29 décembre 2009
La taxe carbone retoquée par le Conseil Constitutionnel !
Le 7 Septembre, je commettais un texte au sujet de la taxe carbone (http://reverdenouveau.canalblog.comreverdenouveau.canalblog.com/archives/sante_et_environnement/index.html) (oui, je sais, c'est présomptueux de se citer, mais bon, une fois n'est pas coutume ! ). Dans ce texte si je m'en prenais essentiellement à la philosophie de cette taxe non seulement injuste, mais aussi inefficace, je notais aussi le flou artistique et l'impréparation qui régnait autour de ce texte de loi.
En retoquant la taxe carbone, le Conseil Constitutionnel me donne raison, puisqu'il dénonce les trop nombreuses exonérations bénéficiant essentiellement aux grandes entreprises, pourtant les plus pollueuses, mais surtout, il valide les arguments de tous ceux (et ils sont nombreux) qui dénoncent la politique de Nicolas Sarkozy, faite entièrement de communication et d'esbroufe. Avec le rejet de ce texte, le gouvernement passe enfin pour ce qu'il est réellement : un ramassis d'usurpateurs et d'amateurs.
Toutefois, ma joie n'est que partielle et la le Conseil Constitutionnel n'est qu'imparfaitement velléitaire, puisque dans le même temps il approuve deux autres textes, à mon sens tout aussi dangereux pour l'égalité et la justice sociale dans notre pays : la suppression de la taxe professionnelle qui sera une catastrophe pour les collectivités territoriales et les services publics de proximité, et l'imposition des indemnités journalières pour les accidentés du travail alors que le paquet fiscal qui coûte lui des milliards à la nation est toujours en vigueur.
16 décembre 2009
Climat : avec ou sans accord, Copenhague ne servira à rien.
Avec le grand raout sur le climat de Copenhague, toute la presse se déchaîne sur le sujet. Il n'y a plus de jours qui passent sans un appel à consommer moins, à trier les déchets, économiser les énergies, que sais-je encore ! Dans moins d'un mois, ils seront passés à autre chose. En attendant, on en appelle toujours aux attitudes individuelles. Je veux bien, il s'agit de notre planète, de notre bien commun, il est normal que chacun fasse son possible pour le préserver. Mais au bout d'un moment, il y a saturation.
D'une part parce qu'en tant qu'individu, j'en ai marre d'être stigmatisé, et j'ai la désagréable impression que sous prétexte de protection de l'environnement, on nous invente de nouveaux impôts, de nouveaux règlements, lesquels, comme par hasard, touchent en priorité les couches populaires.
D'autre part, parce que j'ai le sentiment que l'on nous ment, que la stigmatisation des comportements individuels a un but précis : nous faire oublier que les premiers pollueurs sont les industriels, que c'est notre modèle économique qui est la source première des dérèglements climatiques.
Trouver des exemples, ce n'est pas très compliqué, on peut citer pêle-mêle : les délocalisations (il faut rapatrier ensuite les marchandises pour les vendre, et ça ne se fait pas à bicyclette), le développement du tourisme bas de gamme (ce qui a pour conséquence d'augmenter considérablement les voyages en avion), la construction immobilière sauvage (qui encourage la déforestation et détruit les cotes), les pressions des lobbies automobiles, pétroliers ou nucléaires (qui ne sont jamais bousculés pour développer des énergies renouvelables ou des véhicules moins polluants), le trafic d'essences d'arbres rares, etc, etc.
Tout cela mis bout à bout, on a bien l'essentiel de la pollution. Et si on rajoute que la plupart du temps cela se conjugue avec l'exploitation des travailleurs ou des populations locales, on comprend bien qu'en se focalisant essentiellement sur les pratiques individuelles on fait fausse route. Mais cela est évidemment voulu et assumé, car s'en prendre de front à tous ces grands groupes industriels qui font la pluie et le beau temps (l'image est belle, n'est-ce pas ?) sur la planète, c'est remettre en compte le libéralisme sauvage dans lequel les milieux économiques avec la complicité des politiques nous ont plongé.
Copenhague ne servira à rien s'il ne débouche pas sur un changement radical de philosophie, qui mettrait l'homme au centre plutôt que l'économie et les profits. Il me semble que parmi les mesures urgentes à prendre, il faudrait imposer une relocalisation des productions (ce qui profiterait à tous, les occidentaux qui garderaient leurs emplois, et les autres qui pourraient ainsi profiter de ce qu'ils produisent), et imposer une limitation du trafic aérien, ce qui implique de payer les voyages en avion à leur vraie valeur.
