rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

05 décembre 2009

Sarkozy, entends-tu cette colère sociale qui monte ?

Les immenses manifestations de janvier et mars dernier laissaient augurer d'un printemps social chargé. Las ! la stratégie incompréhensible des syndicats, leur division et l'absence d'opposition politique crédible ont tué dans l'oeuf cette formidable demande de plus de justice sociale. Depuis, les centrales syndicales sont inaudibles et c'est la morosité qui règne en maître au sein de la population.

Toutefois, le gouvernement aurait tort de se réjouir et de voir dans ce manque de combativité une acceptation de sa politique. Depuis quelques semaines, les choses bougent, les revendications, quoique toujours catégorielles se font plus précises, avec en plus une nouveauté qui devrait inquiéter Nicolas Sarkozy et ses ministres : le secteur privé devient lui aussi remuant. Et les mouvements dans ce secteur ne concernent plus seulement des actions désespérées pour sauvegarder l'emploi ou pour l'obtention de primes de départ décentes, non, maintenant les revendications portent aussi sur les salaires et les conditions de travail.

Dans le service public, les secteurs qui sont à la pointe de la lutte ne sont pas réputés pour être habituellement les plus revendicatifs. Ce sont tout d'abord les établissements culturels publics qui sont en grève contre les réductions de personnel. Commencé au Centre Georges Pompidou, le mouvement touche maintenant d'autres grands établissements  comme le Louvre et le château de Versailles, et devrait s'étendre prochainement, notamment à la Bibliothèque Nationale. Certes, cela ne concerne qu'un nombre réduit de fonctionnaires et reste peu handicapant pour la majorité des Français. Mais c'est l'image de la France à l'étranger qui en pâtit. Sans compter les dégâts occasionnés sur notre industrie touristique, fierté nationale et véritable pompe à fric de la nation.

L'autre catégorie de fonctionnaires touchée est encore plus surprenante puisqu'il s'agit des policiers. Et avec eux, c'est le coeur de la politique de Nicolas Sarkozy qui est remis en cause, du moins son volet sécuritaire. Les fonctionnaires de police dénoncent massivement non seulement les réductions d'effectifs mais aussi et surtout la politique du chiffre qui les conduit à être toujours plus exposés et les oblige à négliger une de leurs missions essentielles : la prévention. Ils sont de plus confrontés à ce paradoxe qui finira bien un jour par exploser à la tête du pouvoir : comment toujours faire plus avec un effectif en baisse constante ?

Mais les fonctionnaires ne sont plus seuls, d'autres catégories de salariés ont bien l'intention d'exprimer leur colère. A commencer par les routiers dont on connaît la capacité à boucler l'économie d'un pays, d'autant plus que cette fois-ci, ils ne menacent plus de faire des barrages routiers, mais de s'en prendre aux grandes surfaces, ce qui en période de Noël ne serait pas anodin pour l'économie. Et la revendication est nouvelle puisqu'elle concerne les augmentations de salaires. Il est amusant de noter que le mouvement pourrait s'ajouter à une grève des cheminots. Avec les deux en même temps, le pouvoir à de quoi être inquiet.

Et ce n'est pas fini, car il y a un autre secteur où les salariés commencent à se faire entendre, c'est celui de la restauration. Là aussi, la demande porte surtout sur les salaires. Il faut qu'après les millions octroyés au patronat, les employés veulent maintenant eux aussi leur part du gâteau.

On voit bien que dans tous les exemples que je viens de citer, non seulement les revendications sont précises (ce qui n'était pas le cas au printemps), mais c'est aussi la politique de Nicolas Sarkozy qui est complètement remise en cause. Est-ce que le mouvement social serait en train de trouver un nouveau souffle ?

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27 novembre 2009

La faillite de Dubaï : la preuve que rien n'a changé.

Parmi les micro états qui composent les Emirats Arabes Unis, Dubaï est vraiment à part, puisque c'est le seul dont la richesse ne s'appuie pas directement sur le pétrole, et pour cause, il n'y en a pas à Dubaï. Par conséquent, cet émirat a choisi d'autres leviers pour se développer et s'enrichir : le tourisme et la finance notamment, c'est à dire les domaines où la spéculation faisait rage avant la crise et qui permettaient un enrichissement aussi rapide que virtuel. En plus, à Dubaï, cela a  pris des proportions incroyables à cause de la mégalomanie de l'émir en place qui a imaginé des projets pharaoniques plus délirants les uns que les autres : constructions d'un énorme domaine skiable sous cloche en plein désert, d'un hotel aquarium ou encore des plus grandes îles artificielles jjamais conçues.

