rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

30 octobre 2007

Il faut renationaliser !

Sur les 20 dernières années, de nombreuses entreprises ont été privatisées. Et là où existait un monopole d'Etat, le marché a souvent été ouvert à la concurrence. L'argument principal qui a été donné dans tous les cas était que le consommateur en serait le principal bénéficiaire, grâce à une meilleure qualité du service rendu et à une baisse des prix.

Le gouvernement Villepin avait privatisé une partie des autoroutes Françaises, et on se souvient que cela avait créé une forte polémique, une partie de la droite y étant opposé. La Cour des Comptes vient de rendre un rapport accablant sur la société ASF dont le principal actionnaire est désormais le groupe Vinci.

Elle reproche dans un premier temps à l'Etat d'avoir cédé les autoroutes à des entreprises du BTP à des entreprises du BTP à des conditions plus que favorables. Ensuite, la politique tarifaire pratiquée est particulièrement opaque et aboutie à des hausses supérieures à l'inflation. Enfin, malgré de multiples condamnations, la société ASF continue à abuser des CDD, tout en réduisant les postes de péages. On se doute bien qu'avec ces pratiques, les bénéfices de la société ASF sont en forte augmentation.

Heureux hasard, l'UFS Que Choisir publie une enquête sur les prix de la distribution et de l'assainissement de l'eau dans les grandes villes, lesquelles ont souvent confié cette mission à des entreprises privées. Là aussi, le constat est accablant. Globalement, les enquêteurs notent que pour les villes qui sont restées en gestion municipale, les tarifs peuvent être 4 à 5 fois moins chers. Dans sa conclusion, l'association lance un appel aux maires pour qu'ils envisagent un retour à la gestion publique de l'eau.

On se rappelle aussi que la privatisation de France Télécom n'a pas profité aux consommateurs en matière de tarifs, ni de service rendu d'ailleurs. A l'heure où l'on est en train de vendre GDF et EDF, deux entreprises emblématiques, ces enquêtes font réfléchir, et il est significatif qu'elles n'aient pas fait l'objet de beaucoup d'échos dans les médias.

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29 octobre 2007

Grève et désiformation à Air France !

air_franceAlors que le gouvernement est en plein bras de fer avec les cheminots, qu'un mouvement de forte importance se profile à l'horizon avec les fonctionnaires, voilà qu'arrive la grève à Air France.

Et le moins que l'on puisse dire, et qu'elle tombe bien mal. D'abord parce que même si l'Etat garde des parts dans la société, Air France est désormais une société privée. Ensuite, parce que Nicolas Sarkozy a fait du pouvoir d'achat des Français une de ses priorités, or c'est exactement le motif de la grève.

Il n'est qu'à voir l'attitude des médias qui font tout pour décrédibiliser ce mouvement pour comprendre son importance, surtout au moment du Grenelle de l'environnement, qui devait permettre à notre président de parader puis de surfer sur le consensus médiatique.

Tout a commencé avant même le début du mouvement, quand radios et télés ont repris en boucle les informations de la direction d'Air France annonçant que la grève serait peu suivie et qu'il y aurait peu de perturbations au niveau du trafic. Peine perdue, le mouvement est suivi à 60 %, et les avions retardés ou annulés sont nombreux.

Il a donc bien fallu en parler de cette grève. On a donc fait appel au discours habituel de la prise d'otages, oubliant de préciser que les employés d'Air France n'étaient pas fonctionnaires, et ne bénéficiaient pas de statut particulier, même si l'entreprise a su conserver quelques avantages. Les salariés appartiennent juste à une entreprise qui grâce à eux fait des bénéfices. Il est donc normal qu'ils en ait leur part, plutôt que les actionnaires. Qu'à cela ne tienne, au journal de 20 heures, on aura quand même droit au père de famille excédé, et aux images de la foule en colère.

Mais la mobilisation ne faiblit toujours pas. Nos valeureux médias apprennent donc que le gouvernement ne reste pas sans rien faire, puisque le ministre des transports arrive à Orly. On se dit qu'il va négocier avec les grévistes, jouer les médiateurs avec la direction. Que nenni, il vient rencontrer les voyageurs (après s'être toutefois assuré que les caméras le suivait), mais surtout, il vient chercher sa fille à l'aéroport, qui elle, avait eu un avion qui volait.

