rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

16 mai 2008

Nicolas Sarkozy joue au pyromane.

Incroyable ! L'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy est tout simplement incroyable. En intervenant à chaud, en ne répondant pas aux interrogations de toute une profession en crise, il sort complètement du rôle du président de la République.

Là où il devrait être un élément rassembleur, il se comporte en diviseur. En jouant l'opinion contre une partie du monde enseignant, il prend le risque de créer des conflits sur un sujet majeur, qui devrait faire consensus : l'éducation de nos enfants.

il apparaît comme un président partisan, alors qu'il devrait être celui de tous les Français. En méprisant le dialogue social, en se montrant sourd aux revendications, aux craintes et aux doutes des enseignants sur les réformes en cours, il agit comme un idéologue. Là où il devrait favoriser le dialogue et essayer de faire passer ses réformes dans la concertation, il passe en force.

Il prend le risque d'apparaître comme incompétent et donc de dévaloriser durablement la responsabilité de président. En effet, si sa décision d'imposer un service minimum dans les écoles est aujourd'hui populaire, qu'en sera-t-il demain lorsque les Français s'apercevront que cette mesure n'est pas constitutionnelle, et n'est pas non plus applicable d'un point de vue pratique. D'ailleurs, avec la grève du 22 mai dans les transports, les Français ne vont pas tarder à se rendre compte que le service minimum, ce n'est rien d'autre que du vent.

Concrètement, l'intervention de Nicolas Sarkozy n'avait qu'un but, reprendre la main politiquement, enrayer sa chute dans les sondages, et surtout déclarer la guerre aux syndicats enseignants dans le but de les affaiblir.

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15 mai 2008

De l'art de noyer les poissons.

En écoutant les informations ce matin qui mettent surtout l'accent sur le service minimum dans les écoles, je me suis énervé contre cette désinformation organisée, et j'ai donc décidé de republier mon message du 5 mai (mais aussi parce que comme je suis en grève et que je vais à la manif, j'ai peur de ne pas avoir de temps ni de courage pour écrire ce soir) :

Les syndicats ont prévenu, le mois de mai risque d'être difficile pour le gouvernement, et particulièrement dans l'éducation, puisque les lycéens, déjà dans la rue contre les suppressions de postes seront rejoints le 15 mai par le personnel enseignant, pour ce qui pourrait être une importante journée de mobilisation.

Xavier Darcos, ministre de l'Education, est donc la cible privilégiée des critiques. Mais voilà, en politique comme en stratégie militaire, lorsqu'on est acculé, la meilleure défense est l'attaque. Quoi de mieux donc pour faire oublier un peu dans l'opinion les colères dues à une gestion purement économique du système éducatif, que de lancer une autre patate chaude, celle du service minimum à l'école en cas de grève.

Et il faut dire que le coup est bien joué, puisque parfaitement relayer par les médias. Certes, il ne s'agit que de communication, mais le ministre tente ainsi d'apparaître comme le gentil, celui qui pense en premier aux familles qui seront gênées par la grève. Laquelle grève devient du même coup uniquement le moyen que les professeurs ont trouvé pour embêté les parents d'élèves, puisque c'est bien connu, en temps de grève, il n'y a que des citoyens pris en otages, et victimes de ces privilégiés de fonctionnaires.

Et pendant 15 jours, tout le débat sur les suppressions de poste dans la fonction publique en général et dans l'Education Nationale disparaît au profit de cette nouvelle polémique. Comme d'habitude, le gouvernement utilise son arme préférée celle de la division, dans le cas présent, il joue les parent d'élèves  et l'opinion en général contre les familles. Il faut dire qu'il ne peut pas justifier et défendre sa politique éducative, puisque si l'on en croit les sondages, celle-ci est, et à juste titre, rejetée par les Français. Il ne lui reste donc comme arme que celle de la diversion.

