rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

06 décembre 2009

Il faut maintenir l'enseignement de l'histoire géographie pour les terminales scientifiques.

Dans son obsession réformatrice, le gouvernement vient à nouveau créer une usine à gaz en décrétant que l'enseignement de l'histoire et de la géographie deviedrait optionnel en terminale scientifique. A l'heure du débat sur l'identité national voulu par le gouvernement, cette décision est pour le moins paradoxale.

Afin de bien comprendre les enjeux autour de cette question, je préfére mettre un lien sur le magnifique texte de Jacques Sapir et sur la pétition qui suit ce texte :

http://culturevisuelle.org/icones/154/comment-page-1

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08 novembre 2009

Suppression de la carte scolaire : un échec qui était prévu.

Un des problèmes que rencontrent les médias et l'opposition  face à l'actuel pouvoir, est que la multiplication des réformes, l'agitation permanente rendent impossible ou presque les bilans critiques. Pourtant, si de temps en temps on prenait le temps de s'arrêter et de regarder ce que donnent réellement les multiples réformes engagées, on s'apercevrait que le résultat est souvent loin des espérances présidentielles. Surtout, on verrait que les critiques de l'opposition sont souvent  fondées, ce qui feraient ceux qui accusent la gauche de faire de la critique systématique non constructive.

C'est pour cela que le rapport de la cour des comptes sur la suppression de la carte scolaire est intéressant. D'abord parce qu'il s'agit d'une des premières décisions de Nicolas Sarkozy comme président, ensuite parce qu'elle est emblématique d'une vision néo-libérale de la société, et enfin parce que ce rapport émane d'un organisme respecté et réputé pour être indépendant.

Et que dit ce rapport ? Rien d'autre que la suppression de la carte scolaire entraîne de forts risques de ghettoïsationghettoïsation. Permettre à chacun de choisir son école, fait fuir les meilleurs élèves et ceux dont les familles ont les moyens des collèges les plus difficiles. C'est logique, la gauche l'a dit, elle a été raillée, pourtant elle avait raison.

Aujourd'hui, c'est la cour des comptes qui interpelle le gouvernement, mais celui continue à nier la réalité. Il faut dire que dans un monde entièrement libéral, il n'est pas nécessaire de donner la même éducation à tous. D'où la création petit à petit d'une école à deux vitesses, et la mise à mal du système scolaire français basé sur l'égalité et sur l'ambition d'une réussite pour tous. Ce n'est visiblement plus l'objectif du pouvoir, le rapport de la cour des comptes met bien en exergue les inégalités qui résultent de la suppression de la carte scolaire.

Pourtant, tout ceci aura bien un coût social, en matière de délinquance, de violences, d'aides sociales, coût qui à terme sera bien plus élevé que celui d'une bonne éducation pour tous les enfants. Il faut quand même noter que le pays emblématique du libéralisme revient sur le libre choix des écoles et instaure des quotas d'élèves par niveau. Les anglais commencent à comprendre que la liberté n'est rien sans égalité. La France de Sarkozy, comme souvent, va à l'encontre de l'évolution du monde et des mentalités.

Pour en savoir plus, un article du monde (je n'ai pas trouvé le rapport de la Cour des Comptes) : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/05/carte-scolaire-la-cour-des-comptes-pointe-un-risque-de-ghettoisation_1263096_3224.html

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06 octobre 2009

Payer les enfants pour aller à l'école, c'est reconnaître l'échec de notre politique éducative.

C'est la dernière trouvaille du rectorat de Créteil, récompenser pécuniairement les classes où il y a peu d'absentéisme. Absurde ! oui, évidemment ! Mais c'est aussi le résultat de l'échec de notre politique éducative, voire de la politique tout court.

Le but de la manoeuvre serait donc d'inciter ceux qui font l'école buissonnière à venir à l'école. Comme si cela allait d'un seul coup les motiver et les faire étudier. Mais là n'est pas le problème. Donner de l'argent aux élèves, c'est renoncer à s'attaquer aux raisons de l'absentéisme. C'est comme si vous appeliez un plombier pour une fuite d'eau et que celui-ci ne ferait qu'écoper l'eau avec un seau. Cela ne répare pas la fuite qui à tout moment peut s'aggraver.