Et pendant ce temps-là, les négociations n'aboutissent pas. Rappelons cependant que les syndicats avaient prévenu d'un possible mouvement il y a environ un mois (si je ne me trompe), et il ne me semble pas qu'à aucun moment la direction n'ait essayé de négocier. Mais cela, je ne l'ai entendu que dimanche matin dans nos médias (et sur une seule radio, France Inter).

21 octobre 2007

Pour gouverner tranquillement, il suffit de diviser

La méthode n'est pas nouvelle, elle date de la fin des temps : diviser pour mieux régner. C'est déjà ce qu'avait fait en 2003, le ministre des affaires sociales de l'époque, un certain François Fillon, pour faire passer sa réforme des retraites. Face à un mouvement syndical en apparence uni et remonté, il décide, au lendemain d'une manifestation particulièrement suivie, de miser sur les divisions syndicales. C'est ainsi que dans la nuit, il négocie directement avec 2 centrales, et qu'au petit matin, un accord (qui s'avèrera être un marché de dupes) est signé. Le mouvement ne s'en remettra pas, la réforme sera adoptée, mais les rancoeurs subsisteront.

Depuis, François Fillon est devenu premier ministre, mais ses méthodes n'ont pas changé. Ainsi, une réforme des régimes spéciaux est annoncée sans aucune concertation préalable avec les partenaires sociaux. Evidemment, ceux-ci ont réagi. la grève de jeudi dernier dans les entreprises concernées, mais aussi dans la fonction publique a été un formidable succès par son ampleur et par son unité. Mais voilà, on ne change pas une formule qui gagne. Dans la soirée, un syndicat de cheminots (la FGAAC) annonce qu'il se retire du mouvement, la direction de la SNCF ayant donné satisfaction sur un certain nombre de ses revendications. On a cependant du mal à imaginer que les dirigeants de la société ferroviaire ont agi sans l'aval du gouvernement). Dans la foulée, un autre syndicat (les félons habituels de la CFDT) annoncent qu'ils sont prêts eux aussi à négocier sur un certain nombre de points.

A priori, l'histoire se répète, et on voit mal comment l'issue pourrait désormais être favorable aux salariés. Faute d'avoir pu s'entendre sur la manière dont il fallait mener la riposte, les syndicats ont exposé au grand jour leurs désaccords, créant ainsi une brèche dans laquelle le gouvernement a eu beau jeu de s'engouffrer. Les centrales syndicales doivent à nouveau se réunir demain, mais les choses semblent mal engagées. Pourtant, la lutte contre le CPE l'année dernière, avait été comme un révélateur : dans toute lutte, seule l'unité paie.

Mais, chaque médaille a son revers, est celle de la méthode de la division risque à terme de se retourner contre le gouvernement. En 2003, la victoire sur le mouvement social avait valu à la droite une défaite historique aux élections régionales suivantes. Cette fois-ci, si on excepte les municipales qui sont des élections au caractère local très fort, il n'y a pas d'échéance majeure. Pourtant, il pourrait y avoir pour le gouvernement un réel danger a toujours vouloir passer en force, à négliger les partenaires sociaux. Les rancoeurs ainsi créées risquent de pousser nombre de personnes dans une radicalité qui peut se révéler bien moins contrôlable. Surtout, si comme il est probable, l'effet des réformes annoncées s'avère dévastateur pour l'économie française et pour la société en général.

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18 octobre 2007

Une journée de manif à Paris.

regimes_speciauxFaute de transports, j'ai décidé d'aller manifesté avec mes anciens collègues qui m'ont gentiment laissé une place dans un des deux bus affétés pour l'occasion.

Début de l'assemblée générale du personnel à 10 heures. 200 personnes sont présentes, c'est honorable, mais pour certaines manifestations, nous avions atteint quasiment le double. On parle organisation, transports pour se rendre à la manifestation, mais surtout, chacun exprime ses peurs et ses angoisses face à la politique de casse du service public. Là aussi, sentiment mitigé, les débats sont loin d'être passionnés, de plus, de nombreuses personnes annoncent qu'elles ne pourront aller à Paris, le plus souvent en raison d'enfants à garder, faute de crèches, voire d'écoles.

Mais nos doutes quant au succès de la journée commencent à être levés au moment d'embarquer dans les bus. Ils sont pleins à craquer, et plusieurs manifestants seront obligés de nous rejoindre en voiture. Une autre bonne surprise nous attend : plusieurs boites privées ont envoyé des délégations.

