rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

15 février 2008

Le foot, c'est fini pour les pauvres.

Ligue_de_Football_professionnelLa ligue de football professionnel a décidé d'octroyer les droits de retransmissions télévisées pour les matchs de football à Canal + et à Orange, pour des sommes colossales. C'est à dire à des chaînes payantes et privées.

J'entends d'ici les grincheux et les anti-football se réjouir : au moins, ils ne nous embêteront plus à regarder 22 millionnaires se disputer un ballon. Il est vrai qu'intellectuellement et moralement, il n'ont pas forcément tort. Sauf que le football, c'est aussi affaire de passion, mais passons.

Mais, l'affaire est choquante, et surtout symbolique de notre époque. Si l'on considère la télévision comme un objet culturel de masse, et le football comme un des loisirs les plus appréciés, on ne peut trouver normal que l'ensemble de la population ne puisse avoir accès aux retransmissions. Désormais, il faudra être abonné à Canal +, où être équipé d'un téléphone portable Orange. Peu importe que tout le monde ne le puisse ou ne le veuille, ce qui compte, c'est que ces 2 réseaux ont payé très cher pour cela.

Cette décision est inégalitaire puisqu'elle prive les plus pauvres de leur loisir préféré. Elle est aussi suicidaire économique à long terme pour le football, qui prend ainsi le risque de voir la frange la plus populaire de ses supporters se détourner de lui. Mais le capitalisme est ainsi, il ne voit qu'à court terme.

Posté par leunamme à 22:36 - Sports - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2007

Une coupe du monde contre le rugby ?

RugbyÇa y est, c'est parti, la coupe du monde de rugby commence ce soir. Normalement, moi qui suis un fan de ce sport, je devrais me réjouir. Pourtant là, je n'y arrive pas, même si je sais que si la France fait un beau parcours je finirais par me prendre au jeu, j'éprouve quelques réticences à me lancer dans la fête.

En effet, depuis plus d'un mois, nous sommes envahi dans les médias de publicités de reportages, d'interviews sur cette coupe du monde. Une bonne partie de l'enthousiasme autour de cet évènement sportif est en grande partie une création médiatique. Mais là n'est pas le principal obstacle à ma joie. Je pense fondamentalement que le rugby, sport festif, de convivialité, de solidarité, a changé d'époque.

A l'heure du professionnalisme, les joueurs changent de clubs pour des salaires plus importants, les transferts commencent à se faire sur de fortes sommes d'argent, le résultat compte désormais plus que la manière ou l'esprit. Il est loin le temps du rugby que j'aime, celui du rugby de clocher, où on ne joue pas de la même façon à Dax qu'à Mont de Marsan, celui de l'amateurisme, où l'arrière est aussi le fils du cafetier chez qui on va faire la troisième mi-temps. Celui de la troisième mi-temps enfin, car dans un rugby professionnalisé, seul le résultat.

Evidemment, tout ceci existe encore dans les petits clubs, mais la coupe du monde accentue le règne de l'argent sur ce sport. Et il ne faudrait pas que cela devienne comme dans le football, que l'individualisme l'emporte sur le collectif, car c'est ça la vraie force du rugby : c'est un sport collectif, où l'exploit individuel ne peut être que le fruit du travail de l'équipe.

J'ai aussi une autre réticence. Elle concerne le sélectionneur de l'équipe de France, Bernard Laporte. Pour moi, il est un peu le symbôle  de cette dérive du rugby. Ce n'est pas que le sélectionneur, c'est aussi un homme d'affaires qui possède plusieurs sociétés immobilières, et qui ne cache pas son goût pour les valeurs de l'argent (ce qui, si on en croit les gazettes pourrait lui causer quelques ennuis judiciaires). Ensuite, je ne cache pas, même si ce n'est pas la raison essentielle, que le fait qu'il soit un proche de Nicolas Sarkozy et futur ministre des sports, ne joue pas en sa faveur. Il ne me serait pas agréable qu'un exploit des tricolores soit récupérer politiquement.

Cependant, il reste quand même l'essentiel, la fête, et ce soir, je serais devant l'écran géant sur le parvis du Stade de France, avec une bonne bière, à refaire le match avec les supporters argentins. et oui, je n'ai pas eu de place, de toute façon elles étaient soit trop chères, soit réservées aux sponsors (encore une preuve de ce que j'affirme).

