rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

08 novembre 2009

Suppression de la carte scolaire : un échec qui était prévu.

Un des problèmes que rencontrent les médias et l'opposition  face à l'actuel pouvoir, est que la multiplication des réformes, l'agitation permanente rendent impossible ou presque les bilans critiques. Pourtant, si de temps en temps on prenait le temps de s'arrêter et de regarder ce que donnent réellement les multiples réformes engagées, on s'apercevrait que le résultat est souvent loin des espérances présidentielles. Surtout, on verrait que les critiques de l'opposition sont souvent  fondées, ce qui feraient ceux qui accusent la gauche de faire de la critique systématique non constructive.

C'est pour cela que le rapport de la cour des comptes sur la suppression de la carte scolaire est intéressant. D'abord parce qu'il s'agit d'une des premières décisions de Nicolas Sarkozy comme président, ensuite parce qu'elle est emblématique d'une vision néo-libérale de la société, et enfin parce que ce rapport émane d'un organisme respecté et réputé pour être indépendant.

Et que dit ce rapport ? Rien d'autre que la suppression de la carte scolaire entraîne de forts risques de ghettoïsationghettoïsation. Permettre à chacun de choisir son école, fait fuir les meilleurs élèves et ceux dont les familles ont les moyens des collèges les plus difficiles. C'est logique, la gauche l'a dit, elle a été raillée, pourtant elle avait raison.

Aujourd'hui, c'est la cour des comptes qui interpelle le gouvernement, mais celui continue à nier la réalité. Il faut dire que dans un monde entièrement libéral, il n'est pas nécessaire de donner la même éducation à tous. D'où la création petit à petit d'une école à deux vitesses, et la mise à mal du système scolaire français basé sur l'égalité et sur l'ambition d'une réussite pour tous. Ce n'est visiblement plus l'objectif du pouvoir, le rapport de la cour des comptes met bien en exergue les inégalités qui résultent de la suppression de la carte scolaire.

Pourtant, tout ceci aura bien un coût social, en matière de délinquance, de violences, d'aides sociales, coût qui à terme sera bien plus élevé que celui d'une bonne éducation pour tous les enfants. Il faut quand même noter que le pays emblématique du libéralisme revient sur le libre choix des écoles et instaure des quotas d'élèves par niveau. Les anglais commencent à comprendre que la liberté n'est rien sans égalité. La France de Sarkozy, comme souvent, va à l'encontre de l'évolution du monde et des mentalités.

Pour en savoir plus, un article du monde (je n'ai pas trouvé le rapport de la Cour des Comptes) : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/05/carte-scolaire-la-cour-des-comptes-pointe-un-risque-de-ghettoisation_1263096_3224.html

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16 octobre 2009

Retour sur l'interview de Nicolas Sarkozy au Figaro.

Polémiques à répétition, une majorité qui rechigne, une opinion publique de plus en plus rétive : les temps sont durs pour le président et ses partisans. Ce qui explique la réaction surprise en deux temps de Nicolas Sarkozy. La visite un brin tardive à Gandrange, et surtout l'interview fleuve qu'il a donnée au Figaro. Le message est clairement destiné à l'électorat de droite qui est un peu désorienté en ce moment, ce qui n'est jamais bon à quelques mois d'une élection importante. Cependant,l'intérêt de cette entrevue avec la rédaction du journal conservateur va bien au-delà puisque le président y fait le point sur tous les sujets importants du moment. Une bonne raison d'aller voir ce qu'il y a derrière cette évidente opération de communication.

Jean Sarkozy : Selon le président, se serait lui qui à travers son fils serait d=directement visé. Grave erreur, si on ne peut nier que certains profitent de l'occasion pour s'en prendre au président, il est tout aussi évident que ce qui est en cause ici, ce n'est pas la personne du président, mais son attitude. Le peuple français est en droit d'attendre du premier de ses représentants qu'il soit irréprochable, et surtout qu'il mette en accord ses actes avec ses paroles. Dans le cas de la nomination de son fils à la tête de l'EPAD, on en est loin.

Frédéric Mitterrand : La défense de son ministre est logique dans la mesure où il a toujours reconnu qu'il l'avait nommé après avoir lu le livre. On aurait aimé cependant qu'il revienne sur ce qui a vraiment déclenché la polémique, c'est à dire les propos du ministre de la culture concernant l'arrestation de Roman Polanski. De la part d'un président qui a fait de la sécurité son cheval de bataille et qui se veut le défenseur des victimes, on attendait une condamnation ferme de l'intervention du ministre.