Evidemment, des idées il y en a plein d'autres, je ne vais pas les citer toutes ici, mais apparemment, ce n'est pas de cela que l'on discute en ce moment à Copenhague. Et pour cause, si les associations de défense de l'environnement ont fait le déplacement, les lobbies industriels eux aussi. A l'instar des droits sociaux élémentaires, la protection de l'environnement est une nécessité qui se gagnera dans les luttes, il ne faut rien attendre des politiques
07 décembre 2009
Que faut-il attendre de la conférence de copenhague sur le climat ?
En toute honnêteté, je vois au moins un gros avantage au grand raout qui aura lieu à Copenhague, c'est de mettre en lumière que les premières victimes des changements climatiques sont d'abord les populations des pays pauvres. Pour une fois, le monde va se rappeler que c'est le mode de vie des pays riches qui abîme l'environnement. On s'apercevra aussi que ces mêmes pays sont plutot réticents à remettre en cause leur niveau de vie. Mais à part cela, je ne vois pas un grand intérêt à Copenhague.
Certes, il y aura un accord dans la cité scandinave. Même a minima, celui-ci sera célébré par tous les médias et tous les chefs d'Etat comme une grande avancée. Le fait même que tant de pays aux intérêts si divergents puissent s'accorder sur un sujet aussi complexe, prouve que ledit accord n'aura que peu de valeur. Même si celui-ci était contraignant comme le souhaite la France, qui s'assurera que les contraintes sont respectées ?
Peu importe ce qui sera décidé à Copenhague, cela permettra à quelques chefs d'état de parader et de rouler des mécaniques, mais pour l'environnement, rien ne changera, et ce pour une excellente raison : la première cause de la pollution est liée à notre modèle économique.
Comment peut-on parler de lutte pour la planète quand le taux de croissance reste la valeur immuable pour jauger une économie, quand la consommation est érigée en valeur ? Personne, et surtout pas Nicolas Sarkozy, ne se rend à Copenhague avec l'intention de sortir définivement de l'économie libérale. Pire, on entend certains dirigeants exprimer leur souhait de contraindre les multinationales à avoir des attitudes éthiques. Franchement qui peut croire que Total cessera d'utiliser des navires poubelles s'il est plus rentable pour lui de le faire ? Ce n'est évidemment qu'un exemple, mais on peut le multiplier à l'infini.
Je dirais même plus Copenhague inquiète. La plupart des partis écologistes, en principe à la pointe en matière d'environnement, se rallient au marché. Je ne parle pas des militants associatifs qui restent mobilisés. Mais quand on voit qu'aujourd'hui l'écologie est symbolisée dans ce pays par Nicolas Hulot (dont les émissions télévisées sont sponsorisées par Rhône Poulenc), Yann Arthus-Bertrand (qui milite du haut de son hélicoptère), ou Daniel Cohn-Bendit (qui s'est déclaré converti au capitalisme), on se dit qu'être écologiste aujourd'hui, c'est surtout un excellent moyen pour faire parler de soi. Etre vert est décidément à la mode chez les people et les bobos. Que les riches se rallient à l'écologie, ce n'est assurément pas un bon signe pour les pauvres, ceux d'Afrique ou des îles du Pacifique qui sont en première ligne pour subir les foudres du climat.
24 novembre 2009
La ruée vers les centres de vaccination : l'enfumage médiatique du moment !
Depuis ce week-end, c'est la nouvelle antienne que l'on entend sur toutes les ondes : les Français auraient changé de position par rapport au vaccin contre la grippe A et se rueraient vers les centres de vaccination. Et tous nos médias de nous inonder de reportages venant confirmer leurs affirmations.
Mais de quelle ruée nous parle-t-on ? A Paris, ville dont nous possédons les chiffres, il y avait eu samedi 21 novembre plus de 15 000 personnes vaccinées, http://www.romandie.comwww.romandie.com/infos/news2/091123130833.3hzi8o7a.asp, ce qui pour une ville de plus de deux millions d'habitants est quand même assez chiche comme résultat. A ce rythme, tous les parisiens seront vaccinés à l'été 2011.Au moins, on sera prêt pour la pandémie de l'hiver 2012.
Ce que mettent surtout en avant ces chiffres, c'est non pas un engouement subit des Parisiens, mais l'impréparation et l'insuffisance du dispositif voulu par Mme Bachelot et son équipe. 12 centres pour la capitale ! C'est à dire 1 pour 200 000 habitants.
