rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

06 novembre 2009

Pourquoi tant de liesse pour l'anniversaire de la chute du mur ?

Depuis une semaine, le landerneau médiatique ne parle plus que de cela. Les émissions spéciales se multiplient : ce week-end, le monde capitaliste fête les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Mais pourquoi tant de liesse organisée, alors que les 10 ans avaient été bien plus sages ?

Il semble bien qu'en plus, cette joie quasi obligatoire ne soit pas partagée par tous. Il y a très peu de  journalistes qui se sont intéressés aux allemands de l'est, pas les couches supérieures, pas tous ces pseudo intellectuels qui pensent pour les autres, mais le peuple, le vrai, celui des petites gens. Parmi ces journalistes, il y a Daniel Mermet et son émission "Là-bas si j'y suis" (Gloire à lui, et puisse-t-il exister le plus longtemps possible). Et que nous apprend-il ? Et bien que pour une part non négligeable des allemands de l'est, le 9 novembre sera un jour comme les autres. Beaucoup d'entre eux ont juste l'impression d'avoir quitté un système injuste pour en retrouver un autre.

Pour autant, les élites, dirigeants, journalistes, grands patrons, mettent les petits plats dans les grands. Mais pourquoi ? Peut-être est-ce l'arrogance des vainqueurs qui faute de combattant enfoncent le clou en nous assénant que les méchants s'étaient les communistes. Toutefois, je me permettrai d'émettre une petite hypothèse pour expliquer cette débauche de flonflons. Et si le système se permettait de se lâcher parce qu'il a eu une peur bleue de sombrer définitivement avec la crise ? Si tout cela  n'était que le moyen de conjurer le sort ?

Ce n'est qu'une petite idée comme cela, mais au final, en quoi nos vies se sont améliorées depuis la chute du mur, et pourquoi devrions-nous être contents ?

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26 septembre 2009

Et finalement le G20 a bien accouché d'une souris.

Bon, allez, foin de supputations et de prévisions, ça y est maintenant le G20 est terminé, et comme prévu Nicolas Sarkozy s'autofélicite et les médias dominants embrayent avec lui. Mais au final, qu'y a-t-il réellement dans cet accord ?

- Les primes et bonus des traders et des banquiers vont être encadrées : Diable ! quel courage ! Ca veut dire quoi ? Que les traders toucheront moins de bonus ? La belle affaire ! Cela ne règle en rien le problème de base. Les traders sont des personnes qui spéculent en bourse avec l'argent des banques (donc le nôtre). Et c'est là qu'est la vraie question, celle à laquelle le G20 n'apporte pas de réponse : est-il normal qu'une banque dont le métier est de soutenir l'économie en prêtant de l'argent fasse de la spéculation avec les sous de ses clients ?

- Les réformes du FMI et de la Banque mondiale : Il s'agirait  en gros d'un plus grand transfert de responsabilité et d'une augmentation de l'aide aux pays pauvres. Sauf que sur ce sujet, comme souvent d'ailleurs, il ne s'agit que de déclarations de principes, et il n'y a plus qu'à espérer qu'elles ne restent pas lettres mortes comme les autres. De toute façon, si on avait une réelle volonté d'aider les pays du tiers-monde, il y aurait une décision beaucoup plus efficace à prendre, celle de l'annulation de la dette.

- La dernière mesure concerne la décision de pérenniser le G20 : superbe ! Il a fallu 20 ans pour passer de 7 à 20 ans et permettre à quelques pays émergents d'avoir droit au chapitre. A cette vitesse et selon mes calculs, en 2342 l'ensemble des nations pourront faire valoir leur point de vue. J'ai peur de ne pas vivre assez longtemps.

Finalement, ce G20 est sans surprise. On n'en attendait rien, et c'est exactement ce qui s'est passé. Il a cependant le grand avantage pour Nicolas Sarkozy de donner l'impression qu'il agit, et de faire momentanément oublier les soubresauts de l'affaire Clearstream. Mais à part ça...