ClearstreamClearstream : Il s'est excusé de sa phrase malheureuse sur le procès. C'est bien, mais ce qui est vraiment malheureux, c'est qu'il soit partie civile alors que nul ne peut porter plainte contre lui. Les excuses sont bienvenues, mais ne gomment pas l'impression d'une justice aux ordres.

AfghanistanAfghanistan : La France n'enverra pas de soldats supplémentaires. Mais ceux qui y sont vont rester. Quel manque de cohérence, soit la politique menée là-bas est la bonne, et dans ce cas, il faut renforcer les moyens humains et matériels. Soit elle est mauvaise, et alors il faut se retirer. La situation actuelle est hypocrite.

France Télécom : Selon lui, la vie des entreprises a trop longtemps tourné autour du cours de bourse et du court terme, au détriment des conditions de travail et des relations sociales. Le constat est juste, il n'y a pas de problème là-dessus. Le malaise, c'est que rien dans la politique actuelle ne vient contrecarrer cette évolution des choses : diminution du nombre de fonctionnaires, travail le dimanche, détricotage du code du travail entre autres, ce n'est pas cela qui favorise les relations sociales.

Bouclier fiscal : Il ne reviendra pas dessus. C'est clair, Nicolas Sarkozy n'aime pas reconnaître ses erreurs. Pourtant même à droite, on commence à s'agacer de cet entêtement. Cette mesure initiale de son quinquennat est comme une tâche dans l'opinion publique qui ne l'a jamais comprise. S'il la retirait, cela ne pourrait que lui être mis à son crédit.

Les impôts : Il faut bien entretenir cette légende selon laquelle la droite baisse les impôts et la gauche les augmente. Pourtant la réalité est toute autre, et les Français s'en rendent bien compte, si les impôts baissent, ce n'est pas ceux de la classe moyenne.

La cagnotte scolaire : Bon allez, on a moins un sujet d'accord lui et moi. Cette cagnotte est scandaleuse. Mais peut-être que le meilleur moyen de lutter contre l'absentéisme à l'école est de renforcer la présence des adultes au sein de l'école, c'est à dire de revenir sur la politique de suppression de postes dans l'Education Nationale.

06 octobre 2009

Payer les enfants pour aller à l'école, c'est reconnaître l'échec de notre politique éducative.

C'est la dernière trouvaille du rectorat de Créteil, récompenser pécuniairement les classes où il y a peu d'absentéisme. Absurde ! oui, évidemment ! Mais c'est aussi le résultat de l'échec de notre politique éducative, voire de la politique tout court.

Le but de la manoeuvre serait donc d'inciter ceux qui font l'école buissonnière à venir à l'école. Comme si cela allait d'un seul coup les motiver et les faire étudier. Mais là n'est pas le problème. Donner de l'argent aux élèves, c'est renoncer à s'attaquer aux raisons de l'absentéisme. C'est comme si vous appeliez un plombier pour une fuite d'eau et que celui-ci ne ferait qu'écoper l'eau avec un seau. Cela ne répare pas la fuite qui à tout moment peut s'aggraver.

Pourquoi y-a-t-il autant d'absentéisme, et pourquoi cet absentéisme est-il plus fort dans les quartiers défavorisés ? Voilà les vraies questions, et la réponse évidemment est multiforme, beaucoup plus complexe en tout cas que de donner de l'argent.

La première raison, je la vois dans le fonctionnement même de l'Education Nationale. Depuis des années, notre système essaie d'inculquer la même chose à tous. C'est le principe d'égalité, et c'est bien qu'il en soit ainsi. Malheureusement, la spécificité de chacun n'est pas toujours prise en compte. Et il est des enfants qui ne s'adaptent pas à ce système est très vite vont se sentir exclus et démotivés.