Tous ces sujets projets hors mesures ont obligé l'Emirat à emprunter énormément d'argent. Or, depuis 2008 et la chute des bourses, ce petit Etat se retrouve dans l'impossibilité de payer ses dettes et donc dans une situation de quasi faillite.

En soi, la situation n'est guère alarmante, il est même quelque part un peu réjouissant de voir que ceux qui ont flambé avec l'argent des autres peuvent aussi se retrouver sur la paille (pas pour longtemps, ne doutons pas de leur capacité à rebondir). Et puis, il ne faut pas trop s'en faire, puisque les emirats voisins vont sans aucuns doutes intervenir.

Pourtant, la plupart des bourses ont dévissé dans la journée d'hier. A cela, il y a une raison essentielle, c'est que la plupart des grandes banques ont investi dans ces projets immobiliers, la plupart ont spéculé sur la réussite de cette entreprise aussi absurde que démesurée. Les milieux financiers continuent donc à jouer avec notre argent, plutot que d'investir dans l'économie pour que celle-ci reparte et que la crise soit plus supportable pour ces millions de salariés qui en sont les premières victimes.

Les milieux financiers ont profité de l'argent public pour rebondir, mais ils n'ont en rien changé leurs façons de faire, ils sont toujours autant déconnectés de l'économie réelle. Alors que l'on nous proclame un peu partout que nous sommes en train de sortir de la crise, l'épisode de Dubaï vient nous rappeler la réalité : la crise est devant nous puisqu'aucune leçon n'a été reténue.

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16 novembre 2009

Il faut sauver la taxe professionnelle !

Cette semaine aura lieu le congrès annuel de l'association des Maires de France. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy ne s'y déplacera pas, c'est François Fillon qui ira. Il faut dire que l'ambiance risque d'être particulièrement hostile, les élus étant vent debout contre la suppression de la taxe professionnelle, d'autant plus qu'ils n'ont aucune garantie d'avoir les compensations promises.

Tout d'abord, je voudrais m'insurger contre cette idée complètement absurde qu'il s'agirait d'un impôt imbécile. Que je sache, les entreprises utilisent les structures mises en place ou entretenues par les collectivités locales. La qualité des infrastructures routières, la présence de moyens de transports en commun rapides et efficaces, l'existence de crèches, de garderies, de lieux culturels de proximité font désormais parti des critères retenus par les entrepreneurs pour s'installer dans une région. Tous ces équipements qui sont pour le bénéfice de tous, particuliers comme entreprises, ont un coût, et il n'y a rien de choquant à ce que les entreprises participent au fonctionnement.

En outre, l'argument majeur qui permet de justifier le qualificatif d'imbécile que l'on accorde à cette taxe, est qu'elle empêche l'investissement des entreprises et donc est un frein à l'emploi. Cela s'appuie sur un postulat faux qui voudrait qu'une entreprise aie pour but de créer de l'emploi. C'est évidemment absurde, on le voit bien avec les restaurateurs qui pour beaucoup d'entre eux eux n'ont pas répercuté la baisse de la TVA, ni sur les prix, ni sur les emplois ou les salaires, mais ont bien gardé l'argent pour eux. Il en sera de même pour la taxe professionnelle, dont la suppression ne créera des emplois que de façon marginale. Par contre, les collectivités locales, pour lesquelles cet impôt représente une somme d'argent non négligeable, ont elles créés des emplois, des emplois pérennes au service de tous.

Donc, les élus de gauche comme de droite s'insurgent contre ce projet qui va les priver de sommes importantes. Surtout, ce qui les révoltent, c'est l'absence de consultation, et le flou sur les compensations promises, lesquelles, vu les finances de l'état, ne pourront porter sur la totalité des sommes. Il devient clair que les collectivités n'auront qu'une seule solution pour pouvoir boucler leurs budgets : l'augmentation des impôts. Ce qui serait un paradoxe assez navrant de la part d'un pouvoir qui se fait le chantre de la baisse des prélèvements obligatoires.

Tout ceci est d'autant plus navrant que c'est accompagné d'un mensonge et d'un non-dit. Le mensonge consiste à affirmer que les municipalités dépensent sans compter, voire font dans la gabegie. Encore faut-il rappeler que contrairement à l'Etat, les mairies, conseils généraux ou régionaux, les communautés d'agglomération sont obligées par la loi de présenter un budget à l'équilibre. Elles ne peuvent donc dépenser de l'argent qu'elles n'ont pas. Messieurs Woerth et Fillon feraient bien de s'en inspiré pour les finances nationales.

