19 novembre 2009
Sport, politique, économie, justice, médias : quand la morale fout le camp.
L'équipe de France de football s'est qualifiée pour la coupe du monde après un acte flagrant de tricherie. Il n'est même pas possible de le nier, tout le monde en a eu la preuve. Pourtant, la morale aurait voulu que l'on fasse justice aux irlandais et qu'au moins on rejoue le match. Oui, mais voilà, les enjeux financiers sont trop forts, les intérêts des grands groupes qui sponsorisent le sport et les médias ont intérêt à ce que la France se qualifie. Alors, adieu morale, la France a triché, mais elle ira en Afrique du sud.
Bon, ce n'est que du foot me direz-vous, ce n'est qu'un jeu , il serait bien que cela le reste et ne prenne pas la tournure de drame national actuelle. C'est vrai, sauf qu'en la matière, le sport n'est que le reflet de ce qui se passe dans la société. Ce climat de tricherie, cette ambiance où le plus riche, le plus puissant est intouchable gangrène désormais toutes les élites, dans tous les domaines. Et plutôt qu'un long discours, je pense que ces quelques exemples se passent de commentaires superflus :
- Les grandes fortunes de ce pays bénéficient depuis 2 ans de ristournes d'impôts importantes, tandis que la majorité des Français a vu son niveau de vie fortement diminuer sous l'effet de la crise. C'est légal, certes, mais complètement immoral.
- L'explosion de l'usine AZF en 2001 a fait plus de trente morts et des milliers de blessés. Pourtant, la justice a décidé qu'il n'y aurait pas de coupable. Des milliers de personnes resteront meurtries à vie dans leur chair sans que jamais les responsables ne soient désignés. C'est légal, mais complètement immoral.
- Les grandes banques ont plongé le monde dans une énorme crise économique. Elles ont touché des millions d'aide des grands états, et recommencent à faire des bénéfices colossaux tandis que des milliers de personnes se retrouvent sans emploi, conséquence de leurs excès. C'est légal, mais immoral.
- Les émissions de télé se multiplient où les instincts les plus bas sont flattés et encouragés. L'adultère, la dispute conjugale, la violence familiale deviennent un spectacle. C'est légal, mais immoral.
- On ne compte plus les hommes d'affaires, politiques ou célébrités mais en cause dans des histoires d'argent. Pourtant bien peu finissent par payer leur dette à la société. Mais dans le même temps, on n'hésite plus à arrêter des mineurs ou à expulser des enfants. C'est légal, mais immoral.
Thierry Henry n'a fait que pratiquer un sport, sauf qu'il est adulé par des milliers d'enfants pour lesquels il est un exemple. En trichant, en s'exonérant de toute responsabilité morale, il leur donne une image complètement négative. De même comment ne pas comprendre qu'un sentiment profond de colère est en train de monter quand l'impunité, la tricherie et le mensonge sont érigés comme vertues. Le geste de Thierry Henry n'est pas grave en soi, c'est ce qu'il indique sur l'état de délabrement moral de notre monde qui l'est.
09 novembre 2009
9 Novembre 1989 : victoire de la liberté. Mais de quelle liberté parle-t-on ?
Pour tous ceux qui étaient sur un île déserte ces derniers jours, ou qui sortent d'un coma profond et donc ne seraient pas au courant : aujourd'hui, cela fait 20 ans que le mur de Berlin est tombé. Il s'agit d'être bien sûr que tout le monde a compris que le peuple allemand a vaincu le diable communiste pour conquérir sa liberté. Par conquête de liberté, on sous-entend que le capitalisme a gagné, mais attention, il ne faut surtout pas prononcer le mot. En ces temps de crise, c'est vulgaire et tabou, il suffit juste de retenir l'idée que c'est le meilleur système économique et qu'il a vaincu.
Pourtant, j'aimerais que l'on m'explique pourquoi moi qui n'ai jamais vécu que dans le monde dit libre, je ne me sens pas toujours aussi libre qu'on aimerait que je le sois. En effet, tous ces journalistes, ces politiciens qui festoient en choeur à Berlin, de quelle liberté parlent-ils ?
