rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

15 avril 2008

La gauche a perdu les élections en Italie.

Les élections générales viennent d'avoir lieu en Italie, et le désolant verdict en est que pour la troisième fois, Silvio Berlusconi, l'inventeur du Bling-bling, le roi du conflit d'intérêt va diriger la péninsule italienne. Mais dans un pays qui connaît une grave crise économique, politique et sociale, à l'intar de ce qui se passe en France, il m'a semblé intéressant d'analyser les résultats et de voir ce qu'ils pouvaient enseigner aux autres européens.

Tout d'abord, il est à noter que l'abstention est en forte hausse, ce qui est un signe sinon de rejet, du moins de défiance à l'égard des politiques. Comme en France en 2002 ou en Allemagne après l'épisode Schröder, cette montée de l'abstention intervient après un épisode où la gauche était au pouvoir. Et dans les trois cas, mais on pourrait en trouver d'autres (Clinton par exemple), ce qui a caractérisé ces gouvernements, c'est leur alignement sur les politiques libérales, poussant une partie de leur électorat vers l'abstentionnisme.

L'autre fait marquant de ce scrutin, est le bipartisme qui désormais règne en Italie. Dans un pays qui s'est toujours caractérisé par l'éparpillement des voix et par des majorités incontrôlables, il s'agit d'une énorme nouveauté. Malheureusement, il ne s'agit pas de deux partis frontalement opposés, puisque les programmes étaient très proches. Beaucoup plus qu'un débat d'idées, cette élection a été un combat d'hommes. Comme en France, aux Etats-Unis, en Espagne ou dans la plupart des pays occidentaux. La doctrine libérale ne fait plus débat, elle est désormais acceptée par tous, partout, tout juste s'écharpe-t-on désormais sur le degré d'enfoncement dans ce libéralisme.

Le pendant du bipartisme, est la quasi disparition de toutes les autres petites listes, et particulièrement de l'extrême-gauche et de parti communiste. C'est un véritable tournant pour ce pays. Mais là aussi la comparaison avec la France est pertinente. Quand le PCF où les communistes italiens acceptent d'aller au pouvoir dans des coalitions hétéroclites, ils en sortent toujours laminés. Les faits montrent qu'au final ils pèsent peu sur les politiques menées et sont confrontés à un dilemme : se renier et trahir une partie de leur électorat, ou bien apparaître comme les diviseurs. Le succès de Die Linke en Allemagne ou la montée du parti de Besancenot en France, qui sont sur des positions de non compromission et non alignement avec les partis de gouvernement montrent bien que l'espace contestataire à gauche existe.

La victoire de Silvio Berlusconi enfin, à l'instar de Bush, Sarkozy, ou Merkel, elle s'est d'abord construite sur l'échec de la gauche et sur l'incapacité de celle-ci à construire une alternative crédible au libéralisme mondialisé, et à protéger les populations les plus vulnérables sensées être le coeur de son électorat. En plébiscitant les candidats de la Ligue du Nord, parti réactionnaire, autonomiste et antiéuropéen, les électeurs italiens signifient bien qu'ils ne donnent pas un blanc-seing à Berlusconi. Mais ici comme ailleurs, faute de propositions constructives et concrètes de la gauche, c'est toujours le plus populiste des candidats qui l'emporte (fut-il soi disant de gauche, comme Blair en Angleterre).

Ce qui est étonnant, c'est que scrutin après scrutin, pays après pays, les leçons sont toujours les mêmes, les électeurs attendent de la gauche qu'elle soit de gauche. On peut même penser que normalement elle devrait avoir des boulevards électoraux devant elle. Pourtant ce n'est pas ce qui se passe, et en France comme ailleurs les dirigeants socialistes s'échinent à faire des appels du pays au centre. Alors que la voie à suivre semble claire, il faut cesser de donner des gages aux plus libéraux, et rééquilibrer les pouvoirs économiques dans un sens de plus d'équité et de partage avec les salariés.

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31 mars 2008

Et si la France ne s'opposait pas à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ?

On le sait, une majorité de Français (à tort à mon avis, mais je l'ai déjà expliqué sur ce blog), sont hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. A tel point que Jacques Chirac, pourtant fervent partisan de cette adhésion, a cru bon de faire modifier la constitution pour rassurer le peuple français. Désormais, les textes indiquent que chaque nouvelle adhésion sera soumise à référendum, par les Français.