Pour en rester dans l'Education Nationale elle-même, la dégradation des conditions d'enseignements aujourd'hui, est le fruit de la politique des gouvernements successifs depuis 20 ans, mais particulièrement de celui-ci. Supprimer sans cesse des postes dans ce ministère, c'est livrer les enfants à eux-mêmes en cas d'absences d'un professeur, et c'est surtout diminuer le personnel adulte encadrant nos chères têtes blondes. Je rappellerais seulement un épisode parlant. En 1998, les enseignants des collèges de Seine-Saint-DenisSeine-Saint-Denis se sont mis en grève pour obtenir plus de moyens humains  et financiers, estimant que les difficultés rencontrées par leur département le justifiait. Après deux mois de luttes, ils ont obtenu gain de cause, et jusqu'en 2002, l'amélioration des résultats a été probante. Depuis, toute cette politique a été remise en cause, et la situation scolaire en Seine-Saint-DenisSeine-Saint-Denis et bien pire qu'en 1998.

Mais l'Education Nationale ne porte pas tous les maux de la Terre, non, elle n'en est que le reflet. Nos écoles, lycées et collèges ne sont pas en dehors de la société. Toutes les difficultés extérieures se retrouvent évidemment à l'intérieur de ces lieux d'enseignement. L'absentéisme est une des expressions de ces difficultés. Comment veut-on que des enfants qui grandissent dans des familles où les parents connaissent toujours des fins de mois difficiles et sont souvent sans emploi ou en situation de précarité, des enfants qui voient autour d'eux qu'il est facile de gagner de l'argent en faisant des petits trafics, comment veut-on que dans un tel environnement ils soient tous motivés. Ce qui serait intéressant, ce serait d'avoir une carte de l'absentéisme. Je suis sûr que les élèves sont plus assidus à Neuilly sur Seine qu'à Trappes ou Bobigny. Allez savoir pourquoi ?

Il en est donc de l'enseignement comme de tout le reste. On préfère s'attaquer aux conséquences du problème plutôt qu'à ses causes. Sur l'insécurité, il est plus facile d'envoyer des policiers casqués avec matraques que de lutter contre la ghettoisationghettoisation de certains quartiers. Sur l'immigration, il est plus facile de renvoyer les immigrés chez eux, que d'essayer de comprendre pourquoi ils quittent leurs pays et en quoi notre politique étrangère et économique peut les y contraindre. Sur l'emploi, il est plus facile de stigmatiser les chômeurs ou les accidentés du travail que de faire respecter le droit du travail. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Nous vivons dans une société qui a choisi de se mettre des oeillères. Ce qui nous renvoie à la phrase d'Aimé Césaire en exergue sur la page d'accueil de ce blog.

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16 septembre 2009

A Etampes, l'école du 19ème siècle est bien de retour.

Je suis toujours étonné de voir que le message de ce blog qui rencontre le plus de succès est celui où je m'inquiétais d'un possible retour en arrière au niveau de l'éducation, un retour vers l'école du 19ème siècle. Ce message avait été publié il y a plus de deux ans. Mais, je n'ai plus à m'inquiéter, car il semble en effet que nous sommes déjà allés au delà du retour en arrière tant redouté. En tout cas, c'est une évidence au lycée d'Etampes.

En effet, dans cette grosse structure de plus de 2000 élèves, le nouveau proviseur a décidé d'imposer un régime vestimentaire strict à ses élèves : mini-jupes, shorts, jeans à trous sont donc bannis. Depuis le début de l'année, les surveillants font donc le tri et la leçon a l'entrée du collège. Malheureusement pour ce proviseur, les lycéens dans leur ensemble n'ont pas compris pourquoi ce qui ne faisait pas l'objet de débat fin juin, devenait début septembre le problème numéro 1. Et ils ont donc décidé de répliquer, et sont tous venus en short. L'une d'entre eux, considérée comme une meneuse, risque trois jours d'exclusions.

L'histoire pourrait porter à sourire si elle ne s'inscrivait pas dans un mouvement général de retour des valeurs morales. Que l'on ne s'y trompe pas, derrière cette histoire de vêtements c'est un retour en force de l'ordre moral. Il ne s'agit ni plus ni moins qu'une déclinaison concrète du discours anti-soixante-huitardanti-soixante-huitard du chef de l'Etat. Qu'arrive-t-il donc à notre pays pour qu'il ait peur à ce point de sa jeunesse, pour qu'il essaie de la museler ?

Tout cela est inquiétant pour l'avenir, et se rajoute à ce sentiment que de plus en plus nos libertés sont battues en brèche. Heureusement, la réaction des jeunes constitue une note d'espoir et d'humour qui n'est pas sans rappeler ces autres jeunes qui manifestaient pour avoir le droit d'aller dans le dortoir des filles. C'était au printemps 1968.

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12 janvier 2009

Inquiètante montée des actes racistes et antisémites !

