rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

20 janvier 2008

La gauche peut et doit gagner les municipales.

A moins de deux mois des élections, le parti socialiste n'a jamais été aussi mal. Il est toujours aussi divisé sur l'Europe, et la guerre du leadership est ouverte, laissant place aux propos les plus abjects, comme ceux de Michel Rocard sur Ségolène Royal.

Oui, mais dans l'intérêt de ce pays, la gauche doit impérativement l'emporter les 9 et 16 mars. Pour elle d'abord, pour la remettre en marche avant, et pour ensuite mettre fin à cette mascarade de politique d'ouverture, qui n'est rien d'autre que l'absence de politique.

Mais, si la gauche doit l'emporter, c'est surtout pour marquer un coup d'arrêt à cette pratique choquante du pouvoir qui fait de nous la risée de l'Europe. Evidemment, Nicolas Sarkozy sera toujours président, mais d'ici 2012, il n'y aura pas d'autres moyens pour les Français d'exprimer leur ras le bol. Exaspération envers cet étalage de richesses quand les injustices et les inégalités s'accumulent. Exaspération contre cette proximité avec les puissants. Exaspération envers ce pouvoir confisqué par un seul homme. Exaspération de voir les institutions bafouées, piétinées de jour en jour. Exaspération de voir que la seule politique qui compte actuellement est celle du fait du prince.

ET LA GAUCHE PEUT GAGNER

Elle a même de grandes chances pour cela. Qu'on le veuille ou non, ce scrutin aura des répercussions nationales. Certes, une majorit de Français dit ne s'intérresser qu'aux enjeux locaux, mais ceux-ci sont moins prépondérants en zone urbaine. Et, aux régionales de 2004, les Français étaient là aussi censés ne pas tenir compte des enjeux nationaux.

La gauche peut gagner ces élections, même si elle est divisée et sans projet. C'était déjà le cas en 2004. Et elle aura encore plus de chances de gagner si elle réussit à politiser les enjeux, comme elle l'a fait pour le second tour des législatives.

Enfin, elle peut gagner pour des raisons démographiques. Ce sont les résultats dans les grandes villes qui feront de cette élection un succés ou un échec. Or, au printemps dernier, elles ont généralement voté Royal. De plus, l'électorat agé, principale force de la droite, est celui qui semble le plus déçu par le nouveau pouvoir : rien n'a été fait pour les petites retraites, et la "pipolisation" de l'Elysée choque profondément cette catégorie, souvent attachée aux valeurs morales.

Il faut considérer les municipales comme un enjeu majeur. L'ampleur de la défaite ou de la victoire de la droite peut complètement transformer sa façon d'exercer le pouvoir et de considérer son rapport aux Français. Même si elle continuera effectivement d'exercer le pouvoir.

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13 janvier 2008

Les municipales à Saint-Denis.

Je dédie cet article à mon ami Mulhousien (Dont l'adresse du blog est la suivante : http://monmulhouse.canalblog.com ), ainsi qu'à tous ceux que la vie locale dionysienne intéresse.

Si l'on s'en tient aux résultats du second tour de la présidentielle (68 % pour Mme Royal) ou des législatives (67 % pour le candidat communiste), il ne devrait pas y avoir de match. Sauf qu'en ce moment, avec la gauche Française, et particulièrement en Seine-Saint-Denis, rien n'est simple.

En effet, sur le département, le PS ambitionne de ravir le Conseil Général au PCF. Raison pour laquelle (officieuse évidemment), dans de très nombreuses villes tenues par les communistes, il n'y a pas d'alliance au premier tour. Pour l'instant Saint-Denis devrait connaître une primaire à gauche, même si les discussions continuent.

Ceci dit, la ville semble partie pour confirmer son ancrage à gauche, la droite étant elle aussi divisée. On peut noter cependant des spécificités locales (Je précise que tous les chiffres qui suivent sont issus d'un sondage récent paru dans la presse municipale, sondage effectué à la demande du PCF, à prendre donc pour ce qu'il vaut) :

- L'extrême-gauche est très influente à Saint-Denis, puisque en 2001, LO et LCR présents sur des listes séparées, ont eu chacun un élu. La LCR, serait créditée de 5% et conserverait son conseiller municipal. Lutte Ouvrière quant à elle, a décidé de rejoindre la liste présentée par le PCF et les Verts. Cette même liste ferait 58 % en cas d'union à gauche au premier tour (39% dans le cas contraire).