Posté par leunamme à 18:42 - Sports - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juillet 2007

Et c'est reparti pour le Tour de France de la dopette !

tour_de_france_2007C'est le mois de juillet, c'est le Tour de France, et avec lui les histoires de dopage qui recommencent. Et pourtant, on nous avait juré que la lutte contre ce fléau commençait à payer. Les organisateurs avaient même fait signer une charte de bonne conduite aux coureurs. Foutaises ! Balivernes que tout cela ! Le sport de haut niveau n'est que le royaume de l'hypocrisie. Qui dans le milieu du cyclisme ignorait encore les forts soupçons de dopage autour de Vinokourov ? Même la presse sportive française, pourtant avare de reportages et d'informations en la matière, s'en était fait l'écho (les télévisions françaises n'ont aucun intérêt à salir leur bijou estival en matière d'audience, donc de recettes, quant à l'Equipe, unique quotidien sportif, il appartient au même groupe que l'organisateur de la compétition). Qui ignorait que Rasmussen ne respectait pas les mêmes règles que les autres concernant ces lieux d'entraînement ? Tout le monde le savait, et pourtant, et Rasmussen, et Vinokourov (mais on pourrait en rajouter d'autres comme l'actuel maillot jaune, Contador), étaient présents sur le Tour.

On peut se demander pourquoi, alors que nombre de médecins sportifs estiment impossibles certaines performances sans produits dopants, alors que les témoignages de membres du milieu du vélo se multiplient, pourquoi donc on continue à maintenir en l'état des compétitions que tout le monde sait truquées. Pourquoi faut-il attendre que la justice s'en mêle pour que les médias brisent (un peu) l'omerta ? Sont-ils eux aussi complices d'un système, où le simple fait que les principales équipes appartiennent à des grandes entreprises, peut laisser penser que l'argent a encore perverti un de nos plus beaux jouets (et oui, qui n'a pas rêvé du Tour de France quand il était enfant).

Pour terminer cet article de colère, je voudrais poser une question. Par rapport aux sommes investies, le cyclisme serait plutôt un parent pauvre comparé à d'autres sports mieux dotés. On peut même penser que s'il y a beaucoup de cas de dopage avérés dans le vélo, c'est parce que la lutte commence à porter ces fruits. Et pourtant, aucune affaire ou presque dans des sports autrement plus médiatisés. Rien dans le football, le tennis, le rugby. Sont-ils vraiment propres ou les intérêts bien compris de toutes les parties prenantes sont si forts que rien ne transpire ?

Enfin, je voudrais terminer en signalant une excellente revue qui traite du sport dans la société, et qui elle, n'a pas peur de mettre la main à la pâte sur le terrain de la dénonciation du dopage : Sport et vie.

Posté par leunamme à 21:28 - Sports - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2007

Le coeur à l'envers !

Ce soir, je suis un peu triste, Clermont-Ferrand vient de perdre sa huitième finale. Soyons honnête, même si les auvergnats n'ont pas démérité, ce qu'ont fait les parisiens dans le dernier quart d'heure est fantastique.

Oui, mais vous me direz, tout ça n'est qu'un jeu, ce n'est pas grave. J'approuve entiérement, mais pour moi le Clermont Auvergne, c'est un peu plus qu'un club de rugby. Tout d'abord, j'ai beau habité la région parisienne depuis quinze ans, je n'oublie pas mes racines, et quand l'Auvergne monte à Paris, même pour un match, cela me fait chaud au coeur.

