16 septembre 2007
La pensée unique n'est pas que le fait des patrons de presse
Un tout petit message pour vous faire part d'une de mes réflexions (oui, il m'arrive de réfléchir).
En effet, j'arrive facilement à comprendre pourquoi des médias tels que le Figaro, TF1, le JDD, La Tribune ou d'autres sont bien peu critiques envers Sarkozy : ils sont la propriété d'amis proches de celui-ci. Pour le service public, la question ne se pose pas : c'est la voix de son maitre, même si on peut remarquer que quand la gauche était au pouvoir, la critique avait sa place.
Mais pour une bonne part de ceux qui reste, jusqu'ici je ne comprenait pas, d'autant plus qu'il s'agit souvent de journaux dits à gauche, comme le Nouvel obs, libération, Marianne (allez, critiques certes, mais pas trop quand même, en tout cas pas jusqu'à remettre en cause notre système économique).
Et puis, soudain, une illumination : les journalistes qui composent ces titres sont tous formés dans les mêmes écoles et proviennent le plus souvent des mêmes couches sociales, c'est à dire les classes moyennes supérieures. Or, comment voulez-vous qu'un journaliste qui n'a jamais vu un chômeur, un ouvrier, un smicard, un rmiste ou une personne en situation de précarité qu'en photo, comment voulez-vous qu'il puisse appréhender son quotidien, ses difficultés ? Comment peut -il ne pas croire que l'économie de marché qui lui est très bénéfique ne puisse l'être pour ces personnes à terme ?
Évidemment, je caricature et je généralise beaucoup, tout n'est évidemment pas aussi simple, et je sais que beaucoup de professionnels de la presse sont capables d'analyser en profondeur des situations qu'ils ne vivent pas. Cependant, je pense que l'on est toujours formaté par le milieu social dans lequel on a été élevé ou dans lequel on vit.
26 août 2007
Futilités !
Bon, je ne voulais pas en parler, mais je n'ai pas pu résister. Je ne vais pas vous refaire l'histoire de la photo de Sarkozy retouchée par Paris Match, on en a assez eu les oreilles rabachées comme cela.
Non, finalement je fais juste ce petit message pour rappeler que retouchés ou pas, on n'en a rien à faire des bourrelets de Sarkozy. Le néant actuel de la presse Française est pitoyable. Si on parle de cette photo, c'est parce que des journalistes ont jugé intéressant de nous parler des vacances de nos hommes politiques, et d'en profiter pour nous les montrer en tenues légères. On s'en fout.
La seule chose intéressante sur cette photo est que personne n'a repris, c'est qu'il sera préparé pour la rentrée : il rame. Et j'espére qu'il va bien ramer à l'automne.
14 août 2007
De la démission d'une partie des médias !
Tout le monde connaît, au moins de nom, Albert Londres, ce grand journaliste qui avait fait de l'investigation et des reportages au long cours, sa marque de fabrique. Tout le monde a en mémoire ces images de la guerre du Viet-Nam que nous envoyaient les reporters de guerre, le plus souvent au péril de leur vie, et qui participaient à l'éveil de nos consciences.
Mais aujourd'hui, même s'il existe encore des professionnels fantastiques capables de prendre tous les risques pour que des massacres, des conflits, ne restent plus ignorés de l'opinion publique internationale, l'information c'est "peopolisée", et les reportages d'investigation réduits à la portion congrue dans nombre de médias (la presse écrite, à mon sens, étant celle qui résiste le mieux). Pire encore, alors que dans les années 1990, les experts en tous genres envahissaient les émissions d'information, ils sont de plus en plus remplacés par des interviews de citoyens lambda, au nom d'une démocratisation de l'information.
A longueur de journaux et d'émissions, les fait divers, les micro-trottoirs, les appels d'auditeurs, les reportages sans intérêts ont remplacé le fond, ce qui permet à chacun de comprendre puis de juger en connaissance de cause.