- De la liberté de la presse ? Mais lisez vos journaux, regardez vos télévisions, écoutez vos radios, à quelques exceptions prés, ils disent tous la même chose depuis plusieurs jours. Les mêmes anecdotes ressassées à volonté, les mêmes personnalités interviewées partout. Bref, la voix de son maître est partout, et la seule différence avec la presse aux ordres qui existait sous l'ancienne RDA, c'est qu'aujourd'hui, les journalistes auraient la possibilité de faire autrement, mais qu'ils n'utilisent plus cette liberté.
- De la liberté de travailler ? Il n'est qu'à voir les charrettes de licenciements tous les jours, pour comprendre que là-aussi, parler de liberté est un leurre. Par contre, la liberté d'exploiter les autres existe bien elle.
- De la liberté de se déplacer où l'on veut ? C'est sûr, on peut aller où l'on veut quand on veut, à condition d'en avoir les moyens, ce qui élimine d'ores et déjà beaucoup de personnes. Et puis, même dans ce pays qui est censé être celui des droits de l'homme, si vous n'avez pas les bons papiers, ce droit là n'existe pas pour vous.
Bref, les européens de l'est ont juste fait tomber des dictatures, ils n'en sont pas plus libres pour autant. Il serait bon de temps en temps de rappeler que la plupart des intellectuels russes ou d'Europe de l'est qui étaient rentrés en dissidence, se battaient contre le régime communiste, mais pas forcément, loin s'en faut, par adhésion au capitalisme. Lequel n'est pas la liberté !
01 janvier 2009
Quelques idées pour demain !
Régulièrement, certains commentaires me reprochent d'être toujours dans la critique et de ne jamais rien proposer. J'admets qu'il y a un fond de vérité, mais face à un pouvoir qui fait une réforme inique par jour, il est difficile de ne pas être en permanence révolté et donc de critiquer. Cependant, pour commencer 2009, j'ai décidé de laisser libre cours à mon imagination et donc de déposer ici quelques idées (peut-être saugrenues) histoire de démontrer que dans bien des domaines d'autres directions sont possibles (et bien d'autres encore plus fonctionnelles et élaborées que des politiques, des économistes, des sociologues, des intellectuels ont fait et qui ne sont pas médiatisées, mais que je ne reprends pas ici).
En tout premier lieu, je crois qu'il faudrait redonner ses lettres de noblesse à la politique et sortir d'une gestion purement économique de la société. Remettre les hommes au centre de l'action publique. Le pouvoir devrait avoir pour but essentiel de favoriser et développer tout ce qui fait lien et sens entre les individus, tout ce qui facilite la vie commune et le respect de tous. Pour cela, l'argent, le profit, l'enrichissement matériel ne devraient plus être considérés comme des valeurs. La culture, l'éducation, la recherche, la santé devraient être les axes prioritaires d'une politique publique centrée sur le bien commun.
Dans ce but, le pouvoir dispose d'un outil formidable : le service public. Or, celui-ci est souvent mis à mal parce qu'on le met en opposition directe avec le monde de la finance et de la concurrence. Je crois qu'il est temps de décréter que les services publics n'ont pas pour vocation de générer des profits. Certains d'entre eux sont nécessaires et obligatoires quel que soit leur coût. L'ensemble du territoire doit être desservi de la même façon, de sorte d'assurer l'égalité de chacun face à des besoins vitaux : l'éducation, la santé, la culture, la justice, les transports publics, l'électricité, les moyens de communication.
Un des éléments créateurs de lien est évidemment le commerce. Je crois qu'il est urgent de mettre un coup d'arrêt à la construction de grandes surfaces, et un frein à la grande distribution, facteur d'individualisme et de déshumanisation. Il faudrait revenir à un commerce de proximité, notamment en aidant les petits commerçants à rester dans les villages. Il faudrait permettre aux communes de subventionner la création de petits magasins pour que chaque village, chaque quartier ait les services de base : boulangerie, épicerie, boucherie, coiffeur, pharmacie, ...
Les prix doivent être fixés en haut lieu, ou du moins, leur plus bas maximum. Ainsi, certes l'inflation remonterait, mais les délocalisations pour cause de profit disparaîtraient et se serait un moyen de freiner la concurrence entre les salariés d'ici et d'ailleurs. La différence entre les produits devant se faire sur leur qualité et non pas sur leur coût.