Seulement voilà, cette tactique est très risquée. C'est oublier, même si le discours gouvernemental et médiatique voudrait nous faire croire le contraire, que l'on ne fait pas grève par plaisir, que l'on accepte pas de perdre de l'argent comme ça, juste pour ne pas travailler (rappelons-le, les fonctionnaires lorsqu'ils font grève ne sont pas et n'ont jamais été payés). C'est oublier que lorsque l'on s'occupe d'enfants et que l'on aime son métier, faire grève une journée est quelque chose qui humainement et moralement coûte. Non, on ne fait jamais grève par plaisir, que l'on soit fonctionnaire ou pas, non, on fait grève par obligation, parce qu'en l'occurrence les politiques menées remettent en cause l'exercice même de la profession. Rappelons tout de même cette règle simple (puisqu'à l'heure de la désinformation permanente il faut tout rappeler), ce n'est jamais, absolument jamais le gréviste qui est responsable de la grève, mais son employeur. Soyons en sûr, l'immense majorité des enseignants préférerait le 15 mai être auprès de leurs élèves. De même qu'il est certain que le 15 mai, la majorité des Français continuera à les soutenir, renvoyant Mr Darcos à la seule réalité, celle du rejet de sa politique.

Et puis, en faisant mine de remettre en cause des acquis sociaux, Xavier Darcos prend un autre risque, celui d'attiser la colère des personnels de l'Education Nationale, et de renforcer la mobilisation.

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14 mai 2008

Le rejet de la loi OGM est-il symptomatique d'une crise plus profonde ?

Hier soir, en fin d'après-midi, les députés ont rejeté à une voie près et à la surprise générale la loi sur les OGM. Bien au-delà de cette loi, que le gouvernement a visiblement décidé de faire passer en force, c'est la façon dont le pouvoir est exercé qui est remis en cause et contesté, certes par les députés de l'opposition, mais par une partie de ceux de la majorité, rejoignant en cela l'opinion, du moins si on en croit les sondages.

Et pourtant, sur le dossier de l'environnement tout avait plutôt bien commencé. Avec le Grenelle, Nicolas Sarkozy agissait là où ses prédécesseurs n'avaient fait que des beaux discours. Mieux, pour une fois, il avait laissé la place à la négociation et à la concertation avec l'ensemble des associations et partenaires concernés. Le résultat, certes incomplet a été salué par l'ensemble des observateurs comme une avancée, et les plus radicaux des écologistes ont consenti à reconnaître les efforts.

C'est ensuite que tout se gâte. Car les bisbilles entre ministres sur ce sujet, l'absence des députés dans l'hémicycle au moment du vote, les modifications profondes de la loi par rapport au projet initial, ne sont que les conséquences de l'exercice du pouvoir tel qu'il est pratiqué par Nicolas Sarkozy.

En cumulant toutes les fonctions, en étant tour à tour président, premier ministre, ministre de l'environnement. En ne laissant aucune place pour le débat parlementaire, et en méprisant sa propre majorité, tout cela fait que les députés se rebellent, les ministres se battent entre eux pour occuper le rare espace qui leur reste.

Mais on s'aperçoit aussi qu'il y a un autre problème, plus inquiétant celui-ci. L'accord initial interdisait complètement la culture en plein champ des OGM. Après passage à l'assemblée puis au sénat, les parlementaires ont amendé le texte de loi et réintroduit l'autorisation de ces cultures. La raison en est simple, beaucoup de députés des zones rurales subissent la pression des lobbies semenciers. Cet épisode de notre vie politique est la première preuve flagrante que la vie parlementaire est sous observation complète des milieux économiques (et pas seulement, puisqu'il existe plein d'autres lobbies). Il est donc illusoire de croire que nos élus décident en toute conscience et en toute liberté.

A travers cette séance déplorable, l'image du pouvoir est une fois de plus écorné. Nous sommes aujourd'hui face à un couple exécutif discrédité dans l'opinion, qui ne maîtrise plus sa majorité ni visiblement les prises de parole des membres de l'équipe gouvernementale. Et ce pouvoir est à l'aube d'affronter une semaine sociale agitée. Mais quel crédit doit-on encore lui accordé ?

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13 mai 2008

Ce qui se passe en Birmanie est une honte.

Souvenons-nous, c'était pourtant il n'y a pas si longtemps, en septembre. A cette période les moines birmans suivis par une partie de la population se sont soulevés contre la junte au pouvoir, laquelle junte impose un des régimes les plus répressifs de la planète. La répression avait été terrible. Fin septembre j'avais écrit un message pour dénoncer l'inertie des grandes puissances(même si je sais que je n'ai strictement aucune influence). Certes, nous avions eu droit aux grands discours humanistes implorant la junte à plus de dignité et de liberté pour son peuple. Mais lorsqu'il s'est agit de prendre une décision à l'ONU, lorsqu'il a fallu agir, i n'y a plus eu personne.

