rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

21 mars 2008

Bilan succint et subjectif des élections municipales et cantonales

Afin d'éviter toute forme de malentendu, je le dis d'emblée, je me réjouis de la victoire de la gauche à ces élections, et encore plus de la défaite de la droite. Encore faudrait-il savoir de quelle gauche il s'agit, car très souvent au Parti Socialiste, l'étiquette politique est la seule chose qui distingue les candidats de la droite, tant les programmes sont parfois proches.

Mais, voilà, le premier enseignement est bien celui-ci : les Français ont bien voulu lancer un avertissement à la droite, contre l'attitude du chef d'Etat, mais aussi et surtout contre la politique du gouvernement. Certes, des considérations locales, des divisions et parfois des phénomènes d'usure peuvent expliquer certaines défaites. Mais quand tant de maires sortant de droite sont battus, on ne peut se contenter comme le fait la droite de parler de scrutin à caractère local. A nier l'évidence du camouflet infligé par les Français, à ne pas vouloir en tirer les conséquences autrement que par un simili remaniement ministériel, le gouvernement se prépare sans aucun à de nouvelles difficultés sociales.

Le second enseignement est qu'à chaque fois que la droite gouvernementale est contestée dans le pays, la gauche apparaît comme une valeur refuge. Ce fut déjà le cas aux régionales de 2004. Cependant, le parti socialiste aurait tort de se réjouir, car en filigrane, sont inscrites un certain nombre de menaces pour lui. Tout d'abord, la forte abstention laisse penser que si l'électorat de gauche s'est bien mobilisé, celui de droite s'est abstenu. Le PS n'a donc pas pour l'instant regagner du terrain sur l'UMP en matière de préférence électorale. Mieux, les bons scores de l'extrême gauche et des verts ainsi que la surprenante résistance du Parti Communiste indiquent clairement qu'une partie des électeurs de gauche cherchent désormais des solutions en dehors du PS. L'enjeu pour celui-ci sera donc d'apparaître comme un parti de rassemblement. Enfin, malgré ce succès, le PS est toujours un parti sans boussole, sans leader, sans programme. Et les 4 années qui nous séparent de la prochaine présidentielle ne seront pas de trop pour apparaître crédible.

Le troisième enseignement est celui de l'échec de la stratégie du MODEM. Celui-ci, en se coupant de ses attaches traditionnelles à droite a cru pouvoir se créer un espace au centre de l'échiquier. Malgré les bons scores réalisés par les candidats du MODEM dans les grandes villes au premier tour, les atermoiements du second tour, la défaite de Bayrou, et les alliances par intérêt font craindre le délitement de ce parti, ou en tout cas un gros déficit en matière de crédibilité. Le plus grave, c'est que les Français ont souvent eu l'impression que les candidats MODEM se ralliaient non pas en fonction de leurs convictions, mais en raison des postes intéressants à glaner. Cela ne peut que contribuer à éloigner un peu plus les Français de la politique, ce qui est quand même préoccupant pour un parti qui voulait réhabiliter l'action politique.

Enfin, pour terminer ce court bilan, je vais faire un peu d'anticipation politique. Mais il est intéressant de constater que pendant des années le curseur politique s'est déplacé sur la droite, les principaux partis politiques, mais surtout l'UMP faisant la chasse aux électeurs du FN. Or, la chute électorale de celui-ci fait que l'UMP n'a plus de réserves sur sa droite, et est donc obligée d'aller chercher les voix qui lui manque sur sa gauche. De même, le PS se focalise pour l'instant sur les électeurs du MODEM. Mais là aussi, c'est sur sa gauche qu'une parti de son avenir politique se joue. La montée de la LCR, portée par la figure emblématique d'Olivier Besancenot peut s'avérer problématique pour lui. Il s'agit d'un électorat moins enclin aux concessions que les centristes, qui pourrait faire défaut en cas d'alliance avec les centristes, mais qui surtout avec la grosse crise économique qui se profile, pourrait bénéficier d'une certaine dynamique. La France politique pourrait bien, à l'instar de son voisin allemand, prendre un important virage idéologique à gauche.

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10 mars 2008

Analyse du premier tour des municipales.

