rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

23 septembre 2007

La classe ouvrière n'est pas passée à droite !

Sondages après sondages, on noue serine la même chose, les classes populaires et particulièrement les ouvriers soutiendraient le gouvernement de Sarkozy et ses principales mesures. Cette affirmation est bien relayée par la presse sarkozyste, et pour cause, dire que le président est populaire au sein du coeur de cible de la gauche, revient à justifier sa politique.

Et pourtant, je reste sceptique face à ces affirmations. Il suffit de regarder les résultats de présidentielle pour s'apercevoir que la majorité des ouvriers et des employés ont voté pour Mme Royal. Même si c'est dans une proportion beaucoup moins forte qu'avant. Mais on oublie souvent de signaler 2 choses. La première, c'est qu'il y a tout de même eu 15 % d'abstentionnistes, et que les ouvriers sont en proportion plus nombreux parmi eux. Leur méfiance par rapport aux politiques reste donc très fort, et ils n'ont visiblement pas été attirés par Nicolas Sarkozy. Le second point, est que de nombreux ouvriers sont de nationalité étrangère et n'ont donc pas le droit de vote, et on peut sans danger affirmer que ce n'est pas la droite qui aurait majoritairement leur preférence.

Mon scepticisme est en outre renforcé par le fait que les classes populaires vont être les premières victimes de la casse sociale voulue par le président. Or, s'il est vrai que dans tous les sondages, une majorité d'ouvriers et d'employés approuvent la réforme des régimes de retraite ou d'autres mesures, ce qu'aucun journaliste ne précise, c'est que c'est toujours dans une proportion bien moindre que les autres catégories sociales.

Mais voilà, la presse aux ordres a bien fait son boulot, et lorsque vous discutez avec des amis, il n'est désormais pas rare d'enendre que les ouvriers soutiennent Sarkozy. Alors que la situation se tend sur le terrain social, on voit très bien à quoi peut servir cet argument. La désinformation continue, mais elle peut encore être démentie dans la rue ou dans les urnes.

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30 août 2007

De l'importance des services publics.

services_publicsA l'heure où l'on parle abondamment de suppressions de postes de fonctionnaires, de réduction du déficit, de privatisations, j'ai trouvé intéressant de poser la question de l'importance des services et entreprises publics en France.

Tout d'abord, un service public est le financement par la collectivité, donc par l'impôt, des missions régaliennes de l'Etat  : la justice, la police, la défense, et la collecte de l'impôt. Ces service publics là sont obligatoires. Mais il en est d'autres qui nous semblent aujourd'hui indispensables et qui relèvent de besoins que chaque citoyen ne peut prendre en charge lui-même, à cause de leurs coûts, et par souci d'égalité entre tous. Ce sont la santé, l'éducation, l'aide à l'emploi, la culture, toutes sortes de services qui permettent une meilleure cohésion dans la société et qui peuvent nous rendre la vie plus facile au quotidien.

Les entreprises publiques participent également de cette logique, bien qu'ayant un statut différent. Que ce soit EDF, la SNCF, GDF, France Télécom, La Poste, ou d'autres, c'est grâce à elles que la France est équipée en infrastructures lourdes (centrales électriques, autoroutes, téléphone, gaz). Elles ont aussi permis une égalité de traitement entre tous, avec l'électricité au même tarif pour tous, quel que soit l'endroit du territoire où l'on réside, par exemple. Tout ceci coûte évidemment si cher qu'il ne peut être réalisé que grâce à l'apport de l'Etat. Aucune entreprise privée (et à fortiori des particuliers) ne pourrait financer ces équipements, puisqu'il faudrait trop de temps avant qu'ils ne puissent être rentables.

Bien sûr, dans la plupart des pays, et évidemment dans le nôtre, il existe des structures privées qui exercent les mêmes missions que les services publics. Ce sont les cliniques, les écoles privées, etc. Mais l'utilisateur de ces services privés doit payer plus cher, ce que tout le monde ne peut faire. C'est parce qu'ils sont d'abord un moyen d'égalité et de soutien aux plus fragiles et aux plus pauvres, que les services publics sont nécessaires. En les remettant en cause, en diminuant le nombre de fonctionnaires de façon totalement arbitraire, comme ce qui se passe actuellement, on s'attaque aux personnes les plus vulnérables et on met à mal la cohésion de la société, puisqu'un nombre croissant de citoyens peut se sentir exclu d'un accès de qualité à l'enseignement, la recherche d'emploi, la sécurité, la justice, ou autre.