Pour l'environnement, mais aussi pour notre qualité de vie, je crois qu'il est urgent de revenir à une agriculture vivrière. Il faudrait, à mon sens, aider en priorité les petits exploitants, ceux qui font vivre les villages et sont l'image de la France profonde, plutôt que les gros propriétaires terriens de la Beauce ou de la Brie.
Un des grands chantiers de demain, à mon avis, concerne la liberté d'expression et la culture. Plutôt que de décréter la fin de la publicité sur la télévision publique et asservir complètement celle-ci au pouvoir en nommant directement son président, je préconise d'autres pistes concernant les médias. Tout d'abord, je crois qu'il est temps d'acter enfin la réalité du pouvoir médiatique et de faire rentrer celui-ci dans la constitution. Les membres du CSA devraient être élus au suffrage universel et avoir de vrais pouvoirs contraignants sur les chaînes qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Ensuite, il faudrait considérer qu'un grand média devrait être indépendant de tous les pouvoirs qu'ils soient politiques ou économiques. Par conséquent, une chaîne de télé, de radio, ou un grand journal national ou local ne devrait en aucun être lié économiquement à un groupe exerçant une activité hors des médias.
Pour terminer ce petit catalogue non exhaustif, je terminerai par le logement, problème malheureusement d'actualité pour beaucoup trop de personnes. Je préconise donc la création d'un grand service public national du logement se substituant à tous les offices HLM. Ce service serait chargé de réquisitionner les logements vides, de défendre les droits des locataires en évitant les excès et enfin, de construire les logements nécessaires.
Voilà, ce ne sont que quelques petites idées. Mais c'est promis, demain je cesse de rêver et je m'occupe de nouveau de notre réalité.
PS : pensez à la newsletter !
14 décembre 2008
Qu'est ce que la lutte des classes ?
Depuis plusieurs jours, l'un d'entre vous me laisse des commentaires où l'existence de la lutte des classes y est remise en cause. Comme cette idée est fortement véhiculée par les médias, j'ai cru bon de revenir sur ce concept.
Tout d'abord, qu'est ce que la lutte des classes ? Je me permet de renvoyer vers cette définition trouvée ici : http://www.toupie.orgwww.toupie.org/Dictionnaire/Lutte_des_classes.htm. Elle est celle qui correspond probablement le mieux à ce que je pense.
Ensuite, qui à intérêt à nier l'existence de la lutte des classes et pourquoi y a-t-il tant d'acharnement aujourd'hui dans cette négation ? Il est intéressant de voir que ceux qui refusent de voir la réalité sociale sont souvent issus de la droite et de la pensée libérale. Il n'est pas anodin de constater que les grands médias français appartenant tous ou presque à des grands groupes capitalistes sont les principaux vecteurs de cette négation. Refuser la lutte des classes, c'est aussi expliquer la misère, les inégalités, la pauvreté, par la fatalité, rendant ainsi caduque et inefficace toute idée même de rébellion. Pour ce camp, l'ordre des choses est bien ainsi et ne peut être changé.
Enfin, aujourd'hui, oui, absolument, la lutte des classes existe, simplement, une des parties protagonistes est depuis quelques décennies un peu affaiblie. Mais la lutte et la nécessité de la lutte sont toujours là. Qui peut nier aujourd'hui que ceux qui possèdent le capital n'exploitent pas le prolétariat. Comment expliquer autrement les délocalisations qui permettent de produire sans aucunes règles sociales ? Comment expliquer les licenciements boursiers, qui existent bien puisque même Mr Sarkozy admet qu'il y en a ? Il y a bien lutte des classes, le seul problème, c'est que seule la haute bourgeoisie a le sentiment d'appartenir à une classe sociale et quelle lamine tout ce qui pourrait nuire à ses intérêts.
23 août 2008
De la crise de la démocratie
Que l'on ne s'y trompe pas, le fort taux de participation à la dernière présidentielle ne signifie en rien que les Français se sont réconciliés avec la politique. Non, c'est juste la résultante de la peur que nos concitoyens se sont fait en 2002 et de la nouveauté d'avoir une femme en position éligible. L'abstention s'est d'ailleurs retrouvée renforcée dès le mois suivant aux élections législatives, puis aux municipales. Mais ce phénomène ne touche pas que la France, c'est le cas dans la plupart des démocratie occidentales, et gageons que si la présidentielle américaine passionne les foules, elle le doit en partie à la présence d'un candidat noir.
il serait temps de s'interroger sur cette désaffection électorale, et surtout à gauche, puisque c'est d'abord l'électorat populaire censé être le sien qui s'abstient. Et si les raisons sont multiples et varient évidemment d'un pays à l'autre, il y en a quand même deux qui à mon avis se détachent.