La droite a beau répéter (bien relayée par certains commentateurs) qu'il n'y a pas de tsunami électoral pour la gauche, que ce ne sont que des élections locales, et qu'elle résiste plutôt bien, il ne faut pas s'y tromper, la gauche réalise une grosse poussée, que confirmera et amplifiera le second tour (pour une fois, je prends des risques, je m'avance). Il faut dire que pendant des semaines la droite à crié à la catastrophe, il est donc facile pour elle de se réjouir quand la défaite paraît moins forte qu'annoncée. Pourtant, quand on analyse bien les résultats, elle devrait être inquiète en vue du second tour. La gauche, forte de sa victoire peut enclencher une dynamique propre à mobiliser les abstentionnistes. Mais surtout, les candidats de droite, s'ils réalisent souvent de bons scores, ont peu de réserves, puisqu'ils ont laminé le Front National, et que rien n'indique que les voix du Modem vont se reporter sur eux.

Sur la participation, le chiffre ne progresse pas par rapport à 2001. Pour une élection au coeur des préoccupations quotidiennes des Français, on peut même dire qu'il est décevant. Cependant, on peut noter le cas particulier de l'Ile de France ou la participation est en forte baisse. L'explication des vacances scolaires ne suffit pas. On peut chercher une des raisons du coté du nombre important de jeunes qui se sont inscrits sur les listes électorales pour la présidentielle et ne se sont pas déplacer dimanche.

L'extrême-gauche : elle a fait l'objet de peu de commentaires hier soir. Pourtant, elle réalise souvent de bons scores, les listes LCR notamment, dépassent régulièrement les 5 %. Le PS qui semble tenté par l'envie de regarder du côté du MODEM, ferait bien de ne pas oublier sa gauche. Dans de nombreux cas, les voix de la LCR sont autant incontournables pour le PS s'il veut l'emporter.

Le PCF : on le disait mort, et voilà qu'il sort renforcé de ce premier tour. Le PS qui lui avait imposé de nombreuses partielles a rarement réussi à le battre. De plus, de nombreux bastions PCF ont été sauvés dès le premier tour, et cerise sur le gâteau, ce parti a même regagné certaines villes qu'il avait perdues en 2001. Le communisme municipal a peut-être encore de beaux jours devant lui.

Les Verts : même s'ils sont en forte baisse dans leur bastion parisien, ils réalisent de bons scores dans certaines villes, et sont parfois en situation de se maintenir au second tour. De plus, si Dominique Voynet l'emportait à Montreuil, ils auraient une conquête symbolique dans leur escarcelle. Sans compter que leur alliance avec le reste de la gauche devrait leur donner de nombreux élus.

Le PS : C'est le grand vainqueur de ce premier tour. Certes, dans certaines villes comme Bordeaux, il subit de vrais revers, mais si le PS réussi à mobiliser ses électeurs, le second pourrait ressembler encore plus à un vrai vote sanction. Cependant, il reste des questions pour les socialistes : ce résultat ne fait-il pas de lui un parti de contre-pouvoir local ? Quelles alliances pour le second tour et pour le futur ? Et surtout, la question du leadership devient une urgence.

Le MODEM : comme la stratégie du MODEM a été peu lisible, son résultat l'est aussi. Certes, il peut se maintenir dans plusieurs villes et devient souvent incontournable pour le second tour. Mais François Bayrou est en grande difficulté à Pau, et les résultats à Paris mais surtout à Lyon et Marseille sont en-deçà des espérances. Le MODEM n'a toujours pas réussi à démontrer qu'il y avait une troisième voie entre la droite et la gauche.

L'UMP : on pourra toujours se féliciter à droite que le recul est moins fort que prévu, que les ministres ont globalement plutôt bien réussi (il est vrai que bien peu avaient pris de réels risques), que certains bastions résistent, et qu'il y a même eu quelques conquêtes. Au final, ce scrutin constitue un véritable avertissement. Continuer à le nier comme le fait la majorité, proclamer que cela ne changera rien à la politique gouvernementale, c'est prendre le risque de remobiliser le camp adverse. Et surtout de montrer que l'on n'écoute pas les Français.

Le FN : il appréhendait ce scrutin fortement affaibli, il n'en ressortira pas renforcé. Si ici ou là, comme à Mulhouse, il peut parfois tirer son épingle du jeu, globalement il s'effondre. Et l'échec de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont est un symbole.