Il faut dire que la Birmanie n'est pas l'Irak, que les militaires au pouvoir ne font aucuns obstacles pour l'exploitation des richesses naturelles du pays, et laissent les multinationales construire leurs oléoducs tranquillement. Si on ajoute à ces impératifs économiques l'intérêt stratégique de la Birmanie pour les Chinois, qui sont fortement soupçonnés de soutenir discrètement les militaires, on voit bien qu'il était urgent d'attendre. D'ailleurs, à peine un mois plus tard, je faisais remarquer que la Birmanie avait complètement disparue des préoccupations internationales. A ce jour, on ne sait toujours pas combien d'opposants ont été tués ou sont encore enfermés dans les geôles du pouvoir.

Alors ce qui se passe aujourd'hui ne doit pas nous étonner. L'attitude ignoble du pouvoir, plus enclin à assurer sa pérennité qu'à secourir sa population n'a rien de surprenante, elle est inscrite dans quarante ans d'exercice du pouvoir, 40 ans d'atteinte aux libertés, de répression. Certes, le cyclone n'était pas prévisible, mais tout le reste l'était. Et on s'aperçoit de nouveau que les déclarations faussement indignées de nos dirigeants constituent peu ou prou les seules réponses. On voit que les ONG sont bien seules et démunies pour agir. C'est à désespérer de l'Humanité.

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12 mai 2008

Les politiques ont capitulé devant le pouvoir médiatique.

Pendant la campagne électorale des élections présidentielles, la mainmise de certains grands groupes sur la quasi totalité des grands médias avait fait débat. Il faut d'ailleurs rendre hommage à François Bayrou qui le premier c'était insurgé contre cette situation.

Essayons d'imaginer un pays où les plus grandes fortunes posséderaient aussi les moyens d'information, un pays où la plupart des patrons de presse seraient des proches du pouvoir, un pays où le premier marchand d'armes serait aussi le propriétaire du premier journal d'information, un pays où la principale chaîne de télé appartient à un entrepreneur du BTP travaillant essentiellement avec les marchés publics,  un pays où quelles que soient les radios où les télés que l'on prennent, les plages d'information ont le même contenu, la même ligne éditoriale, la même saveur fade. Eh bien n'imaginez plus, ce pays existe, c'est la France.

Certes, en apparence, la presse est libre. Mais en apparenceseulement. Le meilleur exemple que l'on puisse donner est celui de la Chine. Le passage de la flamme à Paris avait permis aux partisans du boycott des Jeux Olympiques de se faire entendre. Depuis, il n'y a plus rien, la parole n'est plus donnée à ces Français qui ne veulent pas que leur pays cautionne une des plus grande dictature de la planète, une forte majorité si on en croit les sondages. Il faut dire que les enjeux économiques sont énormes. Or, parmi les grandes entreprises impliquées en Chine, on trouve celles qui possédent des télévisions, des radios ou bien des journaux. Et comme les mêmes patrons sont également souvent des proches du pouvoir, le résultat est attendu : silence médiatique pour les opposants et rabibochage politique avec la Chine.

Ce n'est donc pas du côté de la majorité qu'il faut attendre une quelconque critique sur la situation de monopole des grands groupes de presse. Mais du côté de l'opposition, on n'entend rien non plus. A peine entend-on les caciques du PS jouer les vierges effarouchées parce que le temps de parole du président n'est pas décompté, ou parce qu'ils s'estiment maltraités par telles ou telles émissions. Mais sur la collusion entre les pouvoirs médiatiques, économiques et politiques ? Rien, désespérément rien. Peut-être faut-il trouver une explication du fait que les hommes et femmes politiques de droite comme de gauche, fréquentent souvent les mêmes écoles que les journalistes, sont souvent issus des mêmes milieux sociaux, bref, sont du même sérail.