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25 septembre 2009

Il ne faut rien attendre du G20 !

On peut déjà dire ce qui sortira de Pittsburgh, et on peut même en décrire la dramaturgie. Eh oui, puisqu'il ne sortira rien d'intéressant de ce pseudo-sommet il faut bien que tout cela soit mis en scène et bien relayé par les médias pour que le monde entier croit que les puissants s'occupent sagement des affaires de la planète.

Donc, durant les jours qui précédent le sommet, les commentateurs vont se relayer pour discourir sur les nombreux désaccords qui divisent les protagonistes, et particulièrement entre européens et américains (les européens, par amour propre et par habitude doivent être en désaccord avec les américains). Durant les premières heures des débats les positions vont se rapprocher, mais malheureusement alors que la lueur d'une déclaration commune se fait jour, des obstacles en apparence insurmontables se font jour. Heureusement, grâce à la pugnacité de quelques participants (je ne sais pas, au hasard, Sarkozy), l'accord tant désiré est arraché au bout de la nuit. La presse s'en fait immédiatement l'écho, se félicitant que même si l'accord est a minima, l'intérêt général a primé. Bon d'accord, j'anticipe un peu, mais nous verrons bien au final que je ne serais pas loin de la vérité.

Mais cet accord, que dira-t-il ? Ben, rien, évidemment parce qu'il ne peut rien dire ! Comment voulez-vous que les Sarkozy, Merkel, Brown voire Obama scient la branche qui les a fait roi. Comme les deux premiers sommets n'ont pas limité les bonus ni supprimé les paradis fiscaux, ce troisième opus, ne changera pas la donne. Il aura la saveur d'une formidable avancée, la couleur d'un progrès pour l'humanité, la douceur du travail bien fait, mais ce ne sera rien, même pas du Canada Dry.

En résumé, lisez bien vos journaux de lundi, ils vous apprendront que le monde a progressé, que la morale a gagné. Lisez les et gardez les précieusement pour les ressortir dans un an ou deux. Vous verrez alors que j'ai eu raison.

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03 avril 2009

Un G20 pour rien !

On s'y attendait, la réunion des 20 plus grandes puissances de la planète n'a pas débouché sur grand-chose. La presse dans sa grande majorité essaie de nous vendre ce grand raout comme une avancée spectaculaire, mais il ne faut pas être dupe, les seuls bénéficiaires des accords signés à Londres seront à trouver du côté des puissants.

N'est-il pas curieux, au demeurant, de voir que les pays riches se réunissent pour décider de la marche du monde et imposer leurs règles aux plus pauvres, pourtant les plus nombreux ? Le G20 de Londres, comme celui qui se déroulera à l'automne, n'est rien d'autre que le bras armé du capitalisme pour se maintenir en place. Il est à noter également que toutes les mesures concernent l'organisation de la finance mondiale et les paradis fiscaux. Il n'y a rien sur une harmonisation des règles économiques mondiales, rien sur l'amélioration du droit du travail, rien sur le dumping social. Tout ceci n'intéresse pas les grands dirigeants de ce monde, puisque leur objectif était de sauver un système inégalitaire. Et si on en juge au bond fait par les bourses dans le monde entier, l'objectif est considéré comme atteint par les personnes concernées : les patrons de multinationales, les banquiers, etc.

Parmi les mesures annoncées, il y a celle d'un renforcement des moyens du FMI. C'est tout un symbole. Le FMI disposera maintenant de fonds colossaux pour venir en aide aux pays les plus pauvres. Mais cette aide a toujours été versée sous condition que les pays concernés acceptent  de se conformer aux vertus du libéralisme, plongeant de facto des populations entières dans la pauvreté. L'accroissement de l'aide au FMI vise à imposer à marche forcée un libéralisme qui partout à échouer.

