rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

28 mars 2008

L'interprétation d'un sondage selon le site du Figaro

C'était en une du site du Figaro : d'après un sondage de l'institut Opinion Way, 58 % des Français trouvent que le style Sarkozy a changé en bien. Sauf que depuis, sur certains blogs, et notamment à cette adresse http://www.lepost.fr/perso/birenbaum/ , on peut trouver une interprétation très différente de ces chiffres.

En effet, s'il y a 58 % des sondés qui  trouvent que Sarkozy a changé, ce ne sont pas 58 % de l'ensemble des sondés, mais 58 % parmi les 49 % qui avaient répondu positivement au fait de trouver un changement dans l'attitude de Nicolas Sarkozy. Ce qui revient à dire qu'une très forte majorité de Français ne trouvent pas que Nicolas Sarkozy a changé en bien.

Cela m'amène deux petites réflexions :

1 ) Depuis qu'Etienne Mougeotte a repris le Figaro, ce journal devient véritablement la voix du pouvoir.

2 ) Il est vrai que la façon dont Opinion way donne parfois ces chiffres peut conduire à l'erreur. Cela ne peut que renforcer l'image d'institut à la solde de l'UMP qu'a Opinion way.

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29 février 2008

Tout est dans la question !

Selon un sondage Ifop pour le Figaro, une majorité de Français sont d'accord avec la loi sur la rétention de sûreté. Rien n'est étonnant puisque dès que l'on touche à la question de la sécurité, c'est toujours l'opinion la plus conservatrice qui l'emporte. Nicolas Sarkozy le sait bien, lui qui a surfé sur cette vague pour se faire élire. Le résultat ne surprend donc pas, mais on peut s'interroger sur la finalité de ce sondage. Puisque personne n'ignorait la réponse, il devient clair que son utilisation ne pouvait être que politique, et légitimer le recours du président de la République contre l'avis du Conseil Constitutionnel. On essaierait donc de nous manipuler. Et ce sentiment est renforcé quand on étudie de façon approfondie les questions posées.

1ère question : "Le Parlement a récemment adopté la loi sur la rétention de sûreté.
Cette rétention de sûreté vise à maintenir, à l’issue de leur peine, dans
des « centres socio-médicaux-judiciaires » des personnes condamnées
à une peine de réclusion criminelle supérieure ou égale à 15 ans et qui
représentent à l’issue de leur peine une probabilité élevée de récidive.
Approuvez-vous ou désapprouvez-vous cette mesure visant à instaurer
le principe d’une rétention de sûreté
" :

Déjà, l'intitulé parle de "centres socio-médicaux-judiciaires", mais ne dit pas ce que c'est. Ni s'ils existent, et encore moins comment ils seront financés. Le sondé est donc amené à se déterminer sur quelque chose qu'il ne connaît pas. Ensuite, il est affirmé que la personne présente une forte probabilité de récidive. Comment un sondé peut il répondre non dans ces conditions, puisque personne ne lui dit comment on sait que cette personne va récidiver.

2 ème question : "A propos de l’instauration du principe d’une rétention de sûreté, êtes
vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt pas d’accord ou pas
d’accord du tout avec les phrases suivantes ?

La rétention de sûreté va diminuer le taux de récidive en
maintenant en détention les criminels toujours
dangereux à l’issue de leur peine" :

Un criminel qui est en prison ne va pas récidiver. La réponse à cette question ne peut qu'être oui, puisqu'il s'agit d'une vérité.

La rétention de sûreté est une atteinte aux libertés car elle
condamne de nouveau des individus ayant
déjà effectué leur peine de prison :

Posée ainsi, la réponse devrait être non. Sauf que cette question arrive juste après la précédente, et donc il ne peut s'agir que de criminels dangereux. Mais une fois de plus, personne ne dit comment on sait qu'ils le sont, et personne n'indique si l'Etat a fait le nécessaire pensant la période d'enfermement pour qu'ils soient soignés.

A propos des personnes actuellement détenues pour une peine
supérieure ou égale à 15 ans et qui présentent une probabilité élevée
de récidive en sortant de prison, de laquelle des deux opinions
suivantes êtes-vous le plus proche ?