La première, particulière à la France et à certains pays comme l'Italie, tient lieu à l'honnêteté et à la probité de la classe politique. Quand il y a une différence notable entre les paroles et les actes (on le constate encore avec l'envoi de troupes en AfghanistanAfghanistan ou l'attitude face au problème tibétain), quand gouverner devient d'abord une manière de protéger ses intérêts privés ou ceux de ses amis (affaire Tapie en France, où les différents conflits d'intérêt concernant Silvio BerlusconiBerlusconi en Italie), quand la classe politique est mouillée dans de multiples affaires financières et s'en sort toujours indemne (contrairement au reste des citoyens qui voient les lois se durcir de plus en plus), alors le ressentiment devient fort, et c'est une crise de confiance envers le politique qui s'installe. Voire une haine sourde et un irrespect profond envers les élites : il est impensable d'imaginer De Gaulle ou Mitterand se faire publiquement insulter comme Sarkozy l'a été au salon de l'agriculture.
La seconde raison tient aux politiques menées. Gauche ou droite, les réformes prônées ou menées sont les mêmes. Les différences se jouent à la marge. Il est notable de constater qu'en Europe le libéralisme est incarné par Tony Blair et Gerhard Schröder, deux hommes censés être de gauche. Aujourd'hui, la présidentielle américaine va se jouer sur l'image et la personnalité des candidats beaucoup plus que sur leurs programmes : et pour cause, ce sont les mêmes. Il en fut d'ailleurs de même pour la France, l'Italie ou l'Allemagne. Or, quand toutes les personnalités politique de premier plan pensent la même chose, à cela sert-il de demander au peuple de choisir. Qui aujourd'hui peut affirmer que le Parti Socialiste aurait mené une politique différente de celle de Nicolas Sarkozy ? Ce nivellement idéologique se retrouve forcément dans l'abstention.
Et pourtant, si les Français (et les occidentaux en général) ne se reconnaissent plus dans leur personnel politique (d'autant qu'il est sociologiquement bien peu représentatif des Français dans leur ensemble), ils sont loin de rejeter la politique. L'engouement pour le référendum sur la constitution européenne est là pour le prouver. Mais aussi le phénomène qui entoure la montée d'Olivier Besancenot. Les Français, les européens ont largement conscience des défis économiques ou écologiques qui s'ouvrent à eux. Mais ils attendent des politiques un discours de vérité, ils attendent d'eux qu'ils soient honnêtes et ne cèdent pas aux pressions des lobbies ou des milieux financiers. Bref, ils attendent d'eux qu'ils soient intègres et surtout à leur service.
18 juin 2008
L'Union Européenne a fait son temps, passons à l'Union Mondiale.
Le vote Irlandais de refus de la constitution européenne succède aux votes Français et Néerlandais. C'est la preuve que l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est plus en phase avec les peuples. Pourtant, elle a représenté un vrai espoir au sortir de la guerre, et même il y a encore peu de temps pour les pays d'Europe de l'est. Aujourd'hui dans un contexte d'économie mondialisée, elle est dépassée, il faut donc passer à autre chose, une Union Mondiale bâtie en priorité sur des normes sociales et non plus économiques.
Oui, la construction européenne a été une vraie nécessité. L'Europe sortait de deux guerres particulièrement dévastatrices et venait de connaître le plus grand holocauste de son histoire. Il y avait donc une volonté d'en finir avec les guerres à répétition. Et de fait, nous sommes dans une période de 60 ans de paix, ce qui n'était jamais arrivé sur ce continent.
De plus, la construction de la CEE s'inscrit dans un contexte particulier de guerre froide, avec un monde bipolaire. Il y a une vraie volonté de la part des Européens d'exister entre ces deux blocs. D'une part de couper le cordon avec les USA, cordon issu de la guerre et du plan Marshall, et d'autre part, de faire face à la montée du communisme, puissant dans certains pays d'Europe occidentale comme la France ou l'Italie. La construction européenne s'inscrit dans ce contexte, et elle représente à l'origine un vrai espoir pour les populations. L'espoir d'une paix durable et l'espoir de meilleures conditions économiques et sociales.