Pourquoi y-a-t-il autant d'absentéisme, et pourquoi cet absentéisme est-il plus fort dans les quartiers défavorisés ? Voilà les vraies questions, et la réponse évidemment est multiforme, beaucoup plus complexe en tout cas que de donner de l'argent.

La première raison, je la vois dans le fonctionnement même de l'Education Nationale. Depuis des années, notre système essaie d'inculquer la même chose à tous. C'est le principe d'égalité, et c'est bien qu'il en soit ainsi. Malheureusement, la spécificité de chacun n'est pas toujours prise en compte. Et il est des enfants qui ne s'adaptent pas à ce système est très vite vont se sentir exclus et démotivés.

Pour en rester dans l'Education Nationale elle-même, la dégradation des conditions d'enseignements aujourd'hui, est le fruit de la politique des gouvernements successifs depuis 20 ans, mais particulièrement de celui-ci. Supprimer sans cesse des postes dans ce ministère, c'est livrer les enfants à eux-mêmes en cas d'absences d'un professeur, et c'est surtout diminuer le personnel adulte encadrant nos chères têtes blondes. Je rappellerais seulement un épisode parlant. En 1998, les enseignants des collèges de Seine-Saint-DenisSeine-Saint-Denis se sont mis en grève pour obtenir plus de moyens humains  et financiers, estimant que les difficultés rencontrées par leur département le justifiait. Après deux mois de luttes, ils ont obtenu gain de cause, et jusqu'en 2002, l'amélioration des résultats a été probante. Depuis, toute cette politique a été remise en cause, et la situation scolaire en Seine-Saint-DenisSeine-Saint-Denis et bien pire qu'en 1998.

Mais l'Education Nationale ne porte pas tous les maux de la Terre, non, elle n'en est que le reflet. Nos écoles, lycées et collèges ne sont pas en dehors de la société. Toutes les difficultés extérieures se retrouvent évidemment à l'intérieur de ces lieux d'enseignement. L'absentéisme est une des expressions de ces difficultés. Comment veut-on que des enfants qui grandissent dans des familles où les parents connaissent toujours des fins de mois difficiles et sont souvent sans emploi ou en situation de précarité, des enfants qui voient autour d'eux qu'il est facile de gagner de l'argent en faisant des petits trafics, comment veut-on que dans un tel environnement ils soient tous motivés. Ce qui serait intéressant, ce serait d'avoir une carte de l'absentéisme. Je suis sûr que les élèves sont plus assidus à Neuilly sur Seine qu'à Trappes ou Bobigny. Allez savoir pourquoi ?

Il en est donc de l'enseignement comme de tout le reste. On préfère s'attaquer aux conséquences du problème plutôt qu'à ses causes. Sur l'insécurité, il est plus facile d'envoyer des policiers casqués avec matraques que de lutter contre la ghettoisationghettoisation de certains quartiers. Sur l'immigration, il est plus facile de renvoyer les immigrés chez eux, que d'essayer de comprendre pourquoi ils quittent leurs pays et en quoi notre politique étrangère et économique peut les y contraindre. Sur l'emploi, il est plus facile de stigmatiser les chômeurs ou les accidentés du travail que de faire respecter le droit du travail. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Nous vivons dans une société qui a choisi de se mettre des oeillères. Ce qui nous renvoie à la phrase d'Aimé Césaire en exergue sur la page d'accueil de ce blog.

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16 septembre 2009

A Etampes, l'école du 19ème siècle est bien de retour.

Je suis toujours étonné de voir que le message de ce blog qui rencontre le plus de succès est celui où je m'inquiétais d'un possible retour en arrière au niveau de l'éducation, un retour vers l'école du 19ème siècle. Ce message avait été publié il y a plus de deux ans. Mais, je n'ai plus à m'inquiéter, car il semble en effet que nous sommes déjà allés au delà du retour en arrière tant redouté. En tout cas, c'est une évidence au lycée d'Etampes.

