rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

14 octobre 2009

Pourquoi j'ai tué Pierre ? de Alfred et Olivier Ka

pourquoi_j_ai_tue_pierreJ'aurais pu parler de politique, en rajouter une louche sur l'affaire Jean Sarkozy, on encore donner mon avis sur des sujets sérieux, mais ce soir, je suis fatigué du bruit du monde, et j'ai envie de légèreté. Je vais donc parler Bande-dessinéeBande-dessinée. Quoiqu'à bien y réfléchir, le terme "légèreté" soit probablement le moins approprié qui soit au sujet du livre d'Alfred et Olivier Ka.

Olivier est un jeune garçon sans problèmes qui vit chez ses parents dans une ambiance très libertaire. Par le biais de ses grands-parents, sa famille commence à fréquenté Pierre, le curé, avec lequel Olivier va très vite nouer une relation très forte. Il faut dire que Pierre est plutôt avenant et sympathique, en plus d'être très ouvert sur les questions de religion. L'été de ses 12 ans, Olivier part en vacances dans le camp organisé par Pierre, mais le serviteur de Dieu va demander à Olivier de faire des choses qui le mettent mal à l'aise. Ce qui va se passer dans ce camp ne cessera ensuite de poursuivre Olivier.

Il est difficile de raconter  cette histoire, même si on comprend rapidement de quoi il est question, mais les auteurs traitent le sujet avec tellement de pudeur et d'émotion que l'on a pas envie d'aller contre cette pudeur en prononçant des mots qui ne sont que suggérés.

Il n'était pas facile pour Alfred de trouver la bonne distance pour raconter cette histoire vraie, celle d'Olivier Ka. Le choix d'un dessin réaliste sans trop l'être permet de s'identifier aux personnages, même à celui de Pierre, qu'il est difficile de ne pas trouver sympathique.

A aucun moment les deux auteurs ne jugent. Ce n'est pas l'objet de se livre, non, ils veulent seulement dire ce qui a été tu pendant des années. Ils décrivent avec énormément de tact le chemin tortueux qu'il faut parcourir pour que la parole puisse enfin se libérer.

Dans un contexte politique un peu à cran sur ses questions, il est bon et urgent de lire "Pourquoi j'ai tué Pierre", une des bande-dessinéesbande-dessinées les plus émouvantes qu'il m'ait été donné de lire.

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03 octobre 2009

84, Charing Cross Road de Helene Hanff

images_2_Quel délice ce petit livre d'un peu plus de 100 pages. Un véritable hommage au livre, à la bibliophilie et au beau métier de libraire. Il s'agit de lettres que l'auteur a échangées avec tout le personnel d'une librairie pendant plus de 20 ans.

Helene Hanff vit aux Etats-Unis. Elle est passionnée de littérature classique anglaise, malheureusement les ouvrages qu'elle aime ne sont souvent pas réédités, et quand ils le sont, ils sont vendus à des prix inabordables pour elle. Par hasard elle tombe sur une publicité pour une librairie anglaise spécialisée dans les livres anciens. Elle décide d'écrire, et c'est ainsi que naît une amitié épistolaire d'abord avec un des cadres du magasin, puis avec l'ensemble du personnel, et enfin avec leurs familles.

On éprouve un immense plaisir à la lecture de ces lettres, parce qu'elles sont souvent gaies, mais aussi et surtout parce qu'elles rappellent l'importance que peut prendre le livre dans notre vie. Pour Helene Hanff, le libraire devient une personne indispensable, non seulement lui, mais aussi ses lettres et surtout les ouvrages qu'il lui envoie.

Cette correspondance commence en 1949, et pendant les 20 années qu'elle dure, c'est un peu de l'histoire des deux pays que l'on revisite. En 120 pages Helene Hanff en dit plus sur ce qui rapproche et éloigne américains et anglais que bien des manuels universitaires.

Vous l'aurez compris, je vous recommande chaudement ce petit livre pour deux heures de plaisir.