Depuis quelques années les actes violents à caractère raciste ou antisémite se multiplient. Mais avec les évènements au Proche-Orient, ces violences vont croissantes ces jours-ci. Que ce soit l'agression d'une jeune fille à Sarcelles, les violences entre bandes dans le XIXème arrondissement à Paris, ou l'incendie d'une mosquée dans la région lyonnaise, tous ces actes sont inquiétants et condamnables. Ce matin, c'est le jet d'un cocktail molotov contre une synagogue qui m'a touché, puisqu'il s'est passé dans ma ville, à quelques centaines de mètres de chez moi.

Cette violence récurrente et très médiatisée fait place chez moi à un malaise de plus en plus fort. Ce malaise vient du fait que j'ai l'impression que les politiques n'ont pas pris conscience de la gravité du problème, et surtout ne font pas les bons diagnostiques, et donc ne peuvent apportés les solutions adéquates. Evidemment, les auteurs de ces actes criminels doivent être recherchés et punis, mais la répression ne peut être à l'évidence la seule réponse.

Nous sommes, à mon avis, confrontés aux premières conséquences d'une politique globale qui favorise la montée des communautarismes, montée qu'il faut mettre en parallèle avec celle de l'individualisme. Quand les gens sont laissés face à eux-mêmes, il ne faut pas s'étonner qu'ils cherchent des repères, qu'ils soient religieux, sociaux voire ethniques.

Certes, la guerre au Proche-Orient exacerbe les passions, démontrant en cela que la mondialisation ne concerne pas que l'économie mais aussi l'ensemble des problématiques politiques. Ces tensions sont évidemment exploitées par des groupes extrêmes. Mais ce n'est pas à mon avis le nerf du problème. Deux choses m'interpellent et devraient interpeller l'ensemble de la classe politique : la plupart de ces violences ont lieu dans des quartiers réputés difficiles et sont souvent le fait de jeunes voire de très jeunes très souvent dépolitisés.

Ce que nous disent ces agressions diverses est bien plus large qu'une simple montée de l'antisémitisme ou du racisme déconnectée des réalités sociales, c'est qu'il s'agit ici du même malaise profond qui était à l'origine des émeutes, celui d'une jeunesse française à laquelle on ne propose aucun avenir, celui de jeunes auxquels on va jusqu'à refuser la nationalité française puisque pour beaucoup ils ne sont que d'origine, celui de jeunes intégrés à qui on nie l'idée même d'intégration.

Il ne faut pas s'étonner que dans cette recherche permanente d'être admis dans cette société, la recherche de bouc-émissaires se fasse jour. L'autre est comme toujours une victime facile. Mais le fait que les violences soient commises par des mineurs de plus en plus jeunes pose aussi la question de l'éducation dans ce pays. Car évidemment tout se tient dans une société complexe comme la nôtre. Comment croire que les réductions massives d'adultes dans les écoles depuis 2002 n'ont pas de conséquences ? Comment croire que les enseignants qui ne peuvent plus faute de temps apprendre l'indispensable convenablement, aient du temps pour expliquer des choses aussi compliquées ?

Se contenter de déplorer publiquement ces actes et d'apporter une réponse sécuritaire ne peut plus suffire. Il s'agit d'un malaise social profond. Or, rien dans la politique actuelle, comme dans le silence affligeant de l'opposition, ne peut laisser espérer une prise de conscience des dangers qui nous guettent. Et c'est surtout là qu'est la source d'inquiétude.

PS : La newsletter  !!!!

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01 janvier 2009

Quelques idées pour demain !

Régulièrement, certains commentaires me reprochent d'être toujours dans la critique et de ne jamais rien proposer. J'admets qu'il y a un fond de vérité, mais face à un pouvoir qui fait une réforme inique par jour, il est difficile de ne pas être en permanence révolté et donc de critiquer. Cependant, pour commencer 2009, j'ai décidé de laisser libre cours à mon imagination et donc de déposer ici quelques idées (peut-être saugrenues) histoire de démontrer que dans bien des domaines d'autres directions sont possibles (et bien d'autres encore  plus fonctionnelles et élaborées que des politiques, des économistes, des sociologues, des intellectuels ont fait et qui ne sont pas médiatisées, mais que je ne reprends pas ici).