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05 mars 2008

Les municipales à Hénin-Beaumont.

henin_beaumont_2Cette petite ville du Pas-De-Calais aurait probablement aimé rester dans l'anonymat. Pourtant, sa situation politique très particulière fait d'elle un centre d'intérêt majeur des municipales. Hénin-Beaumont est en effet une des rares villes que peut prendre le Front National. Mais sa particularité ne s'arrête pas là : les numéros 2 sur les principales listes sont plus importants que les têtes de listes.

Commençons tout d'abord par le maire sortant. Gérard Dalongeville présente un bilan contestable. En effet, la chambre régionale des comptes a imposé en 2003 une augmentation de 85 % des impôts locaux pour résorber le déficit de la commune. Si on rajoute à cela de très fortes dissensions au sein de la gauche, et une droite complètement absente du jeu politique local, on se dit que l'extrême-droite a un boulevard devant.

dalongeville_lienemannMais, c'est ici qu'intervient Marie-Noëlle Lienemann. Cette figure socialiste, plutôt à gauche de son parti, est appelée à la rescousse. Si elle ne sera pas finalement tête de liste, cette place restant occupée par le maire sortant, elle réussi finalement à obtenir le rassemblement de toute la gauche, et sa présence comme future maire-adjointe apparaît comme une mise sous tutelle de Mr Dalongeville, et paraît rassurer une partie des habitants.

En face, c'est le Front National. Il a plutôt mieux résister dans le nord qu'ailleurs et reste implanté dans le milieu ouvrier. Or la ville d'Hénin Beaumont s'est construite autour des terrils, des mines de charbon. Cette ville subi de plein fouet la crise économique et la crise identitaire du milieu ouvrier. Le contexte est donc déjà favorable pour le Front National. Mais, il y a aussi Steve Briois, la tête de liste aux municipales. Figure locale, il laboure le terrain depuis presque 20 ans, fait du porte à porte même en dehors des élections et est très connu et apprécié d'une partie des habitants.

marine_le_penDevant les très bons scores réalisés par son parti dans cette ville, et échaudée par son implantation manquée en Ile de France, Marine Le Pen décide de s'implanter dans le Pas de Calais, histoire d'avoir une victoire électorale lui permettant de couper les liens avec son père, et de lui donner une assise nationale, pour de plus grandes échéances. Et le score de 45 % aux législatives semble lui donner raison.

Mais voilà, tout serait simple s'il n'y avait un troisième larron. En effet, il y a un dissident de gauche, qui ne digère pas que le maire soit de nouveau candidat, et qui décide de se présenter. Il va même jusqu'à affirmer qu'il se maintiendra au second tour s'il le peut.

L'enjeu à imberont dépasse largement le caractère local. Il en va tout d'abord de la capacité de la gauche à se mobiliser et à mobiliser les classes populaires. Mais aussi et surtout, cette élection est vitale pour le Front National, actuellement en déliquescence financière et électorale. Il est en grande difficulté dans ses bastions de l'est et du sud (même s'il semble retrouver des couleurs sur Marseille). Une victoire à Hénin-Beaumont confirmerait à la fois son ancrage dans le nord et dans l'électorat ouvrier.

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03 mars 2008

Les élections cantonales.

Elles passent complètement inaperçues à chaque fois, cependant, elles sont importantes puisqu'elles décident de la couleur politique des départements, une institution que l'on parle de supprimer régulièrement, mais à laquelle les Français sont très attachés.

On en parle effectivement très peu. Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d'abord, elles ne concernent que la moitié des Français, puisque les conseillers généraux sont renouvelées par moitié tous les 3 ans. Ensuite, depuis 10 ans, elles sont toujours couplées avec une autre élection, régionales ou municipales, plus importante d'un point de vue médiatique. Enfin, il est vrai que la perte de telle ou telle grande ville a un impact beaucoup plus fort que le gain d'un petit canton rural.

Pourtant, dans le système politique Français, le département est capital. Ce sont en effet les conseils généraux qui ont en charge une grande partie de la politique familiale, la construction et le fonctionnement des collèges, ainsi que la construction et l'entretien des routes départementales et nationales. On le voit donc, l'activité des conseils généraux s'inscrit au coeur du quotidien des Français.

