17 janvier 2009
Pourquoi l'élection de Barack Obama ne changera rien pour les américains les plus fragiles.
Le 4 novembre dernier, l'élection de Barack Obama à la présidentielle américaine a été célébrée avec enthousiasme par beaucoup de personnes dans le monde entier. J'en faisais parti. Si cette victoire est importante, c'est par le symbole que représente l'arrivée d'un noir à la présidence de la première puissance économique, et parce qu'elle met fin à 8 ans de règne de Georges Bush. L'espoir est en effet immense de voir un changement important dans la politique extérieure des Etats-Unis. Là où Mr Bush à exacerbé les tensions et les conflits, on peut espérer que la politique de Barack Obama les apaisera, même si les premiers discours sur l'Afghanistanl'Afghanistan par exemple ne doivent pas laisser entrevoir de miracles.
Pour autant, il ne faut pas s'attendre à des transformations majeures en matière économique, et si la présence de Mr Obama aux manettes est préférable à celle d'un républicain en temps de crise, seules les classes moyennes devraient voir leur situation s'améliorer. Les plus pauvres, dont le nombre ne cesse de grandir, n'ont rien à attendre d'une politique qui se revendique comme social-démocrate : les Européens le savent parfaitement, eux qui ont été éloignés de la politique par les multiples trahisons des gauches au pouvoir.
Avant même l'investiture, les premiers signes vont dans le sens de cette thèse. Durant toute sa campagne, ainsi que ces dernières semaines, le nouvel élu n'a cessé de proclamé qu'il relancerait l'économie par des baisses d'impôts pour la majorité des américains. Cela signifie que les plus pauvres qui ne paient pas d'impôts ne figurent pas dans les plans de la nouvelle équipe. Ensuite, annoncer des baisses d'impôts, c'est tourner le dos à ce que devrait être une vraie politique de gauche, l'impôt sur le revenu étant la garant d'une politique de redistribution et de partage plus égalitaire. Enfin, comme toujours lorsque l'Etat à des recettes en moins, il faut bien compenser les pertes, et cela se fait toujours sur le dos des services publics, véritables soupape de sécurité pour les personnes en situation de précarité.
Un dernier signe n'est guère encourageant : dans l'équipe nouvellement nommée, figurent de nombreuses personnalités qui étaient déjà présentes sous l'ère Clinton. Comment croire que ces derniers pourraient réaliser aujourd'hui ce qu'ils n'ont pas fait il y a 8 ans.
Barack Obama n'a pas pour mission de changer le monde, il est là pour défendre les intérêts des américains, les plus riches essentiellement, et désormais, son équipe va s'atteler à une tâche principale : sauver le capitalisme de la crise.
PS : Pensez à vous inscrire à la newsletter pour être averti à chaque nouvel article.
05 janvier 2009
Le désastre de Gaza : tous responsables.
La situation au Proche-Orient est très compliquée, c'est pourquoi il en est peu question ici, de peur de faire des erreurs. Cependant, avec l'intervention israëlienne dans la bande de Gaza, la tension est telle qu'il est devenu difficile de ne pas en parler. Loin de moi cependant l'idée de prendre position, même s¨'il est facile pour ceux qui me lisent régulièrement de deviner où vont mes sympathies.
Les raisons de l'invasion actuelle sont claires et servent les principaux protagonistes. La ministre des affaires étrangère israëlienne de même que celui de la défense dans un premier temps. Tous deux sont engagés dans une élection difficile pour eux, où l'extrême-droite menée par Benyamin Netanyhaou menace fortement. Ils espérent tirer les dividendes électoraux d'une intervention musclée. Les derniers sondages leurs donnent d'ailleurs raison. Le Hamas ensuite est l'autre grand vainqueur de ce conflit, puisqu'il prospère sur la misère de son peuple et sur la haine des Juifs. Tout porte à croire que les dirigeants islamistes ont voulu l'intervention israëlienne, comme en témoignent la stratègie de bombardements continus. L'Iran enfin espére tirer les marrons du feu. Nul n'ignore que Téhéran soutient le Hamas et souhaite démontrer au monde sa capacité de nuisance intacte.