Quand l'URSSAF annonce que 25 % des entreprises de restauration emploient du personnel non déclaré, en quoi l'avis de Mr tout le monde nous apporte quelque chose ? Quand Mr Sarkozy rencontre Mr Bush, quel intérêt y-a-t-il de savoir que Mme Sarkozy n'a pu venir, ou de connaître le menu ? par contre, peu de choses ont été dites sur le contenu des discussions. Combien de temps a-t-il fallu pour que le drame du Darfour occupe la place qui aurait dû être la sienne dès le départ dans les journaux d'information ? Quand les gens téléphonent dans les émissions de radio pour donner leur avis, qui sont-ils ? en quoi leur opinion apporte un éclairage ?
Dans le même temps, les émissions de reportages ou d'investigations disparaissent ou sont déplacées à des heures de peu d'écoute. Les magazines culturels dignes de ce nom ont peu à peu déserté les écrans, au bénéfice de jeux avilissants, de shows sans intérêts.
La télévision, la radio, la presse en général qui devraient être de formidables outils démocratiques se comportent aujourd'hui comme les chiens de garde d'un système qui refuse de se regarder en face. Mais attention, rien n'est éternel, l'apparition de nouveaux médias, la multiplication des chaîne de télévision, changent peu à peu les habitudes. Et les spectateurs que nous sommes possèdent toujours la meilleure arme qui soit pour mettre fin à ces débilités : il suffit de ne plus les regarder, mais encore faut-il pour cela réveiller les consciences.
28 juin 2007
Nuages noirs sur l'indépendance des médias !
Après les articles censurés dans la presse, ce sont deux émissions de la télévision et de la radio réputées pour leur liberté de ton qui vont être supprimées des grilles en septembre, soulevant un vif émoi dans la profession et au-delà.
Ces deux émission, Arrêt sur images sur France 5, et La Bande à Bonnaud sur France Inter, outre leur contenu subversif et pertinent ont aussi pour point commun d'avoir deux présentateurs emblématiques. L'un, Daniel Schneidermann est réputé pour sa critique sans concessions de la télévision, ce qui lui vaut d'ailleurs de nombreux ennemis parmi ses confrères, l'autre, Frédéric Bonnaud est un animateur qui sait posé les questions qui dérangent, et qui a une formidable connaissance du milieu culturel et littéraire.
Cependant, il est intéressant de noter que derrière l'annonce de la suppression de ces programmes, personne ne peut soupçonner l'entourage du président Sarkozy d'être intervenu. Non, il n'en a pas besoin, puisqu'un bon réseau d'amitiés solides et bien placées suffit pour tenir en laisse toute une profession.
Une autre illustration de cette remise au pas générale, réside dans ce qui se passe au niveau de la presse économique. Bernard Arnault, grand ami de Nicolas Sarkozy et propriétaire du journal La Tribune essaie d'acquérir son concurrent Les Echos. Cela voudrait dire que 100 % de la presse économique de ce pays serait dans les mains d'une même personne, ce qui est contraire à toutes les règles en vigueur concernant la concentration des médias. De plus, les journalistes des Echos sont terriblement inquiets pour leur propre indépendance, puisqu'ils n'oublient pas les pressions exercées sur leurs collègues de La Tribune (rappelons nous le sondage non publié parce que favorable à Madame Royal plutôt qu'à Monsieur Sarkozy).
Face à toutes ces inquiétudes, les journalistes de nombreux médias, journaux, radios, télés, commencent à se rebeller. Le forum permanent des sociétés de journalistes a demandé une entrevue au président de la république, et réclame une modification de la loi allant dans le sens d'une plus grande protection des journalistes.
De plus, dans de nombreuses rédactions, la résistance s'organise. Les journalistes de plusieurs journaux appartenant à Lagardére ont interpellé leur patron. Les journalistes du Monde, après avoir obtenu l'éviction de Jean-Marie Colombani sont en passe d'obtenir celle d'Alain Minc, président du conseil de surveillance. Les journalistes des Echos et de la Tribune se sont mis en grève pour protester contre les manoeuvres financières autour de leurs titres. Ceux de France Inter ont également cessé le travail pour soutenir Frédéric Bonnaud. Une pétition de soutien à Daniel Schneidermann a reçu plus de 100 000 signatures sur le net. Les sociétés de journalistes de plusieurs rédactions télés et radios ont instauré un système d'alerte pour se prévenir mutuellement à chaque fois que des pressions s'exercent.
Il faut enfin noter la place importante d'internet dans cette contestation, puisque c'est souvent par ce biais que les censures et pressions diverses ont pu être divulguées au grand public.