En tout premier lieu, je crois qu'il faudrait redonner ses lettres de noblesse à la politique et sortir d'une gestion purement économique de la société. Remettre les hommes au centre de l'action publique. Le pouvoir devrait avoir pour but essentiel de favoriser et développer tout ce qui fait lien et sens entre les individus, tout ce qui facilite la vie commune et le respect de tous. Pour cela, l'argent, le profit, l'enrichissement matériel ne devraient plus être considérés comme des valeurs. La culture, l'éducation, la recherche, la santé devraient être les axes prioritaires d'une politique publique centrée sur le bien commun.

Dans ce but, le pouvoir dispose d'un outil formidable : le service public. Or, celui-ci est souvent mis à mal parce qu'on le met en opposition directe avec le monde de la finance et de la concurrence. Je crois qu'il est temps de décréter que les services publics n'ont pas pour vocation de générer des profits. Certains d'entre eux sont nécessaires et obligatoires quel que soit leur coût. L'ensemble du territoire doit être desservi de la même façon, de sorte d'assurer l'égalité de chacun face à des besoins vitaux : l'éducation, la santé, la culture, la justice, les transports publics, l'électricité, les moyens de communication.

Un des éléments créateurs de lien est évidemment le commerce. Je crois qu'il est urgent de mettre un coup d'arrêt à la construction de grandes surfaces, et un frein à la grande distribution, facteur d'individualisme et de déshumanisation. Il faudrait revenir à un commerce de proximité, notamment en aidant les petits commerçants à rester dans les villages. Il faudrait permettre aux communes de subventionner la création de petits magasins pour que chaque village, chaque quartier ait les services de base : boulangerie, épicerie, boucherie, coiffeur, pharmacie, ...

Les prix doivent être fixés en haut lieu, ou du moins, leur plus bas maximum. Ainsi, certes l'inflation remonterait, mais les délocalisations pour cause de profit disparaîtraient et se serait un moyen de freiner la concurrence entre les salariés d'ici et d'ailleurs. La différence entre les produits devant se faire sur leur qualité et non pas sur leur coût.

Pour l'environnement, mais aussi pour notre qualité de vie, je crois qu'il est urgent de revenir à une agriculture vivrière. Il faudrait, à mon sens, aider en priorité les petits exploitants, ceux qui font vivre les villages et sont l'image de la France profonde, plutôt que les gros propriétaires terriens de la Beauce ou de la Brie.

Un des grands chantiers de demain, à mon avis, concerne la liberté d'expression et la culture. Plutôt que de décréter la fin de la publicité sur la télévision publique et asservir complètement celle-ci au pouvoir en nommant directement son président, je préconise d'autres pistes concernant les médias. Tout d'abord, je crois qu'il est temps d'acter enfin la réalité du pouvoir médiatique et de faire rentrer celui-ci dans la constitution. Les membres du CSA devraient être élus au suffrage universel et avoir de vrais pouvoirs contraignants sur les chaînes qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Ensuite, il faudrait considérer qu'un grand média devrait être indépendant de tous les pouvoirs qu'ils soient politiques ou économiques. Par conséquent, une chaîne de télé, de radio, ou un grand journal national ou local ne devrait en aucun être lié économiquement à un groupe exerçant une activité hors des médias.

Pour terminer ce petit catalogue non exhaustif, je terminerai par le logement, problème malheureusement d'actualité pour beaucoup trop de personnes. Je préconise donc la création d'un grand service public national du logement se substituant à tous les offices HLM. Ce service serait chargé de réquisitionner les logements vides, de défendre les droits des locataires en évitant les excès et enfin, de construire les logements nécessaires.

Voilà, ce ne sont que quelques petites idées. Mais c'est promis, demain je cesse de rêver et je m'occupe de nouveau de notre réalité.

PS : pensez à la newsletter !

16 décembre 2008

Le gouvernement repousse la réforme sur le lycée : a-t-il peur ?

A la surprise générale, Xavier Darcos a annoncé le report d'un an de la réforme du lycée, officiellement pour renouer le dialogue et mieux expliquer un projet qui semblait mal parti. Difficile de ne pas voir dans ce revirement, le premier depuis 2007, l'influence de Nicolas Sarkozy.

Il faut dire que cet évènement en dit long,très long sur l'ambiance politique et sociale dans ce pays. Les émeutes grecques ont marqué les esprits, et en France comme ailleurs, les dirigeants craignent une extension de cette colère à la jeunesse de leur pays. Dans ce contexte, la montée d'un mouvement lycéen qui s'annonçait particulièrement violent et incontrôlable aurait été destructeur pour l'image du pouvoir.