En effet, dans cette grosse structure de plus de 2000 élèves, le nouveau proviseur a décidé d'imposer un régime vestimentaire strict à ses élèves : mini-jupes, shorts, jeans à trous sont donc bannis. Depuis le début de l'année, les surveillants font donc le tri et la leçon a l'entrée du collège. Malheureusement pour ce proviseur, les lycéens dans leur ensemble n'ont pas compris pourquoi ce qui ne faisait pas l'objet de débat fin juin, devenait début septembre le problème numéro 1. Et ils ont donc décidé de répliquer, et sont tous venus en short. L'une d'entre eux, considérée comme une meneuse, risque trois jours d'exclusions.

L'histoire pourrait porter à sourire si elle ne s'inscrivait pas dans un mouvement général de retour des valeurs morales. Que l'on ne s'y trompe pas, derrière cette histoire de vêtements c'est un retour en force de l'ordre moral. Il ne s'agit ni plus ni moins qu'une déclinaison concrète du discours anti-soixante-huitardanti-soixante-huitard du chef de l'Etat. Qu'arrive-t-il donc à notre pays pour qu'il ait peur à ce point de sa jeunesse, pour qu'il essaie de la museler ?

Tout cela est inquiétant pour l'avenir, et se rajoute à ce sentiment que de plus en plus nos libertés sont battues en brèche. Heureusement, la réaction des jeunes constitue une note d'espoir et d'humour qui n'est pas sans rappeler ces autres jeunes qui manifestaient pour avoir le droit d'aller dans le dortoir des filles. C'était au printemps 1968.

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02 février 2009

Branle-bas de combat à l'université !

Les enseignants-chercheurs ne sont pas réputés pour être des gauchistes qui passent leur temps à manifester. Pourtant, dans de très nombreuses universités, ils appellent à la grève illimitée dès aujourd'hui ; et celle-ci risque d'être très suivie.

Si leur colère d'aujourd'hui est due à la réforme du statut des enseignants-chercheurs et à l'augmentation de l'autonomie et du pouvoir accordés aux présidents d'universités, le malaise de l'enseignement supérieur vient de loin. On se souvient, sous l'ère Raffarin des coupes budgétaires. Le démantèlement continu de la Recherche française ne s'est pas arrêté depuis.

La grande idée qui est derrière la politique gouvernementale dans le domaine de la recherche est la mise en concurrence permanente des enseignants et des chercheurs. C'est l'application du libéralisme économique au monde de l'enseignement supérieur, comme si la concurrence était le remède à tous les maux et devait permettre des progrès scientifiques formidables. Que je sache, dans tous les autres domaines où elle est appliquée, on ne constate pas d'amélioration, bien au contraire.

C'est en tout cas ne pas connaître la spécificité de la recherche, un milieu où chacun s'inspire de travaux des autres, où tout le monde travaille ensemble et non pas les uns contre les autres. J'enjolive certes un peu, mais il me semble qu'une vraie amélioration devrait tendre vers un monde de solidarité entre chercheurs, plutôt que d'en faire des adversaires et des concurrents. C'est faire de la recherche un outil de promotion de carrières individuelles alors qu'elle devrait être au service de tous.

Cette colère là, si elle ne va pas empêcher la France de fonctionner (du moins dans l'immédiat), peut faire des dégâts sur l'image du gouvernement à long terme, car les Français sont fiers de leurs scientifiques en général. Et au-delà, ce sont nos enfants qui sont concernés, puisque la qualité de l'enseignement risque d'être la première victime de ces réformes. A noter que des assemblées générales étudiantes ont lieu dans plusieurs universités, en lien avec ce mouvement mais aussi celui du 29 janvier.

Comme les questions des enseignants chercheurs et des universités sont complexes, je mets en lien deux sites qui vous permettront de comprendre le danger des réformes en cours beaucoup mieux que je ne le ferais :

http://www.sauvonsluniversite.frwww.sauvonsluniversite.fr/

http://www.sauvonslarecherche.frwww.sauvonslarecherche.fr/

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12 décembre 2008

Montée du mécontentement dans l'Education.

