05 janvier 2009
Le désastre de Gaza : tous responsables.
La situation au Proche-Orient est très compliquée, c'est pourquoi il en est peu question ici, de peur de faire des erreurs. Cependant, avec l'intervention israëlienne dans la bande de Gaza, la tension est telle qu'il est devenu difficile de ne pas en parler. Loin de moi cependant l'idée de prendre position, même s¨'il est facile pour ceux qui me lisent régulièrement de deviner où vont mes sympathies.
Les raisons de l'invasion actuelle sont claires et servent les principaux protagonistes. La ministre des affaires étrangère israëlienne de même que celui de la défense dans un premier temps. Tous deux sont engagés dans une élection difficile pour eux, où l'extrême-droite menée par Benyamin Netanyhaou menace fortement. Ils espérent tirer les dividendes électoraux d'une intervention musclée. Les derniers sondages leurs donnent d'ailleurs raison. Le Hamas ensuite est l'autre grand vainqueur de ce conflit, puisqu'il prospère sur la misère de son peuple et sur la haine des Juifs. Tout porte à croire que les dirigeants islamistes ont voulu l'intervention israëlienne, comme en témoignent la stratègie de bombardements continus. L'Iran enfin espére tirer les marrons du feu. Nul n'ignore que Téhéran soutient le Hamas et souhaite démontrer au monde sa capacité de nuisance intacte.
Mais au-delà de ces victoires à courte vue, c'est bien d'un fiasco général qu'il s'agit dont le prix sera payé par l'ensemble des populations de la région. Un fiasco qui ne date pas d'hier, et qui et la résultante de l'échec et de l'impuisance de tous les acteurs concernés, pas seulement les Israëliens et les Palestiniens.
L'échec de la classe politique israëlienne qui a continué à donner des gages à son extrême-droite notamment en continuant les colonisations. Le système électoral proportionnel, certes le plus démocratique possible, fait aussi que les extrêmistes religieux sont au centre du jeu politique et qu'aucune majorité n'est viable sans eux. Depuis Rabin, aucun dirigeant israëlien n'a osé s'opposer frontalement aux partis religieux. C'est triste à dire, mais la faiblesse d'Israël, c'est son fonctionnement démocratique.
L'échec de l'autorité palestinienne. Le Fatah, principal parti, gangréné par la corruption a vu peu à peu son autorité contestée par le Hamas, aujourd'hui au pouvoir à Gaza. L'incapacité du Fatah à proposer une alternative politique aux islamistes, de même que la guerre fratricide entre les deux factions, plonge le pays dans le désarroi le plus total, et laisse Israël sans interlocuteur.
L'échec du Hamas et des partis islamistes. Leur refus de reconnaître Israël et leur jusqu'au boutisme débouche fatalement sur une impasse. Aucune solution ne pourra être trouvée sans une reconnaissance d'Israël. C'est aussi l'échec du monde arabe, incapable d'avoir une position commune.
L'échec des Etats-Unis. La politique étrangère américaine soutient depuis toujours Israël. Cela s'explique évidemment par l'importance de la communauté juive outre-Atlantique. Mais, depuis 8 ans, la vision totalement binaire du monde qu'a Georges Bush, avec d'un côté le soi-disant monde libre et de l'autre les terroristes, sans qu'il n'y ait rien entre, cette vision-là s'est avérée catastrophique et n'a fait que renforcer les haines. L'élection de Barak Obama redonne certes un peu d'espoir, mais son silence depuis 10 ans indique qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions.
L'échec de l'Union Européenne. Incapable depuis toujours d'avoir une politique étrangère commune elle n'arrive toujours pas à parler d'une seule voix. La meilleure illustration de son indigence est le voyage du président français (initiative au demeurant louable), qui se fait sans l'accord des autres pays européens, et alors même que la présidence tchèque tient un discurs différent sur le sujet.
L'échec de l'ONU et de la communauté internationale. Incapable depuis toujours de faire respecter dans cette région la moindre décision du conseil de sécurité, l'ONU aujourd'hui n'est même plus dans la capacité d'avoir une simple déclaration de principe commune.