Mais ce n'est pas tout, dans le même temps, d'autres reculs s'effectuent même s'ils sont plus discrets : compromis sur le travail le dimanche, retrait de l'amendement Marini (encore lui !) sur l'imposition des personnes ayant élevé un enfant seule. Le pouvoir qui jusqu'ici réformait sur tous les fronts craint visiblement une insurrection sociale et fait tout pour déminer le terrain. C'est donc la preuve qu'il a conscience de l'inefficacité de sa politique économique, et que celle-ci n'est pas là pour servir les Français, mais bien d'autres intérêts.

Mais, il s'agit là d'un jeu à double tranchant. Ces reculades successives, aussi mineures soient-elles peuvent redonner de l'espoir à un mouvement social atone pour l'instant. Nicolas Sarkozy qui s'est montré jusqu'ici inflexible prend le risque de changer son fusil d'épaule dans l'espoir que cela apaise les choses. Au vu des réactions des principaux syndicats de l'éducation, il a réussi son coup, mais les lycéens semblent plus sceptiques et décidés a continuer : méfiance car rappelons-nousrappelons-nous le CPE, aucune concession n'y a fait, la jeunesse d'aujourd'hui n'a rien à perdre.

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12 décembre 2008

Montée du mécontentement dans l'Education.

Je l'ai déjà écrit de nombreuses fois sur ce blog, la rupture est plus que consommée entre le monde enseignant et le ministre, Xavier Darcos. Le nombre de mouvements de protestations un peu partout n'a donc rien pour surprendre. Ce qui est plus étonnant, c'est la participation spontanée et désordonnée des lycéens (mais aussi parfois des parents d'élèves), ce qui prouve que la colère dépasse largement les professeurs et qu'elle n'est pas catégorielle. Pour rappel, les raisons de ce mécontentement sont multiples et toutes justifiées.

Les suppressions de postes dans l'enseignement tout d'abord, comme si l'Education Nationale devait être la principale variable d'ajustement des économies de l'Etat. Alors même que la population scolaire va augmenter dans les prochaines années, alors que la situation sociale et économique exige de mettre le paquet sur l'Education pour mieux préparer les futurs adultes, notre gouvernement diminue les moyens et les effectifs, au risque tout simplement d'affaiblir la France pour longtemps.

La lutte contre l'échec scolaire constitue le second point de discorde. D'un coté côté Xavier Darcos multiplie les dispositifs (soutien, accompagnement éducatif, stages), mais de l'autre, les enseignants spécialisés (RASED) sont les premières victimes des diminutions d'effectifs. L'incohérence de la politique gouvernementale ne peut que provoquer un malaise.

La réforme du primaire ensuite, avec des nouveaux programmes fleurant bon le retour en arrière, comme si les 50 dernières années ne nous avaient rien appris en matière éducative. Mais là aussi, on demande aux enseignants de faire mieux, tout en leur supprimant des heures. Incohérence encore et toujours !

Je terminerai enfin par la réforme du lycée, celle qui pousse en ce moment de nombreux élèves dans la rue. Si les contours n'en sont pas encore totalement connus, il semble cependant évident que le nombre d'heures enseignées va diminuer et que certaines disciplines vont disparaître.

Il y a évidemment d'autres sources de mécontentement (l'enseignement en maternelle par exemple), je ne mets ici que les principales. Tout se passe comme si l'Education Nationale devait être la principale variable d'ajustement des réductions d'effectifs annoncées dans la fonction publique. Le gouvernement n'a aucune politique éducative cohérente.

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19 novembre 2008

Il devient urgent de soutenir les enseignants dans leur lutte.

Le mouvement de grève de demain dans l'Education nationale n'est pas un mouvement corporatiste comme on l'entend beaucoup ces jours-ci dans la bouche de nos dirigeants ou de certains éditorialistes zélés. Si on en croit les syndicats, la mobilisation devrait être massive, égale au moins au plus fort des grèves de 2003, et dans un contexte où les syndicats ont du mal à mobiliser. C'est bien l'expression d'une colère et surtout d'un malaise récurrent qui s'exprime ici. Les enseignants ont, à juste titre à mon avis, l'impression d'être méprisés par leur ministre. Surtout, ils ont le sentiment d'être la variable d'ajustement des politiques libérales du gouvernement.