Oui, mais me direz-vous, cette gauche-là à capituler depuis longtemps face aux puissances d'argent. Allons donc voir du côté des plus radicaux. Chez Arlette Laguiller, dont l'organisation faisait la fête ce week-end, dans les derniers discours, à ma connaissance, il n'y a rien sur les médias. Pourtant, l'information devrait à mon sens être au centre du combat révolutionnaire. Quant à la LCR, la présence de son leader charismatique chez Drucker est symbolique. Soyons clair, je trouve bien qu'un leader politique amené à jouer un grand rôle puisse ^parler politique dans une émission populaire de grande écoute. Il faut bien aller chercher ses électeurs là où ils se trouvent. Mais, il ne faut pas que le compromis se transforme en compromission, il faut alors profiter d'être dans la place pour rappeler les collusions d'intérêt. Besancenot ne l'a pas fait. Il faut juste espérer que cela ne soit pas symbolique de ce que sera son futur parti politique : une machine à élections sans contenu derrière.

Certes, il y a françois Bayrou me direz-vous. Je reconnais que ses propos de campagne sur le sujet et son attitude ont été particulièrement courageux. J'ai aussi la faiblesse de croire le personnage sincère. Mais faisons quand même quelques observations. Pourquoi n'a-t-il jamais tenu les mêmes propos lorsqu'il était au pouvoir ? Les principales privatisations, les principales autorisations d'émettre se sont faits alors qu'il soutenait la majorité au pouvoir, ou quand lui-même était ministre. Son appartenance jusqu'à il y a peu au conseil d'administration de France-galop (principal organisateur des courses hippiques en France) peut paraître suspect, et faire paraitre ses propos de 2007 pour une simple posture. Il faut dire qu'au même conseil d'administration on y trouve aussi des personnes comme Edouard de Rothschild (principal actionnaire de Libération), Arnaud Lagardère et autres grands patrons.

Je crois fondamentalement que si on veut sinon changer, du moins améliorer profondément la société, le combat de l'information, de sa diversité, de sa qualité et surtout de son indépendance est un des plus importants à mener. Or, sur ce domaine, il faut bien constater que toute la classe politique à renoncer. Seuls quelques philosophes comme Bernard Stiegler, ou quelques journalistes indépendants comme Serge Halimi ou Daniel Mermet ont le courage dénoncer cette imposture. Quelques journaux encore ont décidé de ne pas se taire. Mais pour combien de temps ?

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11 mai 2008

il faut sauver notre patrimoine rural !

DSCN1204J'ai profité de mes vacances dans le Cantal (magnifique région encore sauvegardée du tourisme de masse), pour découvrir des problèmes que jusque là j'ignorait, et auxquels j'ai été particulièrement sensible.

Dans un premier temps, j'ai découvert de fabuleux chemins, souvent délimités par des murs de pierres, ils servaient aux paysans à rejoindre leurs fermes ou leurs champs. Ces chemins existent depuis plusieurs centaines d'années, ils font partie intégrante du patrimoine et de la culture locale. Surtout, ils constituent un des derniers témoignages d'un mode de vie rural basé sur une agriculture vivrière. Or, ces voies autrefois forts utilisées sont souvent à l'abandon, recouvertes par les herbes hautes et les arbres, conséquence de la désertification de la région. Mais aussi, on se rend compte que de nombreux paysans pour toucher un peu plus de subventions européennes agrandissent leurs parcelles en rasant les chemins.

DSCN1205Certes, il existe des amoureux de la nature et de cette région (j'en ai rencontré), qui se battent pour faire recouvrir ces trésors lors de randonnées ou de visites guidées à travers les montagnes. Mais que peuvent-ils faire contre l'exode inéluctable des jeunes et contre une agriculture qui même en terrein hostile est productiviste ?

Ensuite, cette région est parsemée de villages, de fermes, de chateaux au caractère authentique construits dans la roche volcanique. Dans ces habitations, rien n'était laissé au hasard, chaque pièce, chaque recoin avait sa raison d'être. Et en fonction des phénomènes climatiques, géographiques ou humains, les constructions diffèrent souvent d'une vallée à l'autre. Et l'ensemble de ces constructions donne souvent aux villages et hameaux un charme et une beauté incroyables. Cette architecture locale, ces savoir-faire meriteraient assurément d'être sauvegardés, en Auvergne comme ailleurs.