Mais, bien plus que les municipales, ces élections ont un autre intérêt : par leur mode de scrutin, elles sont les seules en dehors de la présidentielle à donner une image réelle de la situation politique du pays. Les élections législatives sont désormais trop proches des présidentielles pour avoir une signification quelconque.

Et le résultat des cantonales mériterait d'être étudié de façon bien plus approfondie, on en tirerait bien plus d'enseignements que de n'importe quel sondage. En effet, en 2001, l'extrême-droite (FN + MNR) progressait de façon significative sur ce scrutin, malgré sa division, et alors que tout le monde l'avait enterré. Le résultat de la présidentielle de 2002 était déjà en marche. Mieux, sur l'ensemble des cantonales partielles de 2005 et 2006, le Front National s'effondre, la droite progresse, alors que la gauche se maintient difficilement. Là aussi, on voit que le résultat de la présidentielle était écrit.

Les élections de ce mois de mars ne détermineront évidemment pas le résultat de la future présidentielle, elles en sont trop éloignées pour cela. Elles seront toutefois une photographie réelle du paysage politique Français. Et n'oublions pas qu'il y aura de nouvelles cantonales un an avant l'élection. Celles-ci mériteront d'être étudiées à fond.

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27 février 2008

Les municipales à Pau.

pau_2Pau, c'est la Mulhouse du sud-ouest. Du moins sur le plan politique. En effet, il y a quelques similitudes entre les situations des deux villes. Pau, comme Mulhouse, est une ville qui est depuis longtemps socialiste, et dont le maire sortant bénéficie lui aussi du soutien de l'UMP.

Yves_UrietaMais, dans le Béarn, la situation est encore plus complexe. L'image de la ville de Pau a longtemps été associée à celle son maire, André Labarrère, figure locale populaire. Mais, celui-ci est décédé en cours de mandat. C'est donc Yves Urieta qui lui succède à la mairie, apparemment non sans remous au sein de son parti. Mais, ce dernier se rapproche de la majorité présidentielle pour finalement rejoindre le mouvement créé par Jean-Marie Bockel (maire de Mulhouse, tiens, tiens), et se présenter soutenu par l'UMP. Dans la foulée, le parti socialiste présente contre lui une candidate, Martine Lignières-Cassou, députée très bien implantée localement.

Martine_Lignieres_CassouLes choses seraient déjà suffisamment compliquées s'il n'y avait en plus un troisième, qui plus est personnalité politique de niveau national : François Bayrou. Le centriste, natif de la région, décide de se lancer à la conquête de la ville, après un premier échec il y a déjà longtemps. Il sait qu'il joue sur ce scrutin une partie de sa crédibilité, même si en politique les choses ne sont jamais définitives et peuvent changer très vite. Reconnaissons toutefois le courage politique.

francois_BayrouFort du très bon score qu'il avait réalisé à la présidentielle sur la ville, 30 %, François Bayrou pensait pouvoir s'emparer facilement de la ville, et pourquoi pas, s'en servir comme tremplin au niveau national. Cela semblait d'autant plus faisable que le PS local est divisé (il y a même des dissidents sur la liste Modem, ce qui fait qu'il y a des socialistes sur les principales listes), et que la droite est atone. Mais, les premiers sondages indiquent que les choses ne seront pas si simples. Le maire sortant pourrait payer au prix fort sa trahison et ne rallier au final que les électeurs sarkozystes convaincus (ce qui, au train où vont les choses risque de faire bien peu). Mais Pau reste une ville de gauche, qui a massivement voté Royal au second tour de la présidentielle. Le résultat sera donc très serré.

Un échec à Pau, s'il ne met pas fin à la carrière du Béarnais, pourrait cependant sonner le glas de la stratégie du ni droite ni gauche, peu lisible pour les électeurs, et l'obliger à revois ses alliances futures.

PS : Je précise aussi la présence d'une liste soutenue par la LCR. En cas de triangulaire serrée, un bon report de ses voix sur la liste PS, peut avoir son importance. En outre, cette liste s'inscrit dans la logique de création d'un nouveau parti anticapitaliste. Il y a donc un double enjeu pour la LCR : réussir le meilleur score possible aux municipales, mais aussi entraîner un maximum de personnes dérrière son nouveau parti.