L'arrivée à Paris se fait sans problèmes, la circulation est impeccable à cette heure-là. Comme d'habitude, la CGT territoriaux est en fin de cortège, et le 93, à la fin des territoriaux (en fait, derrière nous il y a encore FO, puis SUD et les anars de la CNT, mais les troupes de ces deux organisations sont plus clairsemées). Nous sommes donc à la fin de la Place de la République. Le début du cortège se situe en à hauteur de la rue d'Oberkampf, il partira à 14 heures. Quant à nous, il nous faudra attendre encore deux heures avant de quitter la place de la République.

Là aussi, nouvel étonnement. Si les cheminots, agents de la RATP, gaziers, électriciens, constituent le gros des troupes, le cortège est beaucoup plus disparate que ne l'ont retranscrit les médias. On trouve pêle-mêle des territoriaux, des profs, des agents des impôts, des journalistes, des militants de partis politiques, d'associations, des étudiants en lutte contre la réforme des universités, mais aussi, Ô surprise des délégations relativement importantes de grosses boites privées, Renault, Citroën, Air France, et de-ci, de-là des salariés de plus petites boites. Tous ne sont pas forcément là pour les mêmes raisons. Beaucoup doivent souvent faire face à des attaques dans leurs propres secteurs, c'est notamment le cas des profs qui se battent contre les suppressions de postes, des agents de l'ANPE qui refusent la fusion avec l'UNEDIC, des employés des impôts contre les restructurations en cours chez eux. Les revendications sont diverses, mais le sentiment qui domine, c'est que tout cela pourrait au final donner un cocktail explosif.

Finalement, le cortège s'ébranle. Il nous faudra 2 heures pour faire les 4 kilomètres nous séparant de la place de la Nation. Le défilé est compact, même s'il semble plus lâche sur la fin, la chaussée s'élargissant. Il ne nous reste plus qu'à retrouver nos bus parmi la centaine qui attendent cours de Vincennes.

Mais le sentiment majoritaire qui domine les manifestants, c'est que ce n'est probablement que la première d'une longue série. Autre chose marquante, contrairement aux manifs contre le CPE, le ton général était grave, on sentait une réelle inquiétude chez les grévistes.

Demain, les médias annoncent déjà que la grève est reconduite la plupart du temps à la RATP et à la SNCF. Au vu de ce qui s'est passé aujourd'hui, de l'ampleur de la manifestation malgré les moyens mis en oeuvre pour dégoutter les gens et présenter les réformes comme nécessaires et inéluctables, au vu de la colère qui sourdait chez de nombreux manifestants, je ne suis pas sûr que l'opinion reste longtemps hostile aux manifestants. Mais cette fois-ci, tout le monde est conscient que si le mouvement se durcit, il sera forcement long, voire très long. Et qu'un échec ne peut être envisagé, sinon les reculs sociaux risquent d'être terribles.

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16 octobre 2007

Pourquoi je serai en grève jeudi prochain.

Contrairement à la vision réductrice de la grève du 18 octobre que donnent les médias, la défense des régimes spéciaux est loin d'être le seul enjeu, et les salariés des entreprises publiques ne seront pas les seuls sur le pavé. Toute la fonction publique y sera, la territoriale, dont je fais partie, également.

Je ferai grève tout d'abord pour défendre le régime des retraites, car il ne faut pas être dupes, l'attaque contre les régimes spéciaux n'est qu'un début, c'est tout le système qui à terme est visé. Dès janvier, les partenaires sociaux doivent se réunir pour tout remettre à plat, et déjà on entend le MEDEF ou l'UMP parler de 41 ou 42 années de cotisations, et d'une retraite à 61 ou 62 années. Les régimes spéciaux ne sont qu'un bélier pour tout casser. Et puis, j'ai de la mémoire. En 2003, lors de la réforme Fillon, le discours du gouvernement de l'époque était simple : nous n'avons pas le choix, c'est la réforme de la dernière chance, grâce à elle tout ira mieux. Et que constate-t-on ? Rien ne va mieux évidemment, mais les systèmes de retraites complémentaires ont prospéré. C'était le but, cela l'est encore aujourd'hui.

Je ne suis pas naïf, je sais que la population vieillit, et qu'il n'y a plus assez d'actifs pour payer les retraites. Mais est-ce parce que l'on vit plus longtemps qu'il devient d'un seul coup moins pénible de travailler jusqu'à 60 ans ? Evidemment non. Ne revenons pas sur un acquis social, mais par contre, il doit bien être possible de trouver de nouvelles sources de financement, les stock options, les revenus boursiers par exemple. Et si on cessait tout simplement d'exonérer les entreprises de charges sociales ? Les déficits des régimes sociaux ne s'en porterait pas plus mal.

