02 octobre 2009
Les Jeux de 2016 à Rio : une bonne nouvelle mais que les Cariocas risquent de payer cher.
Rio de Janeiro organisera donc les Jeux Olympiques d'été de 2016. Ainsi en a décidé le CIO. Evidemment, cette décision ne doit absolument rien au hasard, et surtout pas à la qualité du dossier de la ville de Rio, aussi bon soit-il. Non, nul n'ignore que membres du CIO sont loin de voter en toute indépendance. La victoire de Rio de Janeiro répond à des impératifs qui n'ont rien à voir avec le sport.
Après l'image déplorable laissée par les Jeux de Pékin, entâchés par la situation au Tibet et par l'attitude d'un régime si peu démocratique, le CIO se devait de redorer son blason. Pour cela, le Brésil était l'organisateur idéal. L'amérique du sud est le seul continent avec l'Afrique à n'avoir jamais organisé les Jeux, et les donner à un pays émergent, c'était faire signe d'ouverture. Si on ajoute à cela la bonne image de ce pays et de son chef d'Etat auprès de l'opinion publique internationale, les Jeux ne pouvaient échapper à Rio de Janeiro.
Ainsi, les grandes puissances pourront se donner une bonne conscience à peu de frais. Eh oui, il ne sera pas dit qu'elles n'ont pas le sens du partage. Et puis, le Brésil a un tel potentiel de développement, est tellement intéressant pour les multinationales qui souhaitent investir, que Madrid, Chicago ou Tokyo dont le potentiel de croissance est plus faible, ne pouvaient pas réaliser.
Donc Rio de Janeiro aura les Jeux. Soyons honnêtes, même si ce n'est pas cette valeur qui a joué, moralement c'est une bonne nouvelle. Mais j'ai bien peur que seule la morale ait à se réjouir, et que les cariocas n'aient à le regretter, du moins les plus pauvres, ceux auxquels l'Organisation des Jeux n'apportera aucun bénéfice.
Les londoniens, si heureux d'avoir coiffé Paris pour les Jeux de 2012, le regrettent aujourd'hui amèrement. La facture déjà plus salée que prévu, n'a fait que grimper exponentiellement avec la crise. Et comme en 2012 la crise sévira toujours, il est fort probable que l'affluence touristique espérée ne soit pas au rendez-vous. Tout cela, ce sont les londoniens qui le paieront. Comme les athéniens continuent de payer les Jeux de 2004 que leur ville a organisé : le village olympique n'a jamais était transformé en logements faute de moyens, quant à la dette octroyée, elle a tout simplement fait exploser les impôts. D'une façon générale, seules les grandes multinationales qui communiquent à outrance se réjouissent de cette fête sportive. Les populations n'ont rien à en attendre, si ce n'est quelques moments de rêve surévalués et surfacturés. Il faut demander aux Chinois qui attendent encore l'ouverture démocratique qu'on leur avait promis. C'est pourquoi je crains qu'au final les brésiliens les plus pauvres n'aient à le regretter amèrement.
28 juillet 2009
Tour de France : et le meilleur pharmacien est ...
Cette année le Tour de France a été propre. Du moins aucun coureur n'a été pincé pour l'instant, aucune affaire n'a défrayé la chronique venant faire de l'ombre à l'aspect sportif de l'épreuve.
Et peu importe que les performances stratosphériques des principaux leaders soient jugées hallucinantes et impossibles par de très nombreux spécialistes de la médecine sportive, peu importe que de multiples suspicions de dopage (certes jamais prouvées) entourent la star du Tour, l'américain ArmstrongArmstrong, peu importe que l'équipe Astana, équipe vedette, n'aie pu participer au l'année dernière parce qu'elle nuisait à l'image du tour (en clair, de fortes présomptions de dopage). Bref, peu importe tout cela, cette année le Tour a été propre.
Il faut dire qu'après une décennie où les affaires ont succédées aux affaires, l'image du cyclisme en général et du Tour en particulier était atteinte. Il était donc nécessaire de redorer cette image, ne serait-ce que pour maintenir le chiffre d'affaire colossal généré par le Tour de France. Qu'on se rassure, l'objectif est atteint.