Mais au-delà de ces victoires à courte vue, c'est bien d'un fiasco général qu'il s'agit dont le prix sera payé par l'ensemble des populations de la région. Un fiasco qui ne date pas d'hier, et qui et la résultante de l'échec et de l'impuisance de tous les acteurs concernés, pas seulement les Israëliens et les Palestiniens.
L'échec de la classe politique israëlienne qui a continué à donner des gages à son extrême-droite notamment en continuant les colonisations. Le système électoral proportionnel, certes le plus démocratique possible, fait aussi que les extrêmistes religieux sont au centre du jeu politique et qu'aucune majorité n'est viable sans eux. Depuis Rabin, aucun dirigeant israëlien n'a osé s'opposer frontalement aux partis religieux. C'est triste à dire, mais la faiblesse d'Israël, c'est son fonctionnement démocratique.
L'échec de l'autorité palestinienne. Le Fatah, principal parti, gangréné par la corruption a vu peu à peu son autorité contestée par le Hamas, aujourd'hui au pouvoir à Gaza. L'incapacité du Fatah à proposer une alternative politique aux islamistes, de même que la guerre fratricide entre les deux factions, plonge le pays dans le désarroi le plus total, et laisse Israël sans interlocuteur.
L'échec du Hamas et des partis islamistes. Leur refus de reconnaître Israël et leur jusqu'au boutisme débouche fatalement sur une impasse. Aucune solution ne pourra être trouvée sans une reconnaissance d'Israël. C'est aussi l'échec du monde arabe, incapable d'avoir une position commune.
L'échec des Etats-Unis. La politique étrangère américaine soutient depuis toujours Israël. Cela s'explique évidemment par l'importance de la communauté juive outre-Atlantique. Mais, depuis 8 ans, la vision totalement binaire du monde qu'a Georges Bush, avec d'un côté le soi-disant monde libre et de l'autre les terroristes, sans qu'il n'y ait rien entre, cette vision-là s'est avérée catastrophique et n'a fait que renforcer les haines. L'élection de Barak Obama redonne certes un peu d'espoir, mais son silence depuis 10 ans indique qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions.
L'échec de l'Union Européenne. Incapable depuis toujours d'avoir une politique étrangère commune elle n'arrive toujours pas à parler d'une seule voix. La meilleure illustration de son indigence est le voyage du président français (initiative au demeurant louable), qui se fait sans l'accord des autres pays européens, et alors même que la présidence tchèque tient un discurs différent sur le sujet.
L'échec de l'ONU et de la communauté internationale. Incapable depuis toujours de faire respecter dans cette région la moindre décision du conseil de sécurité, l'ONU aujourd'hui n'est même plus dans la capacité d'avoir une simple déclaration de principe commune.
C'est toute cette accumulation d'échecs et de renoncements qui fait qu'aujourd'hui nous sommes devant un drame humain épouvantable. Pourtant, la solution est connue de tous, elle passe forcément par la création d'un état palestinien d'une part, et la reconnaissance d'Israël d'une autre. Toutes les autres questions, le statut de Jérusalem, ou le sort des réfugiés ne sont qu'annexes. Seules ces deux décisions peuvent permettre une issue favorable. Encore faut-il que la volonté politique existe.
05 novembre 2008
L'espoir Obama
Tout a déjà été dit sur la victoire de Barack Obama à la présidentielle américaine. Je ne reviendrai donc pas sur l'importance symbolique de sa couleur de peau. De toute façon dans quelques mois, celle-ci ne comptera plus au regard de sa politique et de ses actes. Si cette victoire est importante, c'est d'abord et surtout parce qu'elle met fin aux 8 années du cauchemar Bush. Elle est importante parce que pendant 8 ans le monde entier a attendu en vain les mots d'unité, de réconciliation et d'espoir qui ont été prononcés hier soir par le nouvel élu. Désormais, c'en est fini de la partition du monde entre le bien et le mal, d'une vision biblique des relations entre communautés. Le dialogue redevient possible (même s'il n'est pas une fin en soi), et l'espoir d'un monde moins sanglant, plus humain se fait jour. La tâche va être rude pour Mr Obama, mais elle est d'autant plus enthousiasmante que nous sortons de l'enfer. Bon courage !
08 octobre 2008
Des raisons pour souhaiter la victoire d'Obama !