Mais l'Union Européenne actuelle a montré ses limites. Tout d'abord, elle pâtit d'un énorme déficit de légitimité démocratique. La plupart des décisions importantes sont prises par des commissaires qui ne sont pas élus, qui apparaissent aux yeux de la population comme des technocrates, et qui sont soumis aux pressions des lobbies divers et variés (il n'est qu'à voire le nombre d'associations ou de syndicats patronaux installés à Bruxelles près de la commission pour s'en rendre compte). De plus, le rôle du parlement européen est obscur, ne contribue pas à la naissance d'un sentiment européen puisque les élections sont nationales et apparaissent comme inutiles, puisque majorité et opposition se partagent le pouvoir et sont d'accord sur l'essentiel.
Mais , les principales fragilités de l'Union Européenne remontent à ses origines. Elle a d'abord été une construction économique (la Communauté Européenne du charbon et de l'acier), ce qui vu les dissensions apparaissait comme le plus facile à faire et comme un premier pas. On pensait alors que les dispositions sociales suivraient automatiquement : ce ne fut jamais le cas. Et de fait les milieux économiques sont surpuissants. La libre circulation des capitaux existe bien, mais il n'y a aucune harmonisation sociale ou fiscale, ce qui permettrait de protéger les citoyens contre certains excès de la mondialisation.
De fait, l'Europe en tant qu'entité politique apparaît comme fictive. Ses dirigeants sont incapables de prendre une décision commune sur les grands dossiers internationaux, mais surtout, de part son fonctionnement, chaque pays membre agit comme s'il était en concurrence avec les autres. Les nationalismes prennent le dessus peu à peu sur le sentiment européen. Or, un des objectifs de la création de la CEE, était justement de ne plus revoir ces nationalismes.
Tout cela, fait que l'Union Européenne, aux yeux de ses ressortissants, apparaît de plus en plus comme lointaine, mais surtout comme hostile et contraire aux intérêts de la majorité des citoyens.
Il faudrait revenir aux fondamentaux, ceux qui ont préexistait à la création de l'Union : une organisation commune qui protégerait les citoyens, et les rendrait plus aptes à se protéger économiquement. Mais aujourd'hui, dans la mondialisation, même si l'Europe se réformait, elle ne suffirait plus. Il faut voir plus grand, passer à une organisation Mondiale.
Il est évident que l'Union Européenne doit se réformer, et se doter d'une constitution ne suffirait pas. Elle doit se doter de règles sociales et fiscales communes, pour éviter la concurrence entre états membres, et permettre le progrès social par le haut pour tous. Faire des modifications dans ce sens est une nécessité, mais dans une économie mondialisée n'est plus suffisant. Il faut des règles beaucoup plus larges pour faire face aux délocalisations qui appauvrissent les pays riches et ne permettent pas le développement des plus pauvres. Il faut aussi des réglementations internationales pour mieux réguler les flux migratoires et éviter que ne soient mis en place ici ou là des politiques répressives contraires aux droits de l'homme élémentaires (comme c'est le cas en France ou dans d'autres pays européens).
Il faut donc passer à une gouvernance mondiale, mais une gouvernance qui ne pas économique, qui concerne l'ensemble des politiques à mener : culturelles, sociales, fiscales, etc. Cette gouvernance doit permettre une régulation économique (alors qu'en Europe, elle renforce la dérégulation économique, ou du moins, c'est le sentiment que les Européens ont), elle doit faire progresser les pays pauvres, et permettre aux populations des pays riches de conserver leurs acquis sociaux. Créer une organisation mondiale supranationale, serait aussi le seul moyen efficace de répondre à des problèmes colossaux pour la planète : l'environnement, le terrorisme, la pauvreté, l'immigration, etc.
Mais voilà, appeler à une telle organisation est facile, la construire semble délicat, et à dire vrai fortement utopique. En tout cas, cela ne peut en aucun cas se faire sous l'égide de l'ONU. Cette organisation s'avère inefficace et incapable de résoudre les grands maux de la planète. De plus elle est foncièrement anti-démocratique et apparaît surtout comme le moyen pour les grandes puissances de maintenir leur emprise.