C'est tout juste si on déplorera qu'un journal national (Libération) ait évoqué ce matin (27 juillet 2009) de grands soupçons d'irrégularité généralisée, du moins en ce qui concerne les cadors. Il doit s'agir probablement d'une petite mesquinerie de la part d'un tabloïd qui ne sait plus quoi faire pour regagner des lecteurs. La preuve, ils ont patiemment attendus l'arrivée sur les Champs-Elysées pour publier leurs informations. Et puis, si vraiment il y avait eu matière à scandale, ne doutons pas une seconde que le seul quotidien sportif s'en serait fait l'écho. Personne ne peut imaginer une seconde que le fait d'appartenir au même groupe que la société organisatrice du Tour, l'en ait empêché.
Non, en vrai, cette année le Tour a été une magnifique épreuve, avec du suspens, les audiences télés ont flambé, les recettes publicitaires aussi, le public était présent en masse. Pour le reste, circulez, il n'y a rien à voir.
04 janvier 2009
Le Dakar n'est pas une épreuve sportive : c'est une aberration environnementale et économique.
On croyait que le rallye autrefois appelé Paris Dakar était mort pour de bon, que les menaces terroristes, réelles ou mystifiées, avaient été les plus fortes. Enfin, cette manifestation scandaleuse et impudique responsable chaque année de la mort d'autochtones africains innocents allait prendre fin. Les marques automobiles occidentales n'allaient plus prendre les pays pauvres pour terrain de jeu et faire ainsi leur publicité, sous prétexte comme toujours de faire de l'humanitaire dont on ne voit jamais les résultats.
Las, il n'en est rien. Si l'Afrique ne sert plus de cadre à cette manifestation, elle rebondit néanmoins dans les pays andins. Son existence n'en reste pas moins choquante, et l'apparente joie des argentins au passage des véhicules n'en n'enlève pas le caractère immoral. Le retour de cette compétition est célébré fortement par la presse nationale, surtout dans le principal journal sportif qui consacre chaque jour plusieurs pages à l'évènement. Le fait que l'organisateur du Dakar soit aussi le propriétaire du journal ne doit pas être anodin, et rend tout ce battage médiatique assez nauséabond. L'intérêt sportif réel est donc relativement anecdotique.
D'ailleurs, peut-on encore considéré qu'il s'agit de sport, voire même d'aventures ? Le vainqueur appartiendra forcément à l'écurie la moins équipée et la plus riche, et possédera immanquablement la voiture la plus performante. Quant à l'aventure, elle est limitée, puisque le moindre concurrent égaré ou blessé sera secouru grâce à la myriade de moyens mis à sa disposition. Si autant était fait pour aider les populations locales, peut-être que cette course serait moins choquante. Comme quoi, il est plus facile pour les occidentaux de dépenser des millions pour s'amuser, que de lutter contre la pauvreté dont nos politiques économiques sont en partie responsable.
Mais en plus de tout cela, le Dakar est une aberration environnementale. Après avoir pollué pendant des années les dunes sahariennes, ce sont désormais les magnifiques paysages d'Amérique du sud qui vont subir les assauts de véhicules qui sont tout sauf écologiques. Alors que le monde prend peu à peu conscience des conséquences de l'activité humaine sur la planète, les trois semaines que durent cette course vont être une publicité géante pour des véhicules parmi les polluants et pour une façon de vivre et d'agir qui nous entraîne à notre perte.
A l'heure où certains politiques affirment qu'il faut revoir notre comportement pour sauver la planète ou pour éviter de nouveaux scandales, l'existence même de cette épreuve prouve si besoin en était que tous ces beaux discours ne sont qu'hypocrisie. Il s'agit d'une épreuve de riches pour les riches, et qui n'ont absolument pas envie de se remettre en cause.
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15 octobre 2008
La Marseillaise sifflée au Stade de France : et après ?
L'hymne national a été copieusement sifflé lors du match de football opposant l'équipe nationale de France à celle de Tunisie. Outre le fait que l'on puisse s'interroger sur l'opportunité de jouer les hymnes nationaux lors de rencontres sportives, au risque d'en dénaturer la valeur et le sens, on ne peut que s'étonner de l'attitude de ces politiques qui jouent l'étonnement et les vierges effarouchées : après l'avoir été lors des matches contre l'Algérie et le Maroc, il ne fallait pas être grand clerc pour savoir que la Marseillaise serait conspuée hier soir.