Comme je l'ai déjà dit il y a quelques temps, il ne faut pas trop attendre d'une éventuelle victoire de Barack Obama, ce dernier, bien que plus à gauche que beaucoup d'américains, ne remet absolument pas en cause la logique du système américain, tout juste croit-il en son nécessaire aménagement. Cependant, son accession à la Maison Blanche serait une bonne nouvelle, et pas seulement pour les Américains :
1) Pour le symbôle qu'il représente. L'arrivée à la tête du pouvoir de la première puissance économique d'un noir (même si en fait il est métis), apparaîtrait comme un formidable message d'espoir pour tous les noirs de la planète, mais bien au-delà, pour toutes les minorités, partout dans le monde. Sa réussite et son charisme exceptionnel peuvent servir d'exemple et rendre fiers des millions de personnes.
2) Parce que ses positions en matière de politique étrangère sont plus nuancées que celles de l'actuel locataire de la Maison Blanche. Avec Obama comme président, il y a peut-être un espoir que l'on sorte d'une conception religieuse du monde, que la guerre entre le bien et le mal ne soit plus qu'un lointain souvenir, et surtout, qu'il y ait des avancées concrètes sur des conflits complexes comme le Proche-Orient ou l'Irak.
3) Toujours sur le plan international, la victoire d'Obama permettra peut-être un retour du droit en matière diplomatique et redorera probablement le blason de l'ONU.
4) Si les américains les plus riches n'auront rien à craindre pour leurs portefeuilles avec Obama, on peut cependant espérer une amorce de distribution des richesses soulageant un peu les américains les plus pauvres.
5) Obama président serait une bonne nouvelle pour la planète, les USA pourraient signer le protocole de Kyoto, et faire faire un bond considérable à la protection de l'environnement.
6) Parce qu'au-delà la posture ultra-libéraleultra-libérale de son adversaire, son incompétence en matière économique inquiètent. De plus, la présence de Mme Palin, républicaine ultra-réactionnaireultra-réactionnaire, comme colistière de John McCain n'est pas de bonne augure. Avec elle, on peut craindre un immense retour en arrière sur les libertés, et surtout sur les droits de la femme.
30 septembre 2008
Le rejet du plan Paulson : l'idéologie libérale jusqu'au bout ?
Le plan Paulson devait, selon l'administration Bush, permettre de sortir les Etats-Unis de la crise financière et bancaire dans laquelle ils semblent s'enfoncer peu à peu. Ils consistait essentiellement en une injection massive de liquidités par l'état américain, et le rachat des avoirs douteux des banques. Après des négociations houleuses et un pas de danse ridicule de John McCain, Républicains et Démocrates avaient fini par se mettre d'accord sur une version fortement amendée, présentant notamment les garanties nécessaires réclamées par les Démocrates. C'est cette version qui a été rejetée hier, alors que personne ne s'y attendait, faisant plonger les bourses et jetant un voile de pessimisme sur l'économie mondiale.
Si le vote au Congrès américain a été négatif, c'est d'abord pour des raisons politiciennes. Devant l'impopularité de ce plan, de nombreux parlementaires américains craignaient pour leur réélection s'ils votaient positivement. C'est ainsi que 40 % des Démocrates, pourtant les plus favorables, ont rejoint les 2 tiers des Républicains qui s'opposaient.
Mais la principale raison est que nombre d'élus, dans la logique purement libérale (au sens Français) qui est la leur, refusent toute entrée de l'état dans les affaires économiques. Pour eux, le marché doit payer et assumer ses propres dérives. Moralement et intellectuellement, il y a là une certaine logique. Pourquoi par le biais des impôts les contribuables américains devraient payer pour les excès que d'autres sont commis, dans le but unique de toujours gagner plus d'argent ? Et la question ne vaut pas que pour les Etats-Unis, en France on peut également s'interroger sur la rapidité avec laquelle le pouvoir promet d'aider les banques si besoin est, alors que rien n'a été fait pendant 18 mois pour soutenir le pouvoir d'achat, ce qui aurait soulagé des millions des personnes en situation difficile.