Pourtant, dans tous les villages se construisent de plus en plus des maisons standards, type Bouygues, qui n'ont plus aucun rapport avec ce qui se faisait autrefois. Et m^me si de nombreux citadins ou étrangers s'installent dans la région pour rénover des fermes ou de vieilles maisons, ils le font bien souvent sans respecter les matériaux initiaux, ni les styles locaux.

DSCN1198J'ai conscience que tout cela à un coût, et que cela rendrait les constructions plus chères. Mais, à l'heure où l'on fait tout pour aider à la construction de grandes surfaces, ce qui ne fera qu'accentuer l'exode rural à terme, il serait peut-être intéressant que l'on permette à des savoirs-faire de perdurer et à des populations de continuer à vivre là où elles le veulent.

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09 mai 2008

La suppression des départements serait-elle une bonne chose ?

Régulièrement ce sujet revient sur le tapis, il faut revoir l'organisation administrative de la France. En effet, entre les régions, les départements, les communes et maintenant les communautés d'agglomérations et autres regroupements de collectivités, il y a de quoi s'y perdre, et ne plus savoir qui fait quoi.

Supprimer un échelon, outre que cela simplifierait les choses et permettrait une meilleure répartition des tâches, permettrait aussi de faire de grosses économies grâce à la suppression des doublons.

Seulement voilà, l'échelon que tout le monde semble vouloir supprimer (mais personne n'a le courage politique de le faire), est le département. Il est vrai qu'à première vue se serait le plus facile à faire. La région, avec un poids démographique et géographique important est l'échelon parfait pour faire face aux défis économiques et à la concurrence des autres régions européennes, notamment allemande. La commune, difficile d'y toucher tant l'esprit de clocher des Français semble être chevillé à leur corps bien au-delà du cliché.

Reste donc les conseils généraux. Même si les départements sont bicentenaires et que l'on voit bien à travers l'affaire des plaques d'immatriculations que les Français y sont attachés, le Conseil Général reste une entité floue et lointaine. Personne ne connaît les responsabilités exactes de ces élus, et le mode de scrutin qui fait que les élections cantonales ont lieu en deux fois (tous les 3 ans) et sont systématiquement jumelées avec d'autres élections encourage le désintérêt des Français. De plus, les préfectures, représentations locales de l'Etat continueraient à exister et à maintenir la présence symbolique de cet échelon. Et de facto, si l'on en croit les sondages, c'est bien les départements dont les Français préféreraient la disparition.

Mais est-ce politiquement pertinent ? A l'heure où la France à elle toute seule a le tiers des communes de l'Union européenne, personne ne s'interroge sur la pertinence à conserver cet émaillage. Que peut concrètement faire un faire d'une commune de 100 habitants, comme il y en a pléthore dans la France rurale ? L'existence de tous ces petits villages a-t-elle une autre raison d'exister, que celle affective, qui relie chacun d'entre nous au lieu où il est né ou a grandi ? D'ailleurs, les communes se rapprochent de plus en plus souvent pour offrir à leurs concitoyens des services que seules elles ne pourraient fournir.

A contrario, le canton, division électorale du conseil général, n'a-t-il pas la taille idéale d'un point de vue démographique, géographique et économique pour prendre plus d'importance ? Ne serait- il pas plus judicieux de regrouper les communes dans les cantons, au sein du département pour leur permettre d'exister économiquement ? Cela pourrait aussi permettre une meilleure répartition des moyens entre communes riches et pauvres. De plus, avec quelques milliers ou dizaines de milliers tout au plus, les citoyens pourraient rester suffisamment proche de leur élu, et celui-ci aurait enfin les moyens de mener une vraie politique, particulièrement en matière de services publics.

Oui, mais voilà pour supprimer les municipalités au profit des cantons et des départements, cela supposerait que le personnel politique veuille affronter les Français, ceux-ci étant attachés à leurs villages. Mais prendre des décisions n'est plus dans les gènes des politiques Français, et il y a fort à parier que si un jour on supprime quelque chose, se sera bien les départements (mais même-là, ce n'est pas fait).