Mais la retraite n'est pas le seul motif de ma colère. Je ferai grève aussi parce que j'en ai marre d'être stigmatisé en tant que fonctionnaire. Faut-il s'étonner que le nombre d'agressions dans les transports ou à l'école augmentent quand le discours dominant sous-entend en permanence que ces salariés sont au mieux des privilégiés, au pire des fainéants.

Je ferai grève parce que depuis bientôt 10 ans, je ressens une forte baisse de mon pouvoir d'achat. Si je n'avais pas été promu suite à une réussite à un concours, il y a beaucoup de choses que je n'aurais plus les moyens de faire. Beaucoup de mes collègues font le même travail depuis 10 ans. J'aimerais que l'on me dise en quoi leur place dans la société est moins importante qu'il y a une décennie. Pourquoi devrait-on travailler plus, simplement pour avoir le droit de ne pas voir son niveau de vie baisser ?

Je ferai grève parce que mes conditions de travail et celles de la fonction publique en général se dégradent. C'est bien beau de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, mais c'est la qualité du service public qui en pâtit. Est-il normal d'attendre 2 à 3 ans avant qu'une affaire ne soit jugée par un tribunal ? Est-il normal d'attendre 4 à 5 aux urgences à l'hôpital ? Est-il normal que nombre de quartiers isolés ou de petits villages ne soient plus desservis par des transports publics ?

Mais à ce manque criant de personnels, se rajoute un autre phénomène : on ne le sait que trop peu, mais aujourd'hui, c'est dans la fonction publique qu'il y a la plus grande précarité. Les CDD, intérims, et autres contrats se multiplient. Aujourd'hui, dans certains services, il n'est pas rare de voir jusqu'à 40 % de personnes qui ne sont pas titulaires de leurs postes. L'emploi à vie est une légende.

Je ferai grève enfin, parce que j'ai conscience qu'un service public de qualité est certes coûteux, mais est surtout bénéfique pour l'ensemble de la société. Toutes les enquêtes montrent que les Français y sont attachés. Une des premières raisons données par les entreprises étrangères pour s'installer en France est justement la qualité des services publics Français. On est en train de casser tout cela, pour le remplacer par des entreprises privées dont le but est de faire des bénéfices sur notre dos.

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25 septembre 2007

Des dégâts de l'individualisme !

Hier soir, je suis allé sur le site de TF1. Il y avait un article consacré aux franchises médicales. Je l'avoue, je ne l'ai pas lu, je ne lis jamais les articles de TF1, je vais sur ce site pour lire les commentaires d'internautes, cela me donne l'impression de connaître ce que pense mes contemporains, et particulièrement la partie de ceux qui a des idées différentes des miennes.

Mais alors là, je n'ai pas été déçu. Je pensais malgré tout trouver une certaine hostilité face à ces franchises médicales. Mais non seulement la majorité n'y était pas hostile, mais un nombre important de commentaires comporté des propos haineux contre la CMU, et rejetait le déficit de la sécurité sociale sur l'aide apportée aux plus démunis. Oubliant au passage que c'est le principe même de la solidarité et la raison d'être de la sécurité sociale.

Je ne me fais pas de doutes sur la société dans laquelle je vis, mais parfois je suis quand même effaré quand je vois la violence de certains propos. Hier soir, j'ai eu l'impression d'être un étranger dans un pays dont je ne comprenais ni la langue, ni les moeurs. Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est comment peut-on être à ce point égoïste, alors qu'il est évident que si on arrête d'aider les autres, ça n'arrangera pas notre propre situation, bien au contraire.

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24 septembre 2007

Travailler plus pour gagner plus ?

Le journal Le Parisien d'aujourd'hui publie un dossier très intéressant sur la loi sur les heures supplémentaires qui devrait entrer en vigueur le 1er octobre. Il s'avère que l'application de cette loi est une vraie pagaille qui risque de provoquer de très nombreux mécontentements, et surtout de ne pas réaliser l'objectif initial, à savoir l'augmentation du pouvoir d'achat.