En outre, il faut rappeler que pour se faire vacciner, il faut présenter les bons envoyés par la Sécurité Sociale, lesquels seront étalés dans le temps jusqu'au mois de février. Les derniers pourront donc se présenter dans les centres à la fin de l'épidémie, donc à un moment où ils ne risqueront plus grand-chose, en espérant toutefois qu'ils n'aient pas été malade auparavant. Et on veut encore nous faire croire qu'il n'y a pas d'autres enjeux que celui de la santé publique ? Ben voyons !
23 novembre 2009
Pierre Bergé s'attaque au Téléthon !
Le milliardaire Pierre Bergé a créé la polémique en s'offusquant des millions versés chaque année au Téléthon. Je ne sais pas si toutes ses accusations sont fondées, mais je trouve le débat intéressant car il pose le problème du financement de la recherche dans ce pays.
En filigrane, que dit Mr Bergé ? Tout simplement qu'avec l'apparition du Téléthon il y a plus de 20 ans, une grande partie de l'argent de la recherche est dirigée vers les myopathies, au détriment d'autres maladies, le SIDA notamment, mais aussi les maladies rares. Cela s'explique par l'importance des dons lors de l'émission télévisée annuelle et aussi parce que cette médiatisation encourage l'État à investir prioritairement sur ces domaines de recherche.
Ce que dit Mr Bergé sur le fond est somme toute assez juste, même s'il a la maladresse d'agrémenter ses propos de suspicions que personne ne peut vérifier. D'ailleurs la réaction outrée des associations et des organisateurs du Téléthon en dit long sur l'institutionnalisation de cet évènement. Sous prétexte que cet appel au don annuel serait l'incarnation même de la générosité, il devient impossible de le critiquer et de s'interroger sur la destination de l'argent ou sur le fonctionnement de la recherche.
Il est en effet une chose dont le mécène de Mme Royal ne parle pas. En France, la recherche médicale est financée essentiellement par l'État, par le biais de nos impôts. C'est à dire que nous payons déjà pour la recherche. L'organisation de séances massives de don, consiste donc à faire payer une seconde fois les citoyens avec leur assentiment (elle est aussi l'occasion pour de grandes entreprises de se faire de la publicité à peu de frais), et de dédouaner la force publique du désengagement constant qui est le sien depuis un certain nombre d'années dans le domaine de la recherche publique.
Ce désengagement des institutions publiques a un corrélat : la montée en puissance des entreprises privées dans le domaine de la recherche. Sachant que celles-ci se concentrent surtout sur des domaines rentables à terme, c'est à dire au détriment de maladies rares ou nécessitant un gros investissement. La montée en puissance d'associations comme l'AFM (Association Française contre les Myopathies), ou la Ligue contre le cancer ressort de la même logique, celle d'une marchandisationmarchandisation de la maladie et de la mise en concurrence des pathologies les une contre les unes.
L'appel aux dons n'est pas pour autant à bannir, puisqu'il est un excellent moyen pour sensibiliser les Français. Pour autant, il ne doit en aucun cas se substituer à une politique dans le domaine de la recherche médicale. L'Etat ne doit pas se désengager, et surtout il doit continuer à soutenir les malades atteints de maladies qui n'ont pas la chance de bénéficier de la même médiatisation.
17 octobre 2009
Petit retour sur la grippe A !
Le 25 juillet dernier (http://reverdenouveau.canalblog.comreverdenouveau.canalblog.com/archives/sante_et_environnement/index.html), je m'étais engagé à arrêter ce blog, si mes affirmations selon lesquelles la pandémie de grippe A promise n'aurait pas lieu, s'avéraient exactes. Comme je suis quelqu'un qui tient ses promesses, j'ai donc jugé utile de faire un petit retour sur le sujet pour voir ce qu'il en était.
Et là, je suis étonné. Mais elle est où la méchante grippe qui devait terrasser la moitié du pays ? Elle n'est pas là ? Elle fait sa capricieuse et tarde à sortir du bois ? C'est vraiment dommage qu'elle soit pas là, parce que notre gouvernement à acheter des millions de vaccins. On n'est même pas sûrs qu'ils soient efficaces, mais on les a achetés, alors ça serait bien qu'elle arrive la vilaine, parce que ça nous a quand même coûté des millions cette histoire.