De son côté, Nicolas Sarkozy, en tant que ministre de l'Intérieur n'a eu de cesse de s'opposer au chef de l'Etat contre la présence éventuelle de la Turquie au sein de l'Union. Mieux, il a fait de ce refus un des arguments de sa campagne électorale. Et une fois élu, il a clairement signalé à nos partenaires européens son désaccord.

On peut donc s'étonner que la suppression du référendum obligatoire figure dans le projet de réforme de la constitution que les parlementaires vont probablement voter cet été. Cela ne veut absolument pas dire que Nicolas Sarkozy accepte maintenant la Turquie, mais on peut seulement remarquer qu'il enlève là un des obstacles. A titre personnel je m'en réjoui, mais je me pose la question de la cohérence politique, et du message envoyé aux Français. N'y a-t-il pas là comme un début de reniement d'une promesse électorale ?

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04 février 2008

Pendant ce temps là, les soldes continuent : - 100 % sur la démocratie.

traite_europeenLa modification de la constitution votée cet après-midi pour valider le nouveau traité européen est plus qu'un scandale, c'est un déni de démocratie. Ce qui a été voulu par le peuple, seul le peuple peut le défaire. Rien que pour cette raison, ce vote par le parlement est une infamie. Mais en plus, il est accompagné de toute une série de mensonges.

Le premier est de dire que comme Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'il agirait ainsi pendant la campagne, les Français l'approuvent puisqu'ils l'ont élu. Certes, il l'avait bien annoncé. Mais que je sache, la question européenne n'a pas été l'élément déterminant de la campagne. Ce serait comme dire que les 82 % qui ont voté Chirac en 2002 ont approuvé sa politique ensuite.

Le deuxième mensonge consiste à faire croire que le nouveau traité serait complètement différent, que la partie III, celle censée poser problème, aurait disparu. C'est déjà reconnaître que les autres parties subsistent, et à mon sens, elles étaient au moins aussi dangereuses. Mais c'est surtout oublier de préciser que la partie III n'était qu'une annexe, un rappel de tous les traités déjà votés. Elle est donc de fait maintenue, puisqu'elle est déjà en application.

Mais le plus décourageant et le plus écoeurant dans cette histoire, c'est l'attitude des socialistes. Ces gens ont clamé haut et fort qu'ils voulaient un référendum, et quand ils ont mathématiquement les moyens de l'obtenir, ils choisissent l'abstention. Il ne faudra pas dire que les Français ne s'intéressent pas à la politique. A chaque fois qu'il y a eu un enjeu, avec un débat de fond, ils se sont rendus massivement aux urnes. Les Français ne rejettent pas la politique. Ce sont les politiques qui les abandonnent.

P. S. : Le titre n'est pas de moi, je l'ai entendu dans la bouche d'un auditeur de France Inter cet après-midi. Je rend donc à César ce qui lui appartient

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14 septembre 2007

Du mou dans la rupture !

drapeau_union_europ_enneDès avant le référendum sur la constitution européenne, Nicolas Sarkozy n'avait pas caché son opposition à l'entrée de la Turquie dans L'Union européenne. Il a d'ailleurs ressorti cet argument à de nombreuses reprises durant la campagne électorale présidentielle, n'hésitant pas à surfer sur la vague d'une opinion particulièrement hostile à l'arrivée de la Turquie.

Mais, depuis quelques mois, l'attitude de Mr Sarkozy tendrait à penser que cela n'était finalement qu'une posture à visées électoralistes, ce qui peut poser la question de la sincérité du discours présidentiel.

Tout à commencer avec le discours de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, où l'on a pu s'étonner d'un propos nettement moins radical sur la question turque, laissant même la porte ouverte à une adhésion potentielle. Et aujourd'hui, c'est le ministre des affaires européennes, qui remet en cause l'amendement à la constitution imposant un référendum pour toute nouvelle adhésion. Vu le contrôle médiatique imposé par l'Elysée à ses ministres.

Je me réjouis évidemment, en tant que partisan de la Turquie dans l'Union, d'un tel changement d'attitude. Cependant, du point de vue de la démocratie, et du respect de la parole donnée au peuple Français, il y a comme un hiatus. Rappelons que Mr Sarkozy était favorable à l'instauration de ce référendum, et que ce dernier a été créé pour apaiser une opinion. A force de toujours vouloir aller dans le sens de l'opinion, le président, s'il veut respecter ses engagements risque de se voir confronté à des équations insolubles lorsqu'il sera rattrapé par la réalité.