En ce qui concerne le PCF, Patrick Braouezec, élu en 2001 avec 53 % des voix au premier tour, a cédé son poste de premier magistrat à Didier Paillard à mi-mandat pour prendre la présidence de la communauté d'agglomération. Cependant, il reste très apprécié, et son influence est très forte. L'actuel maire jouit en principe d'une bonne image, même s'il est moins connu (et moins médiatique).

L'UMP représente peu sur la ville. Sarkozy n'avait fait que 19 % au premier tour. La liste de la majorité présidentielle ferait 12 %.

Cependant, il faut noter les 10 % potentiels du MODEM, ce qui serait un excellent score. Il faut dire que sa candidate, Claire O'Petit bénéficie d'une certaine notoriété depuis qu'elle participe régulièrement à une émission de radio sur RMC.

Autre surprise, le FN serait crédité d'environ 12 %. Ce qui correspondrait à une forte hausse (loin cependant des scores atteints dans les années 90), et confirmerait les craintes que j'avais exprimées après la législative partielle de Sarcelles. La remontée de ce parti est pour moi le premier signe de l'échec de Nicolas Sarkozy.

Voilà pour le tour d'horizon de Saint-Denis. Vous l'aurez compris, la ville restera à gauche, probablement communiste, l'inconnue principale étant de savoir si se sera le 9 ou le 16 mars.

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26 décembre 2007

Les municipales à Paris.

Comme toujours, les élections à Paris vont être regardées de trés près. D'abord parce qu'il s'agit de la capitale, et que dans notre pays si centralisé, ce n'est pas rien. Mais aussi et surtout parce qu'elles mettent en lice Bertrand Delanoë, à qui l'on prête d'autres ambitions pour le futur.

D'après les premiers sondages, il bénéficierait d'une avance confortable, mais c'est sans compter sur la particularité du scrutin, puisque rappelons-le, il a été élu alors que la droite était majoritaire en nombrede voix. Mais depuis 2001, la gauche n'a cessé de progresser sur Paris et de remporter succès électoraux sur succès électoraux. Ici, comme ailleurs, la voie du succès pour Delanoë sera de réussir à mobiliser l'électorat de gauche dans les arrondissements clefs. Mais aussi de canaliser des alliés verts toujours aussi incontrôlables.

Les verts, justement, il y a fort à penser qu'ils ne réaliseront pas le même score qu'en 2001. Cependant, ils devraient dépasser les 5 % avec à leur tête un Denis Baupin aux dents longues. Mais ils devront se méfier, à l'instar du parti socialiste, du MODEM qui peut récupérer quelques déçus de gauche, voire de la LCR, donnée autour de 4 % , ce qui serait un score historique à Paris.

A droite et au centre, la problèmatique est plutôt de sauver les meubles. Le MODEM, avec comme tête de liste Marielle de Sarnez, le double féminin de François Bayrou, espére bien confirmer l'excellent score dans la capitale à la présidentielle. Cependant, outre que la tête de liste est contestée pour son autoritarisme, le principal adversaire pour le MODEM est l'UMP, dont la stratégie vise à affaiblir durablement François Bayrou, en présentant des candidats issus du centre, comme Jean-Marie Cavada.

L'UMP enfin, dont la tête de liste, Françoise de Panafieu est clairement identifiée comme la candidate des beaux quartiers. En façade, on a l'impression que les divisions passées sont oubliées et que la reconquête est en bonne voie. Mais, l'appel a des figures médiatiques pour les têtes de liste, des tensions qui persistent ça et là, et surtout une candidate contestée et soutenue du bout des lèvres par l'Elysée, font qu'à l'UMP on ne croit guère à la victoire finale.

Si les jeux ne sont pas faits à Paris, loin de là, Bertrand Delanoë a toutes les cartes en main.

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23 décembre 2007

Ce que nous apprend la législative partielle de Sarcelles.

De la législative partielle de Sarcelles remportée par le candidat socialiste, on peut tirer quelques enseignements, à mon avis intéressants, et qui risquent de se vérifier de nouveau aux municipales.