Le non-dit est beaucoup plus pervers. Sous prétexte de soutien aux entreprises, il s'agit de continuer la politique libérale de casse du service public mise en place au niveau de la fonction publique d'Etat, avec la fonction publique d'état. En diminuant les sources de revenus des élus locaux, ces derniers se verront dans l'impossibilité de supprimer des services municipaux, ou alors de faire appel à des prestataires privés. Et ce sont encore les citoyens qui devront payer.

Bref, en résumé, la disparition de la taxe professionnelle est encore un cadeau au patronat. De façon directe puisqu'ils n'auront plus à payer. De façon indirecte, en récupérant les prestations sociales que les villes ne pourront plus assumer.

15 novembre 2009

Danger sur l'IVG !

S'il est une loi dont la droite peut être fière, c'est bien celle sur l'IVG qu'elle doit à Mme Veil. Pourtant, par petites touches, insidieusement cette grande avancée sociale est remise en question, à tel point qu'une marche a été organisée pour sauver l'IVG samedi dernier.

Après avoir fermé pour raisons économiques de très nombreuses maternités, ce sont maintenant les centres IVG qui sont victimes de ces considérations purement mercantiles ou l'humain semble être totalement absent. En Ile de France, ce sont 4 centre parmi les plus importants qui vont ou ont fermé. Ces attaques arrivent quelques mois après que le planning familial ait dû se battre pour ne pas subir une forte diminution de ses subventions, ce qui aurait remis en cause jusqu'à son existence. A tout cela, il faut rajouter qu'il devient de plus en plus difficile pour les femmes de se faire avorter de façon décente, tant les conditions d'accueil, qu'elles soit matérielles ou humaines, se sont dégradées.

Restrictions budgétaires, fermetures d'établissements, pression sociale, les attaques sont multiples, et la situation devient critique pour ces milliers de femmes qui sont dans le désespoir, obligées d'avortées et auxquelles l'Etat et la société ne donnent plus la protection à laquelle elles ont droit. L'avortement est un droit qui a été obtenu de haute lutte, mais comme pour tous les droits, si on n'y prend gare, il peut disparaître.

Pour en savoir plus :

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-ivg-et-contraception-la-france-est-elle-r%C3%A9trograde-_2162.htm

http://www.humanite.fr/France-regression-pour-le-droit-a-l-IVG

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10 novembre 2009

Le service minimum dans les transports : du pipeau !

L'Elysée se targue de tenir les promesses faites par le candidat Nicolas Sarkozy, et parmi elles, le service minimum dans les transports. Le chef de l'état s'en vante d'ailleurs tellement que le 7 Juillet 2008 il déclarait : "désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit". Pas sûr que les usagers des RER A et B hier soient d'accord avec lui. Les pauvres, ils n'auront même pas pu profiter des retransmissions des festivités de Berlin.

Il y a bien eu une grève hier, et on s'en est aperçu car le gouvernement nous a menti. Ce qu'il appelle abusément "service minimum" n'en est pas un. Le pouvoir ne peut pas le mettre en place sans porter atteinte au droit de grève, lequel est inscrit dans la constitution.

La loi du 21 août 2007 pour le cadre pour des négociations facilitées en amont entre employeur et syndicats, elle organise le service en cas de grève et prévoir une meilleure information en direction des usagers. Grosso modo, tout cela porte sur l'amélioration du dialogue social. Rien à voir avec un service minimum dans les transports.

Nous avons donc une fois de plus la preuve que l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy, c'est surtout l'art de manier l'esbroufe.

PS : on trouve un très bon article sur le sujet à cette adresse : http://blogajef.blog.lemonde.fr/

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03 novembre 2009

DSK dirige le FMI parce qu'il n'est pas un homme de gauche !

Que le FMI soit le bras armé des libéraux, plus personne n'en doute. Que Dominique Strauss-KahnStrauss-Kahn ne soit pas un homme de gauche, on s'en doutait un peu, désormais, c'est chose sûre.

L'Ukraine a décidé une augmentation de 20 % du salaire minimum, ce qui a provoqué l'ire du patron du FMI. En effet, il n'est pas question pour lui que l'Ukraine augmente encore ses déficits. Le FMI, a donc menacé de na pas verser d'aide pour le 'ème trimestre de cette année.