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23 juin 2007

Accord sur un nouveau traité constitutionnel européen.

Avant même de commenter l'accord signé à Bruxelles, je tiens à dire que je trouve choquant et antidémocratique la volonté de Mr Sarkozy de faire ratifier ce mini-traité par le parlement et non pas par un référendum. J'estime que ce qui a été jugé par le peuple souverain, ne peut être déjugé par une simple assemblée, aussi représentative soit-elle. Seul un nouveau référendum devrait normalement valider ce nouveau texte. Mais puisque finalement nous ne serons pas consultés, regardons quand même à quelle sauce nous allons être mangé.

Le terme de constitution disparaît du traité. Ça, c'est l'effet Canada Dry : on dirait que ce n'est pas une constitution, ça n'a pas l'air d'une constitution, mais c'est une constitution. Comme quoi, la diplomatie, c'est un métier.

La référence aux symboles européens disparaît elle aussi : on s'en fout.

On déplore également la disparition de la partie III du traité. La belle affaire, puisque tout ce qui était dans la partie III correspond aux anciens traités, et est donc déjà en application. Comme en plus, c'est ce qui avait le plus posé de problèmes lors du référendum, et que rien ne sera modifié quant à la philosophie libérale dé l'Union, on peut d'ores et déjà dire que ce mini-traité ne changera rien.

La référence à la concurrence "libre et non faussée" disparaît (ouais!!!), mais ce principe reste maintenu dans les autres traités (boah!!!). Cependant, il est tout de même précisé que l'Union doit contribuer à la protection de ses citoyens. Ouf !, le génocide massif des européens n'a pas été envisagé.

La présidence stable de l'Union Européenne pendant deux ans et demi, est maintenue. Reconnaissons-le, c'est plutôt mieux que de changer tous les 6 mois. Mais bon, on va changer moins souvent ^la tête qui dirige, mais toujours aussi peu les politiques menées.

L'extension des pouvoirs du parlement européen sera maintenue dans ce nouveau traité, avec toutefois des petits aménagements pour nos amis anglais. Là, oui, donner plus de pouvoirs aux seuls représentants européens directement élus par le peuple, cela ne peut être que bénéfique. A condition que les élections soient réellement européennes, et non plus une addition d'élections nationales.

Le ministre européen des affaires étrangères sera en fin de compte un "haut fonctionnaire pour les affaires européennes et la politique de sécurité". De toute façon, même si on l'appelait Tartempion, un mec qui n'a pas de pouvoir, reste un mec qui n'a pas de pouvoir.

Le droit d'initiative européen permettra à un million de citoyens d'inviter la commission à soumettre une proposition. Il faut donc que la commission accepte l'invitation, qu'elle veuille bien soumettre la proposition, et que finalement elle soit acceptée. Ouahhh !!! et bien je parie qu'il n'y en aura pas beaucoup des propositions acceptées après avoir été soumises à invitation.

Enfin, la règle de l'unanimité est remplacée par celle de la double majorité, même si cela ne se mettra en place qu'en 2017. Bonne nouvelle, le fonctionnement de l'Union Européenne est enfin débloqué. Mauvaise nouvelle, si ce déblocage permet de passer des mesures qui continuent d'aller dans le sens de plus de libéralisme, on va juste se faire avoir plus vite.

En bref, voilà pour les principales mesures. (Soyons juste, je les ai trouvées sur le site du Monde).

Ma conclusion sera qu'il n'y a pas vraiment de quoi pavoiser, ce texte ne débouche sur strictement rien en matière sociale, de protection des marchés intérieurs, ou de droit du travail. Mais, réjouissons-nous à l'unisson de la presse sarkozyste, les 27 se sont entendus, sur presque rien certes, mais ils se sont entendus.

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28 mai 2007

Nous ne sommes pas des marchandises !

L'Union européenne vient de voter une loi modifiant la règlementation en matière d'écrans publicitaires à la télévision, notamment pendant les programmes destinés aux enfants. Enfin, vouv dites-vous, on se décide à protéger nos chères têtes blondes de la pression permanente exercée par les marchands. Que nenni ! Bien au contraire, nos énarques et autres représentants européens surdiplomés ont simplement décidés d'abaisser le laps de temps entre deux plages publicitaires de 45 à 30 minutes.