La presse française parle aussi beaucoup d'une liste noire de paradis fiscaux que le président français aurait réussi à imposer. Quelle gloire ! Une liste pour faire quoi ? Quelles sanctions vont être appliquées et par qui ? La-dessus, j'ai beau cherché, je ne trouve pas de réponses à mes questions. Sans compter que le contenu de la liste fait plutôt rire. L'Uruguay, les Philippines ou le Costa-Rica ne sont tout de même pas connus comme étant des places fortes de la finance. Par contre, curieusement Hong Kong, Macao, Jersey, Guernesey ne font par partis de la liste. De même les états américains comme le Nevada, le Wyoming ou le Delaware dont la fiscalité peut les apparenter à des paradis fiscaux.

Les autres décisions font aussi doucement rigoler. La levée du secret bancaire est loin d'être rélisée, et de toute façon, elle ne concernerait qu'une part infime des comptes, la grande majorité pouvant rester secrets. Quant à l'obligation faite aux banques de déclarer une partie de leurs fonds spéculatifs, il n'est pas précisé la part que cela doit prendre, ni comment cela va se mettre en place. Autrement dit, ce n'est pas fait.

Mis à part cela, le g20 a parfaitement rempli son office pour les principaux dirigeants : occuper le terrain, faire croire que les choses bougent permettre d'espérer des jours meilleurs.

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17 février 2009

Sarkozy veut que la France réintègre l'OTAN.

Je republie un article du 3 avril 2008 sur la question de L'OTAN. A l'heure où la France réintégre le commandement militaire de l'organisation, il est plus que jamais d'actualité (à l'exception des remarques sur Georges Bush). Je m'étonne d'ailleurs que ce changement fondamental dans la politique étrangère française fasse si peu débat. Au passage je note que les remarques sur la situation économique sont encore plus valables aujourd'hui qu'hier, or cet article a été écrit avant la crise.

En 1966, sous l'impulsion du Général de Gaulle, la France a quitté le commandement militaire de l'OTAN. En affirmant ainsi son indépendance face à l'hégémonie américaine d'après-guerre, le Général de Gaulle a permis à son pays de peser sur la scène diplomatique internationale.

Cette voie de l'indépendance face aux deux grands blocs, aucun des successeurs du Général ne l'a remise en cause. C'est désormais chose faite, et c'est un membre d'un parti qui se dit gaulliste qui le fait.

En annonçant que la France pourrait rejoindre le commandement militaire de l'OTAN dés 2009, Nicolas Sarkozy fait beaucoup plus qu'un revirement atlantiste, il tourne le dos à tout ce qui a fait la politique étrangère de la France depuis 40 ans.

Mais, en plus de cela, il le fait à contresens de l'histoire. La France réintègre l'OTAN alors que cette organisation, créée à l'origine pour faire contrepoids à l'URSS, n'est plus que le bras armé des Etats-Unis, et que l'on voit mal à quoi elle sert aujourd'hui si ce n'est à faire de l'ombre à l'ONU. Nous allons rejoindre l'OTAN au moment où les pays occidentaux sont de plus en plus contestés, notamment dans les pays musulmans, et où la voix discordante de la France aurait toute sa place.

Nicolas Sarkozy, grand admirateur des Etats-Unis, est en train de faire de la France un vassal de l'Amérique néo-conservatrice de Bush. Mais au mauvais moment, quand ce dernier s'en va pour laisser la place à un président qui sera de toute façon plus ouvert sur le monde, et quand la place des Etats-Unis dans l'économie mondiale est en train de s'effondrer à l'instar de ce qu'avait prédit Emmanuel Todd.

Alors que la mauvaise politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy a plongé la France dans la morosité, il s'avère aujourd'hui qu'il est aussi un bien piètre diplomate.

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15 novembre 2008

Un G20 pour rien !

Le grand raout des puissants de la planète, autrement appelé G20, ne servira à rien ; et je n'en attends même pas les conclusions pour l'affirmer tant la chose paraît évidente. D'ailleurs, à quoi sert-il ce G20 ? Créer un nouveau Bretton Woods comme cela a été dit ? Lutter contre les paradis fiscaux ? Instaurer de nouvelles règles plus démocratiques au sein de la finance internationale ?