Je l'ai déjà écrit de nombreuses fois sur ce blog, la rupture est plus que consommée entre le monde enseignant et le ministre, Xavier Darcos. Le nombre de mouvements de protestations un peu partout n'a donc rien pour surprendre. Ce qui est plus étonnant, c'est la participation spontanée et désordonnée des lycéens (mais aussi parfois des parents d'élèves), ce qui prouve que la colère dépasse largement les professeurs et qu'elle n'est pas catégorielle. Pour rappel, les raisons de ce mécontentement sont multiples et toutes justifiées.

Les suppressions de postes dans l'enseignement tout d'abord, comme si l'Education Nationale devait être la principale variable d'ajustement des économies de l'Etat. Alors même que la population scolaire va augmenter dans les prochaines années, alors que la situation sociale et économique exige de mettre le paquet sur l'Education pour mieux préparer les futurs adultes, notre gouvernement diminue les moyens et les effectifs, au risque tout simplement d'affaiblir la France pour longtemps.

La lutte contre l'échec scolaire constitue le second point de discorde. D'un coté côté Xavier Darcos multiplie les dispositifs (soutien, accompagnement éducatif, stages), mais de l'autre, les enseignants spécialisés (RASED) sont les premières victimes des diminutions d'effectifs. L'incohérence de la politique gouvernementale ne peut que provoquer un malaise.

La réforme du primaire ensuite, avec des nouveaux programmes fleurant bon le retour en arrière, comme si les 50 dernières années ne nous avaient rien appris en matière éducative. Mais là aussi, on demande aux enseignants de faire mieux, tout en leur supprimant des heures. Incohérence encore et toujours !

Je terminerai enfin par la réforme du lycée, celle qui pousse en ce moment de nombreux élèves dans la rue. Si les contours n'en sont pas encore totalement connus, il semble cependant évident que le nombre d'heures enseignées va diminuer et que certaines disciplines vont disparaître.

Il y a évidemment d'autres sources de mécontentement (l'enseignement en maternelle par exemple), je ne mets ici que les principales. Tout se passe comme si l'Education Nationale devait être la principale variable d'ajustement des réductions d'effectifs annoncées dans la fonction publique. Le gouvernement n'a aucune politique éducative cohérente.

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19 novembre 2008

Il devient urgent de soutenir les enseignants dans leur lutte.

Le mouvement de grève de demain dans l'Education nationale n'est pas un mouvement corporatiste comme on l'entend beaucoup ces jours-ci dans la bouche de nos dirigeants ou de certains éditorialistes zélés. Si on en croit les syndicats, la mobilisation devrait être massive, égale au moins au plus fort des grèves de 2003, et dans un contexte où les syndicats ont du mal à mobiliser. C'est bien l'expression d'une colère et surtout d'un malaise récurrent qui s'exprime ici. Les enseignants ont, à juste titre à mon avis, l'impression d'être méprisés par leur ministre. Surtout, ils ont le sentiment d'être la variable d'ajustement des politiques libérales du gouvernement.

Des motifs de colère, il y en a de multiples, et un seul d'entre eux suffirait largement à justifier la grève. Citons pêle-mêle et de façon non exhaustive la suppression (injustifiable) de 3 000 poste d'enseignants en RASED (réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté), les nouveaux programmes du primaire, la réforme du lycée, la création éventuelle de jardins d'éveils, et évidemment les milliers de suppressions de postes alors même que dans les années futures le nombre d'enfants scolarisés va augmenter.

Mais tout ceci ne devrait pas mobiliser que les personnels de l'Education Nationale. C'est l'avenir même de nos enfants qui est en jeu ici. En créant volontairement une école inégalitaire, en rabaissant la qualité de l'enseignement, tout en renforçant les politiques sécuritaires, c'est le choix de la société dans laquelle nous voulons vivre qui se pose ici.