Cependant, même si l'on peut comprendre le rejet des parlementaires américains, leur décision est dangereuse. Non pas pour les patrons de banques ou les gros actionnaires, car gageons que ceux-là sauront rebondir, mais pour tous les autres, ceux qui en une séance à la bourse risquent de perdre les économies de toute une vie. Ceux qui sans travail ou en grosses difficulté auront encore plus de mal à s'en sortir si les banques, faute de liquidités n'investissent plus dans l'économie et ne prêtent plus pour les projets des citoyens.
Comme toujours, quand il y a une crise économique, elle est souvent due aux erreurs des puissants, mais ce sont les citoyens de base qui en payent le prix le plus dur. Il est notable que par le passé aucune crise ne s'est résolue sans une intervention massive des Etats sur la scène économique (RooseveltRoosevelt par exemple). D'ailleurs, on peut remarquer que ceux qui aujourd'hui prônent la non-intervention publique, sont les mêmes qui ont voté les dérégulations successives du marché, qui nous ont mené là où nous sommes aujourd'hui.
En conclusion je dirais simplement que les Américains n'ont pas le choix (et d'ailleurs à mon avis, tôt ou tard ils voteront le plan Paulson sous cette forme ou sous une autre), l'Etat doit redevenir ce régulateur qu'il n'aurait jamais du cesser d'être. C'est la seule manière de conjurer cette crise, et à terme de remettre un peu d'équité dans l'économie mondiale. Je note au passage avec plaisir, le retour à la mode du mot nationalisation.
18 septembre 2008
Pourvu que ce ne soit pas McCain !
Soyons clair, il ne faut se faire aucune illusion sur Barack Obama, s'il permettrait quelques avancées au niveau international et des infléchissements de la politique ultra libérale menée actuellement par les Etats-Unis, il ne changerait pas grand-chose sur le fond ; et rappelons qu'il est favorable à la peine de mort.
Mais l'élection de John Mc Cain serait quant à elle une véritable catastrophe ; Et le choix de sa colistière ne peut que renforcer ce sentiment.
Les griefs que l'on peut reprocher à Mc Cain sont nombreux : chaud partisan de la guerre en Irak, il est contre un retrait rapide des troupes américaines ; on peut craindre qu'il n'engage aussi son pays dans une guerre dévastatrice en Iran ; sur le plan intérieur, son désintérêt avoué pour les dossiers économiques prouve qu'il ne serait absolument pas la personne adéquat pour résoudre la crise actuelle ; son âge enfin, peut laisser craindre que Sarah Palin, passionaria religieuse dont les positions sur les questions de la famille serait classées d'extrême-droited'extrême-droite de ce coté-ci du Pacifique. Sans compter son coté va-t-en guerre, elle se dit en effet prête à entrer en guerre contre la Russie !
Pour toute ces raisons, il faut espérer la victoire d'Obama. Sans compter que se serait en plus un symbole formidable pour toutes les minorités dans le monde, et pour la communauté noire en générale.
13 août 2008
Vers un succès diplomatique pour Nicolas Sarkozy
Le président de la République est suffisamment critiqué sur ce blog, il convient donc aussi de saluer lorsque certaines de ses initiatives sont positives. La démarche de conciliation entre la Russie et la Géorgie qui paraissait vouée à l'échec au départ, devrait déboucher dans les heures qui viennent sur un cessez-le-feu et un plan de paix entre les deux protagonistes ( contenu du plan de paix à cette adresse : http://www.euronews.netwww.euronews.net/fr/article/12/08/2008/russia-and-europe-draw-up-georgia-peace-planrussia-and-europe-draw-up-georgia-peace-plan/ ).
Il convient toutefois de rester prudent tant la situation reste précaire et la guerre des communiqués permanente entre belligérants. Cependant la rapidité avec laquelle cet accord est intervenu est un succès pour Nicolas Sarkozy. Néanmoins, il faut remarquer qu'il se fait sur la base de ce que voulait la Russie et ne règle en rien la situation politique des régions sécessionnistes.
Au rang des grands vainqueurs de ce conflit, il faut donc mettre la Russie et son duo dirigeant (Medvedev peut-être pas si potiche que cela et Poutine Premier ministre omniprésent). Elle a attendu l'erreur de la Géorgie pour intervenir, a fait reculer cette dernière et renforcé ses positions dans la région. Surtout en intervenant d'une manière disproportionnée, la Russie envoie un message à tous ses voisins, signifiant qu'elle est de retour sur la scène mondiale et que rien ne pourra plus se décider sans elle, surtout si cela concerne sa sphère politique.