Posté par leunamme à 21:06 - actualité politique - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

3h10 pour Yuma, de James Mangold

3h10_pour_yumaGrand amateur de western, il en sort si rarement de nouveaux que je ne pouvais pas rater celui-là, fut-ce un remake d'un film des années 50. J'y suis donc aller, sûr de passer un bon moment quoiqu'il arrive. Et là, j'ai été soufflé, je n'ai pas passé un bon moment, mais un grand moment. Avec ce sentiment si rare au cinéma, que le générique de fin arrive trop tôt, qu'on aurait bien repris une heure de rab'.

Dès les premières images il y a du suspens et du rythme, et cela ne diminuera pas jusqu'à la fin. Certes, il y a beaucoup d'action, cela canarde pas mal dans tous les sens, mais l'intrigue est subtile et complexe, à l'image des personnages admirablement joués, notamment par Russell Crowe, qui sait donner énormément de corps à son personnage de tueur sans merci. A peine peut-on regretter u manque de crédibilité de l'intrigue sur la fin, et encore, quand on est dans l'histoire, cela passe comme une lettre à la poste.

Bref, un des meilleurs westerns que j'ai vu depuis longtemps, et certainement un des meilleurs films que j'ai vu cette année.

Posté par leunamme à 23:19 - Cinéma - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Un an après : le bilan

Non, non, il ne s'agit toujours pas du bilan de notre président, mais de celui de ce blog, qui ce 7 mai 2008 a un an.

Un an en effet que suite au coup de bambou reçu la veille, je décidais de me lancer dans l'aventure d'un blog, pour essayer d'apaiser mes craintes, réfléchir avec d'autres à la situation du monde, et rencontrer virtuellement de nouvelles personnes.

Cela fait donc un an, et avant de repartir pour une nouvelle année, j'ai trouvé bon de faire un petit point chiffré (mais pas seulement).

Un an de "Rêver de nouveau" c'est donc :

-307 messages (beaucoup au début et de façon un peu plus irrégulière aujourd'hui, je conçois)

-14 500 pages visitées

- 25 500 visiteurs (pas tous différents évidemment, mais je constate à ma grande surprise que mes articles concernant l'éducation ont eu et ont encore le plus de succès).

- 1 147 commentaires (je ne compte pas les miens évidemment), par 94 personnes différentes.

Je remercie évidemment tous ceux qui viennent régulièrement sur ce blog (même sans laisser de commentaire), mais aussi et surtout ceux qui le fréquente et le commente régulièment. Merci donc à Amélie, Catherine, Cendrra, CinéphileAmateur, Dasola, Dom, Dominique, EricBloggeur, Fabeli, Flo Py, Florent, GBalland, Gilles Aitte, Guillaume, HP76, Jacky, Jacques, Jihelpe, Kate, Kimbauer, Kloelle, Loïs de Murphy, Malakine, Milla, Motpassant, Persee, Poliblog, Posuto, Sylvie, SylvieB, Tietie007, Z, ... Merci à vous tous donc, et à tous ceux dont je n'ai pas cité le nom.

Mais aussi, un petit merci particulier à Val, lectrice depuis le début et qui m'est toujours restée fidèle. Sans elle et sans ses commentaires toujours agréables et gentils, ce blog ne serait pas le même.

Voilà, c'est donc reparti pour une deuxième année de blog et de sarkozysme, en espérant vous retrouver tous toujours aussi nombreux.

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06 mai 2008

Après un an de sarkozysme : où en est la gauche ?

A l'heure où tout le monde disserte sur le bilan de la première année de la présidence Sarkozy, je ne vais pas en rajouter, pour finalement dire ce que chacun constate au quotidien, ce bilan est catastrophique. Non, ce qui m'intéresse ici (et d'ailleurs d'une façon plus générale), c'est de savoir où en est la gauche, et d'une façon plus générale les idées de gauche.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'au premier abord, là non plus le bilan n'est pas folichon.