Ensuite, cela tient à l'histoire de ce club, et de ce qu'il représente. Il ne s'est d'ailleurs pas toujours appelé comme ça, jusqu'à il y a deux ans, c'était l'AS Montferrand, du nom d'un quatier de la ville, et bien avant encore, l'AS Michelin. Eh oui, c'est le club de Michelin, car comme beaucoup de chose à Clermont, le club à longtemps appartenu à la firme, avec toute l'image qu'elle véhicule de grosse entreprise capitaliste, etc., etc. Mais voila, ce n'est pas que le club de Michelin, c'est aussi et surtout celui de ses ouvriers, les bibs comme on les appelle. Alors, samedi soir, c'est à tous ces types que j'ai pensé, à ces mecs qui dans les années 50 se levaient à 4 heures, faisaient leur journée d'usine, puis allaient s'entrainer l'aprés-midi. A ceux qui allaient jouer dans toute la France le dimanche après-midi, rentraient tard dans la nuit et retournaient bosser le lendemain, parfois sans s'être couché. A ces milliers de supporters, pour la plupart des prolos, qui tous les dimanches poussent leur équipe dans la victoire comme dans la défaite, avec toujours le plus grand respect de l'adversaire. Tous les spécialstes vous le diront jouer à Marcel Michelin (Eh oui, c'est le nom du stade), c'est toujours un grand moment, c'est le meilleur public du rugby.

Voilà, je suis triste pour tout ça, et pour cette Auvergne, une terre difficile, peuplée de gens rudes aux coeurs d'or. Une terre qui a beaucoup souffert de l'exode de sa jeunesse, des licenciements massifs chez Michelin. Mais aussi une terre discrète aux gens besogneux qui font rarement parler d'eux. Alors une fois, rien qu'une fois, j'aimerais que leur club de rugby cesse d'être le perdant magnifique et porte en haut de l'affiche les couleurs de cette région et de ces habitants que j'aime tant.

Posté par leunamme à 01:46 - Sports - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2007

OUaiiiiiiis!!!!!!!

CLERMONT EST EN FINALE !

Je sais, ça tranche avec d'habitude comme message, mais la qualification de Clermont m'a fait du bien au moral !

Posté par leunamme à 23:03 - Sports - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2007

Le dopage encore et encore !

Dans un peu plus d'un mois, le Tour de France va commencer et déjà les affaires, les révélations autour du dopage se multiplient. Mais pourquoi alors que les instances dirigeantes du cyclisme assurent lutter efficacement contre ce fléau, alors que les contrôles sont censés être plus fréquents, pourquoi a-t-on l'impression que le dopage et la triche sont rois dans le domaine de la petite reine, et que rien n'est fait ?

Mais au-delà des contrôles, il y a d'autres questions qu'il convient de se poser. Pourquoi, alors que tous les médecins du sport estiment que l'on ne peut pas physiquement tenir sur un rythme élevé sur toute une saison, continue-t-on à maintenir toutes les épreuves, voire à en créer de nouvelles ? Comment des coureurs peuvent aligner d'énormes performances sur trois ou quatre étapes de suite, alors même que tous les spécialistes du sport de haut niveau estiment que le corps doit pouvoir récupérer ? Pourquoi tous les travers du sport liés au dopage ne sont pas dénoncés dans les grands médias avant qu'ils ne deviennent des affaires extra-sportives relevant de la justice ?

En investissant des millions d'euros pour retransmettre les grandes compétitions sportives, les chaînes de télévision ont besoin de rentrer dans leurs frais, d'assurer un minimum de spectacle. Pour cela, on multiplie les compétions (ou on en maintient qui n'ont plus lieu d'être), les championnats, les classements, on durcit les épreuves, ce qui implique forcément des conséquences sur les organismes des sportifs, lesquels n'ont souvent d'autre alternative pour échapper à la blessure que les produits dopants.

Cette manne d'argent amenée par les médias, mais aussi la publicité, les sponsors, toutes les parties prenantes du système en profitent : les fédérations, les équipes, les managers, les agents, les sportifs eux-mêmes. Tous ont un intérêt bien compris dans l'affaire. Seule la pugnacité des forces de police, de certains juges, les drames du type Pantani, permettent au système d'éclater au grand jour. Mais l'affaire Festina a eu lieu il y a presque 10 ans, et aujourd'hui encore, on a le sentiment que rien n'a bougé.

Dans beaucoup de domaines, mais dans le sport plus qu'ailleurs, l'argent est au centre. Il pervertit les valeurs de courage, de solidarité véhiculées par le sport, notamment le cyclisme, pour les remplacer par celles du profit, du toujours plus d'argent. Le jour où la vie d'un champion aura plus d'importance que son compte en banque, ou que l'audimat de la dernière étape du Tour de France, ce jour-là, les cas de dopage commenceront à régresser.

Posté par leunamme à 22:23 - Sports - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1