En effet, la loi propose, pour les salariés, l'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, et un allègement de charges patronales pour les employeurs. La difficulté pour les employés qui souhaitent travailler plus, c'est que la décision ne sera pas de leur fait, mais de celui de leur patron. Outre qu'elle comporte en elle-même son lot d'inquiétudes en matière de conditions de travail, cette disposition risque aussi de décourager de nombreux employeurs, puisque l'imbroglio juridique créé par la nouvelle loi est tel que peu de chefs d'entreprises y comprennent quelque chose. Ils pourraient donc être réticents.

De plus, il est intéressant de noter que jusque-là, les employés qui faisaient des heures supplémentaires touchaient souvent des primes. Avec la mise en oeuvre de cette loi (dont le décret d'application n'est d'ailleurs toujours pas paru), celles-ci disparaîtront. Il n'est donc pas sûr que cela aboutisse à une augmentation du pouvoir d'achat.

Au final, ce texte, présenté comme la pierre d'achoppement du dispositif sarkozyste dans le domaine économique risque de mécontenter salariés et employeurs, et d'être un beau flop.

Ce que l'on peut noter ici, et qui est caractéristique de l'attitude du nouveau pouvoir, c'est que ce projet de loi a été fait dans l'urgence, sans prendre le temps de la négociation, ni de prendre en compte les cas particuliers comme les cadres ou les routiers. J'étais contre cette mesure, car je lui préfère une augmentation des salaires qui concerne tout le monde, et qui n'aboutit sur une dégradation des conditions de travail. Mais en plus d'être inefficace, la manière dont cette loi va être appliquée risque de la rendre socialement explosive. On a le sentiment que ce gouvernement fait preuve d'amateurisme. Ce n'est malheureusement pas la première fois, et ce sentiment prévaut dans beaucoup d'autres domaines, la politique étrangère notamment.

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20 septembre 2007

Les syndicats sont représentatifs des salariés.

C'est une antienne maintes fois répétées, avec moins de 8 % des salariés qui sont syndiqués, les syndicats français ne seraient pas dignes de  les représenter. Derrière cette affirmation, il y a évidemment l'idée qu'ils sont illégitimes lorsqu'ils appellent à la grève. Il est certes vrai que le nombre de syndiqués en France est particulièrement faible, et les attaques gouvernementales contre le droit de grève ou les faveurs accordées au patronat, ne sont pas faites pour arranger les choses. Et pourtant, ...

Pourtant, un sondage de l'institut Opinion way (j'ai suffisamment critiqué les sondages pour ne pas mettre tous les guillemets nécessaires à celui-ci qui va dans le sens de mes idées), indique que 47 % des Français font le plus confiance aux syndicats pour ameliorer la situation sociale en France, soit la première place à égalité avec le gouvernement Fillon. Ce dernier devrait se méfier, il n'est pas sur qu'avec l'automne chaud qui se prépare l'embellie sondagière dure pour lui.

Pourtant, lors des 3 derniers grands mouvements sociaux de 1995, 2003, et 2006 (CPE), une grande majorité de Français avait soutenu les syndicats, même sans participer aux mouvements. Et ils étaient plutôt hostiles aux grévistes au départ (sauf dans le cas du CPE).

Pourtant, on ne nous dit jamais que le syndicalisme français repose sur le militantisme, et non pas sur l'obtention d'avantages sociaux comme dans les pays du nord de l'Europe. Ce qui explique les forts pourcentages d'adhésions dans ces pays.

Pourtant, malgrè toutes les contraintes qu'ils connaissent dans de nombreux secteurs, les syndicats ne voient plus leur nombre de militants diminuer. Il aurait même tendance à augmenter légèrement,surtout dans le secteur privé.

Pourtant, ce qui avait fait leur faiblesse, c'est à dire leurs divisions, ces dernières années semble ne pas vouloir continuer aujourd'hui. Face aux diverses attaques de la droite, les discussions pour préparer une riposte ont eu lieu bien en amont. Et il parait vraisemblable que les appels à la grève seront unitaires.

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11 septembre 2007

L'autre 11 Septembre

MoulinexLe 11 septembre 2001, la société Moulinex, fleuron de l'industrie française, déposait son bilan, entraînant ainsi la fermeture de 4 usines, et le licenciement de 3240 salariés. La société Seb ayant repris seulement partiellement le groupe.

C'est parce qu'ils estimaient que les clauses du plan social n'avaient pas été respectés que 600 salariés se sont battus pendant 6 ans. En effet, pour eux, chaque salarié n'avait pas reçu d'offre d'emploi, comme l'engagement en avait été pris, et le reclassement n'était pas non plus conforme à la signature donnée.

