rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

03 avril 2008

Sarkozy veut que la France réintègre l'OTAN.

En 1966, sous l'impulsion du Général de Gaulle, la France a quitté le commandement militaire de l'OTAN. En affirmant ainsi son indépendance face à l'hégémonie américaine d'après-guerre, le Général de Gaulle a permis à son pays de peser sur la scène diplomatique internationale.

Cette voie de l'indépendance face aux deux grands blocs, aucun des successeurs du Général ne l'a remise en cause. C'est désormais chose faite, et c'est un membre d'un parti qui se dit gaulliste qui le fait.

En annonçant que la France pourrait rejoindre le commandement militaire de l'OTAN dés 2009, Nicolas Sarkozy fait beaucoup plus qu'un revirement atlantiste, il tourne le dos à tout ce qui a fait la politique étrangère de la France depuis 40 ans.

Mais, en plus de cela, il le fait à contresens de l'histoire. La France réintègre l'OTAN alors que cette organisation, créée à l'origine pour faire contrepoids à l'URSS, n'est plus que le bras armé des Etats-Unis, et que l'on voit mal à quoi elle sert aujourd'hui si ce n'est à faire de l'ombre à l'ONU. Nous allons rejoindre l'OTAN au moment où les pays occidentaux sont de plus en plus contestés, notamment dans les pays musulmans, et où la voix discordante de la France aurait toute sa place.

Nicolas Sarkozy, grand admirateur des Etats-Unis, est en train de faire de la France un vassal de l'Amérique néo-conservatrice de Bush. Mais au mauvais moment, quand ce dernier s'en va pour laisser la place à un président qui sera de toute façon plus ouvert sur le monde, et quand la place des Etats-Unis dans l'économie mondiale est en train de s'effondrer à l'instar de ce qu'avait prédit Emmanuel Todd.

Alors que la mauvaise politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy a plongé la France dans la morosité, il s'avère aujourd'hui qu'il est aussi un bien piètre diplomate.

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06 janvier 2008

Le triple scandale de l'Arche de Zoë !

Les membres de l'Arche de Zoë sont désormais rentrés en France. Mais tout n'est pas fini, loin de là. Si les volets diplomatiques et judiciaires semblent clos (du moins pour leur partie tchadienne), il reste des milliers de questions auxquelles personne n'a répondu, et il me paraît dommageable que ni la presse, ni les politiques n'aient insisté pour avoir des réponses. Car pour moi, l'Arche de Zoë, ce n'est pas un scandale, mais trois.

Le premier, c'est celui des membres de l'ONG. Depuis qu'ils sont rentrés en France, la pression médiatique semble les transformer peu à peu en victimes. Mais, il est avéré que nombre d'enfants ne venaient pas du Darfour, et que plusieurs d'entre eux n'étaient pas orphelins. On sait aussi que des faux bandages avaient été posés sur des enfants pour obtenir plus facilement l'autorisation de les transporter vers la France. On sait enfin, si on en croit les témoignages de certaines familles d'accueil, qu'il avait parfois été fait des promesses d'adoption. Tout cela fait scandale, et aurait fait scandale dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom. Tout cela fait évidemment remonter à la surface la question de la colonisation, et nous interroge sur le regard que nous portons sur l'Afrique et les Africains. Peut-on imaginer une ONG tchadienne se comporter de la même façon avec des enfants Français ? Pour toutes ces raisons, j'ai du mal à considérer les membres de l'Arche de Zoë comme des victimes, même si on ne connaît pas les responsabilités exactes de chacun dans cette histoire, et ce malgré le procès.

Et c'est le deuxième scandale : le procès, ou plutôt l'ersatz de procès. Car enfin, quel que soit le crime qu'ils aient commis, Eric Breteau et les autres bénévoles ont le droit à un procès juste et équitable. Mais, avec une affaire aussi compliquée, impliquant autant de personnes, avec probablement des remontées très haut dans l'administration Française, l'instruction n'aura durer que deux mois. Je sais bien qu'en France la justice est très lente, mais au Tchad, elle est supersonique. Et tout a été rapide, même l'extradition des condamnés n'a pris que quelques jours, alors qu'il avait fallu plusieurs mois pour rapatrier Bertrand Cantat prisonnier dans un pays de l'Union Européenne. Tout pose question dans ce procès, a commencer par le rôle de l'Etat Français qui n'a jamais été abordé.