Les millions, justement parlons-en. Ceux là au moins, ils ne sont pas perdus pour tout le monde. Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui se frottent les mains. En effet, que l'épidémie ait lieu ou pas, ils sont vendus les vaccins ! Rassurons-nousRassurons-nous en nous disant qu'après les banques et l'industrie automobile, voilà un autre secteur à qui la crise aura été profitable.
Nous avons donc dépensé des millions pour une grippe qui se fait attendre. Mais que l'on ne s'y méprenne pas, cela ne signifie en aucun cas qu'il y a de l'argent dans les caisses de l'Etat. Je vous rappelle qu'elles sont vides ! Et c'est pour cette raison qu'une fois de plus, ce sont les Français qui vont devoir payer le trou de la sécu, notamment parce qu'il y a de plus en plus de médicaments qui ne sont plus remboursés.
Je résume : nous payons des millions pour des vaccins remboursés qui ne serviront à rien, et dans le même temps, nous ne remboursons plus des médicaments qui eux servent vraiment à guérir des millions de malades. Chacun en conclura ce qu'il voudra, pour ma part, ma conclusion sera simple : je crois que je suis pas prêt d'arrêter ce blog.
07 septembre 2009
La taxe carbone : un projet bobo, par les bobos, pour les bobos.
La taxe carbone est prometteuse. Le pataqués politique qui se profile à l'horizon pourrait être digne de figurer dans les annales. Gauche et droite ont déjà commencé à s'écharper, même les écolos sont divisés sur la question.
Il faut dire que comme toujours, pressé de faire un effet d'annonce et soucieux de récupérer chez les écologistes une partie des voix qui pourraient lui manquer lors des présidentielles, Nicolas Sarkozy à balancer la pierre de la Taxe Carbone dans le débat public sans aucune préparation. En effet, si tout le monde à son avis sur la question, personne ne sait à l'heure actuelle quel sera le montant de cette taxe, comment elle sera prélevée, qui la paiera, et encore moins si elle sera remboursée. Bref, nous nageons dans le flou artistique le plus total.
Pourtant, ce n'est pas ce qui pose le plus problème autour de cette taxe. Alors que globalement, de la droite au PS ils sont peu à en contester le principe, c'est pourtant celui-ci qui m'interroge. En effet, tout le monde sera d'accord pour dire qu'il est urgent de limiter les émanations de gaz carbonique. Pour autant, cette taxe ne résoudra rien puisqu'elle ne s'attaque pas au fond du problème, à savoir la remise en cause de notre mode de vie. Ce nouvel impôt, au diable la sémantique du pouvoir, il s'agit bien de cela, ce nouvel impôt n'aura quasiment aucune influence sur les premiers pollueurs de la planète, à savoir les industriels, qui pourraient être autorisés par l'Union Européenne à payer un droit de polluer.
De même, la voiture est le moyen de locomotion principal pour des millions de personne. Elle leur est même indispensable pour vivre. Augmenter le prix de l'essence n'aura de toute façon qu'un impact infime sur l'environnement, mais pourrait être désastreux pour des milliers de foyer. Par contre, on sait aujourd'hui que la recherche dans le domaine des véhicules propres à fortement progressée, une vraie politique environnementale consisterait à en faire la promotion, à investir dans des infrastructures pour des véhicules électriques, à développer le ferroutage et les transports en commun. Ce n'est pas la voie choisie, car elle nécessite une confrontation avec certains lobbies économiques très puissants dans ce pays et sur cette planète.
Pourtant me direz-vous, les écologistes soutiennent ce projet, c'est bien qu'au niveau environnemental il doit être bénéfique. Certes, mais c'est oublier que tous les écologistes ne sont pas sur cette voie, beaucoup prônent une réflexion beaucoup plus globale prenant en compte l'ensemble des aspects sociaux et économiques de la question. Parmi eux, je pense entre autre à Martine Billard, députée verte de Paris qui vient de quitter son parti. Mais voilà, ces tenants d'une approche globale n'ont pas l'aura ni l'atttrait médiatique d'un Dany Cohn-Bendit.
Vous pourriez aussi me répondre que l'Etat à prévu de rembourser cette taxe, notamment pour les foyers les plus modestes. Alors là, voyez-vous, je m'enfonce dans la perplexité la plus totale, car à quoi peut bien servir une taxe si elle est remboursée ? Pédagogiquement en tout état de cause, à rien !
