ne voit aucune ligne directrice. Les candidats s'allient ici avec la gauche, là avec la droite. Ce qui compte désormais, c'est d'aller là où il y a des postes possibles à gagner, au détriment souvent des convictions.

Lyon en est l'exemple flagrant. Cette ville n'a jamais cédé aux positions les plus tranchées. Lyon est la définition même d'une ville centriste, terrain de jeu idéal donc pour le MODEM. Pourtant, les militants de ce parti sont tiraillés. Certains veulent revenir à leurs alliances naturelles avec la droite, au risque de se retrouver avec les millonistes et de renier certains de leurs idéaux. D'autres considèrent qu'il faut faire alliance avec le maire sortant, socialiste rose pâle, désormais favori, ce qui garantirait des postes intéressants. Enfin, il y a la position de la direction nationale qui veut une liste indépendante. Au final, les trois attitudes risquent de prévaloir, et l'électeur lyonnais de centre droit d'avoir d'excellentes raisons de rester chez lui. Drôle de situation pour François Bayrou qui voulait redonner ses lettres de noblesse à l'action politique.

C'est un drôle de paradoxe pour ce parti, qui s'est partiellement construit sur le retour d'une certaine morale en politique, la fin du "copinage" et une plus grande transparence dans les nominations. Aujourd'hui, être candidat pour le MODEM, s'est d'abord s'allier avec le plus fort. Entre les situations à Bordeaux, Pau, Lyon, Dijon, Paris, personne ne peut dire ce qu'est la ligne directrice du MODEM. Aujourd'hui, en Vendée, des membres du MODEM s'allient avec les villiéristes. Marielle de Sarnez a parlé de listes alternatives, mais malheureusement elle ne précise pas de quelle alternative il s'agit.marielle_de_sarnez

Pour moi, le centre n'existe pas. Et la politique reste binaire : gauche, droite. Certes, il existe des nuances, selon les personnes, les régions, mais la fin du communisme n'a aucunement changé la nécessité pour toute une partie de la classe politique et de la population de s'opposer à la loi du marché pure et simple. Se considérer du centre comme François Bayrou, ou une frange du parti socialiste, c'est accepter le monde tel qu'il est, et juste vouloir l'aménager. C'est la même démarche que la droite, seule la teneur des aménagements peut différer. Il n'existe qu'une seule autre attitude possible, celle de vouloir changer complètement la société et d'oeuvrer à trouver de nouvelles solutions, puisque le communisme tel qu'il a été essayé ne fonctionne pas.

Ce que l'on connaît aujourd'hui est bien un monde binaire : pour ou contre le marché. Se définir du centre, c'est un coup politique qui peut très vite devenir une posture ingérable.

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02 décembre 2007

Le Modem : le Canada Dry de la droite !

bayrouOn aimerait être sympathique avec François Bayrou, tant l'homme paraît sincère dans sa démarche. Il faut dire qu'il est courageux le François Bayrou, sous ses dehors rustiques, il a su montrer qu'un homme politique pouvait rester fidèle à ses valeurs, à ses idées sans que cela ne soit fatal du point de vue électoral. Il a pris des coups, beaucoup, subi des trahisons, fait des erreurs, mais il est toujours debout. Oui, on a envie de l'aimer François Bayrou, parce qu'il apporte un peu de fraîcheur et d'humanité dans un monde brut.

On aimerait bien, mais on ne peut point. Parce que le Modem, c'est avant tout une posture. L'UDF, même débarrassée de ses ténors partis chercher des maroquins à UMP, et rajeuni par toute une jeunesse branchée sur internet et déçue par le PS, l'UDF reste un parti fondamentalement attaché aux valeurs du capitalisme : l'individualisme, la loi du marché, l'économie libérée du droit du travail.

Il est bien beau de dire que l'on arrête la politique partisane et que l'on prend les meilleurs à droite et à gauche. Mais pour que ces meilleurs puissent travailler ensemble, ils faut au moins qu'ils soient d'accord sur l'essentiel : il faut préserver le modèle économique actuel. Ce qui veut dire que l'on prend les moins à gauche de la gauche (ci qui va s'avérer difficile, ces derniers sont déjà partis rejoindre la droite qui s'assume), et les gens de droite à qui on a encore rien promis, ou qui ne se reconnaissent pas dans le despotisme actuel.

Car au fond, c'est une façon différente d'exercer le pouvoir que prône Bayrou. Le changement ne serait pas sur le fond, ni sur la politique économique de ce pays. Or, c'est bien le fond la source de tous nos maux, ici comme ailleurs. Et ce n'est pas parce que Bayrou se retrouve de plus en plus à voter avec la gauche à l'Assemblée Nationale, qu'il mènerait une politique différente de celle de Sarkozy. Non, cela prouve seulement que le PS a dangereusement glissé sur sa droite.

Mais, François Bayrou a trouvé bien peu de choses à redire sur l'intervention de Nicolas Sarkozy. Ni sur les principales réformes du nouveau président. Il critique seulement la forme, rarement le fond. Parce que du PS à l'UMP, en passant par le Modem, ils sont d'accord sur un point : le libéralisme a gagné, tout au plus certains l'acceptent avec contraintes et gardent l'espoir de l'aménager, là où d'autres s'en réjouissent.

Le Modem, ça a l'air différent, ça rappelle des valeurs d'autrefois, ça se veut synonyme d'espoir, mais le Modem, c'est du Canada Dry, de la droite libérale qui ne veut pas le dire.

Posté par leunamme à 17:19 - actualité politique - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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