Et c'est là qu'est le troisième scandale. Ou, tout au moins, qu'il y a le plus grand nombre de questions. Que se sont dit les présidents Français et Tchadien lors de l'escapade de Sarkozy à N'Djaména pour ramener les hôtesses espagnoles et les journalistes ? Et qu'est ce que cela signifiait de déclarer que l'on reviendrait chercher les autres ressortissants Français ? Et pourquoi l'Etat Français n'a jamais critiquer la façon ostensiblement inéquitable dont se déroulait le procès ? Etait-ce convenu d'avance ? Quid de l'affirmation des membres de l'Arche de Zoë, comme quoi l'Etat été au courant de toute l'opération, du moins le ministre des affaires étrangères.

Il y a des milliers de questions, et visiblement bien peu des personnes les pose. Mais qui a vraiment envie de connaître les réponses. Reste que l'image de la France est sérieusement écornée en Afrique, et en ne jouant pas le jeu de la transparence, l'Etat Français a perdu une occasion de redorer son blason.

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04 décembre 2007

Pire que la bombe nucléaire : Bush

bombe_nucl_aireIl y a deux ans, Georges Bush déclarait à propos de l'Iran que si ce pays se dotait de l'arme nucléaire, cela ménerait tout droit à une guerre mondiale. Et dans la bouche de l'homme qui a su manipuler son opinion publique pour entraîner son armée dans un conflit interminable en Irak, ces propos ne sont pas à prendre à la légére. Tout porte à croire que vu la situation inextricable dans laquelle se trouvent les Etats-Unis dans ce conflit, vu la fragilité de Georges dans son propre pays, que l'ouverture d'un second conflit en Iran, ne serait pas pour lui déplaire. Ou au moins créer un fort climat de tension

Cela aurait au moins le mérite de resserrait pour un temps la population américaine autour de son président. A quelques mois 'une élection présidentielle indécise, cela peut avoir de l'importance. Et les récents propos de Mr Kouchner sur le nucléaire iranien tendraient plutot à renforcer mes convictions. La France étant désormais cet allié indéfectible que ne veut plus jouer la Grande-Bretagne.

Mais voila, il y 5 ans l'absence d'armes de destructions massives en Irak avait failli faire capoter les projets guerriers du va-t-en-guerre Bush, et il avait fallu de gros mensonges et une bonne dose de perfidie, pour finalement déclencher un conflit si profitable aux multinationales américaines et tellement catastrophique pour la région et les populations locales. Et comme il y a 5 ans, il y a de nouveau un grain de sable.

Les 16 agences de renseignement américaines déclarent être quasiment sures que l'Iran avait cessé depuis 2003 son programme d'armement nucléaire. Mieux, fin 2006, il n'avait toujours pas repris. Elles ajoutent même que l'Iran ne semble pas déterminé à se procurer la bombe atomique. Par contre, l'hypothèse de la continuation de recherches en direction du nucléaire civil est avérée.

Et on se dit que dans un pays démocratique tel que le sont prétendument les USA, un président démocratiquement élu va faire des déclarations allant dans le sens d'une désescalade de la tension diplomatique. Qu'il va reconnaitre qu'il s'est trompé sur les intentions iraniennes, et reprendre des contacts diplomatiques plus poussés tout en continuant à garder sous contrôle l'évolution des installations iraniennes. On commence à reprendre espoir, à se dire que finalement tout n'est pas mauvais dans ce monde.

Mais on a tort. Certes, les risques qu'un pays dirigé par des extrêmistes religieux ait la bombe nucléaire, sont encore très fort. Mais malgrè ce rapport qui constitue une ouverture réelle pour de vraies négociations, Georges Bush persiste et signe dans sa posture guerrière, au risque de fermer la porte à toute issue diplomatique, et d'engager le monde dans un conflit qui pourrait le mener à sa perte.

La menace d'une nouvelle guerre mondiale n'est pas en Iran, elle siège à la Maison Blanche.

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03 décembre 2007

Election de Poutine avec les félicitations de la France

poutineOfficiellement, les élections législatives russes ont donné un raz de marée pour le parti de Vladimir Poutine. Il faut dire qu'avec la plupart des opposants en prison, des médias complètement muselés, et une fraude apparemment importante, il ne pouvait en être autrement.