Rien de tout cela évidemment ! Comment peut-on décemment clamer que l'on va faire des accords aussi importants que ceux de Bretton Woods (instaurant le FMI et la Banque mondiale ainsi que la parité entre les monnaies), quand il a fallu pour ces derniers 2 ans de préparation et 3 semaines de débats ? La rencontre de Washington est préparée dans l'urgence, elle permet surtout à nos dirigeants de montrer à leurs opinions publiques qu'ils agissent. Mais le seul but de ce sommet est de permettre au système actuel de perdurer, peut-être avec quelques nouvelles règles, histoire de montrer que l'on moralise un peu, mais ce ne sera qu'à la marge. Il ne peut d'ailleurs pas en être autrement tant les positions et les intérêts divergent. De plus, aucun accord d'importance ne peut sortir de cette réunion puisque le président américain qui devra l'assumer devant son peuple n'assiste pas à la réunion.

Mais le grand mot lâché ces derniers jours est celui de "démocratie". Le fonctionnement de la finance internationale doit être plus démocratique. Qu'est-ce à dire ? Que les citoyens du monde auront leur mot à dire sur les transactions faites avec leur argent ? Que nenni, il s'agit tout simplement d'intégrer d'autres pays aux discussions là où avant il n'y en avait que 7. De fait, des pays dits émergents apparaissent parmi les invités. Mais pourquoi 20 nations et pas plus ? En quoi les Brésiliens, les Français ou les Japonais ont plus besoin de nouvelles règles internationales que les pays les plus pauvres qui sont d'ailleurs ceux qui vont payer les plus durement la crise économique ?

De nouvelles nations participent toutefois à ce G20. C'est un signe supplémentaire que les puissances occidentales ne peuvent plus décider seules du sort de la planète. Désormais de nouveaux acteurs se font jour, c'est acté. Mais de là à parler de démocratie... Peut-on parler de démocratisation quand certains des pays avec lesquels on négocie figurent parmi les pires dictatures de la planète ?

De même, peut-on réellement apporter une once de crédit à cette volonté pourtant affirmée très fort par le président Français de vouloir lutter contre les paradis fiscaux ? Dans ce cas, il faudrait commencer par balayer devant notre porte et faire le ménage à Monaco ou à Saint-MartinSaint-Martin. Sur ce sujet comme sur les autres, il ne s'agit encore que d'amuser la galerie, de montrer que l'on agit, mais surtout de ne rien faire, histoire de ne pas gêner ceux à qui nombre de dirigeants doivent le pouvoir. Mais attention, à force de dénoncer à juste titre les excès du capitalisme, ne rien faire, cela va se voir.

Il en est du G20 comme de la France ou de l'Union Européenne. On se penche avec une rapidité sans précédent pour sauver les banques, pour aider les coupables de la crise. Mais rien n'est fait, et il n'y a jamais eu l'intention de faire quelque chose en faveur des victimes de la crise, l'immense majorité des gens. Finalement, ce G20 ressemble plus à un bon gueuleton entre gens importants car une réunion devant décider du sort de millions d'individus.

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09 septembre 2008

Géorgie : qui a raison de se réjouir ?

A écouter les revues de presse à la radio ce matin, l'accord trouvé hier entre le président russe et les dirigeants européens dont Nicolas Sarkozy satisfait tout le monde et devrait permettre de déboucher sur une solution dans le dossier des républiques sécessionnistes de Géorgie.

En apparence, il est vrai, l'Union Européenne sort grandie de ces négociations. Depuis le début du conflit russo-géorgienrusso-géorgien elle est au centre des discussions, elle a su pour la première fois se rendre incontournable, et surtout, les Etats-Unis qui campent sur des positions beaucoup plus dures sont en retrait.

En apparence encore Nicolas Sarkozy apparaît comme étant le grand vainqueur. Il est en tout cas, et c'est indéniable le grand artisan du regain de forme de l'Europe sur la scène internationale. Il est omniprésent depuis le début du conflit, et son intervention a probablement éviter de nombreux morts.