Mais qu'est ce que s'est que cette Europe là ? Il me semble que des dirigeants devraient légiférer en fonction des besoins de leurs concitoyens, que seul l'intérêt public devrait prévaloir. Je ne crois pas qu'aucun citoyen se soit plaint du trop peu de publicité, je ne pense pas que personne ait trouvé que nos enfants etaient trop sevrés de reclames. Où est notre intérêt ? A quoi sert le législateur ? Pour qui sont faites les directives européennes ?

Je ne vois là qu'une preuve supplémentaire, si encore il en fallait une, que l'Europe telle qu'elle est conçue n'est qu'un instrument aux mains des multinationales, des lobbys et autres groupes d'intérêts. Rendez-nous l'Europe, celle de Jean Monnet et de Robert Schuman, celle qui était basée sur un vrai projet humaniste, celle qui faisait que nous européens pouvions espérer à terme avoir de vraies raisons de vivre ensemble, autres que celle de consommer toujours plus.

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24 mai 2007

Non à un mini traité européen voté par le Parlement.

En mai 2005, à l'instar de mes compatriotes, j'ai eu à décider si j'étais en accord avec la nouvelle constitution que l'on me proposait. Pendant des semaines, j'ai lu, discuté, écouté, pour comprendre ce traité ardu, afin de pouvoir faire mon choix en connaissance de cause.

Mais, aujourd'hui, sous prétexte que notre vote bloquerait le bon fonctionnement de l'Union européenne, qui, disons-le au passage était bloquée avant le 29 mai 2005, il faudrait faire passer un mini traité en catimini à l'Assemblée Nationale.

Alors là, je crie au vol mon président ! Comment ça, moi qui ait été capable de décortiquer, analyser un texte de plus de 300 articles, je ne pourrais pas le faire sur un traité simplifié ? Et je devrais laisser agir une poignée de députés acquis à votre cause ? Pourquoi le vote du 29 mai 2005 serait moins légitime que votre mini-traité ?

Vous me dites que les Français n'ont rejeté que la partie 3. Ah bon ! Je ne savais pas qu'il y avait eu un vote spécifique sur la partie 3. Moi c'est à cause de la partie 1 que j'ai voté non, celle qui inscrivait la politique économique de l'Union européenne dans la constitution.

Et puis, c'est bien joli de décider que l'on va faire un mini traité, mais quid de nos partenaires européens ? La France décide les autres n'ont plus qu'à suivre ? Drôle de conception de l'Europe.

Moi, je suis pour un traité constitutionnel qui répartissent convenablement les pouvoirs en Europe, et instaure une vraie démocratie européenne, pas un traité qui dicte ce que doivent être les politiques économiques à mener, ça c'est aux citoyens de le décider au moment des élections.

Mais il ne faut pas avoir peur du peuple. Si le le nouveau traité, ou mini traité apporte des garanties importantes en matière de respect des droits humains, de droit du travail, en matière social, nul doute qu'il sera validé par l'opinion. Il faudra de toute façon repasser par le vote populaire, sinon ce serait un déni de démocratie.

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16 mai 2007

Et pendant ce temps-là, en Allemagne...

La première visite officielle du nouveau chef d'état sera pour l'Allemagne. Chose normale vus les intérêts politiques et économiques forts entre les deux pays. Mais, justement, intéressons un peu à l'Allemagne qui a été si souvent vantée par monsieur Bayrou pendant la campagne, pour son gouvernement de coalition. Est-ce que cela marche vraiment ?

Si l'on en croit la presse économique française, qui a une légère propension à la pensée unique "tendance grand capital", la situation allemande est nettement meilleure que la française. Les exportations germaniques explosent malgré l'Euro fort, et le gouvernement fédéral aurait réussit à faire passer des réformes drastiques en matière économique et sociale, lesquelles ont le bon goût de plaire à nos journalistes français.

Mais qu'en pensent réellement les Allemands de cette coalition et de cette chancelière qui serait si populaire ? Si le peuple allemand ne la voue pas aux gémonies, la côte de popularité d'Angela Merkel ne cesse de s'effriter. Et puis, véritable teste, il y avait ce week-end des élections au parlement de Brême, parlement tenu par une coalition CDU/SPD, et la gauche comme la droite ont fortement baissé (la gauche plus que la droite) au profit des Verts (16%) mais aussi de l'extrême gauche alliée aux Communistes (8%).