Certes, le Conseil des prud'hommes de Caen a validé la régularité des licenciements, mais a donné raison sur les deux points précités aux anciens de Moulinex, qui devraient toucher chacun entre 1 000 et 55 000 euros.

C'est une très belle victoire pour le mouvement ouvrier, qui prouve que la lutte paie toujours lorsqu'elle est menée collectivement. L'image des syndicats est, à mon sens renforcée, puisqu'ici, comme dans bien d'autres cas moins médiatisés, ils ont soutenu les salariés jusqu'au bout, et ont gagné. Malgré le faible taux de syndicalisation, ils ont prouvé leur utilité, et par là, leur représentativité du monde du travail.

C'est aussi un très bon avertissement à toutes ces entreprises qui délocalisent ou licencient abusivement. Désormais les ouvriers savent que la lutte collective, même quand on a perdu son emploi, cela peut payer. Aux syndicats de le faire savoir.

Enfin, ce verdict met en évidence l'importance pour les salariés des conseils de prud'hommes. Cette juridiction sociale, composée de salariés et d'employeurs à parts égales, a pour compétence le monde du travail. Les conseils de prud'hommes traitent plus de 200 000 affaires par an. Or, Mme Dati, dans son projet de réforme de la justice, ne souhaite pas seulement supprimer des tribunaux de proximité, elle pourrait également s'en prendre aux prud'hommes. Jusqu'au 2/3 des juridictions pourraient disparaître. Après l'annonce par Mr Sarkozy, devant l'université d'été du MEDEF de dépénaliser certaines infractions pour les patrons, c'est un nouveau coup porté au monde du travail.

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10 septembre 2007

Ras le bol !

Oui, ras le bol, absolument ras le bol, complètement ras le bol, d'être stigmatisé comme soi-disant privilégié parce que je suis fonctionnaire. Mais privilégié de quoi ? De m'être battu pour conserver des acquis sociaux que l'on a supprimé à d'autres, en catimini pendant l'été 1993 ? Mais quelle est donc cette notion de progrès social qui consiste à aligner tout le monde vers le bas ? Le progrès social, c'est le contraire, on aligne vers le haut.

Je ne suis pas naïf, je sais très bien que la population vieillit et que les caisses de retraite sont dans le rouge. Cela veut donc dire qu'il faut trouver de nouvelles sources de revenus, et non pas pénaliser les salariés en les obligeant à travailler plus longtemps. Et de l'argent, il y en a !

J'aimerais que l'on m'explique comment ce pays en 1945, alors qu'il était en ruine, complètement exsangue par la guerre, a réussi à mettre en place les retraites et la sécurité sociale, et pourquoi aujourd'hui, ce même pays, immensément plus riche, avec des revenus financiers colossaux amassés tous les jours, ne pourrait pas trouver les financements nécessaires.

Il faut non seulement maintenir les régimes spéciaux (qui la plupart du temps, ne le sont pas par hasard), mais il faut aussi faire revenir tout le monde à 37.5 années de cotisation. Il s'agirait d'une décision politique. Les négociations portant ensuite sur les financements, et là, tout le monde devra faire des efforts, et pas seulement les salariés.

Depuis des années, gauche comme droite, on nous mène en bateau, de réformes en réformes, qui toutes aboutissent soit sur des cotisations supplémentaires, des remboursements moindres, ou des départs à la retraite retardés. Et combien de ces réformes qui vont toutes dans le même sens ont été efficaces ? Aucune, et pour cause, elles n'ont pas pour but de l'être, mais seulement d'amoindrir les systèmes sociaux français, au profit de mutuelles, d'assurances ou de caisses de retraite privées.

A ce titre, je conseille à tout le monde d'aller voir le dernier film de Michael Moore, Sicko (même si sa vision de la situation française est un peu idyllique), qui dénonce l'état alarmant de la protection sociale aux Etats-Unis. Tout le système basé sur des caisses privées n'a qu'un but : rembourser le moins possible.

Pour finir et revenir sur les régimes de retraite spéciaux, je suis écoeuré par le monde dans lequel nous vivons, un monde où il faudrait soi-disant travailler plus longtemps, et où à partir de 50 ans on fait tout pour vous faire partir. Un monde qui recule l'âge de la retraite et où 25 % des jeunes sont au chômage. Je ne veux pas de ce monde-là, où seul le pouvoir économique et les puissances de l'argent décident, souvent contre l'intérêt commun, et à l'encontre du progrès social.

Posté par leunamme à 15:53 - economie et social - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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