Mais tout cela n'est qu'apparence, car qu'est-ce qui a réellement été obtenu hier à Moscou ? Que la Russie avait un délai d'un mois pour retirer ses troupes ? Mais cela fait déjà plusieurs semaines qu'elle s'était engagée à le faire. Pourquoi ferait-elle demain ce qu'elle n'a pas fait aujourd'hui ? Et puis, elle a en plus obtenue de laisser des soldats sur les territoires abkhazes et ossètes. En outre, les menaces proférées par Nicolas Sarkozy ne sont pas de nature à intimider Moscou. L'Union Européenne interviendrait de façon forte en cas de non-respect des accords ! Non, sans blague.

Au final, j'ai bien peur que tout cela ne soit que l'entérinement de la situation actuelle, que le seul vainqueur sur toute la ligne ne soit la Russie, que dans un mois l'Union Européenne n'ait plus que ses faiblesses à exhiber, et que le coup d'éclat médiatique de Nicolas Sarkozy ne soit qu'un feu de paille.

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20 août 2008

La difficile équation afghane.

La mort de 10 soldats Français lors d'une embuscade en AfghanistanAfghanistan est là pour nous rappeler que notre pays est engagé militairement dans ce pays. Alors évidemment la polémique ressurgit autour du bien-fondé de notre présence militaire.

Mais, avant d'essayer de répondre à cette question, il ne faut pas perdre de vue que la situation afghane est excessivement complexe. Pour la résumer abruptement, on pourrait dire que ce sont les américains qui ont armés les talibans pour répondre à l'invasion soviétique, et que ces talibans ont ensuite conquit le pouvoir et se sont retournés contre les américains, lesquels sont intervenus militairement après le 11 septembre. Evidemment, tout cela est superficiel, car il faudrait aussi rajouter les divisions ethniques, l'influence pakistanaise, l'importance du trafic d'opium ainsi que la situation géographique qui fait de l'Afghanistanl'Afghanistan un enjeu stratégique fort.

Donc, l'envoi de troupes françaises était-il justifié ? S'il s'agissait seulement de suivre les Etats-Unis dans leur croisade contre le terrorisme, ma réponse est sans ambiguïté négative. Aux américains de récolter ce qu'ils avaient semé. Mais il y avait aussi les populations qui subissait le joug d'un des régimes les plus féroces de la planète, il y avait aussi tous ces principes humanitaires, ces droits de l'homme dont nous sommes censés être les défenseurs. A ce titre, oui, il fallait intervenir en AfghanistanAfghanistan.

Mais le problème est celui des moyens de cette intervention. S'il est évident que face à la menace talibane, l'armée était nécessaire, elle est dorénavant insuffisante. Rien ne pourra contrer la reconquête du territoire par ces fous de Dieu si les conditions de vie des populations locales ne s'améliorent pas. Et ce d'autant plus que les forces de l'OTAN sont de plus en plus perçues comme une armée d'occupation. Il faut dire que les "erreurs militaires" américaines qui ont tuées des centaines de civils ont fait mal.

Aujourd'hui, la riposte militaire et la formation de soldats ne suffisent plus. Il faut aider ce pays à lutter contre la corruption qui le gangrène et empêche l'aide d'arriver jusqu'aux populations, il faut l'aider à former des instituteurs, des médecins, à construire des écoles, des hôpitaux, des routes, à recréer une administration. Bref, il faut le reconstruire économiquement. Et plus on tardera, plus les talibans gagneront en influence, sachant qu'ils sont déjà fortement implantés au Pakistan, pays qui vit une crise politique grave et qui possède la bombe atomique.

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18 août 2008

Vers un succès diplomatique pour Nicolas Sarkozy (la suite)

Il y a quelques jours, je me réjouissais  de l'intervention efficace et rapide de Nicolas Sarkozy sur l'épineux dossier géorgien. Je précisais toutefois que la situation était fragile et pouvais changer rapidement. Ce fut le cas, et il convient, à l'aune de ces changements, de relire l'intervention de Nicolas Sarkozy.