Certes, ce n'est qu'une élection locale, mais intéressante, car elle traduit exactement l'inverse de ce qui s'est passé en France. Notons d'abord, qu' apparemment, les gouvernements de coalition, cela ne satisfait pas les gens, et la gauche  a visiblement beaucoup a y perdre que la droite. Ensuite, la poussée de l'extrême gauche et des verts est bien la résultante d'une contestation de la politique économique menée en Allemagne. Or, les réformes qui ont été effectuées récemment dans ce pays (réforme de la sécurité sociale, augmentation de l'âge du départ à la retraite) et plaisent beaucoup à la presse française, sont peu ou prou celles qu'envisagerait Nicolas Sarkozy.

Alors prenons nous à rêver, en France, d'une extrême droite quasi inexistante qui se verrait peu à peu remplacée par une vraie gauche de combat entraînant ainsi un glissement de terrain des idées politiques à bâbord.

Rien n'est fait, mais à l'heure où la social-démocratie en Allemagne, Royaume-Uni, France, et ailleurs montre ses limites, retrouver une gauche sûre de ses valeurs, une gauche sans concession, permettrait un grand espoir pour bon nombre de nos concitoyens. Alors, messieurs les politiciens, au travail.

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14 mai 2007

Oui à la Turquie dans l'Union européenne !

Oui, je pense que la Turquie a toute sa place dans l'Union européenne, et si plutôt que de mener une politique en fonction des sondages, nos dirigeants faisaient preuve de courage, l'action politique en sortirait grandie.

On nous dit que la Turquie n'est pas en Europe, mais Istanbul n'est-elle pas l'héritière de Byzance et de Constantinople ? L'empire Ottoman n'était-il pas étendu sur l'Afrique du Nord et une partie de l'Europe du sud ? La politique turque n'a -t-elle pas toujours été plus tournée vers l'ouest, plus que vers sa partie orientale ?

Oui, nous Français, beaucoup plus que d'autres avons tout intérêt à favoriser l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Elle pratique la laïcité en y donnant à peu prés le même sens que chez nous, et à tel point que celle-ci est presque religion d'état. A l'heure où l'intégration d'un pays musulman fait peur à beaucoup, cette pratique laïque me paraît une garantie importante.

De plus, il est vrai que la Turquie est un pays musulman, et s'il est également vrai que dans la plupart des pays où l'Islam est la principale religion, les pratiques démocratiques sont complètement à revoir, ce n'est pas le cas de la Turquie. Ils ont réussi à créer une sorte de parti démocrate musulman à l'instar des partis démocrate chrétien en Europe occidentale. Et s'il y a actuellement quelques soubresauts dus à l'élection du président de la République turque, ils vont se régler par la voix des urnes. De plus, soyons honnêtes, on parle des difficultés d'intégration des musulmans à la démocratie quand des manifestations ont lieu à Istanbul, mais on se garde bien de pareils commentaires quand l'Eglise catholique mobilise ses partisans dans un immense défilé à Rome.

La Turquie est francophile et l'a toujours été, d'ailleurs Mustapha Kemal, qui a instauré la République en Turquie n'a jamais caché son admiration pour la Révolution Française.

On parle aussi beaucoup d'autres obstacles, comme la condition féminine. Il suffirait de rappeler que les femmes turques ont eu le droit de vote avant les femmes françaises et qu'elles sont très nombreuses à mener des études universitaires.

Il y a cependant deux gros problèmes qui restent, la question chypriote, mais là, je pense que si la Turquie avait des garanties sur son entrée dans l'Union européenne, des avancées seraient faites sur ce sujet.

Reste le problème kurde et la question des droits de l'Homme, mais quand on voit se qui se passe en Pologne et l'inaction de l'Union européenne, on peut se dire qu'avec un peu d'effort et de transparence sur ce sujet la Turquie pourrait lever quelques doutes.

Enfin, reconnaissons que d'un point de vue géostratégique et économique la position de la Turquie est idéale et place une tête de pont pour l'Europe au Moyen-Orient, pour faire à l'influence américaine dans cette région. Et puis, pour finir sur ce sujet et de manière plus anecdotique, quel message fantastique d'intégration donné aux musulmans d'Europe et de France.

Posté par leunamme à 13:38 - Europe - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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