Et tout porte à croire que le gouvernement à conscience que ce sujet est potentiellement porteur au sein de l'opinion. L'instauration du service minimum dans les écoles n'a pour seuls objectifs que de délégitimer la grève et dresser les parents contre les enseignants. D'ailleurs, la façon dont la presse en général traite ce mouvement est purement scandaleuse. En mettant en avant le refus de certaines villes d'appliquer le service minimum, en insistant sur les difficultés rencontrés par les parents dont les enfants n'auront pas école, au détriment d'une explication claire des raisons de la grève, la presse se met au service de la propagande gouvernementale.

Et c'est bien la preuve que ce qui se joue dans l'enseignement est fondamental, puisque les chiens de garde sont de sortie.

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19 octobre 2008

L'Education en masse dans la rue !

Cela fait des années que l'Education Nationale est en crise. Une crise de moyen mais aussi et surtout une crise de reconnaissance de la part de sa tutelle étatique. Ne nous leurrons pas, les difficultés de l'école existaient bien avant l'arrivée de sarkozy au pouvoir, mais en faisant de la réduction des effectifs de la fonction publique le dogme dont son gouvernement ne peut s'écarter, et en mettant l'Education Nationale au centre de ce dogme, cette dernière paie un lourd tribu.

Il n'y a pas que les réductions d'effectifs qui sont en cause. Les griefs des enseignants contre ce gouvernement sont multiples, et la question qui au final est posée est la suivante : quelle politique éducative voulons-nousvoulons-nous pour nos enfants, et sommes-nous prêts à accepter une école à plusieurs vitesses, où seule une élite riche bénéficierait des meilleurs enseignements ?

La casse de l'école n'est pas qu'un discours de syndicaliste. Jugez plutôt. 11 000 suppressions de postes cette année, 13 000 l'année prochaine qui s'ajoutent à toutes celles qui ont déjà eu lieu.  3 000 postes de RASED (réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté) en moins. Des infirmières scolaires, des psychologues en nombre nettement insuffisant. Des enseignements que l'on supprime ou que l'on diminue fortement comme les sciences économiques et sociales ou le latin. Des programmes du primaire qui prévoient la diminution voire la suppression de matières enseignées, en particulier les enseignements artistiques si importants pour l'épanouissement des enfants. La liste est longue et malheureusement celle-ci n'est pas exhaustive.

Alors évidemment, il y a le discours officiel,selon lequel l'école va se recentrer sur les enseignements de base, proposer des aides aux enfants en difficulté,les profs seront mieux rémunérés et donc ainsi plus motivés. Tout cela ne résiste pas à l'épreuve des faits et du terrain. Comment expliquer que l'on peut faire autant voire plus en qualité d'enseignement avec de moins en moins de moyens ? Comment ne pas croire que se seront surtout les écoles situées dans les quartiers difficiles qui seront touchées en premier ?

Le malaise qui existait dans l'Education Nationale à la fin de l'année scolaire et toujours présent cette année. L'appel des syndicats à manifester un dimanche (j'y étais) se voulait l'expression de ce malaise. Les organisateurs espéraient 40 000 manifestants. Nous étions le double (je donne les chiffres syndicaux, l'expérience des manifs m'a appris qu'ils étaient souvent plus proches de la réalité que ceux de la police). Ce chiffre est inespéré, mais le cortège était partagé entre colère et résignation. Les prochaines semaines nous diront s'il s'agissait d'un baroud d'honneur ou du commencement de quelque chose, d'un début de réaction de la société.

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29 août 2008

La rentrée au rabais concoctée par Mr Darcos !

A partir de mardi, pour la majorité des enfants de ce pays, c'est la rentrée scolaire. Et le moins que l'on puisse, c'est qu'elle va s'effectuer avec un moral dans les chaussettes. Les raisons de cette démoralisation sont multiples, mais on trouve évidemment la première dans la conjoncture économique compliquée que traverse notre pays. Alors que les prix continuent de monter, les salaires de stagner, que l'immobilier menace d'un krach et que la consommation est en berne, l'avenir de nos enfants se fait encore plus sombre avec un chômage qui repart à la hausse (malgré les radiations massives et le magouillage des chiffres).