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22 février 2008

Les municipales à Mulhouse.

centre_ville_mulhouseLa ville de Mulhouse est un cas intéressant, une sorte de laboratoire de la pseudo-rupture sarkozyenne. En effet, Mulhouse est depuis plusieurs décennies un bastion socialiste dans la région la plus à droite de France. La présence des usines Peugeot y est certainement pour beaucoup. Mais voilà, au mois de juin dernier, le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, déjà considéré comme étant à la droite du PS, décide de rejoindre le gouvernement Fillon. Émoi et trouble chez les socialistes locaux qui se divisent. Plusieurs d'entre eux suivent le maire quand il fonde son nouveau parti, La Gauche moderne, gadget servant à justifier la trahison, et qui n'a de gauche que le nom.

Mais pour une fois, la direction nationale du parti socialiste a été prompte à réagir. Dès septembre, la section est dissoute, une autre est créée dans la foulée et les nouveaux adhérents s'engagent à soutenir le candidat socialiste Pierre Freyburger aux municipales. Du coup, si certaines personnalités socialistes locales ont suivi Mr Bockel dans son aventure, beaucoup de militants sont restés, et on constate un afflux de nouveaux inscrits.

Jean_marie_BockelC'est dans ce contexte original, un peu déroutant pour les électeurs que vont donc avoir lieu les élections à Mulhouse. Avec d'un côté, Jean-Marie Bockel, maire sortant, ex PS, soutenu par l'UMP, le MODEM, le PRG et la gauche moderne. Il est clair qu'à l'automne tout le monde pensait évidente sa réélection. Sauf que depuis, Nicolas Sarkozy s'effondre dans les sondages, et avec cette chute, les raisons du ralliement de Mr Bockel apparaissent de plus en plus obscures. On peut également se demander quelle sera l'attitude de l'électorat UMP, qui n'a visiblement pas digéré de se voir imposer comme candidat l'homme qu'il combattait hier.

De l'autre côté, il y a le candidat soutenu par le parti socialiste, le PCF et le MRC, Pierre Freyburger. Le PS, quoique sonné par la trahison de sa figure locale, a su se remettre en marche. Mieux, il semble que le départ de Mr Bockel, avec lequel beaucoup de socialistes n'étaient plus en phase, est libéré les énergies militantes. Aujourd'hui, les socialistes sont redevenus combattifs, et si pour eux, récupérer la mairie paraît compliqué, ils posent des jalons pour des victoires futures. Cependant, ils devront composer avec une liste des verts, qui en Alsace réussissent parfois de bons scores, et deux listes d'extrême-gauche.

Il reste malgré tout une inconnue, celle du score de l'extrême-droite, qui obtenait à Mulhouse des résultats impressionnants, et a souvent par le passé réussi à imposer des triangulaires. Elle se présente divisée, et n'a, au final, guère d'espoir de bien figurer.

En résumé, la logique voudrait que Jean Marie Bockel soit réélu, mais l'histoire politique de la ville, et une certaine morale, laissent quelques espoirs à la gauche.

PS : cette analyse n'aurait pas été possible sans les articles, remarques et conseils du camarade Eric, militant à Mulhouse dont je vous donne l'adresse du blog :  http://monmulhouse.canalblog.com.

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12 février 2008

Les municipales à Nice !

port_de_niceNice, la perle du sud-est a donné son nom à une salade. Et quand on se penche sur la situation politique dans cette ville à un mois des élections, à gauche comme à droite, il y a en fait une belle salade.

Christian_estrosiJacques_PeyratNice a toujours eu le don pour se donner des maires sulfureux. Hier,,ce fut Jacques Médecin qui fut condamné par la justice et qui plus laissé l'image d'un potentat mafieux que d'un édile responsable. C'est aujourd'hui l'actuel maire Jacques Peyrat, transfuge du Front National, au verbe haut, et à la gestion parfois douteuse. Pour demain, L'UMP a investi Christian Estrosi, ministre de l'Outre-mer, lui aussi personnage haut en couleurs et qui ne devrait pas dépareiller dans le paysage Niçois. Celui-ci n'hésite pas à faire des voyages à 138 000 euros, aux frais du contribuable, puis s'en excuse benoîtement, déclarant ignorer le tarif. Cependant, la mairie ne devrait pas lui échapper, vu le score de Nicolas Sarkozy à la présidentielle sur la ville. Sauf que Jacques Peyrat s'accroche et que la lutte entre les deux s'avère féroce.

patrick_allemandpatrick_cottardLa gauche devrait se réjouir des divisions du camp d'en face. D'autant plus que le score honorable réalisé en 2001 lui laissait quelque espoir. Las ! Si elle a réussi à se mettre d'accord, c'est uniquement sur le prénom de son candidat : Patrick. Mais il y en a deux, Patrick Mottard, dissident PS bien implanté sur la ville. Et Patrick Allemand candidat officiel. Là aussi la division risque de laisser des traces.