En premier lieu, si l'action de Nicolas Sarkozy a permis un cessez le feu, on s'aperçoit avec le recul que les termes de l'accord ne condamnent jamais la volonté russe d'asseoir sa domination sur la région. On sent même une volonté manifeste de ménager la Russie. Ce qui se concrétise par la mauvaise volonté évidente de cette dernière a retirer ses troupes.

En second lieu, Nicolas Sarkozy, comme à son habitude, a visiblement agi seul, sans concertation préalable avec les autres pays européen (alors qu'en tant que président de l'Union, il parle en leur nom) ou avec l'OTAN. Et on voit bien que la position américaine, avec les propos belliqueux de Georges Bush, ou la signature d'un accord sur les boucliers anti-missiles avec la Pologne, n'est pas vraiment sur la même longueur d'onde. Il en va de même pour l'Allemagne avec Angela Merkel (bien plus diplomate que Sarkozy à mon avis) qui réaffirme son souhait d'intégrer la Géorgie dans l'OTAN. Ces dernières prises de position ont certes irrité la Russie, mis ont surtout mis la France en porte à faux, et elle a donc été obligée de hausser le ton.

Une fois de plus, là où la concertation et la fermeté aurait prévalu, c'est la précipitation qui l'a emporté. Certes, les images d'un Sarkozy prenant l'avion pour négocier avec Moscou et TbilissiTbilissi, et obtenant au final un accord sont du plus bel effet, du moins pour les Français et auront probablement un impact en politique intérieur. Mais, une fois de plus nous mécontentons nos principaux partenaires, et l'arrogance française finira bien par nous desservir. Il n'est déjà plus un secret pour personne qu'à Berlin ou Madrid les méthodes françaises énervent au plus haut point. Il faudrait se méfier que cela n'entame pas le crédit de la France.

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14 août 2008

Drôle de voyage en France pour le Dalaï Lama

Cet homme est officiellement reconnu comme un haut dignitaire religieux, il est le représentant de la cause tibétaine, et l'opposant le plus célèbre au régime chinois, autant dire qu'en principe il n'y aurait rien eu de choquant à ce que la France lui déroule le tapis rouge. Seuls les Chinois auraient pu être choqués, mais comme l'a si bien dit notre président, ce n'est pas à Pékin de décider la politique de Paris.

Sauf que c'est pourtant l'impression que l'on a. Rappelons-nousRappelons-nous quand même que le colonel Khadafi, dictateur assermenté, a été reçu en grande pompe. A côté, le Dalaï-Lama fait figure de pestiféré. Pas de réception à l'Elysée, un petit tour en catimini et à huis-clos au Sénat, et c'est tout. Ah non, il y a bien Mme Royal, histoire d'appuyer où cela fait mal (et de faire un coup de com') qui le rencontrera.

Evidemment, l'épouse du chef de l'Etat assistera à une cérémonie donnée par le dignitaire tibétain. Mais ce sera à titre privé, et de toute façon, n'ayant pas été élue, elle ne représente personne. Evidemment, Monsieur Sarkozy finira par rencontrer le Dalaï Lama, en décembre nous explique-t-on, donc suffisamment tard dans l'année pour ne pas se brouiller avec la Chine, alors que c'est maintenant que cela aurait eu du poids. Et Mr Sarkozy aurait pu ainsi faire preuve de courage politique.

Il en est de la Chine comme de la Russie (même si la France a eu une démarche courageuse et a pu trouver un accord entre russes et géorgien, elle a quand même bien soin de ne pas fâcher l'ami russe dont les troupes occupent un pays étranger), ou des Etats-Unis, dès qu'il s'agit d'une puissance importante, la France se couche. Et cela laisse un drôle de goût dans la bouche et surtout donne une image désastreuse à l'étranger.

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