Au-delà d'une corporation qui défend son métier, c'est la qualité de notre information qui est en jeu, donc une partie de la formation nécessaire de l'esprit critique de chacun.
24 juin 2007
Etes-vous bien informés ?
Au mois de mars, de graves émeutes se produisent à la gare du Nord. Dans les heures qui suivent tous les médias vont se trouver sur place pour relayer l'information, quitte à parfois à relayer des déclarations qui ne s'avéreront pas toujours vraies. A ce moment-là de la campagne, il ne fait aucun doute que ces images ont eu un impact important sur l'élection présidentielle.
Vu l'appétit féroce qu'on nos médias pour le moindre fait divers, il ne fait nul doute que si des faits similaires se reproduisaient, nous serions envahi d'images.
Pourtant, le 17 juin, suite à une échauffourée entre bandes rivales pendant un concert, la gare de Cergy a été le théâtre de violences et d'affrontements avec la police pendant plus de deux heures. Certes, s'il n'y a eu aucun blessés (et c'est tant mieux), on peut se rendre compte en voyant les images sur you tube, de la réalité de ces violences.
Et là, on se dit qu'un débat national a eu lieu, que tous les commentateurs politiques passent tous les soirs au journal télévisé pour donner leur avis, que l'on a droit à des communiqués du ministère de l'intérieur. Non, rien ou presque. L'information a été un peu relayée dans la presse locale, et il a ensuite fallu 4 à 5 pour que les faits soient commentés dans les médias nationaux. Les premiers commentaires étant d'ailleurs souvent pour se trouver des excuses pour ne pas avoir relayer l'information en temps et en heure. Comme s'il y avait un malaise.
Je ne veux pas faire de la polémique pour rien, mais je trouve que la différence de traitement entre les deux évènements pose un certain nombre de questions. La question des violences urbaines et du mal-être des banlieues populaires est elle définitivement sortie de la lumière ? Nous avons un président qui a en partie été élu sur sa soi-disante action en matière de sécurité publique. Les échauffourées de Cergy sont la preuve que rien n'a été réglé. Mais ne plus en parler, c'est donner le sentiment que les choses vont mieux. Les médias sont-ils neutres dans tout cela ?
18 juin 2007
Licenciement de Daniel Schneidermann
Et donc fin de l'émission Arrêt sur images. Une fois de plus, le milieu médiatique prouve son incapacité à se remettre en cause. Après l'arrêt de l'émission sur les médias à France culture, c'est maintenant France 5 qui décide de licencier Daniel Schneidermann, sans donner aucune explication. Tout se passe comme si une réflexion intelligente, critique sur les médias, et par extension la société n'était pas possible. Aujourd'hui, seul le dieu audimat a aujourd'hui droit de cité. Il est bien triste de voir que le service public d'audiovisuel renonce peu à peu à jouer son rôle d'éducation populaire (aujourd'hui, la télévision n'est plus que populaire, dans la mauvaise acceptation du terme).
A ma connaissance, il ne reste sur le service public, plus qu'une seule émission qui décrypte les médias, celle de Colombe Schneck tous les matin à 10h30 sur France Inter. A force de vouloir éviter tout regard critique, les grands médias finiront par éviter d'avoir des spectateurs.
16 juin 2007
Fin d'Arrêt sur image ?
Pour la première fois depuis 12 ans, la saison est terminée pour l'émission Arrêt sur images et son producteur Daniel Schneidermann ne sait toujours pas s'il continuera l'année prochaine.
On ne va pas tirer des plans sur la comète, et on va attendre lundi avant de crier au scandale. Mais ce que l'on peut d'ores et déjà dire, c'est que cette émission, qui ne souffre pas de problèmes d'audiences, est salutaire pour la télévision. C'est une des rares qui exerce un oeil critique sur le flot d'image qui nous envahit. Le fait même que l'on puisse envisager de la supprimer, alors qu'elle devrait être déclarée d'utilité publique, me fait penser que le monde des médias n'est plus qu'un spectacle. Mais où sont passé les Dumayet, bober, et autres Rossellini, précurseurs de la télévision et qui voulaient en faire un formidable outil d'éducation populaire.