Des motifs de colère, il y en a de multiples, et un seul d'entre eux suffirait largement à justifier la grève. Citons pêle-mêle et de façon non exhaustive la suppression (injustifiable) de 3 000 poste d'enseignants en RASED (réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté), les nouveaux programmes du primaire, la réforme du lycée, la création éventuelle de jardins d'éveils, et évidemment les milliers de suppressions de postes alors même que dans les années futures le nombre d'enfants scolarisés va augmenter.

Mais tout ceci ne devrait pas mobiliser que les personnels de l'Education Nationale. C'est l'avenir même de nos enfants qui est en jeu ici. En créant volontairement une école inégalitaire, en rabaissant la qualité de l'enseignement, tout en renforçant les politiques sécuritaires, c'est le choix de la société dans laquelle nous voulons vivre qui se pose ici.

Et tout porte à croire que le gouvernement à conscience que ce sujet est potentiellement porteur au sein de l'opinion. L'instauration du service minimum dans les écoles n'a pour seuls objectifs que de délégitimer la grève et dresser les parents contre les enseignants. D'ailleurs, la façon dont la presse en général traite ce mouvement est purement scandaleuse. En mettant en avant le refus de certaines villes d'appliquer le service minimum, en insistant sur les difficultés rencontrés par les parents dont les enfants n'auront pas école, au détriment d'une explication claire des raisons de la grève, la presse se met au service de la propagande gouvernementale.

Et c'est bien la preuve que ce qui se joue dans l'enseignement est fondamental, puisque les chiens de garde sont de sortie.

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19 octobre 2008

L'Education en masse dans la rue !

Cela fait des années que l'Education Nationale est en crise. Une crise de moyen mais aussi et surtout une crise de reconnaissance de la part de sa tutelle étatique. Ne nous leurrons pas, les difficultés de l'école existaient bien avant l'arrivée de sarkozy au pouvoir, mais en faisant de la réduction des effectifs de la fonction publique le dogme dont son gouvernement ne peut s'écarter, et en mettant l'Education Nationale au centre de ce dogme, cette dernière paie un lourd tribu.

Il n'y a pas que les réductions d'effectifs qui sont en cause. Les griefs des enseignants contre ce gouvernement sont multiples, et la question qui au final est posée est la suivante : quelle politique éducative voulons-nousvoulons-nous pour nos enfants, et sommes-nous prêts à accepter une école à plusieurs vitesses, où seule une élite riche bénéficierait des meilleurs enseignements ?

La casse de l'école n'est pas qu'un discours de syndicaliste. Jugez plutôt. 11 000 suppressions de postes cette année, 13 000 l'année prochaine qui s'ajoutent à toutes celles qui ont déjà eu lieu.  3 000 postes de RASED (réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté) en moins. Des infirmières scolaires, des psychologues en nombre nettement insuffisant. Des enseignements que l'on supprime ou que l'on diminue fortement comme les sciences économiques et sociales ou le latin. Des programmes du primaire qui prévoient la diminution voire la suppression de matières enseignées, en particulier les enseignements artistiques si importants pour l'épanouissement des enfants. La liste est longue et malheureusement celle-ci n'est pas exhaustive.

Alors évidemment, il y a le discours officiel,selon lequel l'école va se recentrer sur les enseignements de base, proposer des aides aux enfants en difficulté,les profs seront mieux rémunérés et donc ainsi plus motivés. Tout cela ne résiste pas à l'épreuve des faits et du terrain. Comment expliquer que l'on peut faire autant voire plus en qualité d'enseignement avec de moins en moins de moyens ? Comment ne pas croire que se seront surtout les écoles situées dans les quartiers difficiles qui seront touchées en premier ?

Le malaise qui existait dans l'Education Nationale à la fin de l'année scolaire et toujours présent cette année. L'appel des syndicats à manifester un dimanche (j'y étais) se voulait l'expression de ce malaise. Les organisateurs espéraient 40 000 manifestants. Nous étions le double (je donne les chiffres syndicaux, l'expérience des manifs m'a appris qu'ils étaient souvent plus proches de la réalité que ceux de la police). Ce chiffre est inespéré, mais le cortège était partagé entre colère et résignation. Les prochaines semaines nous diront s'il s'agissait d'un baroud d'honneur ou du commencement de quelque chose, d'un début de réaction de la société.

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