Un autre aspect de cette question me semble loin d'être anecdotique. Il s'agit de l'apparente convergence d'idée sur ce sujet entre les écolos et une partie de la droite. De la part de cette dernière rien d'étonnant tant le président de la République s'évertue depuis deux ans à brouiller les cartes. Mais que penser de ce rapprochement droitier des verts ? A bien y regarder, il n'est pas si étonnant que cela. Aux dernières européennes, les classes sociales qui ont votées pour eux et permis leur bon score se retrouvent parmi les aisées, c'est à dire peu ou prou l'électorat traditionnel d'une partie de la droite et du centre (et désormais aussi un peu du PS). Le principe de la taxe carbone fait l'unanimité ou presque parmi les élites, il suffit de lire la presse nationale pour s'en rendre compte. L'électorat écologiste ne se retrouve que bien peu du coté des classes populaires. Il est donc normal que les Verts soutiennent l'idée d'une taxe carbone à l'encontre d'une réflexion globale.
22 août 2009
Fillon passe au vert par opportunisme !
François Fillon a interrompu ses vacances ! Et chose curieuse, ce n'est ni pour le phénomène médiatique de la grippe A (Et le fait même qu'aucun ministre n'arrête ses vacances alors qu'elle sévit dans l'hémisphère sud, prouve bien le caractère purement médiatique de cette prétendue pandémie), ni à la suite d'un mouvement social dans une entreprise (ben oui, si l'avenir des ouvriers intéressait le pouvoir, cela se saurait).
Non, François Fillon a écourté ses vacances à cause de l'algue verte qui prolifère sur les plages bretonnes. Mais attention, il ne s'est déplacé que parce qu'il y a eu la mort d'un cheval et qu'on est désormais certain de la dangerosité des émanations de gaz produites par l'algue. Ben oui, parce que s'il n'y a pas un fait divers susceptible d'appâter les caméras, il ne faut pas espérer que le pouvoir s'y intéresse.
Donc François Fillon se déplace. Il faut dire que c'est tout bon pour lui, à une semaine de la reprise du président, il peut enfin occuper l'espace médiatique. Pendant une semaine, il existe !
Alors, il se retrouve là, sur les plages costarmoricainescostarmoricaines en plein mois d'août, accompagné de la ribambelle de journalistes qui de toute façon, au mois d'août, n'ont rien d'autre à faire. Mais attention, François Fillon est premier ministre ! il ne se déplace donc pas les mains vides ! Dans sa besace, il annonce princièrement que l'Etat nettoiera à ses frais les plages les plus touchées.
Voilà de la politique de haut vol ! Parce qu'avec des écologistes à 16% lors des européennes et qui grâce à leur université d'été ont le vent médiatique dans le dos, le gouvernement ne pouvait rester inactif sur le lourd et inquiétant dossier de l'environnement. Donc, il nettoiera !
Bien ! Bravo ! pendant quelques mois les bretons auront des plages propres ! Oui, mais après ? On renettoiera jusqu'à ce que les petites algues vertes comprennent d'elles-mêmes qu'il ne faut pas venir salir les jolies plages bretonnes ? Parce que, tout de même, si elles prolifèrent, ces algues, il y a bien des raisons, non ?
Peut-être que la présence massive de cette algue depuis 30 ans est dûe à l'abondance de pesticides dans les nappes phréatiques ? Peut-être que si les plages deviennent vertes, ce n'est que la conséquence d'une politique agricole entièrement tournée vers le productivisme ?
C'est curieux, mais le premier ministre, subitement devenu le premier écologiste de France, n'en a pas dit un mot. Peut-être parce que se serait toute la politique agricole européenne que son gouvernement soutient et que son camp a promu ? Rappelons seulement que le ministre de l'agriculture qui a impulsé le changement de la politique agricole française vers une production intensive s'appelle Jacques Chirac ! A l'heure de la rupture proclamée comme idéologie, il ne fait pas bon rappeler que l'on insiste dans les erreurs passées.
25 juillet 2009
Le nouveau nom de la grippe A : la grippe médiatique.
Oyez ! Oyez ! Braves gens ! La fin est pour bientôt ! L'apocalypse arrive, soyez-en sûrs. En tout cas, si vous suivez les principaux organes d'information, vous ne pouvez pas en douter. L'épidémie de grippe mexicaine, rebaptisée porcine pour ne pas faire de tort aux mexicains, puis grippe A pour ne pas gêner la filière porcine, sera bien la pire que l'humanité aie jamais connu. D'ailleurs, elle est tellement forte qu'on ne sait même pas quel nom lui donner.