Pourtant, il faut savoir que cette augmentation  représente 11 euros par mois. Ridicule, et cela en dit long sur l'état de pauvreté dans lequel est plongé une grande partie de la population ukrainienne. Pourtant, l'actuel patron du FMI, soi-disant socialiste, n'en a cure, il applique à l'Ukraine les mêmes recettes qui ont été prodiguées à l'Amérique latine dans les années 8à et 90, avec le fiasco que l'on sait.

DSK est un excellent exemple des raisons de la crise du Parti Socialiste. Pour ma part, je ne suis pas prêt de revoter pour eux. Quitte à se faire bercer par des beaux discours sociaux pendant les campagnes électorales, et au final avoir  belle politique libérale, autant voter directement pour la droite, au moins, on n'a pas le désagréable sentiment de s'être fait avoir.

Pour en savoir plus :  http://www.mariannewww.marianne2.fr/Pour-DSK,-11-de-plus-pour-le-smic-ukrainiende-plus-pour-le-smic-ukrainien,-c-est-trop-!_a182638.html

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22 septembre 2009

Privatisations, à qui elles profitent ?

Les 22/09/08, 19/12/08 et 01/08/09, je publiais trois articles ayant trait à la privatisation de La Poste. Ce sont ces articles que je republie aujourd'hui, parce que la menace se précise et que je maintiens absolument tout ce que j'avais écrit alors. Il va sans dire que je soutiens les postiers dans leur lutte (en tant que fils de postier, c'est le moins que je pouvais faire), et que j'encourage chacun et chacune à aller voterlors du référendum organiser par les syndicats et certaines mairies.

Au moment où l'Etat s'apprête à privatiser La Poste (ben oui, parce qu'un changement de statut en langage politique, c'est une privatisation qu'on ne veut pas assumer), il m'a semblé intéressant de revenir sur les autres entreprises privatisées, histoire de voir si elles profitent bien à l'ensemble des usagers, comme on nous le promet à chaque fois.

Commençons par une des plus emblématique : France Télécom. En rachetant Orange, l'entreprise est devenue un mastodonte des Télécoms. Bien cotée en bourse, fortement bénéficiaire, elle est une des préférées des actionnaires. Pourtant, la privatisation, accompagnée de l'ouverture à la concurrence, devait permettre une baisse des tarifs. Peut-être a-t-elle eu lieu, mais ce n'est pas flagrant. Ce qui l'est en revanche, c'est que les tarifs pratiqués en France sont parmi les plus élevés d'Europe, et ce, sans que rien ne le justifie. De même, la privatisation des renseignements téléphoniques ainsi que leur mise en concurrence s'est accompagnée elle, d'une véritable hausse des tarifs et d'une baisse de la qualité des services rendus. Quant aux personnels, on ne compte plus le nombre de centrales téléphoniques transférées au Maroc ou dans les pays ou la main-d'oeuvre est à bas coût.

La Privatisation d'Air France s'est faite en catimini, par le rachat de la société KLM. Il faut bien admettre cependant que cette opération a probablement sauvé l'entreprise. Air France est également une de celles qui survit le mieux à la crise,et même si elle annonce pour bientôt un plan social, celui-ci semble négocié et accepté par les syndicats.

L'affaire est tout autre à GDF. Si le processus de privatisation a été le même que pour Air France, c'est à dire une alliance avec Suez, dont les actionnaires n'ont eu qu'à se réjouir vu la santé florissante de l'entreprise gazière, le moins que l'on puisse dire, c'est que les clients de GDF ont eux reçus la facture. S'il reste moins cher que les autres énergies, le gaz a toutefois vu ses tarifs s'envoler ces dernières années.

En parlant d'énergie, l'ouverture du capital d'EDF est intéressante. Celle-ci s'est faite, soi-disant pour permettre au groupe électrique de trouver les capitaux pour financer les investissements nécessaires pour demain. Et que voit-on ? Un PDG qui demande une augmentation faramineuse des tarifs, au nom même de ces investissements. Et pendant ce temps, l'entreprise investit à tout va à l'étranger, les syndicats dénoncent un parc de centrales nucléaires de plus en plus vétustes, et les habitants des zones rurales n'ont aucune garantie d'avoir la même qualité de services dans les années qui viennent.