Tout cela ne fait évidemment pas très démocratique. A tel point que la plupart des organismes internationaux, ONU, OSCE, et même l'Union Européenne ont vivement critiqué le déroulement de cette élection. Même les Etats-Unis, pourtant peu enclin à faire des reproches aux russes, ont demandé une enquête à cause des forts soupçons de fraude.

L'irrégularité de ce scrutin ne fait aucun doute.  A tel point que les seules personnalités internationales a avoir félicité Vladimir Poutine sont le président du Kazakhstan (qui n'est pas réputé grand démocrate), Bruno Gollnisch (sic !) et... Nicolas Sarkozy. Ce même président qui se targue de toujours dire la vérité aux Français, fait les gros bras sur les droits de l'homme en Chine devant les caméras (mais oublié d'emmener sa secrétaire d'Etat). S'il y a au moins un domaine où il ne faut pas attendre de rupture, c'est bien la politique étrangère.

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18 septembre 2007

Atlantiste et ... dangereux !

Les propos du ministre des Affaires étrangères préparant l'opinion à l'éventualité d'une guerre en Iran, en plus d'être une nouvelle preuve du virage pro-américain de la France, sont purement scandaleux, inquiétants et surtout à contre sens. D'autant plus qu'ils ont été confirmés par le premier ministre, ce qui laisse à penser qu'il y a bien coordination en plus haut lieu sur ce sujet.

En faisant prendre à sa politique étrangère en Iran, jusque là basée sur la recherche d'un accord, un virage à 180 degrés, la France fait le bonheur de Washington et de Londres. Mais elle irrite fortement les autres capitales européennes, d'autant plus que tout s'est apparemment décidé sans concertation avec eux. L'Allemagne, et particulièrement Mme Merkel, a déjà beaucoup de griefs contre Nicolas Sarkozy, cela risque donc d'affaiblir encore plus la position française au sein de l'Union européenne.

Mais, au-delà de l'Europe, le nouveau discours français apparaît à contre sens car complètement déconnecté des réalités du terrain. En effet, il ne tient pas compte de ce que sont les Etats-Unis aujourd'hui, avec un président discrédité et une opinion de plus en plus critique envers la guerre en Irak et son coût, mais aussi qui s'interroge sur la stratégie de la Maison Blanche en politique étrangère. A ce titre, le revirement de la France apparaît comme une bouée de secours pour Mr Bush, et on comprend un peu mieux le contenu des discussions qu'ont pu avoir Mrs Bush et Sarkozy cet été.

Sur l'Iran, en agissant ainsi, Mr Kouchner prouve qu'il ne connaît rien à la réalité de ce pays, et à son poste, cela confine à l'incompétence. La société iranienne n'est pas monolithique, elle est diverse et en profonde mutation. Par certains côté elle est une des plus modernes de cette partie du monde. Cette Mr Ahmadinejad est le président iranien, mais se focaliser uniquement sur ces propos c'est commettre une erreur politique. Dans la constitution iranienne, il n'est que le cinquième personnage de l'état. Et ses propos antisémites et guerriers sont loin d'être approuvés par l'ensemble du monde politique iranien.

Un autre contresens majeur réside dans la signification de ce que représente l'arme nucléaire pour l'Iran. En se montrant intraitable sur ce sujet, l'Iran veut montrer au monde qu'il est bien la puissance politique incontournable du Moyen-Orient. Il veut donc se positionner comme l'intermédiaire privilégié des américains. Je rappelle aussi que ce pays est majoritairement chiite et que pour lui, la première menace vient des sunnites et d'Al Qaeda. Si la position américaine (et désormais française) était bien la lutte contre le terrorisme, un rapprochement avec l'Iran serait logique.

Malheureusement, en provoquant le président iranien, en évoquant la possibilité d'une guerre, le risque est grand  d'une escalade qui mettrait à feu et à sang la région. Car il est évident qu'un Iran en guerre n'aurait plus aucun complexe pour frapper l'Irak, mais aussi la Turquie. Et Mr Ahmadinejad deviendrait un des héros du monde musulman.

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28 août 2007

Et à part ça, la France ne vire pas atlantiste !

Nucl_aire_iranienHier, 27 août 2007, Nicolas Sarkozy a prononcé son premier discours de chef d'Etat en matière de politique étrangère, devant la conférence des ambassadeurs. On notera des évolutions intéressantes sur certains sujets, comme l'Europe ou la Turquie. Mais, ce qui a retenu mon attention, et qui pour le coup est une véritable rupture par rapport à la position de la France sous Jacques Chirac, ce sont ses propos sur l'Iran.