Les sondages donnaient Christian Estrosi presque élu dès le premier tour. Mais c'était avant que Nicolas Sarkozy ne dévisse dans les sondages, et avant l'affaire de l'avion de Christian Estrosi. Cela peut redonner des espoirs à la gauche dans le cas d'une triangulaire (car on voit mal Mr Peyrat se rallier au candidat UMP), si celle-ci arrive à se rassembler autour de Patrick Allemand. Il faut aussi préciser que ce dernier bénéficie d'une équipe de campagne dynamique et fabuleuse, comme en témoigne ce blog : http://leblogdecendra2.blogspot.com

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Les municipales à Toulouse !

place_du_capitole_toulouseEncore une ville à la situation paradoxale : Toulouse vote toujours à gauche aux présidentielles mais à un maire de droite depuis presque 40 ans. Une des explications est le caractère populaire et consensuel des Baudis, père et fils, qui ont dirigé la ville durant 30 ans.

jean_luc_MoudencMais, depuis la situation a changé. Dominique Baudis a quitté la mairie pour la présidence du CSA. Mais un chantage calomnieux le mêlant aux soubresauts de l'affaire Alègre a terni son image. Ainsi que celle de la ville. Mais surtout, l'homme qui l'a remplacé à la mairie, est l'ineffable Philippe Douste-Blazy. Et il apparaîtra très vite que celui-ci n'avait d'autre envie que de se servir de Toulouse pour nourrir d'autres ambitions, bien plus hautes. Une fois nommé ministre de la santé, il va laisser son poste de maire à Jean-Luc Moudenc. Quand il arrive Place du Capitole, l'image de la droite locale est désastreuse, mais ce bon centriste, homme de l'ombre, va réussir à remonter la pente, bénéficiant de l'appui du toujours influent Dominique Baudis.

pierre_cohenFace à lui, la gauche sent qu'elle a de réelles chances. Pierre Cohen, maire de Ramonville Sainte Agne, se présente à la tête d'une liste de gauche unie. Il sait que dans un contexte local et national très favorable, il a une occasion unique de prendre la mairie. Mais il doit faire face à une autre liste de gauche, dite alternative, et conduite par François Simon, ancien leader du PS toulousain en 2001. Rajouté à cela qu'il devra au second tour rassembler toute la gauche, puisque la LCR est créditée sur la ville d'un score non négligeable. Et qu'à Toulouse comme ailleurs, c'est le report des voix du MODEM qui risque de faire la différence.

Au final, le résultat risque d'être très serré, et l'élection toulousaine va être suivie de près. Cependant, on voit cependant mal comment cette ville qui a le coeur à gauche, dans une région profondément ancrée à gauche, pourrait cette fois-ci lui échapper.

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06 février 2008

Les municipales à Lyon.

lyonLyon est la ville centriste par excellence. Tout y semble calme, apaisé, jusqu'ici les joutes politiques paraissaient feutrées en comparaison à ce qui se passe à Paris ou Marseille. D'ailleurs, si la droite a longtemps dirigé la ville, elle l'a toujours fait avec l'appui des centristes. Raymond Barre, référence historique du centrisme en a même été maire. Et si depuis 2001, la ville est aux mains des socialistes, le maire actuel a d'abord tout fait pour faire oublier son étiquette et mener une politique la plus consensuelle possible.