Renault, ah Renault. L'entreprise symbole des luttes ouvrières par excellence. Depuis sa privatisation, elle se porte très bien, même si avec la crise elle connaît, comme toute l'industrie automobile, un passage difficile. Enfin, difficile surtout pour les entreprises sous-traitante et pour les ouvriers, car je n'ai pas entendu que les salaires des patrons et les revenus des actionnaires avaient diminués. Par contre, ce qui diminue aujourd'hui, c'est le nombre de véhicules fabriqués par Renault sur le sol Français. Plus de la moitié des voitures de la marque sont désormais construites à l'étranger. Et ces derniers mois, la délocalisation de l'emploi s'est renforcée.

Je terminerai ce rapide et incomplet tour d'horizon par les sociétés autoroutières. Privatisées contre toute logique économique, ces sociétés font aujourd'hui de très gros bénéfices. Pourtant dans le même temps l'augmentation des tarifs est exponentielle. Si c'est bien le contribuable qui a financé les infrastructures, aujourd'hui, ce sont des entreprises à caractère privés qui en touche les dividendes, alors même qu'elles n'ont pas contribuées à la construction des routes qu'elles exploitent.

Je n'ai pris ici que quelques exemples, mais on pourrait les multiplier (Total, les banques, etc.). Dans la plupart des cas, les nouveaux propriétaires et leurs actionnaires ont fait de juteux bénéfices. Par contre, ont voit souvent mal où est le gain pour le citoyen lambda. On comprend mieux qui a intérêt à ce que l'on privatise La Poste.

Posté par leunamme à 12:19 - economie et social - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Non à la privatisation de La Poste !

la_PosteLes employés de La Poste sont appelés à faire grève aujourd'hui pour s'opposer à l'ouverture du capital de leur entreprise. Ils craignent que cela 'entraîne la privatisation de fait, comme cela fut le cas pour les autres entreprises publiques (EDF, France Télécom, Air France, etc.). En effet, aucune n'a clairement été privatisée, toutes ont d'abord ouvert leur capital, avec promesse de l'état qu'il resterait majoritaire ; ils savent désormais qu'il ne faut rien attendre de ces promesses.

Mais le cas de La Poste est vraiment particulier. Il s'agit d'un des services publics préféré des Français. Mais La Poste dessert l'ensemble du territoire est tous les citoyens où qu'ils soient. Elle est l'une des armes mise en avant par les maires des petites communes pour lutter contre la désertification des zones rurales. Le facteur est très souvent la seule personne que voient de nombreuses personnes âgées dans la journée. Son rôle va bien au-delà de la simple distribution du courrier ou de la vente de timbres. Il met du lien social là où il n'y en a plus, il est le garant de la continuité de l'état partout, et il est aussi une part d'humanité dans un monde de solitude.

Mais les zones rurales ne sont pas les seules concernées. Dans de nombreux quartiers que l'on dit difficiles, La Poste est le seul service public, parfois le seul commerce. Le facteur s'aventure là où même la police ne va plus. Ici aussi, la notion de continuité de l'état n'est pas vaine. Les postiers sont peut-être le dernier élément qui permet à certains de nos concitoyens de sentir qu'ils font encore parti de la nation.

Alors évidemment, ces notions d'humanité, de solidarité, ne sont pas économiquement rentables ; Et une entreprise privée ne peut être condamnée si elle ne les remplit pas, sa raison d'être n'étant pas celle-ci. On voit bien mal comment des actionnaires du haut de leurs buildings pourraient porter attention au sort de la petite grand-mère isolée au fond de sa campagne, ou de celui du vieux monsieur qui ne peut plus descendre les 10 étages de sa tour.

Ne nous leurrons pas, la transformation de La Poste en société anonyme, puis l'ouverture de son capital signifie bien qu'il y a volonté de privatiser cette dernière. C'est d'autant plus scandaleux et inquiétant que le gouvernement a recours à un mensonge pour justifier cette manoeuvre. Il est certes vrai qu'à partir de 2011, l'Union Européenne nous impose l'ouverture à la concurrence des services postaux, mais cela ne veut en rien dire qu'il faut privatiser La Poste. La demande européenne consiste simplement à ce que d'autres entreprises puissent elles aussi distribuer le courrier (on peut évidemment être dubitatif sur cette mesure également), en aucun cas elle n'oblige l'état Français à se séparer de son service public postal.

Comme toujours lorsqu'il y a de pareilles transactions, on voit bien qui seront les principaux bénéficiaires. Les grands groupes financiers, les principales fortunes de ce pays. La privatisation de La Poste aura deux conséquences majeures : celle d'exclure encore un peu plus les citoyens les plus fragiles économiquement et socialement, et de les rendre encore plus distants de l'Europe qu'ils ne sont, tout simplement parce que les hommes politiques n'assument pas clairement leurs actes.