Tout d'abord, comme pour chaque élection partielle, l'abstention a été conséquente. A noter cependant un léger rebond de la participation au second tour qui a surtout bénéficié au candidat socialiste. C'est une constante déjà observée lors de précédents scrutins locaux, l'abstention forte pénalise en premier lieu les candidats de gauche, particulièrement en zone urbaine. L'enjeu est donc clair pour le parti socialiste s'il veut faire des prochaines municipales un succès, il devra convaincre son électorat de la nécessité d'aller voter.

Le deuxième enseignement est que le résultat final est quasiment identique à celui du mois de juin, du moins pour les deux grosses formations. Il n'y a donc pas d'engouement sarkozyste, ni de désaffection socialiste notoire. On peut donc penser que la stratégie d'ouverture de Nicolas Sarkozy, si elle déstabilise l'appareil socialiste, ce n'est pas le cas, du moins en apparence, pour son électorat. Le parti socialiste continue d'apparaître comme la seule opposition possible. Ce que confirment d'ailleurs tous les scrutins partiels depuis 3 mois.

En ce qui concerne les forces qui aimeraient bien jouer les trouble-fêtes, la LCR éprouve toujours autant de difficultés lors des scrutins locaux, le MODEM, quant à lui, n'existe presque pas en dehors de son leader, et le parti communiste, à Sarcelles, mais aussi dans quelques cantonales partielles, résiste plutot bien, et peut espérer limiter les pertes aux municipales.

Reste enfin le Front National, dont le reflux est important depuis la présidentielle. Mais, à Sarcelles, avec le contexte social que l'on connaît, il a connu un certain regain. Si celui-ci devait se confirmer, cela pourrait être source d'inquiétude pour l'UMP et Nicolas Sarkozy, puisqu'il serait peut-être un des premiers signes de rejet de la politique du gouvernement, et du retour au bercail d'une partie partie de l'électorat frontiste.

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10 décembre 2007

Résultats du premier tour de la législative partielle à Sarcelles.

Abstention : 75 %

PS : 38.8 % ; UMP : 37.4 % ; FN : 7.4 % ; PC : 6 % ; MRC : 3.1 % ; MODEM : 3 % ; LCR : 2.5 % ; VERTS : 1.6 %

Le premier enseignement de cette élection, est le très fort taux d'abstention, caractèristique d'une élection partielle. Ce taux relativise cependant les résultats de ce scrutin. On peut toutefois noter que lévènements de Villiers le Bel n'auront pas eu d'effet mobilisateur sur les électeurs.

Malgrè cela, on peut néanmoins tirer quelques leçons. C'est François Pupponi, le candidat socialiste qui arrive en tête, améliorant même de peu le score de Dominique Strauss-Kahn. D'ailleurs, d'une façon générale, la gauche se maintient bien, faisant mieux qu'en juin 2007. Les mesures sur le pouvoir d'achat n'ont visiblement pas eu l'effet escompté, du moins dans l'immédiat. La gauche ne semble donc pas payer ses divisions et le fait qu'elle soit inaudible.

La candidate UMP réalise peu ou prou le même score qu'en juin. Mais cette fois-ci, ce n'est pas suffisant pour arriver devant. On constate qu'après les émeutes, si vote sécuritaire il y a, il ne profite pas à l'UMP. Et c'est là que réside la première surprise : le FN progresse fortement, atteignant même les 10 % sur la ville de Villiers, comme si, ayant constaté l'échec de la politique de Sarkozy, cet électorat retourne chez lui. Ce n'est qu'une élection partielle, et il est peut-être un peu tôt pour tirer des conclusions, mais cela pourrait à terme résonner comme un avertissement pour la droite.

La deuxième surprise est le bon résultat du candidat communiste dont le score double. Là aussi, c'est un avertissement pour le PS. C'est une confirmation que toute une partie de la gauche est sensible à un discours plus radical. Ce qui est étonnant dans le cas présent, c'est que cette radicalité ne bénéficie pas à la LCR, comme tout le laissait penser.

En effet, elle figure, ainsi que le MODEM au chapitre des déceptions. On peut penser que les bons scores de ces partis aux élections nationales sont en grande partie dus à la figure emblêmatique de leurs leaders. Cependant, cela confirme qu'entre le PS et l'UMP, il n'y a peut-être pas d'espace politique pour le MODEM. Et ce d'autant plus qu'à l'époque où la droite presentait un candidat commun (2002), ce candidat était UDF.