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20 septembre 2009

Confessions d'un taoïste à Wall street de David Payne

images_1_Sun I a vingt ans. Il a passé toute sa vie dans un monastère taoïste en Chine. Il se destine d'ailleurs à devenir moine. Mais un jour son oncle débarque il lui révèle le secret de sa naissance : son père est une des igures les plus importantes de la bourse américaine. Presque aussitôt, il décide de partir pour les Etats-Unis, sur les traces de son géniteur. Après un périple de plusieurs années, il débarque enfin dans la grosse pomme, où il va subir une véritable initiation à la bourse grâce à un juif solitaire et désabusé.

Ce livre est une somme ! Par son épaisseur certes (1100 pages !), mais surtout par son érudition et par la qualité de son écriture. Il est d'ailleurs difficile de le résumer sans dévoiler de scènes essentielles.

C'est un véritable roman initiatique où deux civilisations, deux façons d'appréhender le monde se confrontent. Les explications de la philosophie taoïste sont formidables et non d'égales que les démonstrations sur la complexité du système financier américain. On est subjugué par la facilité avec laquelle l'auteur nous fait pénétrer dans des mondes si différents et si abscons pour nous.

Et puis, on s'en doute puisque c'est un peu indiqué dans le titre, il y a une véritable descente en ligne des milieux financiers qui fait mouche, particulièrement en ce moment.

Je reconnais que les plus de 1000 pages peuvent effrayer, ce serait dommage pourtant de passer à coté de ce grand livre, dont on ressort plus intelligent après l'avoir lu.

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30 mai 2009

Photo finish de Tito Topin

Valentine et Christian reviennent au Maroc 40 ans après en être partis. Ils sont à la recherche de leur passé, et veulent surtout comprendre les raisons de la mort d'André, un de leurs amis très proche décédé à cette époque.

Tito Topin nous plonge dans le Maroc de la colonisation à quelques mois de son indépendance. Si le voisin algérien a fait plus parlé de lui à cause de la guerre, on connaît beaucoup moins l'histoire politique du Maroc, et notamment les tensions qui régnaient au moment de l'indépendance. Le livre de Topin a le grand mérite de nous faire découvrir cette période et de nous rappeler tout un pan de notre histoire.

Mais au-delà de l'aspect historique, le livre est captivant par son histoire et surtout par sa construction, faite d'allers et retours entre les années 90 et les années 50, et de prises de parole successives des différents protagonistes. Cependant, il est difficile d'en raconter plus, de peur de dévoiler le suspens.

En tout état de cause, voici un roman policier étonnant de la part de l'auteur de la série "Navarro".

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29 mars 2009

Le grand nulle part de James Ellroy.

james_ellroy3 hommes, 3 destins. Danny Upshaw est un jeune policier ambitieux qui enquête sur un meurtre d'une violence inouïe et ses investigations vont le mener dans le milieu homosexuel. Mal Considine, capitaine de police au passé prestigieux en Allemagne pendant la guerre va participer à la constitution d'un grand jury pour traquer les communistes. Il espère que cela lui donnera une aura suffisante pour obtenir facilement la garde de son fils. Buzz Meeks sert d'homme à tout faire à certains grands noms de la mafia Hollywoodienne, Mickey Cohen ou Howard Hugues.

Comme souvent chez Ellroy, on suit par intervalles chacun des personnages, et peu à peu leurs destins se rencontrent et l'histoire n'en fait plus qu'une. Autre phènoméne récurrent chez Ellroy, les personnages de fiction se mélangent à des personnages historiques réels, ce qui donne un aspect très documenté et vraisemblable au récit.

Dans ce roman, comme dans la plupart des romans noirs qu'il a écrits autour de Los Angeles, Ellroy continue à poursuivre les fantômes de son passé. On n'atteind certes pas la puissance du Dahlia noir, on se perd parfois dans les méandres de l'intrigue, mais très rapidement on est rattrapé par le suspens. Tout est noir, suffocant. L'Amérique décrite par Ellroy est noire, forcément noire, où même ceux qui consacrent leur vie à la recherche de la vérité, le font pour des raisons obscures.