C'est toute cette accumulation d'échecs et de renoncements qui fait qu'aujourd'hui nous sommes devant un drame humain épouvantable. Pourtant, la solution est connue de tous, elle passe forcément par la création d'un état palestinien d'une part, et la reconnaissance d'Israël d'une autre. Toutes les autres questions, le statut de Jérusalem, ou le sort des réfugiés ne sont qu'annexes. Seules ces deux décisions peuvent permettre une issue favorable. Encore faut-il que la volonté politique existe.
09 septembre 2007
Les meilleurs ennemis.
Les services secrets américains ont certifié que c'était bien Ben Laden en personne qui apparaissait sur la dernière vidéo attribuée à Al Qaeda. Il est étonnant de voir à quel point ces messages tombent toujours à des moments opportuns, que ce soit pour le président américain, où pour les intégristes islamistes.
En effet, il est troublant de constater que c'est souvent lorsque Mr Bush est en difficulté en politique intérieure qu'apparaissent des vidéos de Ben Laden. Ou que le FBI relance l'alerte anti-attentats, suite à d'obscurs menaces qui ne se concrétisent comme par hasard jamais.
Michael Moore, dans son film sur le 11 septembre 2001, démontre que l'administration Bush a pris pour prétexte le danger irakien, pour non seulement envahir l'Irak, mais surtout relancer les ventes d'armes, faire main basse sur le pétrole irakien, faire faire des bénéfices colossaux à des entreprises américaines, souvent dirigées par des proches de la famille Bush, et enfin, et ce n'est pas le plus négligeable, gagner les élections de 2004.
Aujourd'hui, alors que le gouvernement américain ne veut toujours pas entendre parler de retrait des troupes, il s'apprêterait à demander une rallonge budgétaire, très difficile à obtenir avec un congrès qui lui est hostile. D'autant plus qu'il ne peut désormais plus se cacher derrière les armes de destruction massive, danger potentiel pour l'Amérique, puisqu'il est avéré que c'était un mensonge.
Et c'est pour cela qu'il tombe rudement bien le message d'Oussama Ben Laden. Car s'il ne parle plus d'attaques potentielles sur les Etats-Unis, il parle beaucoup de l'Irak. Et cela permet donc à Mr Bush de justifier le maintien des troupes américaines, et même d'aller plus loin, d'essayer de convaincre les américains que c'est maintenant en Irak que se situe la menace Al Qaeda. Il oublie au passage que c'est l'intervention américaine qui a plongé un pays vivant certes sous une dictature sanguinaire, dans le chaos le plus total.
Mais, le plus intéressant dans tout cela, c'est que les extrémistes religieux les plus radicaux qui alimentent la guerre en Irak, ont besoin que les troupes américaines restent le plus longtemps possible. Ils ont ainsi un bouc-émissaire tout désigné leur permettant d'alimenter leur propagande à destination des populations musulmanes. En outre, sous couvert de guerre sainte, ils commettent les pires atrocités en Irak et en Afghanistan.
L'action américaine n'a évidemment enregistré aucun recul du terrorisme, mais elle a, a contrario, par les exactions commises par les militaires, affaibli considérablement les pouvoirs en place, déjà peu légitimes aux yeux des populations. Tout cela au profit des extrémistes, auxquels les messages épisodiques de Ben Laden permettent de maintenir l'opinion internationale sous pression.
14 juin 2007
Difficulté de parler du Proche-Orient
Plusieurs de mes amis m'ont demandé pourquoi je ne parlais pas de la situation au Proche-Orient. Ce qui se passe dans ces pays est très compliqué, et en France, nous n'avons pas toujours toutes les informations pour bien juger. C'est pourquoi il m'est difficile d'exprimer une position tranchée. D'autant plus que tout cela me touche et que je ne voudrais blesser personne, qu'ils fassent ou non partie de mes connaissances.
Je reste très attentif à ce qui se passe là-bas, mais je préfère ne pas m'exprimer publiquement sur ce sujet pour l'instant.