La situation est différente pour la LCR, puisque le score du PC prouve que cet espace à gauche du PS existe bel et bien. Il faudra donc observer la résistance du PC aux municipales pour savoir qui de la LCR ou du PC aura le plus de chances de l'occuper.

Enfin, en ce qui concerne les Verts, ils n'existent toujurs pas politiquement, malgrè un contexte qui leur est favorable.

Ce scrutin paraît serré, même si la gauche bénéficie d'un meilleur rapport de force. Cependant tout dépendra de la mobilisation des électeurs. On peut toutefois penser que la polèmique (saine et nécessaire) autour de la visite de Khadafi, ne joue pas en faveur de l'UMP.

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07 décembre 2007

Legislative partielle test ce week-end !

Des élections partielles, il y en a tous les week-end, qu'elles soient municipales, cantonales, voire législatives. Mais celle qui va se dérouler dimanche revêt un caractère particulier, il s'agit de la 8ème circonscription du Val d'Oise, pour remplacer Dominique Strauss-Kahn parti au FMI, c'est à dire la circonscription qui englobe une partie de la ville de Sarcelles, mais surtout Villiers le Bel. Magnifique concours de circonstances, même si on peut regretter que vu le contexte, cette élection n'ait pas été déplacée.

Au premier abord, le candidat socialiste part avec un certain avantage, Strauss-Kahn ayant réalisé près de 55 % au second tour. Ce serait oublier qu'au premier il était devancé par sa concurrente, et qu'il ne doit son élection qu'à un sursaut de la participation et surtout à une polèmique sur des propos racistes qu'auraient prononcé la candidate UMP.

Mais voilà, après les émeutes personne ne sait comment réagira la population, et nul doute que l'abstention sera comme souvent déterminante.

S'il y a au total 8 candidats, seuls 2 devraient pouvoir concourir au second tour. La candidate de l'UMP, malheureuse en juin, et qui espére profiter des circonstances pour tenir sa revanche. Il s'agit de Mme Sylvie Noachovitch, candidate au profil people, ancienne avocate d'une célèbre émission de TF1. Elle utilise comme argument le fait que, selon elle, c'est l'action du gouvernement qui a ramené le calme. Mais dans le même temps, elle prend ses distances avec les propos de Nicolas Sarkozy, assurant qu'il n'y apas de crise sociale.

Et la figure du président est également très présente pour François Puponi, candidat socialiste, actuel maire de Sarcelles, et très proche de Dominique Strauss-Kahn. L'édile sarcellois veut faire de ce scrutin un mini référendum contre le président. Cependant, il doit convaincre l'électorat populaire, et en particulier les jeunes de se déplacer. Mais cette élection permettra aussi de constater les dégâts causés par la cacophonie socialiste au sein de l'électorat de gauche.

Le score des autres candidats devrait être marginal. Tout au plus, sera-t-il intéressant d'observer celui de la LCR, seul représentant de l'extrême gauche. Ceux du MODEM et du FN ne semblent pas avoir beaucoup de chances de faire une percée.

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05 décembre 2007

Le point sur les élections municipales !

A maintenant 4 mois des élections municipales, j'ai trouvé intéressant d'essayer de faire le point sur les forces en présence. Je commence donc ce soir par donner mon sentiment sur la situation générale, puis, dans les semaines qui viennent, je m'intéresserai aux villes grandes ou petites qui présentent un intérêt.

Je crois personnellement que ces élections ne revêtiront pas un caractère uniquement local comme le voudrait la droite, il y aura bel et bien une lecture nationale à faire. A cela, une raison simple, les législatives étant désormais quasiment couplées avec la présidentielle, il n'y a plus de scrutin intermédiaire pour sanctionner ou cautionner le pouvoir. Seules restent les élections locales, et les premières d'entre elles seront les municipales.

L'Extrême gauche : Traditionnellement, l'élection municipale est difficile pour elle, notamment en raison de sa faiblesse militante. Mais la situation n'est pas là même à LO ou à la LCR. A LO, il est désormais clair que le grand soir n'est plus de mise. On s'en remet à la politique politicienne jadis honnie, celle qui les amène à préférer s'allier au PS, l'ennemi de toujours, plutôt qu'avec le parti censé partager leurs idées. Et tout ça pour sauver leur boutique. Je crains fort que LO n'est signée son arrêt de mort.