En effet, pour lui, la crise autour du nucléaire iranien "est sans doute la plus grave qui pèse sur l'ordre international". "Un Iran doté de l'arme est pour moi inacceptable." Et il a de plus, "une entière détermination dans la démarche actuelle, alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations."

Sur ces propos-là, plutôt modérés, on ne peut qu'acquiescer, d'autant plus qu'ils correspondent à l'attitude de la France jusque là (Cependant, je ne suis pas forcément convaincu de la gravité de la situation, ou alors c'est grave pour tous les pays possédant l'arme nucléaire).

Non, c'est sur la suite de son discours, qu'à mon avis il y a un changement dans la position française : "Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran". C'est, à ma connaissance, la première fois que la perspective d'un bombardement de l'Iran est publiquement exprimée par la France.

Or, si on se rappelle bien, dès avant 2003 et l'invasion de l'Irak, l'administration américaine avait placé l'Iran sur une liste noire. On sait désormais qu'à plusieurs reprises les Etats-Unis ont envisagé des frappes sur l'Iran. Cette idée a jusque là était abandonnée, à cause de l'enlisement de l'armée américaine en Irak, et du déficit de popularité de Mr Bush.

La bienveillance de Mr Sarkozy à l'égard de la politique américaine, et le soutien Français sur l'Iran changent la donne, et pourraient être un soutien de poids pour les républicains à quelques mois d'élections qui s'annoncent difficiles. On imagine mieux que Mr Sarkozy ne s'est pas contenté de manger des hamburgers avec la famille Bush. Et ce ne sont pas les quelques critiques de notre président sur l'action américaine en matière d'environnement qui changent l'impression d'ensemble du discours. Ces critiques ne sont là que pour l'opinion publique française.

Aujourd'hui, la réponse de Mr Ahmadinejad, le président iranien, ne s'est pas faite attendre, et elle est cinglante : "Il manque encore d'expérience, ce qui veut dire que peut-être il ne comprend pas vraiment le sens de ce qu'il dit." Ce qu'il faut évidemment comprendre derrière les propos de ce président à l'attitude on ne peut plus inquiétante, c'est que le changement de position de la France ouvre la porte à au moins des tensions internationales, voire pire...

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02 août 2007

L'affaire lybienne, premier faux pas sarkozyste ?

Au-delà de la polémique autour de la libération des infirmières lybiennes, il convient de se poser une vraie question : que sommes nous allés faire en Lybie ?

En effet, bien que la Bulgarie fasse désormais partie de l'Union européenne, la France n'était pas directement concernée par cette affaire, et outre les accords commerciaux que nous aurions passé avec Khadafi, on peut penser que l'empressement de Nicolas Sarkozy à s'imposer comme le libérateur cache d'autres raisons.

Alors qu'il cannibalise tout l'espace politique en France, il n'a pas encore fait ses preuves sur la scène internationale. Il m'est avis que notre président a voulu profiter de l'occasion pour faire parler de lui. Mais voilà, a toujours tout faire dans la précipitation, à ne jamais tenir compte des avis des autres, on finit par se prendre les pieds dans le tapis. Et ce qui apparaissait au départ comme un véritable succès pour la France tourne de plus en plus à l'affaire d'Etat.

Mais tout cela ne serait rien, si l'on ne pouvait craindre des répercussions graves sur l'image de la France. En grillant la politesse à nos partenaires européens, en prenant  probablement le risque de passer des accords militaires et nucléaires avec la Lybie, sans avertir apporter les garanties nécessaires aux autres états membres de l'UE, le chef d'Etat a réussi exactement le contraire de ce qu'il voulait faire. Il apparaît désormais comme affaibli et comme peu crédible sur la scène internationale.

En outre, on peut émettre de gros doutes sur le message envoyé à l'ensemble des pays africains. Alors que le président de la République clame sur tous les toits qu'il mènera une politique de rupture avec les pays africains, l'épisode lybien prouve qu'il n'en est, et que la France considère encore l'Afrique comme son pré carré.

Or, avec la Chine et les Etats-Unis qui investissent de plus en plus sur ce continent, avec une nouvelle génération de dirigeants moins inféodés à la France que la précédente, le risque est grand de se voir imposer une autre rupture, qui mettrait la France définitivement hors jeu du continent.