dominique_perbenMais voilà que dans cette ville si calme, tout s'affole. La droite parachute un candidat (même s'il est né à Lyon, il fut élu ailleurs pendant près de 30 ans), dans le but d'apaiser ses divisions. Ce qu'il réussit dans un premier temps avec les trublions millonistes. Mais les négociations durent et tergiversent avec le MODEM. Pour ce dernier, la campagne municipale à Lyon devrait se jouer sur du velours. Mais il se déchire, se divise pour finalement se rallier à la droite contre l'avis de la direction nationale. Certes, une liste est reconstruite dans l'urgence, mais gageons qu'elle n'a que peu de chances d'approcher les 20 % réalisés par François Bayrou dans la ville en avril 2007. Et c'est d'autant plus incompréhensible, que le candidat qui apparaissait comme légitime, Azouz Begag, crédité d'environ 15 % en septembre, a dû jeter l'éponge face à l'opposition des têtes de file MODEM locales. Depuis, il s"est rallié au candidat socialiste.

g_rard_collombEt la gauche, que fait-elle pendant ce temps ? Elle compte les points. Le PS a su rassembler autour du maire sortant qui surfe sur son image de bon gestionnaire ayant su changer l'image de ville. Et la présence d'une liste d'extrême gauche, peu implantée dans la ville, ne devrait pas la pénaliser. La situation semble favorable pour ce camp au point certains sondages donnent Gérard Collomb gagnant dès le premier tour. Mais il faut toujours se méfier des sondages !

Reste l'inconnue Front National. Jusqu'ici, il avait un candidat bien implanté, Bruno Gollnisch, qui pouvait troubler le jeu local (ce qu'il ne s'est pas privé de faire par la passé). Mais il ne se représente pas, et l'illustre inconnu qui le remplace ne semble pas avoir l'aura suffisante pour rassembler sur son nom les déçus de la droite. La défaite de la droite, si défaite il y a, n'en paraîtra que plus cuisante.

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01 février 2008

Les municipales à Marseille.

marseilleComme souvent, la situation politique à Marseille est à l'image que l'on se fait de la ville elle-même : pittoresque. Marseille, ville pauvre, populaire, ville où le parti communiste à longtemps été puissant, Marseille que tout prédestine à être de gauche (et qui l'a longtemps été) a en fait un maire de droite. Mieux, Nicolas Sarkozy a largement été en tête dans cette ville, et les scores de l'extrême droite y ont longtemps atteint des sommets. Cette ville symbole du métissage aime donc les paradoxes.

Et la campagne électorale a un léger coté pagnolesque. D'anciens élus socialistes se retrouvent sur la liste UMP, et inversement, on trouve un UMP chez les socialistes. A cela, il faut rajouter la division et la confusion au MODEM. Si les Marseillais s'y retrouvent...

jean_claude_gaudinToujours est il que les jeux semblent beaucoup plus ouverts qu'il n'y paraît. Certes Mr Gaudin peut se targuer de bons sondages, d'une bonne image auprès de la population, certes la situation économique de la ville s'améliore, mais des tensions existent dans son camp, où l'on se dispute la succession avant même l'élection.

jean_noel_gu_riniEn face, Jean-Noël Guérini a encore un déficit d'image, mais il a réussi un petit miracle à Marseille : fort de son action au conseil général, il a réussi à unifier son camp. De plus, parti très tôt dans la bataile, il mène une campagne dynamique et offensive.

Il reste cependant plusieurs inconnues. Le résultat du MODEM d'abord qui a fait appel à une ancienne figure des verts, Jean-Luc Benahmias, mais il semble peu en mesure qui rééditer les score de François Bayrou à la présidentielle, par manque de charisme, de stratégie claire (quelles alliances au second tour ?), et surtout à cause de divisions puisque des personnalités importantes du MODEM ont rejoint la liste de droite. Ensuite, il y a l'influence que peuvent exercer les extrêmes. La LCR peut espérer récupérer une parti des voix communistes, mais il semble entendu qu'elle appellera à voter socialiste au second tour. Le Front National quant à lui reste un mystère. La chute de popularité du président de la République lui permettra-t-elle de récupérer une partie de ses électeurs ? Cependant, traditionnellement, les élections municipales ne favorisent guère le vote contestataire. Cependant, si le Front National parvenait à faire un bon score, C'est probablement l'UMp qui en pâtirait le plus.

Enfin, il faut noter la spécificité des élections à Marseille. Comme à Lyon et à Paris, l'élection se joue par arrondissements (secteurs à Marseille), ce qui peut donner de belles surprises.

Posté par leunamme à 11:40 - elections - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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