La situation est très différente à la LCR. Besancenot s'est positionné sur le créneau d'une gauche de combat qui ne renie rien. Ce que toute une partie d'anciens électeurs communistes ou socialistes attendaient depuis longtemps. La LCR ne fera probablement pas d'exploits, faute de candidats présents partout, donc de visibilité, mais ici où là, elle peut faire de bons scores et obliger le PS à la prendre en compte.

Le Parti Communiste : Pour lui, c'est l'élection de tous les dangers, puisqu'il va probablement perdre une grande partie de ce qui a fait sa force : son ancrage local. Non seulement il doit faire face à la droite qui espère conquérir de nombreuses villes, mais aussi à un PS aux dents affûtées, particulièrement dans son bastion de Seine-Saint-Denis. Le seul objectif du parti communiste est de limiter la casse pour retarder encore un peu une mort qui semble programmée.

Les Verts : Ils sont à peu près dans la même situation que le parti communiste, les bastions à sauver en moins. Il apparaît qu'une partie de leur électorat est tentée par le MODEM. Il sera donc intéressant de voir comment ils résistent dans leur place forte parisienne.

Le Parti Socialiste : En principe, c'est l'élection qu'ils ne peuvent pas perdre. La victoire ou la défaite se jugera sur le nombre de grandes villes gagnées ou perdues. Or, Ségolène Royal y a réalisé ses meilleurs scores. Seulement voilà, au PS, rien n'est jamais simple. Depuis six mois est en pleine déroute idéologique. La faute aux egos surdimensionnés de ses cadors, mais aussi à Sarkozy, qui avec l'ouverture a semé le trouble chez certains électeurs. De plus, il y a l'émergence à gauche d'un Besancenot qui séduit une partie de l'électorat populaire de gauche, et à droite un François Bayrou qui agit de même sur les classes moyennes. Finalement, la meilleure chance du PS serait de bénéficier d'un vote de rejet de Sarkozy, ce qui n'est pas sûr. Cependant, le plus grand ennemi du PS reste encore et toujours l'abstention. En particulier dans les villes populaires.

Le MODEM : Une élection difficile de toute façon. Le MODEM va présenter peu de candidats bien implantés, contrairement aux autres partis. De plus, localement, la personnalité de Bayrou aura peu d'influence. Mais c'est le score de ce dernier à Pau qui sera regardé en priorité.

L'UMP : Forte des succès obtenus en 2001, l'UMP n'a pour objectif que de limiter la casse, et engranger quelques grandes villes à sa portée. Pour cela, elle emploie une double stratégie, faire de ce scrutin une élection dénuée d'enjeu national, et compter sur le trouble jeté sur ces adversaires par l'ouverture. Reste que le principal danger pour l'UMP, c'est de perdre trop de villes et que cela apparaisse comme une sanction électorale.

L'extrême droite : L'enjeu pour elle sera de savoir si l'UMP continue de lui siphonner son électorat en plus de ses idées. Il y a quand même fort à parier qu'elle continue à refluer. Mais pour le FN, une seule élection compte, celle d'Hénin-Beaumont où se présente Marine Le Pen dans un contexte favorable. Si elle est élue, elle peut se servir de ce scrutin comme d'un tremplin.

Enfin, vous aurez remarqué que je n'ai pas parlé ni du Nouveau Centre, ni de la Gauche Moderne. C'est normal, on ne parle pas de ce qui n'existe pas. Ce n'est que l'UMP déguisée.

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18 juin 2007

Analyse des résultats des élections législatives.

La première chose que je dirais, c'est que ce scrutin en apparence très surprenant, m'apparaît très logique et cohérent. En effet, lors de ces élections, les Français ont montré une grande maturité politique.

On sait désormais et de façon très claire depuis le 21 avril 2002, que les Français rejettent la cohabitation. C'était précisément le sens du résultat du premier tour. Les électeurs après avoir élu Nicolas Sarkozy ont clairement indiqué qu'ils assumaient et ne se dédiaient pas. Cependant, et c'est le sens du second tour, ils ont aussi exprimé le fait qu'ils n'ont pas donné un blanc-seing à Nicolas Sarkozy, et qu'ils resteront vigilants par rapport à la politique menée. Cela explique en partie le rebond de la gauche, aidée il est vrai par la polémique autour de la TVA sociale (Mais je vois justement cela comme une preuve que les Français ont dit oui à un homme, mais pas forcément à tout son programme).