Il faut donc inventer de nouvelles organisations, qui ne soient pas des outils économiques au profit des grandes puissances et des multinationales comme le sont l'OMC, le FMI ou la Banque Mondiale. Ces nouvelles organisations doivent s'inspirer des échecs de l'Union Européenne. Elles doivent être le fruit du mouvement social, être l'émanation de la volonté des peuples. Un peu partout dans le monde, dans les démocraties, l'abstention se renforce, le vote contestataire monte, signifiant le rejet de politiques qui toutes vont dans le même sens. Face à cela, des réponses, certes timides et peu audibles commencent à voir le jour. Une organisation mondiale des syndicats a récemment vu le jour, et surtout, une prise de conscience internationale qu'il faut s'organiser et trouver des solutions globalement apparaît, notamment à travers les forums sociaux, outils formidables de développement d'idées.
Arriver à une gouvernance mondiale sera un chemin long, fastidieux, parsemé d'embûches. Mais ce chemin est non seulement possible mais surtout indispensable.
24 mai 2008
Sommes-nous à l'aube de grands bouleversements ?
Ce n'est pas d'aujourd'hui, des dizaines de voix se sont déjà élevées pour dire que le système économique dans lequel nous vivons nous emmène droit dans le mur. Le capitalisme à outrance tel que nous le connaissons à certes permis à des millions de personnes d'accéder au confort, de voir leurs conditions de vie progresser, voir de s'enrichir, mais ses dégâts collatéraux sont considérables : catastrophes environnementales, accroissement des inégalités, asservissement de populations entières. On pourrait trouver d'autres raisons à ces maux, mais la course au profit les amplifie tous considérablement.
Des écologistes, des politiques éclairés, des hommes et des femmes conscients de ce qui se passe autour d'eux, ont bien essayé de tirer la sonnette d'alarme, d'avertir ceux qui sont en capacité de prendre les décisions. Mais la puissance des lobbies économiques ajoutée à l'idéologie ultra-libérale régnant dans ces milieux, tout cela fait que jusqu'à maintenant ils n'ont pas voulu ou réussi à imposer les réformes nécessaires, celles qui permettraient de changer les mentalités pour une utilisation parcimonieuse des ressources de la planète, pour une économie enfin au service de l'homme et non de l'argent, pour une diminution des inégalités.
Pourtant, la crise économique actuelle pourrait bien réussir là où les hommes n'ont pas eu assez de volonté. L'envolée des prix du pétrole a déjà commencé à changer les comportements individuels, et la hausse des prix de toutes les matières premières nous oblige à une gestion plus économiques de nos ressources. De même, il ne fait de secret pour personne que la main-d'oeuvre pèse pour beaucoup moins que les transports dans le coût d'un produit. Cela pourrait être la fin d'une certaine mondialisation qui remet en cause les acquis sociaux des pays riches sans permettre de progrès pour les plus pauvres. Et si les humains cessaient d'être considérés comme des marchandises ? En tout cas, des modifications profondes dans les modèles économiques actuels se profilent.
Mais ce tableau n'est pas idyllique, bien au contraire. Les famines menacent en Afrique ou en Asie, les catastrophes naturelles se multiplient, et dans certains pays des émeutes ont déjà eu lieu. Elles prennent même parfois un inquiétant caractère raciste comme en Afrique du sud.
Il est donc urgent de prendre la mesure des bouleversements qui nous attendent et de s'atteler à d'immenses chantiers : une meilleure répartition des richesses, une gestion des ressources naturelles qui soit parcimonieuse et respectueuse de l'environnement, la mise sous contrôle de l'économie au bénéfice des hommes.
Tôt ou tard nous serons obligés de modifier nos comportements. Malheureusement il semble que parmi les dirigeants actuels de la planète il n'y ait pas encore de voix pour porter et encourager les changements nécessaires. Espérons que la prise de conscience arrivera avant qu'il ne soit trop tard.
23 septembre 2007
La classe ouvrière n'est pas passée à droite !
Sondages après sondages, on noue serine la même chose, les classes populaires et particulièrement les ouvriers soutiendraient le gouvernement de Sarkozy et ses principales mesures. Cette affirmation est bien relayée par la presse sarkozyste, et pour cause, dire que le président est populaire au sein du coeur de cible de la gauche, revient à justifier sa politique.