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15 septembre 2009

Suicides à France Télécom : c'est tout le système économique qui est en cause.

23 suicides en 18 mois à France Télécom. Et on ne parle pas ici des tentatives avortées. Les chiffres parlent d'eux-mêmes pour exprimer l'ampleur du désarroi des salariés. Ils sont également affligeants pour la direction qui pendant des mois à nier le problème et continuer les restructurations si mal vécues par le personnel comme si de rien n'était.

Mais France Télécom n'est pas un cas isolé dans notre société, ce mal-être des salariés au quotidien se retrouve dans énormément d'entreprises. Il faut se rappeler de la vague de suicides chez Renault Guyancourt, ou celle des salariés d'EDF en 2005. Ca, ce sont les entreprises dont on parle, parce qu'elles sont grandes et emblématiques. Mais le malaise va bien au-delà, il touche même des entreprises de taille moyenne.

Ce qui est en cause ici, ce n'est pas tant la mauvaise gestion de tel ou tel PDG, mais c'est bien plus encore la logique d'un système entièrement tourné vers le profit et la rentabilité. Mais attention, là où autrefois les bénéfices de la société amenaient une amélioration des conditions de l'ensemble des salariés, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Seuls une minorité, actionnaires extérieurs à l'entreprise le plus souvent profitent de ces nouveaux dividendes. D'où un sentiment d'injustice très fort.

De plus, ce sentiment ce couple avec une très forte dégradation des conditions de travail. Dans ce pays, la presse économique économique est toujours prompt à railler le nombre de jours de congés des Français, à critiquer les 35 heures, quitte à faire passer le Français pour un horrible fainéant. Pourtant, cette même presse a passé sous silence un rapport du Bureau International du Travail indiquant que les travailleurs étaient parmi les plus productifs au monde ( http://www.ecureuil.frwww.ecureuil.fr/les-francais-top-productifsles-francais-top-productifs/) , loin devant les allemands ou les japonais. Ce qui veut dire en filigrane que si le Français travaille, ses heures travaillées sont bien plus pénibles qu'ailleurs.

La dégradation des conditions de travail s'est généralisée en France. Le nombre de suicides, de dépressions est en constante augmentation. Pourtant, le gouvernement ne peut nier cette situation, puisqu'un rapport alarmant a été remis au ministre du travail en septembre 2007.

http://www.ladocumentationfrancaise.frwww.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publicsrapports-publics/084000156/index.shtmlindex.shtml

Rien n'a été fait jusqu'ici. Comme rien n'a été fait pour défendre les salariés de Molex, CaterpillarCaterpillar ou Continental. Par contre, c'est dans l'urgence que l'on débloque des milliards pour les banques ou l'industrie automobile.

Il ne s'agit pas d'un hasard, mais d'une même logique libérale. La faillite des banques ou les suicides chez France Télécom sont les deux facettes d'une même crise, celle d'un système complètement immoral que les principaux dirigeants de ce monde ont pourtant jugé urgent de sauver.

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10 septembre 2009

Mais que fait le gouvernement pour lutter contre la dégradation des conditions de travail ?

La vague de suicides à France Télécom vient nous rappeler que les conditions de travail se sont fortement dégradées dans ce pays. France télécom est loin d'être un cas isolé, la situation concerne de très nombreuses entreprises, et elle risque de s'aggraver avec la crise, le chôùage étant un très bon moyen de pression sur les salariés.

Pourtant, que fait le gouvernement sur ce sujet ? Il est pourtant si prompt à agir dès que des salariés se révoltent, et il n'hésite pas non plus à contribuer au délabrement de la vie au travail (le travail le dimanche par exemple). Mais là, rien, pas une seule déclaration de ministre. Ce sont pourtant des centaines de milliers de personnes qui sont concernées.

Et en plus, le gouvernement ne peut pas ignorer la gravité de la situation, puisque un rapport sur "la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail" a été remis le 12 mars 2008 au ministre du travail, Xavier Bertrand. Jusqu'à ce jour, aucun plan d'envergure n'a vu le jour. Peut-être parce que bien-être des salariés et augmentation des bénéfices des actionnaires sont incompatibles.

Mais, je préfére vous laisser vous faire votre propre idée, vous trouverez ci-dessous le texte du rapport remis au ministre :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000156/index.shtml

Posté par leunamme à 20:47 - economie et social - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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