Peut-être pas le meilleur Ellroy, mais comme il n'y en a pas de mauvais, il faut le lire évidemment.

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11 janvier 2009

François Truffaut de Serge Toubiana et Antoine de Baecque

livre_sur_truffautIl s'agit bien de cinéma, mais à travers un livre, ou plus exactement une biographie, celle d'un des cinéastes français les plus intéressants de l'après-guerre : François Truffaut. Mais si ce livre est intéressant c'est parce qu'il dépasse le simple récit de la vie de François Truffaut. A travers lui, c'est 40 ans de la vie intellectuelle française qui sont retracés. La réussite des auteurs c'est d'avoir su retranscrire ce qui a fait de Truffaut son originalité, de montrer en quoi il a révolutionné son art.

L'enfance du cinéaste est difficile, avec un père inconnu et une mère qui le rejette. Dans sa famille plutôt conservatrice, cette situation est mal vécu, heureusement, un certain Roland Truffaut épouse la mère et adopte l'enfant. Mais celui-ci ne trouve pas pour autant grâce auprès de sa génitrice. L'adolescence n'est guère plus heureuse puisque les relations avec sa famille s'enveniment. Il ira jusqu'à commettre quelques actes délinquants et être placé dans un centre de redressement. Une fois sorti, il est émancipé et vit de petits boulots. Mais grâce à sa rencontre avec le critique de cinéma André Bazin, il va se créer une seconde famille, et surtout assouvir sa passion : le cinéma. Il va commencer à écrire dans différentes revues et commencer à se faire un nom. Malheureusement, il doit partir faire son service militaire, et cette période sera particulièrement douloureuse puisqu'il connaîtra de nouveau la prison.

André Bazin fait marcher ses relations pour le sortir de cet enfer, et sa carrière de critique peut enfin prendre son envol. Très rapidement sa plume fait des ravages. Il milite pour un cinéma d'auteur, qu'il oppose au cinéma dit de qualité française où les scénaristes sont rois. Avec la troupe des Cahiers du cinéma, il vont en quelques années révolutionner la critique cinématographique.

Mais Truffaut meurt d'envie de se lancer dans la réalisation. Il le fait en 1959 avec Les 400 coups. La Nouvelle vague est lancée, des dizaines d'autres auteurs vont suivre. Tous ces thèmes récurrents sont déjà là : l'enfance, la rébellion. Dès son premier film, Truffaut connaît un immense succès critique et public, mais aussi international. Et c'est aussi là que naît la saga Doinel, une expérience cinématographique intimiste qui se poursuivra sur 5 films, et qui reste à ce jour inédite.

Cependant, ce qui fait l'immense originalité de Truffaut, c'est qu'il a su faire évoluer son cinéma, pour revenir peu à peu à un style plus académique ressemblant de plus en plus à ce qu'il combattait dans les années 50. En cela, son plus grand succès, Le dernier métro en est une parfaite illustration.

Mais Truffaut est un homme de son siècle, et les auteurs ne se contentent pas de commenter sa filmographie. Ses relations avec les femmes, les intellectuels ou encore la politique, tout est abordé, car Truffaut vit à une époque où les moeurs évoluent rapidement. Tout cela se ressentira évidemment dans son oeuvre.

Vous l'aurez compris, ce gros livre (800 pages) m'a enthousiasmé. Tant par le personnage que par ce qu'il raconte sur l'histoire de notre pays. Mais son intérêt principal est de donner un éclairage quasi exhaustif sur une des oeuvres majeures du 20ème siècle.

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26 novembre 2008

Rock n'roll : un portrait de Led Zeppelin / de François Bon

Quand j'ai appris que François Bon, un des meilleurs écrivains français faisait un livre sur Led Zeppelin, le plus grand groupe de tous les temps et du monde entier (voire de l'univers), mon sang n'a fait qu'un tour.

Alors, certes, ce livre s'adresse vraiment aux aficionados, certes les litanies successives de dates de concert, de problèmes de choix de matériel peuvent lasser, mais n'était-ce pas cela Led Zeppelin ? Un groupe qui a tellement tourné, tellement voyagé, qu'il s'est brûlé les ailes aux rayons du succès.