Et pourtant, je reste sceptique face à ces affirmations. Il suffit de regarder les résultats de présidentielle pour s'apercevoir que la majorité des ouvriers et des employés ont voté pour Mme Royal. Même si c'est dans une proportion beaucoup moins forte qu'avant. Mais on oublie souvent de signaler 2 choses. La première, c'est qu'il y a tout de même eu 15 % d'abstentionnistes, et que les ouvriers sont en proportion plus nombreux parmi eux. Leur méfiance par rapport aux politiques reste donc très fort, et ils n'ont visiblement pas été attirés par Nicolas Sarkozy. Le second point, est que de nombreux ouvriers sont de nationalité étrangère et n'ont donc pas le droit de vote, et on peut sans danger affirmer que ce n'est pas la droite qui aurait majoritairement leur preférence.
Mon scepticisme est en outre renforcé par le fait que les classes populaires vont être les premières victimes de la casse sociale voulue par le président. Or, s'il est vrai que dans tous les sondages, une majorité d'ouvriers et d'employés approuvent la réforme des régimes de retraite ou d'autres mesures, ce qu'aucun journaliste ne précise, c'est que c'est toujours dans une proportion bien moindre que les autres catégories sociales.
Mais voilà, la presse aux ordres a bien fait son boulot, et lorsque vous discutez avec des amis, il n'est désormais pas rare d'enendre que les ouvriers soutiennent Sarkozy. Alors que la situation se tend sur le terrain social, on voit très bien à quoi peut servir cet argument. La désinformation continue, mais elle peut encore être démentie dans la rue ou dans les urnes.
30 août 2007
De l'importance des services publics.
A l'heure où l'on parle abondamment de suppressions de postes de fonctionnaires, de réduction du déficit, de privatisations, j'ai trouvé intéressant de poser la question de l'importance des services et entreprises publics en France.
Tout d'abord, un service public est le financement par la collectivité, donc par l'impôt, des missions régaliennes de l'Etat : la justice, la police, la défense, et la collecte de l'impôt. Ces service publics là sont obligatoires. Mais il en est d'autres qui nous semblent aujourd'hui indispensables et qui relèvent de besoins que chaque citoyen ne peut prendre en charge lui-même, à cause de leurs coûts, et par souci d'égalité entre tous. Ce sont la santé, l'éducation, l'aide à l'emploi, la culture, toutes sortes de services qui permettent une meilleure cohésion dans la société et qui peuvent nous rendre la vie plus facile au quotidien.
Les entreprises publiques participent également de cette logique, bien qu'ayant un statut différent. Que ce soit EDF, la SNCF, GDF, France Télécom, La Poste, ou d'autres, c'est grâce à elles que la France est équipée en infrastructures lourdes (centrales électriques, autoroutes, téléphone, gaz). Elles ont aussi permis une égalité de traitement entre tous, avec l'électricité au même tarif pour tous, quel que soit l'endroit du territoire où l'on réside, par exemple. Tout ceci coûte évidemment si cher qu'il ne peut être réalisé que grâce à l'apport de l'Etat. Aucune entreprise privée (et à fortiori des particuliers) ne pourrait financer ces équipements, puisqu'il faudrait trop de temps avant qu'ils ne puissent être rentables.
Bien sûr, dans la plupart des pays, et évidemment dans le nôtre, il existe des structures privées qui exercent les mêmes missions que les services publics. Ce sont les cliniques, les écoles privées, etc. Mais l'utilisateur de ces services privés doit payer plus cher, ce que tout le monde ne peut faire. C'est parce qu'ils sont d'abord un moyen d'égalité et de soutien aux plus fragiles et aux plus pauvres, que les services publics sont nécessaires. En les remettant en cause, en diminuant le nombre de fonctionnaires de façon totalement arbitraire, comme ce qui se passe actuellement, on s'attaque aux personnes les plus vulnérables et on met à mal la cohésion de la société, puisqu'un nombre croissant de citoyens peut se sentir exclu d'un accès de qualité à l'enseignement, la recherche d'emploi, la sécurité, la justice, ou autre.