Et peu importe qu'elle ne soit pas aussi mortelle qu'annoncée au départ. Ah, ça ! tant qu'elle était au Mexique la grippe, on avait l'impression que c'étaient par centaines de milliers que les victimes tombaient. Même que l'on s'est demandé s'il ne fallait pas stopper toutes les liaisons aériennes avec ce pays. Mais bon, depuis elle passé les frontières et que le nombre de cas américains, canadiens et surtout anglais dépasse largement les chiffres du Mexique, alors il faut bien rassurer la population, et expliquer que finalement, la grippe A n'est qu'à peine plus virulente qu'une grippe normale, c'est tout juste si elle se propage plus vite. Et plus question d'interrompre les laisons aériennes.
Certaines voix, a l'image du professeur Gentilini commencent à s'insurger contre cette médiatisation excessive, et rappellent que le paludisme fait chaque année des centaines de milliers de victimes, et que le SIDA est encore un véritable dans certains pays d'Afrique. D'ailleurs, est-ce justement parce que c'est en Afrique que l'on n'en parle si peu ?
Bon d'accord, la grippe A n'est peut-être pas aussi dangereuse que prévu, et il y a peut-être plus grave, mais attention, elle risque de paralyser l'économie du pays, c'est le premier ministre qui l'a dit. Ceci dit, rassurons-nous, nous sommes prêts, des millions de vaccins sont d'ores et déjà prévus, remplissant grassement au passage les poches des patrons de l'industrie pharmaceutique. 90 millions de vaccins en quelques mois ! et dire qu'en 10 ans, nous n'avons toujours pas trouver de solutions pour fournir en tri-thérapies les populations africaines touchées par le VIH !
La moitié de la population française risque d'être touchée cet hiver. Ce chiffre est ubuesque ! Même la fameuse grippe espagnole qui elle a fait des millions de victimes, n'a pas concerné autant de personnes. Alors je pose une question : si à la fin de l'hiver, on s'aperçoit comme je le prédit que toutes les sirènes médiatiques étaient fausses, que l'on a fait paniquer la société pour rien (ou peut-être pour faire diversion à la crise), est-ce qu'il y aura des démissions dans les directions des grands médias ou dans les cabinets ministériels ?
Quant à moi, c'est promis, si je me suis trompé, à la fin de l'hiver, je prends mes responsabilités, j'arrêterai ce blog !
20 juin 2008
La dangereuse réforme du CNRS !
La ministre de la recherche, Valérie Pécresse a présenté son plan de réforme du CNRS, le plus grand et le plus prestigieux organisme de recherche public français. Et les chercheurs sont vent debout contre ce projet.
Il faut dire qu'il y a de quoi. La volonté du gouvernement est de créer 6 instituts qui s'ajouteraient à ceux existants. Ce que craignent les chercheurs, c'est que ces futurs instituts ne soient qu'une première étape vers un démantèlement du CNRS, vers l'abandon de toutes les recherches non rentables (en sciences sociales notamment), et vers un contrôle plus assidu de la part de l'Etat.
Evidemment, Mme Pécresse nie en bloc toute ces affirmations. Pourtant, au regard de l'histoire récente, il est juste de se méfier. Combien de fois ces dernières années nos gouvernants ont juré leurs grands ne pas vouloir mener certains projets, et combien de fois au final ils l'ont fait. En tout cas le but semble ici assez évident pour que quasiment tous les chercheurs du CNRS se soulèvent : le conseil scientifique du CNRS a refusé de voter le texte proposé, des centaines de chercheurs ont signé un texte exprimant leur inquiétude.
Après la réforme de l'enseignement, réactionnaire retour en arrière, après la réforme de l'université qui met en concurrence les universités les unes avec les autres, après des coupes drastiques dans le budget de la culture, après la suppression de la publicité sur les radios et télévisions publiques et l'inquiétude sur le financement qui en découle, c'est désormais au tour de la recherche d'être touché. Ce sont, les uns après les autres, tous les secteurs fondamentaux de la pensée et de l'éducation, ceux qui font l'avenir sont source de progrès social, scientifique ou humain, qui sont démantelés. Nous sommes en train de vivre un formidable bond en arrière, tout cela au nom du profit de quelques-uns. Et le plus grave dans tout cela, est le silence assourdissant de l'opposition, qui laisse des pans entiers de la population en plein désarroi.
P S : Je rajoute un lien sur un blog ami auteur d'un bon article sur ce sujet :
http://medailles.recherche-enseignement-superieur.fr/spip.php?article6&lang=fr