On retrouve ce qui a fait Led Zeppelin. On ressent la puissance et la hargne de John Bonham au fil des pages, on entrevoit comment est venu le génie créateur de Jimmy Page, on comprend d'où vient le talent d'arrangeur et de musicien de John Paul Jones, et s'il est un peu absent au début du livre, les secrets du charisme et de la sensualité de Robert Plant nous sont peu à peu dévoilés.

François Bon aime Led Zeppelin. Passionnément. Alors, il ne les ménage pas, il n'oublie aucun de leurs excès, aucun de leurs scandales. Mais François Bon aime aussi les années 70, ce vent de liberté absolu symbolisé par ces quatre musiciens.

Led Zeppelin était un groupe libre. Ce livre l'est aussi. Ce fut pour moi, fan depuis l'adolescence, un grand moment de bonheur que de me retrouver seul avec la musique de ceux que j'aime. Car c'est bien ce qu'à réussi à faire François Bon, ce livre s'écoute autant qu'il se lit.


Led Zeppelin - Dazed And Confused
envoyé par SamFisher037

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12 novembre 2008

Le vertige d'Evguénia S. Guinzbourg

evguenia_Guinzbourgevguenia_guinzbourg_2Il s'agit en fait d'un ouvrage en 2 tomes, le second s'intitulant "Le ciel de la Kolyma". EvgueniaEvguenia GuinzbourgGuinzbourg raconte ici 20 ans de sa vie. Celle d'une intellectuelle russe professeur de littérature russe à l'université de Kazan et écrivain qui sera déportée en Sibérie lors des purges de 1937.

Pourtant, en 1937, EvguéniaEvguénia GuinzbourgGuinzbourg est une communiste convaincue, épouse et mère heureuse de deux garçons. Lorsqu'elle est injustement accusée de terrorisme et de conspiration trotskyste, elle est sûre qu'il s'agit d'une erreur, que cela ne peut durer et que la vie retrouvera bientôt son cours normal. Mais peu à peu, elle se rend compte que se sont tous les intellectuels qui sont arrêtés, et elle comprend qu'elle vient de mettre un pied en enfer pour longtemps.

Elle va vivre deux ans en isolement complet dans une prison sordide, le temps que son "procès" se fasse et qu'elle connaisse sa peine définitive. Ensuite, elle sera transférée en Kolyma, la région la plus éloignée de l'URSS, où sont déportés tous les prisonniers politiques. Là, elle va tout connaître, la faim, le froid, la peur, l'amitié mais aussi les trahisons. Plusieurs fois elle manquera de mourir, mais à chaque fois sa bonne étoile la sauvera. Mais autour d'elle, des centaines de ses compagnons d'infortunes n'auront pas la même chance.

Alors que nombre des prisonniers politiques verront leurs peines augmentées sans aucune raison, elle est finalement libérée au bout de 10 ans. Mais son calvaire n'est pas fini, puisqu'en tant qu'ancienne prisonnière politique elle devra rester encore 8 ans dans la Kolyma, libre certes, mais sous surveillance permanente et subissant les brimades constantes de l'administration soviétique. Ce n'est qu'au bout de 18 ans qu'elle sera réhabilitée, pourra retourner à Moscou et enseigner de nouveau.

A la fin des années 50, alors que le régime s'assouplit sous l'ère KrouchtchevKrouchtchev, elle écrit son autobiographie qui connaîtra un énorme succès sous le manteau, puis en Europe et aux Etats-Unis où le livre sera publié sans qu'elle n'en soit informée (mais à sa grande joie). Elle mourra avant que son désir le plus cher ne soit accompli : voir son oeuvre publiée dans son propre pays.