Au nom du principe de non-rétroactivité
d’une loi, on ne peut pas appliquer cette loi
instaurant la rétention de sûreté

Il faut appliquer dès maintenant la rétention
de sûreté à ces personnes pour éviter qu’elles
récidivent

La réponse ne peut qu'être favorable à la deuxième affirmation. Quelle est la part des sondés qui sait ce qu'est le principe de non-rétroactivité, et combien sont capable de dire en quoi sont non-respect peut être grave en matière de droits humains. Céder sur ce principe une seule fois serait créer une brèche qui en amènerait d'autres. Déjà, Mme Morano propose que l'on étudie tous les cas où la loi pourrait être rétroactive, sans que cela ne nuise aux droits de l'homme. Sauf que c'est la mise en cause de la loi qui est une atteinte aux droits de l'homme.

Ce sondage est donc une escroquerie manifeste, puisque la plupart des sondés sont amenés à ce prononcer dans un délai rapide sur des questions importantes, complexes qui méritent explications et réflexion. Mais, il n'est probablement pas dans l'intérêt des commanditaires d'expliquer, ce serait prendre le risque d'avoir une réponse différente. Tout comme Mr Sarkozy sait d'ailleurs très bien qu'il aura l'assentiment de la population sur ces questions, puisqu'à l'instar des médias, il se contentera de rester au niveau de l'affectif. Rien n'est fait pour donner aux Français l'ensemble des enjeux sur ces questions. Et à ceux qui le font, il est facile de les renvoyer à leur manque supposé de compassion envers les victimes. Alors qu'il ne s'agit nullement de droit des victimes, mais de la protection des libertés fondamentales de chacun d'entre nous.

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25 août 2007

La désinformation sondagière continue !

On sent bien que les vacances se terminent car les sondages reviennent. Et avec eux le matraquage pro-sarkozyste (quoi que ça ne soit jamais vraiment parti). Français, sachez-le, votre président est populaire. A voir !

Comme d'habiture, on peut faire dire aux sondages tout et n'importe quoi, mais surtout n'importe quoi. On nous informe donc que selon une dernière enquête d'opinion, 61 % des Français approuveraient l'action de Mr Sarkozy. Evidemment, dit comme cela, le commentaire qui suit comme quoi l'état de grâce se poursuit , paraît justifié. Et pourtant, même si elle est donnée, les journalistes insistent moins sur la deuxième donnée : cette côte de popularité baisse de 5 points. Mais ce qu'absolument aucun médias n'a répercuté, c'est que traditionnellement, vacances d'été oblige, les côtes de popularité de l'exécutif remontent en période estivale. Pas toujours, mais presque. En tout cas, sur les 20 dernières années, elles n'ont jamais baissé de 5 points.

Autre petit chiffre qui passe complètement inaperçu. La côte de popularité du premier ministre est sous la barre des 50 %, à 49 %.  mois seulement après une élection, seul Alain Juppé en 1995 avait fait pire.

Mais à part cela, on nous explique que Mr Sarkozy est populaire, proche des Français, et que tout va bien pour lui.

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07 août 2007

Comment les sondages nous manipulent.

On le sait, le gouvernement souhaite mettre fin à la limite d'âge de 60ans pour le départ à la retraite. L'affaire autour de Guy Roux lui avait déjà fourni de nombreux arguments pour revenir sur cet acquis social, mais cela ne suffisait pas. Comme par hasard, Le Parisien publie aujourd'hui un sondage allant dans le sens du gouvernement. Ou du moins, l'interprétation que l'on fait de ce sondage. Car, cela a été souvent dit, tout réside dans l'art de poser la question.

Et justement, cette question, quelle est-elle ? " Seriez-vous favorable à ce qu'un salarié puisse travailler après 65 ans s'il le souhaite ?". En faisant une petite explication de texte, on s'aperçoit que la réponse obtenue ne peut être autre qu'une majorité de oui. En effet, on parle ici d'un salarié de façon générale, c'est à dire les autres, pas seulement vous. Et en plus, on rajoute "s'il le souhaite". Mais qui voudrait s'opposer à ce qu'un autre que soi travaille après 65 ans s'il en exprime le désir. A priori peu de monde, la liberté de choix étant quelque chose de relativement consensuel. Il est donc logique d'obtenir une majorité de Français qui répondent positivement à la question.

Mais, si on posait la question autrement ? : Souhaiteriez-vous travailler après 65 ans ? Il n'est pas sûr que la réponse soit là-aussi positive, puisque dans ce cas là, on s'adresse directement à la personne interrogée, et non plus de façon indirecte et dépersonnalisée.