De même, lorsque l'on privatise ou que l'on soumet à la concurrence des entreprises publiques, c'est là aussi les plus faibles qui en pâtissent. On a bien vu avec l'ouverture du marché de la téléphonie, puis la privatisation de France Télécom, que cela ne débouchait absolument pas sur une baisse des tarifs. L'exemple du service de l'assainissement de l'eau est également saisissant sur ce sujet. De plus, lorsque l'on vend à des firmes privées, des entreprises telles que les sociétés d'autoroute, ou GDF, ce sont des biens collectifs, financés par l'impôt, donc par chacun d'entre nous, que l'on vend. Nous nous sommes donc payé des infrastructures lourdes, coûteuses, qui nous sont bénéfiques au quotidien, et désormais ce sont de grands groupes privés qui n'ont pas déboursé un centime en investissement, qui vont en assurer l'exploitation.
La défense d'un service public de qualité, rendu de la même façon sur l'ensemble du territoire, n'est pas que l'affaire des fonctionnaires, elle est celle de chacun d'entre nous. Parce que ces services et ces entreprises nous appartiennent, mais aussi et surtout parce qu'ils sont nécessaires au fonctionnement de la société et qu'aucune entreprise privée, pour qui compte avant tout la rentabilité, ne peut en assurer l'ensemble des missions de façon satisfaisante et équitable pour tous.
16 août 2007
De la représentation des minorités !
Je profite du ralentissement estival en matière d'actualité sociale et politique, pour revenir sur le printemps électoral, et plus spécialement sur un point, anodin peut-être pour certains, mais qui me tient à coeur, celui de la représentation des minorités au sein de la République.
On a beaucoup dit, et souvent pour se féliciter, sur les nominations à des postes gouvernementaux, de personnes issues de l'immigration. C'est en effet une très bonne chose, et il est bien dommage que la gauche, qui lorgne quand même du côté de cet électorat, n'ait pas fait plus dans ce sens. De même, bien qu'étant de gauche (ce blog en atteste, du moins je l'espère), je me félicite que des Français noirs ou issus de l'immigration puissent voter à droite selon leurs convictions profondes, plutôt qu'à gauche dans un réflexe qui ne serait que communautaire (si elles votent à gauche par convictions, c'est quand même mieux). C'est un signe de vitalité pour la République et la démocratie.
Ceci, dit, derrière tout cela, il y a quand même un gros coup de communication, bien relayé par les médias, qui se sont bien chargés de mettre en parallèle la composition gouvernementale avec l'archaïsme supposé de la gauche sur cette question. Mais, si on regarde de plus près, il n'est pas sûr qu'entre la gauche et la droite, la plus archaïque des deux soit la gauche.
En effet, je ferais tout d'abord remarquer que de tous les ministres évoqués ci-dessus, tous n'ont jamais été élus, et aucun n'a été candidat aux élections législatives. Certes, ni la gauche, ni la droite n'ont présenté énormément de candidats issus des minorités à ces élections, mais force est de reconnaître que ceux présentés par le PS, l'ont parfois été dans des circonscriptions gagnables, et ont bénéficié d'une exposition médiatique importante, que ce soit Mme Belkacem à Lyon, Mr Lamdaoui à Argenteuil ou Mr Désir en Charentes.
De plus, à ma connaissance, la seule députée noire de métropole, est Mme Pau-Langevin à Paris, et elle est de gauche, de même que le seul maire noir. On voit donc bien que si la droite a envoyé un message fort (et nécessaire) à ces populations, sa base n'y est pas encore prête.
de même, si nous étendons à d'autres minorités, comme par exemple les homosexuels, Mr Delanoë est maire de Paris, et son importance politique dépasse largement la capitale. Si on met en parallèle avec les difficultés rencontrées par Mr Roméro à droite, on se dit que l'UMP a encore du travail à accomplir (la gauche également d'ailleurs), surtout quand on se rappelle les discours de certaines personnes comme Mme Boutin au moment de la bataille du PACS.
Les femmes, justement, parlons-en (je sais, ce n'est pas une minorité, sauf en politique malheureusement). Les quatre candidates à la présidentielle étaient toutes de gauche, et une d'entre elles pouvait même prétendre à la fonction suprême. et au niveau des députées, même si elles sont encore trop peu nombreuses, la majorité des élues l'ont été comme candidates de la gauche.
Alors, oui, le gouvernement a bien fait un coup de communication, et en la matière, cela ne me gêne pas vraiment. Mais, il y a aussi les faits, et leur vérité est bien différente. Et elle est rarement entendue sur les ondes. malgré tout, sur ces domaines, droite comme gauche ont encore beaucoup à faire.