Devant ce qu'elle est devenue, un vaste écran publicitaire, l'émission de Schneidermann. Il ne faut pas la supprimer.
Rendez-vous donc lundi !
12 juin 2007
Après la désinformation, l'autocensure !
Depuis un mois que Sarkozy est élu (il reste encore 59 mois à tenir), nous avons eu droit à de nombreux cas évidents de censure. Maintenant la leçon a été bien apprise, les médias travaillent à priori, ils pratiquent l'autocensure.
Eh oui, depuis quatre jours circulent sur le net, une vidéo de la conférence de presse de Sarkozy au moment du G8, après son entrevue avec Poutine. Et qu'y voit-on ? Que visiblement sa rencontre avec le président russe a du être arrosée, puisqu'il est hilare, anormalement essoufflé, et a même des renvois. Enfin bref, la vidéo ne semble faire aucun doute, et le commentaire du présentateur non plus, il est saoul.
Mais là n'est pas le problème, cela tendrait presque à me le rendre sympathique, s'il ne s'était agit de l'image de la France derrière tout cela. Non, le problème c'est que toutes les téléspectateurs du monde entier ont vu ces images, sauf les Français. Encore une fois, la télévision française (à l'exception de Canal +), n'a pas failli à sa réputation de chien de garde du sarkozysme. Heureusement qu'il y a internet (moi je l'ai trouvé sur le site du Monde, mais on la trouve évidemment sur Daily motion ou you tube) qui a permis que cette vidéo soit enfin connue puis diffusée dans les médias.
04 juin 2007
Et ça continue, encore et encore !
Encore un cas de censure, anodine, réalisé presque comme si de rien n'était. Le journal gratuit Matin plus n'a pas pu publier un article critique sur la police nationale suite à l'intervention de Mr Bolloré (coactionnaire du titre), ou de ses proches.
Comme toujours c'est la nécessité pour une démocratie d'avoir une presse libre et indépendante qui se pose ici. La question des journaux gratuits interroge réellement sur la liberté des journalistes face aux milieux économiques, mais bien au-delà de ses titres gratuits, il y a plein d'autres questions qui deviennent de plus en plus prégnantes : Comment garantir l'indépendance de la presse par rapport aux milieux politiques ? un groupe industriel peut-il également investir dans la presse ? Combien de titres peuvent-ils appartenir à un même groupe sans que cela nuise à la diversité des opinions ?
Toutes ces problématiques vont s'exercer de façon aiguë, d'autant plus que Mr Sarkozy ne semble pas apporter les garanties nécessaires, et n'apparaît pas comme étant en situation de mener les réformes justes dans ce domaine.
01 juin 2007
Halte à la pub !
Ces derniers jours, je me suis rendu compte à quel point la publicité envahissait notre quotidien, à quel point elle était nuisible.
Je dois cette prise de conscience aux collectifs anti-pub. En effet, depuis quelques de petits groupes agissent dans le métro parisien détournant par des graffitis les publicités murales. Or, c'est dans ma station de banlieue qu'ils ont cette fois agit. Loin d'être choqué, j'ai toujours eu un peu de sympathie pour ces actions. Mais cette fois, cela m'a fait réfléchir (C'est d'ailleurs le but, je pense).
Et ce matin, alors que j'étais dans ma voiture à un feu rouge, je repensais à ces groupes anti-pub, et j'ai eu l'idée de compter les panneaux publicitaires autour de moi. 17 ! Il y en avait 17 en moins de 100 mètres. J'ai compris avec ce simple chiffre à quel point nous étions en permanence matraqués, sollicités, et tout cela dans un seul but : vendre !
La publicité d'aujourd'hui n'est plus la réclame bon enfant d'autrefois. Elle s'insinue partout, dans nos films, sur nos vêtements, dans nos rues, dans nos têtes. C'est elle qui est la cheville ouvrière du système économique dans le quel nous vivons. Sans elle, plus de croissance, plus de marché, l'économie basée sur la consommation des ménages s'effondre. Je vois comme preuve de son importance, la répression complètement disproportionnée contre les groupes anti-pub (parfois jusqu'à un million d'euros d'amende).
Lutter contre la publicité, c'est un peu réapprendre à penser par soi-même. Il faut résister à cette pollution mentale.