L'Union européenne et Nicolas Sarkozy en tant que président de cette dernière sortent pour l'instant grandis de cet épisode. Toutefois une nouvelle épreuve attend l'Union Européenne puisque la plupart des pays de l'est soutiennent publiquement la Géorgie et craignent fortement un retour en force de la Russie sur la scène diplomatique. Malgré tout, le fait que l'Europe ait pu contribuer à stopper un conflit à ses portes est une bonne nouvelle, et le fait que Nicolas Sarkozy en soit l'instigateur ne peut que renforcer les positions de la France en son sein.
Reste ceux qui aux yeux du reste du monde apparaissent comme les grands perdants de ce conflit. Le président géorgien en premier lieu, SaakachviliSaakachvili. Contesté dans son pays, l'intervention en Ossétie du sud se voulait pour lui un moyen de renforcer son autorité et de contrer les velléités russes sur la région. Mais l'amateurisme avec laquelle cela a été préparé, le fiasco militaire final font qu'il est complètement discrédité au niveau international et que ses jours à la tête de son pays sont probablement comptés.
Le second perdant dans cette guerre, ce sont les Etats-Unis. Georges Bush a multiplié ces derniers jours les discours appelant au retrait des troupes russes et au soutien du président géorgien. Rappelons que celui-ci a été formé aux Etats-Unis et était proche des pays occidentaux. Cependant, les américains ont renaclé a soutenir militairement la Géorgie, montrant en cela qu'ils ne sont plus la superpuissance qu'ils affirment être, et surtout qu'ils n'ont plus les moyens de contrer la Russie.
Toutefois, la situation reste fragile, et les positions peuvent bouger rapidement, au point que les vainqueurs d'aujourd'hui ne le seront peut-être plus demain.
11 août 2008
Géorgie : le retour de la guerre froide ?
A l'heure où tout le monde s'inquiète (ou se réjouit) de la montée en puissance de la Chine, il est un autre pays, immense celui-ci, qui se rappelle à la face du monde, la Russie. L'intervention militaire en Géorgie ne doit rien au hasard, elle signifie simplement que la Russie a retrouvé sa puissance militaire et n'a en rien renoncé à influencer voire contrôler ses anciennes possessions, ou ses anciens pays satellites.
Rappelons d'abord les faits (on les trouve sur le site du Monde http://www.lemonde.frwww.lemonde.fr/web/module_chrono/0,11-0@2-3214,32-1081432@51-1036786,0.html). Dès l'indépendance de la Géorgie, la petite région d'Ossétie du sud, à majorité russophone, a voulu sa propre indépendance. En 1991, elle a obtenu une forte autonomie qu'elle a depuis lors renforcé, et de fait, le gouvernement de TbilissiTbilissi n'a quasiment plus le contrôle sur elle. En 2003, suite à une révolution, la Géorgie s'essaie à la démocratie et se dote d'un gouvernement pro-occidentalpro-occidental avec Mikheïl SaakachviliSaakachvili à sa tête, avec une promesse forte, celle de ramener les régions céssessionistes (l'Abkhazie est la deuxième) à la raison. Fortement contesté depuis sa réélection en 2008, SaakachviliSaakachvili tente de redorer son image en passant à l'action en Ossétie, région qui bénéficie de l'appui et du soutien militaire de Moscou.
En intervenant militairement en Russie, Poutine justifie sa popularité auprès de son peuple (le nouveau président Medvedev n'est ici qu'une potiche), montrant qu'il se situe bien dans la continuité de la puissante URSS, et surtout que la Russie en a fini avec le démantèlement de son territoire. Poutine signifie au monde que la Russie va reprendre progressivement son empreinte sur ses anciennes colonies. Les menaces économiques sur l'Ukraine avec le gaz n'étaient qu'un début.
L'intervention en Géorgie se comprend d'autant plus que ce pays est stratégique pour la Russie, avec le contrôle des oléoducs en provenance de la mer Caspienne. Elle ne peut donc y permettre le développement d'une puissance pro-occidentalepro-occidentale, intégrée dans l'OTAN comme le demande le régime de TbilissiTbilissi. Bien plus qu'une réponse à l'intervention militaire géorgienne, il s'agit d'un message envoyé au monde occidental, et particulièrement à l'Europe et aux Etats-Unis.