Donc, la Marseillaise a été sifflée ; et qui plus est, par des Français, probablement d'origine tunisienne pour la plupart, mais Français assurément pour beaucoup. Et c'est là que les réactions de la classe politique dans son ensemble sont incroyables de démagogie et d'hypocrisie.
Il n'y en a pas eu un pour rattraper les autres, ils ont tous fait dans la surenchère nationaliste et sécuritaire, n'hésitant pas à flatter les instincts réactionnaires les plus bas. En moins de 24 heures, nous avons eu droit à toutes les propositions les plus absurdes, les plus inconséquentes et surtout les plus irréalisables qui soit. Entre l'arrêt des matches, l'arrestation des siffleurs, le refus de jouer contre les pays du Maghreb, l'entrée de la France dans la quatrième dimension n'était pas loin.
Et tous ont été pitoyables. Le président de la République qui convoque les organisateurs en toute urgence, comme si en ces temps de crise grave il n'avait pas autre chose à faire. Le premier ministre également qui d'un seul coup se rappelle qu'il existe. Le ministre des sports qui découvre subitement que la France a un passé colonial. Mais le parti socialiste n'est pas exempte de ridicule, lui que l'on aimerait tant entendre sur la crise, est si prompt à s'exprimer sur ce sujet.
Tous y sont allé de leur hommage vibrant à l'hymne national que l'on avait "sali". Mais aucun ou presque n'a posé la seule question qui vaille : pourquoi ces sifflets ? Parce qu'il ne viennent pas de nul part ces sifflets, ils sont bien la résultante d'une histoire, celle de notre pays, ancienne puissance coloniale qui n'a jamais su ou voulu regarder son passé en face. Mais l'histoire n'est pas la seule raison. Quid de la politique de la ville dans ce pays ? Quand 360 milliards d'euros sont comme par enchantement trouvés pour aider les banques en difficulté par leur propre faute, combien met-on dans le plan banlieue de Mme Amara ? Quand les médias et la nation s'insurgent à juste titre pour un meurtre de policier, combien de bavures policières ont-elles trouvé un coupable ? Quand nombre de rapports officiels dénoncent les discriminations subies au quotidien ou simplement à l'embauche, qui peut citer une action de l'état efficace pour remédier à cela ?
Ces sifflets sont l'expression d'un malaise profond de tout une partie de la population. Tous ces jeunes que l'on montre souvent du doigt sont Français et ne demandent qu'à être intégrés dans la société, à condition qu'on veuille bien le leur permettre. Malheureusement, les réactions de la classe politique n'auront qu'une seule conséquence : creuser encore un peu plus le fossé entre la France et une partie de sa jeunesse.
06 septembre 2008
Il faut sauver le soldat Domenech !
En cette période plutôt morose, j'ai envie de parler de choses légères. Et ça tombe bien, parce qu'il y en a une qui me tient à coeur, c'est le cas du sélectionneur de l'équipe de France de football, Raymond Domenech. D'abord parce que je trouve le personnage sympathique, et ensuite j'aime bien parfois provoquer et me retrouver seul contre tous.
Mis en dehors de tout cela, je trouve que la Kabbale journalistique infernale contre lui à la suite de l'Euro était assez pitoyable. C'est tout à fait Français, de détester aujourd'hui ce que l'on a encensé hier. C'est pourtant le même homme qui a emmené l'équipe nationale en finale d'une coupe, et réussi à qualifier deux fois de suite la France pour une phase finale, ce qu'aucun autre entraîneur n'avait fait avant lui. Le procès en incompétence n'a donc pas lieu d'être, car si l'on enlève le désastreux championnat d'Europe, il détient le record de victoires à la tête des Bleus.