Mais tout cela n'a que peu d'importance, ce qui compte pour le sondeur (et le journal qui publie le sondage), c'est que la réponse soit bien celle que l'on voulait avoir, qui plus est de façon fortement majoritaire. Ainsi, le politique va pouvoir s'emparer sereinement du problème des retraites, tout auréolé de la soi-disante légitimité devant l'opinion que lui aura conféré ce sondage. C'est ainsi que l'on aura manipulé les gens, et que l'on aura porté un nouveau coup contre le système des retraites, tout en nous faisant croire qu'une majorité d'entre nous y est favorable.

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21 mai 2007

Nouvelle crise de sondagite aigue.

Ca y est, c'est reparti. Nous sommes de nouveau abreuvés quasi-quotidiennement de sondages. Les uns, sur les élections législatives nous indiquent que la droite aurait la majorité absolue à l'Assemblée Nationale (ce ne serait donc plus la peine d'aller voter), mais comme il s'agit non pas d'une élection, mais de 577, quelle valeur donner à ces soi-disant enquêtes ? Les autres nous disent que la cote de popularité du président Sarkozy est trés élevée, que son gouvernement est très apprécié, etc. Comment peut-on mesurer la popularité d'un gouvernement qui n'a encore rien fait et ne fera presque rien jusqu'aux élections, si ce n'est de la communication ?

Une seule chose est sûre, la grande manipulation est déjà repartie. Français, vous aimez votre président, les sondages le disent, alors donnez-lui une majorité. Oui, mais de gauche !

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09 mai 2007

De la dangerosité des sondages

Pensant la campagne électorale, nous avons été abreuvés comme jamais de sondages de toutes sortes : qu'est-ce que les ouvriers, les chômeurs, les possesseurs de voitures françaises vont voté ? Qui parle le mieux, est le plus compétent, le plus convaincant, etc. Des dizaines de questions chaque semaine. Seuls les chiens, les chats et les morts (quoique) n'ont pas été sondés. Je ne reviendrai pas sur les suspicions de manipulation des sondages, mais je vais plutôt poser une question : Servent-ils à quelque chose ?

Pour moi, la réponse est clairement non. Tout d'abord, de nombreuses questions posées sont saugrenues. On nous dit que les possesseurs de véhicules d'une marque au losange votent plus à gauche que les autres, vu les résultats de l'élection présidentielle, c'est Carlos Gohsn qui doit faire la gueule.

Mais l'argument le plus souvent donné par les sondeurs pour leur propre défense est le suivant : les sondages ne sont qu'une photographie de l'opinion à un instant T. Mais a-t-on besoin d'une photographie ? Et qui tient l'appareil ?

On le sait, les hommes politiques sont friands des sondages, et de nombreuses mesures sont prises ou retirées en fonction de ces derniers. La conviction intime de quelques 1000 personnes a remplacé l'action et le débat politique.

Mais la société est dans son ensemble souvent en retard sur l'évolution des moeurs. Si les révolutionnaires de 1789 avaient eu les sondages, auraient-ils autorisé le divorce dans une société trés catholique. S'il avait suivi les sondages Mitterrand n'aurait pas aboli la peine de mort. Un tel courage politique semble peu possible aujourd'hui, sinon nous aurions donné le droit de vote pour les étrangers en France, puisque à droite comme à gauche les principaux candidats y semblaient favorables.

Plus grave encore, lorsqu'un sondage est donné dans les médias, il est jeté en pâture comme une information à part entiére. Ce que l'on commente, c'est le résultat du sondage, jamais sa méthode ni son bien-fondé. C'est un vrai problème, puisque le résultat peut beaucoup changer en fonction de la façon dont la question est posée.

oui, les sondages sont dangereux, non pas parce qu'ils sont peut-être faux et manipulés, mais parce qu'ils s'imposent peu à peu comme la vérité indubitable et remplacent le nécessaire débat citoyen aprés lequel chacun peut décider en connaissance cause. Les sondages encouragent les calculs politiques et peuvent provoquer chez les gens des comportements électoraux qui ne sont pas toujours conformes à leurs idées politiques : combien ont voté Bayrou parce qu'il était mieux placé pour battre Sarkozy ensuite, combien ont voté Royal par peur de n'avoir aucun candidat de gauche au second tour ?

Les sondages sont une drogue pour beaucoup d'entre nous, moi le premier d'ailleurs, mais ils sont nocifs à la démocratie.

Posté par leunamme à 21:55 - critique des sondages - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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