Cependant, les acteurs de l'Education Nationale sont encore plus concernés par cette dépression collective. Le monde enseignant va subir de plein fouet les réductions d'effectifs voulues par le gouvernement. J'aimerais bien que l'on m'explique comment l'enseignement peut s'améliorer si on enlève des professeurs et des personnels. Il me semble que plus il y a d'adultes dans les écoles, les enfants sont mieux encadrés, l'insécurité recule et le climat dans les écoles des quartiers difficiles s'améliore. Non seulement, ces réductions vont à l'encontre de toute logique éducative, mais aussi démographique. Au moment où l'INSEE annonce que la natalité française est au plus haut depuis 20 ans, et donc que dans les années futures les enfants vont affluer dans les cours d'écoles, nous supprimons des classes. La fonction première d'un gouvernement n'est-elle pas d'anticiper ?

Et il y a les fameuses réformes qui vont entrer en vigueur dès cette année, notamment la réforme des programmes du primaire. Que penser d'une réforme qui supprime les heures d'enseignement sans alléger les programmes ? Que penser d'une réforme qui rajoute du sport mais diminue les enseignements artistiques et scientifiques ? Peu de bien évidemment, car là encore, ce qui à présider à ce projet, c'est uniquement la logique économique.

Alors oui, rarement une rentrée scolaire ne s'est faite dans un climat aussi morose, parce que bon nombre de Français ont l'impression que sous prétexte de réduction des déficits publics, on brade leur école. Certes, ils la critique, ils voudraient l'améliorer, mais l'Education Nationale reste l'institution à laquelle ils sont le plus attachés.

Est-ce que cela veut dire que les enseignants seront mobilisés dès la rentrée. Rien n'est moins sûr tant la résignation semble forte. Pourtant une réaction serait nécessaire, car c'est une grande partie de l'avenir de ce pays qui est en train de se jouer actuellement. Et nous prenons déjà du retard.

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02 juin 2008

Encore une réforme concernant l'enseignement.

C'est à croire que Nicolas Sarkozy a une dent contre le monde enseignant, puisqu'il vient d'annoncer une nouvelle réforme les concernant. Il s'agit de la réforme de la formation des professeurs, et en même temps, celle sur le lycée est en préparation.

Ce que je dirais à chaud, c'est que la volonté de former les professeurs plus longtemps est louable. Ils seront recrutés au niveau Master 2, est l'université sera fortement impliquée dans leur formation, ce qui devrait mettre fin aux IUFM qui n'ont pas toujours fait l'unanimité.

Mais, comme toujours, la méthode est critiquable, puisqu'à ma connaissance, il n'y a peu de concertation avec le monde enseignant. De plus, je ferai miens les propos de Philippe Meirieu entendus sur le site du Monde.

http://www.lemonde.frwww.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-823448,32-1052907,0.html

En recrutant les professeurs 2 ans plus tard, cela veut dire qu'ils seront aussi 2 ans de plus sans salaires. Ce qui n'est pas le meilleur moyen de faciliter la mixité. De plus en supprimant de facto la 2ème année de l'IUFM, consacrée aux stages pratiques et à la pédagogie, ce sont des professeurs complètement désarmés face à leurs élèves que l'on va avoir.

Il fait peu de doutes que ces mesures seront populaires. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy essaie de se refaire une popularité sur le dos des enseignants.

En outre, dans le même discours, puisque désormais il est aussi ministre de l'éducation, il a annoncé que le gouvernement travaillait sur la future réforme du lycée.

Sur certains constats, je suis d'accord avec lui. La filière scientifique écrase toutes les autres, alors que dans le même temps la France peine à recruter et former des chercheurs. Elle ne sert que pour sélectionner les élèves. Le problème, c'est que si Mr Sarkozy a été élu, c'est parce qu'il savait parfois mettre des mots justes sur les difficultés réelles des Français. Malheureusement toute la politique menée par son gouvernement depuis un an va fortement contribuer à augmenter certaines de ces difficultés.

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