En dehors du parti socialiste, les petites formations sont toujours aussi émiettées. Le parti communiste, s'il a sauvé la plupart de ses élus locaux reste inaudible au niveau national, au même titre que les verts. Ces deux formations se retrouvent face à un choix cornélien. D'un côté, s'allier avec le PS, (ce qui ne leur a pas forcément réussi par le passé) dans le cadre d'un programme de gouvernement, ce qui aurait pour eux l'avantage de leur garantir des postes et une pérennité financière, au détriment souvent de leurs idées. De l'autre, le choix d'une plus grande radicalité en se rapprochant de l'extrême-gauche, ce qui les contraindrait à rompre au moins momentanément avec le parti socialiste. Ce choix, particulièrement pour le PC serait cohérent idéologiquement (même si l'alliance avec la LCR ne va pas de soi), mais signifierait la fin de ces partis, la perte de nombreux postes d'élus, et surtout, la garantie de ne pas retrouver le pouvoir avant longtemps. Pour l'instant, aussi bien le PC que les Verts ont choisi de continuer seuls, ce qui ne semble pas devoir les mener bien loin.

La LCR ensuite. Le choix fait par cette formation, contrairement aux autres partis de gauche, a au moins l'avantage de la clarté. La LCR a décidé de s'engager sur la voie de la radicalité et d'une rupture avec le parti socialiste, ou du moins sa frange la plus droitière. Elle bénéficie en outre de la figure très médiatique de son leader Olivier Besancenot, qui semble faire une percée incontestable dans l'opinion. Mais son appel à la création d'un nouveau parti n'a reçu aucun appui des autres façons un peu importantes de gauche, et sa posture pour l'instant surtout contestataire risque de l'isoler durablement.

Le parti socialiste, enfin. Il est clair que le retour de la gauche au pouvoir ne peut se faire qu'autour de lui. Mais à l'heure où François Hollande va quitter son poste de premier secrétaire, la situation est inquiétante. Les candidats à sa succession se multiplient, ainsi que les petites phrases et les piques. Chacun se concentre sur sa personne et sur son image. Mais personne ne s'attelle au Parti socialiste à ce qui devrait être la vraie priorité, à savoir définir la position idéologique et programmatique du parti. Tout pour l'instant n'est qu'un combat de personnes. Or, du choix que feront les militants socialistes au prochain congrès dépend une grande partie de l'avenir de la gauche, voire des orientations futures de la politique française. Qu'il s'agisse d'un rapprochement avec le centre, voire une partie de la droite, pour une politique qui essaierait seulement d'assouplir les lois du marché, ou d'un repositionnement sur les valeurs traditionnelles de la gauche, c'est à dire un refus de l'économie de marché telle qu'elle est, et une volonté d'aller vers une société plus solidaire et plus juste, on voit bien que les enjeux sont considérables. Mais ce que l'on ne voit pas pour l'instant, c'est la volonté des dirigeants de se mettre au travail. Pourtant, on sent chez les militants une vraie envie de débattre et de refaire de leur parti le centre névralgique de la bataille des idées.

Tout cela, quand on se situe de ce côté de l'échiquier n'est en effet guère réjouissant. Cependant, il existe de vraies raisons d'espérer. Tout d'abord parce qu'il existe une réelle attente à gauche, et même au-delà. On le voit dans le rejet de la politique gouvernementale (qui n'était pas qu'un simple rejet de l'attitude du président comme on nous l'a rabâché). On le voit aussi dans les mouvements qui se multiplient pour le pouvoir d'achat, mais aussi pour la défense de l'éducation ou encore des retraites. Les Français attendent de la gauche des positions claires sur ces sujets. Ensuite, parce que ce qui se passe dans le monde est lourd d'enseignement. Les échecs partout en Europe de la social démocratie ou des dirigeants qui prônaient une troisième voie, ou la montée en Amérique latine d'une gauche plus radicale qui malgré certaines difficultés connaît de vrais succès économiques et politiques et s'installe durablement au pouvoir comme au Vénézuela ou au Brésil, tout cela devrait servir d'indicateurs à nos dirigeants. Enfin, il existe aussi des gens qui réfléchissent et qui sont sources de propositions crédibles pour l'avenir du pays mais aussi de la planète. Certes, ils sont peu relayés mais leurs propositions sont censées. J'en veux pour preuve cet article trouvé sur le site du journal Marianne : http://www.marianne2.fr/S'entre-détruiront,-certains-le-sont-encore!_a86929.html?PHPSESSID=553fde5ccf91e25768be0265ff1b4d3d

PS : l'article de Marianne2 a le grand avantage de résumer exactement ma pensée, et ce bien mieux que je n'aurais su le faire.

Posté par leunamme à 09:07 - actualité politique - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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