Je considère donc Raymond Domenech comme compétent. Rajoutons à cela qu'il a la confiance des joueurs et des dirigeants du football français, ce qui n'est pas rien. Mais en plus, je le trouve sympathique. Essayez de trouver un seul mot de travers de sa part sur un joueur qu'il a choisi de sélectionner. Jamais il n'y en a eu, il a toujours fait passer son équipe et ses joueurs après lui. Et puis, revenons un peu sur l'épisode certes rocambolesque de sa demande un peu. Cet homme, alors que la France vient de se faire éliminer d'une compétition majeure, et que les commentateurs sportifs essaient de nous faire croire qu'il s'agit d'un drame national, cet homme donc, en demandant la main de sa compagne, ne fait rien d'autre que de ramener l'évènement à sa vraie valeur : un match de football, beaucoup moins important que l'affection de ses proches. Et bien, ça, cela me le rend éminemment sympathique.
Mais enfin et surtout, ce qui me donne envie de le défendre, c'est que les critiques contre lui se sont accompagnées de la volonté de le remplacer par d'autres, des anciens de la génération dorée de 98, Didier Deschamps entre autres. Et cela me fait penser qu'il n'y avait pas que des critères sportifs. Deschamps, Blanc ou d'autres sont bien plus porteurs auprès des sponsors que ne peut l'être un Domenech bien piètre communicant.
Au final, Domenech irrite, mais c'est un personnage hors normes dans un milieu si formaté. Ah j'oubliais, apparemment il aurait un petit penchant à gauche (voir un LCR si on en croit un article de Libération paru sur lui il y a quelques années), c'est si rare dans le monde du football, c'est peut-être pour cela que je l'aime bien.
30 juillet 2008
Qui peut encore croire que les Jeux Olympiques vont faire progresser les droits de l'Homme en Chine ?
Hier comme aujourd'hui, pour moi la réponse était évidente, l'organisation des JO par le régime de Pékin ne serait qu'un outil de propagande et un moyen de renforcer la dictature en place. Et la décision des officiels chinois de censurer l'accès à internet pour tous les journalistes étrangers devrait faire redescendre sur terre les derniers naïfs qui croyaient encore à une possible évolution.
Depuis le départ, il était évident que le CIO n'avait octroyé l'organisation des Jeux à Pékin que pour des raisons économiques et mercantiles. Et le but sera probablement atteint, car vu le déferlement de publicité et de communication autour de cet évènement, il y a fort à parier que le affaires seront juteuses. Quant à la propagande des communistes chinois, elle est déjà bien rôdée et huilée. Il n'est qu'à voir le déploiement sécuritaire pour s'en rendre compte. Et le secret qui entoure la préparation des athlètes est tel, qu'il ne aucun doute que les victoires chinoises seront nombreuses et savamment utilisées pour la propagande.
Et les droits de l'Homme dans tout cela ? Rien ou presque. Le gouvernement Chinois peut réprimer tranquillement au Tibet, les prisonniers politiques sont toujours en prison, la censure est toujours aussi vivace, et le gouvernement Chinois n'a en rien modifié sa politique étrangère que se soit au Soudan, en Birmanie, ou en Afrique équatoriale.
Rien ne changera donc dans ce pays, car personne n'a intérêt à ce que les choses changent, ni les politiques ni les milieux d'affaires. Quant aux médias français, le fait que tous vont accepter la censure chinoise, et que bien peu ne s'offusquent de la présence du président de la République à la cérémonie d'ouverture (alors que d'autres chefs d'Etats ont au moins eu le courage de la boycotter, en dit long sur leur indépendance et sur leur rôle de contre-pouvoircontre-pouvoir qu'ils sont censés avoir.
Par conséquent, puisque ni les politiques, ni les médias, ni les milieux économiques ne prennent leurs responsabilités, il faut que les citoyens prennent les leurs, il est encore temps de boycotter les retransmissions télévisées.
28 juin 2008
Finale du top 14
Message très court aujourd'hui :
Que la finale soit belle et Allez les jaunards, Allez Clermont !
08 juin 2008
Et c'est parti pour l'overdose de sport !
Tous les ans à partir de la fin mai c'est la même chose, le sport envahi tout, les médias, les conversations et même l'espace public. Cela commence par Rolland Garros, puis on enchaîne avec Wimbledon et le Tour de France. Mais cette année 2008 sera divine pour les amateurs de sports avec les championnats d'Europe de football, et surtout les Jeux Olympiques en août.