Il faut bien dire que l'Europe, une fois de plus, à montrée son indigence en matière de politique étrangère. De peur de s'opposer directement à la Russie, elle n'a pas voulu s'engager plus profondément dans l'intégration économique et politique de la Géorgie, laissant libre-champ à Moscou (à l'instar de la TchétchénieTchétchénie d'ailleurs). De même, les réponses tardives et poussives des Etats-Unis prouvent une fois de plus que ce pays, englué dans les conflits en Irak et en AfghanistanAfghanistan, n'est plus une superpuissance et n'a plus les moyens de pression que pourtant il revendique.
Parce que les Etats-Unis et l'Europe n'ont pas les moyens ni la volonté de contrer la Russie, on est en droit de s'attendre désormais à d'autres interventions de Moscou dans ce qu'elle considère comme sa sphère privilégiée, à savoir l'Ukraine, les Balkans, les pays Baltes, voire une partie des anciens pays de l'est. De là à penser au retour de la Guerre Froide, il n'y a pas loin, sauf que celle-ci ne se ferait plus sur des bases idéologiques, mais économiques et diplomatiques.
04 décembre 2007
Pire que la bombe nucléaire : Bush
Il y a deux ans, Georges Bush déclarait à propos de l'Iran que si ce pays se dotait de l'arme nucléaire, cela ménerait tout droit à une guerre mondiale. Et dans la bouche de l'homme qui a su manipuler son opinion publique pour entraîner son armée dans un conflit interminable en Irak, ces propos ne sont pas à prendre à la légére. Tout porte à croire que vu la situation inextricable dans laquelle se trouvent les Etats-Unis dans ce conflit, vu la fragilité de Georges dans son propre pays, que l'ouverture d'un second conflit en Iran, ne serait pas pour lui déplaire. Ou au moins créer un fort climat de tension
Cela aurait au moins le mérite de resserrait pour un temps la population américaine autour de son président. A quelques mois 'une élection présidentielle indécise, cela peut avoir de l'importance. Et les récents propos de Mr Kouchner sur le nucléaire iranien tendraient plutot à renforcer mes convictions. La France étant désormais cet allié indéfectible que ne veut plus jouer la Grande-Bretagne.
Mais voila, il y 5 ans l'absence d'armes de destructions massives en Irak avait failli faire capoter les projets guerriers du va-t-en-guerre Bush, et il avait fallu de gros mensonges et une bonne dose de perfidie, pour finalement déclencher un conflit si profitable aux multinationales américaines et tellement catastrophique pour la région et les populations locales. Et comme il y a 5 ans, il y a de nouveau un grain de sable.
Les 16 agences de renseignement américaines déclarent être quasiment sures que l'Iran avait cessé depuis 2003 son programme d'armement nucléaire. Mieux, fin 2006, il n'avait toujours pas repris. Elles ajoutent même que l'Iran ne semble pas déterminé à se procurer la bombe atomique. Par contre, l'hypothèse de la continuation de recherches en direction du nucléaire civil est avérée.
Et on se dit que dans un pays démocratique tel que le sont prétendument les USA, un président démocratiquement élu va faire des déclarations allant dans le sens d'une désescalade de la tension diplomatique. Qu'il va reconnaitre qu'il s'est trompé sur les intentions iraniennes, et reprendre des contacts diplomatiques plus poussés tout en continuant à garder sous contrôle l'évolution des installations iraniennes. On commence à reprendre espoir, à se dire que finalement tout n'est pas mauvais dans ce monde.
Mais on a tort. Certes, les risques qu'un pays dirigé par des extrêmistes religieux ait la bombe nucléaire, sont encore très fort. Mais malgrè ce rapport qui constitue une ouverture réelle pour de vraies négociations, Georges Bush persiste et signe dans sa posture guerrière, au risque de fermer la porte à toute issue diplomatique, et d'engager le monde dans un conflit qui pourrait le mener à sa perte.
La menace d'une nouvelle guerre mondiale n'est pas en Iran, elle siège à la Maison Blanche.