Il s'agit d'un témoignage fondamental à plusieurs degrés. D'abord parce qu'Evgueniaqu'Evguenia GuinzbourgGuinzbourg ne s'épargne pas, elle nous livre tout ce que sa mémoire à garder même si sa propre image doit en pâtir (ce qui n'est pas le cas, loin de là). Ensuite, parce qu'il s'agit d'un des premiers témoignages sur ce qu'a été l'horreur stalinienne. Enfin, et surtout parce qu'Evguéniaqu'Evguénia GuinzbourgGuinzbourg était communiste et qu'elle a par la suite eu une vision politique très critique évidemment du régime de son pays, mais jamais, même dans les moments les plus durs, elle ne perd cette part d'humanisme et sa croyance profonde en plus d'égalité. Contrairement à SoljenitsineSoljenitsine, elle n'était pas une opposante au régime, et ses valeurs ont toujours été des valeurs de progrès. D'ailleurs, il serait peut-être bon de s'interroger pourquoi aujourd'hui l'auteur de "L'archipel du goulag" est célébré comme un intellectuel de premier ordre, tandis qu'Evgueniaqu'Evguenia GuinzbourgGuinzbourg semble oubliée de l'intelligentsia occidentale. Pourtant, sa pensée, ses écrits n'ont rien à envier à SoljénitsineSoljénitsine.

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17 août 2008

Pointe rouge de Maurice Attia

pointe_rougeDébut 1968, un homme est retrouvé mort au pied des immeubles de la cité universitaire d'Aix en Provence. Il s'agit d'un petit dealer. Les inspecteurs Martinez et Khoupiguian mènent l'enquête, et très vite un serrurier, militant trotskyste est soupçonné. Mais l'affaire s'avère beaucoup plus compliquée et va emmener les deux policiers vers d'autres rives politiques, celles du sinistre SAC.

On retrouve la plupart des personnages d'"Alger la noire", premier livre magnifique, cinq ans plus tard à Marseille. Et une fois de plus, en choisissant d'ancrer ses personnages dans la période qui précède Mai 68, avec toute l'agitation politique qui en découle, Maurice Attia nous confronte avec notre propre histoire.

Et sur les 200 premières pages on retrouve cette ambiance qui faisait tout le sel du premier volume, personnages désenchantés, odeurs de guerre civile, enquête complexe et passionnante. D'autant plus que là aussi, en choisissant de déterrer le SAC, il ne fait pas dans la facilité. Seulement, peu à peu, les états d'âmes des personnages prennent le pas sur l'enquête. Et la multiplication des intrigues et des thématiques, mouvement trotskyste, extrême droite, génocide arménien, lutte pour l'avortement, font que l'on perd le fil.

Malgré tout, Attia reste un écrivain intéressant, et les amateurs de polar retrouveront avec plaisir l'inspecteur Martinez et Irène.

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09 août 2008

La reine du palais des courants d'air de Stieg Larsson

mill_nium3Il est difficile de parler du tome 3 de "Millènium", sans déflorer l'histoire. En effet, si les deux premiers pouvaient se lire indépendamment, celui-ci est la continuité du tome 2. Il ne peut se comprendre sans la lecture du précédent.

Ce que je peux simplement en dire, c'est qu'ici, on continue l'exploration du coté obscur des services secrets suédois, lesquels ressemblent à s'y méprendre à l'image que l'on a des services secrets du monde entier : des organisations sans scrupules, souvent proches de illégalité.

Lisbeth est donc tout naturellement encore au centre du récit, ou plutôt des récits, car dans ce troisième volume, ce qui fait l'ossature de la trilogie, le fil conducteur, à savoir une critique du monde des médias, refait surface. Larsson profite d'une intrigue annexe pour passer au vitriol les moeurs d'un grand quotidien suédois.

La force de Larsson est de récolter tout ce qu'il a semé dans les deux premiers tomes. Tous les détails, toutes les interrogations, sont reprises ici, mais les réponses apportées ne sont pas toujours celles escomptés. De plus comme toujours, Larsson n'a pas son pareil pour maintenir le suspens et surprendre ses lecteurs.

De toute la série, c'est celui-ci qui m'a paru le plus abouti. Mais sur ce point, je n'ignore pas que les avis divergent chez les amateurs. En tout cas, cette trilogie fera assurément date dans l'histoire du polar, et de la littérature tout court.

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