Qu'on ne s'y méprenne pas, j'aime le sport et certains de mes articles sur ce blog le prouvent. Mais j'aime le sport pour ce qu'il devrait toujours rester, c'est à dire un moment festif à partager entre amis. Aujourd'hui les enjeux sont tellement importants que tout le reste est relégué au second plus. Et on voit bien à qui peut profiter cette soudaine omerta organisée. Oubliée la crise pétrolière et les questionnements sur l'enrichissement honteux des multinationales pendant que le monde entier souffre. Oubliée la question du pouvoir d'achat et les errements de notre gouvernement sur ce sujet. Oubliée la remise en cause des 35 heures et la colère provoquée en France par toutes les réformes faites depuis un an. Non, j'aime le sport, mais aujourd'hui celui-ci sert surtout à décébrer les gens et à faire oublier les questions qui fâchent.
Il faut dire que les enjeux sont colossaux :
- Enjeux financiers avec des sommes monstrueuses non seulement pour les participants, mais pour toue la logistique autour. Chaque pays se bat pour avoir l'organisation d'une compétition, en raison des retombées économiques et financières.
- Enjeux économiques donc, mais pas que pour les états. Il n'est qu'à voir l'invasion de publicité dont sont victimes nos centres villes et nos écrans de télé pour comprendre qu'énormément de société misent sur le sport pour gagner de l'argent.
- Enjeux médiatiques ensuite. Canal + par exemple, qui fut autrefois la chaîne du cinéma est prête à investir des sommes importantes pour diffuser le championnat de France de football, pourtant d'une qualité très médiocre. Et quand on compare l'évolution de l'audience du cinéma par exemple et celle du sport, on a une idée du délitement culturel en cours.
- Enjeux politiques évidemment, car n'en déplaisent à ceux qui sont contre le boycott des Jeux Olympiques de Pékin, chaque épreuve rejaillit désormais sur les hommes politiques du pays organisateur ou du pays vainqueur. Comment expliquer autrement la présence quasi systématique désormais des chefs d'états à ces grandes manifestations. Pour Pékin, il y a derrière les Jeux un autre enjeu que les retombées économiques, celui de la survie politique d'un régime qu'une croissance forte mal répartie peut ébranler socialement.
- Mais, et on en parle moins, il y a maintenant des enjeux de santé publique. A force de présenter les sportifs comme des stars ou des modèles, de nombreux jeunes, souvent poussés par leurs parents veulent les copier. Et pour y arriver beaucoup sont prêts à tout. Car le dopage et la tricherie ne touche pas que le haut niveau. De nombreux éducateurs de terrain ont déjà sonné l'alerte : dans certains sports, prendre des produits (pas forcément illégaux d'ailleurs), est devenu la règle.
Le plus triste dans tout cela, c'est que le premier perdant est l'amateur de sport. Dans le football, les enjeux sont tellement importants, que le but est aujourd'hui de ne pas perdre, d'où une succession de matches soporifiques. Dans le cyclisme, la natation, l'athlétisme pour ne citer qu'eux, les suspicions de dopage sont permanentes, et qu'on le veuille ou non, le doute est constant sur la validité des résultats. Dans le tennis, se sont les matchs truqués par les paris clandestins qui viennent fausser les résultats.
Le sport est devenu aujourd'hui une manne financière ou la morale n'a plus rien à faire. Certaines personnes personnes peu scrupuleuses préconisent même de légaliser la prise de produits dopants. Là où l'argent passe, tout le reste trépasse.
Donc, bien qu'étant friand de sport, cet été je boycotterai les JO et le Tour de France (cela fait déjà plusieurs années d'ailleurs), je ne regarderai pas le football (peut-être à partir des demies malgré tout, si la France va jusque là). Ma seule entorse sera pour la finale du Top 14 de rugby. Mais globalement, j'aurai bien mieux à faire cet été, le sport commence à me lasser, et j'espère que beaucoup de mes compatriotes me rejoindront.
15 février 2008
Le foot, c'est fini pour les pauvres.