La deuxième chose à noter, c'est que contrairement à ce que l'on peut lire ici où là, il n'y a pas eu de désintérêt ou de dépolitisation à l'occasion de ce scrutin. Si l'on considère que les abstentionnistes du premier tour ne sont pas les mêmes que ceux du second tour (ce que confirme les résultats), ce sont alors bien plus de 60 % des Français qui se sont déplacés pour voter. Il n'y a pas de dépolitisation, mais une façon de faire de la politique différente, plus calculée, plus mature, plus en fonction de ses préoccupations personnelles que de ses convictions profondes.

Ensuite, le rebond de la gauche est très intéressant, car il va permettre au parti socialiste (mais aussi aux autres) de se rénover de façon un peu plus sereine, et un peu moins dans l'urgence. La bataille risque cependant d'être coriace, mais il ne faudrait pas que les socialistes pensent que le score d'hier les autorise à ne rien changer. Les attentes sont fortes à gauche et ne doivent pas être déçues.

Cependant, je note que même s'ils ne pourront pas constituer de groupe, les communistes, les verts et même le Modem ont bien limité la casse. J'y vois comme une volonté des électeurs de ne pas laisser l'opposition au seul parti socialiste. Comme l'UMP, il est sous surveillance.

Quant à l'UMP, le message est clair. Ce parti a la majorité à lui tout seul, et donc les moyens de gouverner et de mener sa politique. Mais Nicolas Sarkozy en annonçant et en semblant pratiquer une politique d'ouverture et de consensus, s'oblige à l'égard des Français, à respecter cette ligne et à laisser de côté les mesures trop idéologiques. Les cadeaux fiscaux aux plus riches, la TVA sociale, les collusions avec les milieux d'affaires et médiatiques n'ont visiblement pas plu et ont été sanctionné au second tour. Sans frais cette fois, mais attention à la rentrée, surtout si les mesures annoncées pour l'été sont bien confirmées.

Enfin, je voudrais terminer par un résultat qui me fait froid dans le dos, les 41 % réunis par Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. L'électorat du nord, ouvrier, plus pauvre, n'est pas celui du sud-est et de l'Alsace, plus âgé, plus aisé, il ne faudrait pas que le Front national rejaillisse alors qu'on le croit fini. Pour cela, la gauche a d'immenses responsabilités et ne doit pas manquer sa rénovation, et Nicolas Sarkozy ne devra pas décevoir (mais là, je n'y crois guère).

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17 juin 2007

Que c'est bon !

Cette litanie de candidats UMP battus !

Je l'avais dit,qu'un sursaut était possible. Merci Monsieur Borloo, avec la TVA sociale vous nous avez rendu un fier service. Le tsunami n'est qu'un clapotis. La gauche va désormais pouvoir s'opposer sereinement, et se rénover un peu plus tranquillement.

Pour moi, certes la droite à la majorité, mais le message est clair, l'état de grâce est fini. Encore une fois, on se rend compte qu'il est important de résister au battage médiatique et sondagier (aucun n'a donné plus de 190 élus à la gauche). L'automne sera chaud !

A signaler 3 résultats qui me rendent content : l'élection d'Arnaud Montebourg, la défaite d'Alain Juppé, et la victoire de Jean Lasalle. J'aurais vraiment été déçu que ce député MODEM ne soit pas réélu à cause de l'UMP, même si nous ne sommes pas du même bord, c'est vraiment un type bien.

A bientôt, pour une analyse plus détaillée.

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15 juin 2007

Et si...

La bataille autour de la TVA sociale avait réveillé une partie de l'électorat ?

Le raz de marée n'était qu'une vaguelette ?

Fillon en avion au lieu du train, la candidate UMP à Sarcelles en flagrant délit de propos racistes, le débat sur la TVA, tout cela n'était que la fin de l'état de grâce ?

Ce printemps électoral n'était pas la fin de tout, mais le début d'un espoir ?

Alors on pourrait rêver encore, rêver de nouveau.

ALLEZ VOTER !

Posté par leunamme à 23:07 - elections - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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