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07 juin 2007

A quoi sert le G8 ?

Pendant 3 jours, en Allemagne, les représentants des 8 pays les plus puissants de la planète vont se réunir. Mais pourquoi 8 ? et pas 10 ? ou 12 ? Et puis, qu'est ce que c'est que le G8, si ce n'est un grand raout politico-médiatique destiné à montrer au monde entier que ce sont bien les pays riches qui ont les pouvoirs de décision.

En effet, outre les désaccords russo-américains autour du bouclier antimissile, c'est de sujets importants, comme le réchauffement de la planète que sont censés discuter nos dirigeants. Ils pourraient éventuellement, même si ce n'est pas parti pour, décider d'un accord. Mais qu'est-ce à dire ? Que les pays d'Afrique ou de l'océan Pacifique, premiers concernés par le réchauffement n'ont pas leur mot à dire ?

Et puis, c'est bien joli un accord, mais on sait très bien que d'une part, les américains n'ont toujours pas signé le protocole de Kyoto, et n'ont visiblement pas l'intention de le faire pour l'instant, et d'autre part si les européens l'ont signé, rien, à ma connaissance ne les oblige à le respecter. Donc tout accord n'aurait comme but que de faire gratter du papier aux journalistes qui n'hésiteront pas à se féliciter que l'essentiel à été sauvé.. Mais là aussi, les principaux concernés ne sont pas invités, et tout report ou abandon de la dette sera présenté comme un cadeau fait par les grandes puissances. Cela ressemble un peu à du néo-colonialisme.

Non, définitivement, pour moi ces grands messes cathodiques ne servent strictement à rien, si ce n'est à rappeler qui commande.

Il se peut aussi qu'on y parle de la dette des pays pauvres à ce G

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20 mai 2007

Démission du président de la Banque Mondiale.

Annonce a été faite jeudi dernier que Paul Wolfowitz démisssionnerait de la présidence de la Banque Mondiale dés le 30 juin. C'est une bonne nouvelle, car pour une organisation internationale, avoir à sa tête quelqu'un qui est soupçonné de népotisme, cela ne fait pas trés crédible.

Mais c'est aussi une bonne nouvelle à cause de la personnalité de Paul Wolfowitz. Ancien secrétaire adjoint à la défense auprès de Dick Cheney, il est un néo-conservateur patenté, un des plus radicaux. Fervent partisan de l'intervention militaire en Irak, il soutiendra jusqu'au bout l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Nommé à la Banque Mondiale en mars 2005, il va faire de l'Afrique sa priorité, mais ne met pas de côté ses convictions religieuses pour autant, puisqu'il mettra comme condition à l'octroi d'un prêt pour Madagascar, que toute référence au planning familial soit retirée du plan d'assistance.

Mais au-delà du problème que pose la présence d'une telle personne à la tête d'une organisation internationale censée lutter contre la pauvreté, c'est le rôle de la Banque Mondiale qui est à revoir.

Ces principaux objectifs sont de faciliter l'investissement à des fins productives, de promouvoir les investissements privés à l'étranger, de protéger l'harmonie des échanges internationaux.

Mais aujourd'hui, la Banque Mondiale est considérée généralement comme étant sous l'influence politique des Etats-Unis (ils en nomment d'ailleurs le président) qui en profitent pour favoriser leurs intérêts. La plupart du temps, en contrepartie des aides qu'elle accorde, la Banque Mondiale réclame des dispositions d'ajustement structurel comme la limitation de la corruption, l'émergence de la démocratie, le maintien de l'équilibre budgétaire (au risque  que les pays bénéficiaires ne puissent plus faire fonctionner correctement leur administration, ce qui se fait toujours au détriment des plus pauvres).

Née au lendemain de la seconde guerre mondiale dans le cadre des accords de Bretton Woods, avec pour objectif d'aider à la reconstruction de l'Europe, la Banque Mondiale apparaît aujourd'hui comme un instrument pour les pays développés (Surtout les USA) pour imposer des politiques libérales et de libre-échange qui ne conviennent pas la plupart du temps aux situations d'urgence que connaissent ces pays, sous-équipés, mal préparés à une guerre économique.

PS : Pour plus d'information, consulter les articles "Paul Wolfowitz" et "Banque Mondiale" sur Wikipédia ainsi que le site d'ATTAC France : http://www.france.attac.org

Posté par leunamme à 21:34 - International - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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