La ligue de football professionnel a décidé d'octroyer les droits de retransmissions télévisées pour les matchs de football à Canal + et à Orange, pour des sommes colossales. C'est à dire à des chaînes payantes et privées.
J'entends d'ici les grincheux et les anti-football se réjouir : au moins, ils ne nous embêteront plus à regarder 22 millionnaires se disputer un ballon. Il est vrai qu'intellectuellement et moralement, il n'ont pas forcément tort. Sauf que le football, c'est aussi affaire de passion, mais passons.
Mais, l'affaire est choquante, et surtout symbolique de notre époque. Si l'on considère la télévision comme un objet culturel de masse, et le football comme un des loisirs les plus appréciés, on ne peut trouver normal que l'ensemble de la population ne puisse avoir accès aux retransmissions. Désormais, il faudra être abonné à Canal +, où être équipé d'un téléphone portable Orange. Peu importe que tout le monde ne le puisse ou ne le veuille, ce qui compte, c'est que ces 2 réseaux ont payé très cher pour cela.
Cette décision est inégalitaire puisqu'elle prive les plus pauvres de leur loisir préféré. Elle est aussi suicidaire économique à long terme pour le football, qui prend ainsi le risque de voir la frange la plus populaire de ses supporters se détourner de lui. Mais le capitalisme est ainsi, il ne voit qu'à court terme.
07 septembre 2007
Une coupe du monde contre le rugby ?
Ça y est, c'est parti, la coupe du monde de rugby commence ce soir. Normalement, moi qui suis un fan de ce sport, je devrais me réjouir. Pourtant là, je n'y arrive pas, même si je sais que si la France fait un beau parcours je finirais par me prendre au jeu, j'éprouve quelques réticences à me lancer dans la fête.
En effet, depuis plus d'un mois, nous sommes envahi dans les médias de publicités de reportages, d'interviews sur cette coupe du monde. Une bonne partie de l'enthousiasme autour de cet évènement sportif est en grande partie une création médiatique. Mais là n'est pas le principal obstacle à ma joie. Je pense fondamentalement que le rugby, sport festif, de convivialité, de solidarité, a changé d'époque.
A l'heure du professionnalisme, les joueurs changent de clubs pour des salaires plus importants, les transferts commencent à se faire sur de fortes sommes d'argent, le résultat compte désormais plus que la manière ou l'esprit. Il est loin le temps du rugby que j'aime, celui du rugby de clocher, où on ne joue pas de la même façon à Dax qu'à Mont de Marsan, celui de l'amateurisme, où l'arrière est aussi le fils du cafetier chez qui on va faire la troisième mi-temps. Celui de la troisième mi-temps enfin, car dans un rugby professionnalisé, seul le résultat.
Evidemment, tout ceci existe encore dans les petits clubs, mais la coupe du monde accentue le règne de l'argent sur ce sport. Et il ne faudrait pas que cela devienne comme dans le football, que l'individualisme l'emporte sur le collectif, car c'est ça la vraie force du rugby : c'est un sport collectif, où l'exploit individuel ne peut être que le fruit du travail de l'équipe.
J'ai aussi une autre réticence. Elle concerne le sélectionneur de l'équipe de France, Bernard Laporte. Pour moi, il est un peu le symbôle de cette dérive du rugby. Ce n'est pas que le sélectionneur, c'est aussi un homme d'affaires qui possède plusieurs sociétés immobilières, et qui ne cache pas son goût pour les valeurs de l'argent (ce qui, si on en croit les gazettes pourrait lui causer quelques ennuis judiciaires). Ensuite, je ne cache pas, même si ce n'est pas la raison essentielle, que le fait qu'il soit un proche de Nicolas Sarkozy et futur ministre des sports, ne joue pas en sa faveur. Il ne me serait pas agréable qu'un exploit des tricolores soit récupérer politiquement.
Cependant, il reste quand même l'essentiel, la fête, et ce soir, je serais devant l'écran géant sur le parvis du Stade de France, avec une bonne bière, à refaire le match avec les supporters argentins. et oui, je n'ai pas eu de place, de toute façon elles étaient soit trop chères, soit réservées aux sponsors (encore une preuve de ce que j'affirme).