De même, lorsque l'on privatise ou que l'on soumet à la concurrence des entreprises publiques, c'est là aussi les plus faibles qui en pâtissent. On a bien vu avec l'ouverture du marché de la téléphonie, puis la privatisation de France Télécom, que cela ne débouchait absolument pas sur une baisse des tarifs. L'exemple du service de l'assainissement de l'eau est également saisissant sur ce sujet. De plus, lorsque l'on vend à des firmes privées, des entreprises telles que les sociétés d'autoroute, ou GDF, ce sont des biens collectifs, financés par l'impôt, donc par chacun d'entre nous, que l'on vend. Nous nous sommes donc payé des infrastructures lourdes, coûteuses, qui nous sont bénéfiques au quotidien, et désormais ce sont de grands groupes privés qui n'ont pas déboursé un centime en investissement, qui vont en assurer l'exploitation.

La défense d'un service public de qualité, rendu de la même façon sur l'ensemble du territoire, n'est pas que l'affaire des fonctionnaires, elle est celle de chacun d'entre nous. Parce que ces services et ces entreprises nous appartiennent, mais aussi et surtout parce qu'ils sont nécessaires au fonctionnement de la société et qu'aucune entreprise privée, pour qui compte avant tout la rentabilité, ne peut en assurer l'ensemble des missions de façon satisfaisante et équitable pour tous.

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16 août 2007

De la représentation des minorités !

Je profite du ralentissement estival en matière d'actualité sociale et politique, pour revenir sur le printemps électoral, et plus spécialement sur un point, anodin peut-être pour certains, mais qui me tient à coeur, celui de la représentation des minorités au sein de la République.

On a beaucoup dit, et souvent pour se féliciter, sur les nominations à des postes gouvernementaux, de personnes issues de l'immigration. C'est en effet une très bonne chose, et il est bien dommage que la gauche, qui lorgne quand même du côté de cet électorat, n'ait pas fait plus dans ce sens. De même, bien qu'étant de gauche (ce blog en atteste, du moins je l'espère), je me félicite que des Français noirs ou issus de l'immigration puissent voter à droite selon leurs convictions profondes, plutôt qu'à gauche dans un réflexe qui ne serait que communautaire (si elles votent à gauche par convictions, c'est quand même mieux). C'est un signe de vitalité pour la République et la démocratie.

Ceci, dit, derrière tout cela, il y a quand même un gros coup de communication, bien relayé par les médias, qui se sont bien chargés de mettre en parallèle la composition  gouvernementale avec l'archaïsme supposé de la gauche sur cette question. Mais, si on regarde de plus près, il n'est pas sûr qu'entre la gauche et la droite, la plus archaïque des deux soit la gauche.

En effet, je ferais tout d'abord remarquer que de tous les ministres évoqués ci-dessus, tous n'ont jamais été élus, et aucun n'a été candidat aux élections législatives. Certes, ni la gauche, ni la droite n'ont présenté énormément de candidats issus des minorités à ces élections, mais force est de reconnaître que ceux présentés par le PS, l'ont parfois été dans des circonscriptions gagnables, et ont bénéficié d'une exposition médiatique importante, que ce soit Mme Belkacem à Lyon, Mr Lamdaoui à Argenteuil ou Mr Désir en Charentes.

De plus, à ma connaissance, la seule députée noire de métropole, est Mme Pau-Langevin à Paris, et elle est de gauche, de même que le seul maire noir. On voit donc bien que si la droite a envoyé un message fort (et nécessaire) à ces populations, sa base n'y est pas encore prête.

de même, si nous étendons à d'autres minorités, comme par exemple les homosexuels, Mr Delanoë est maire de Paris, et son importance politique dépasse largement la capitale. Si on met en parallèle avec les difficultés rencontrées par Mr Roméro à droite, on se dit que l'UMP a encore du travail à accomplir (la gauche également d'ailleurs), surtout quand on se rappelle les discours de certaines personnes comme Mme Boutin au moment de la bataille du PACS.

Les femmes, justement, parlons-en (je sais, ce n'est pas une minorité, sauf en politique malheureusement). Les quatre candidates à la présidentielle étaient toutes de gauche, et une d'entre elles pouvait même prétendre à la fonction suprême. et au niveau des députées, même si elles sont encore trop peu nombreuses, la majorité des élues l'ont été comme candidates de la gauche.

Alors, oui, le gouvernement a bien fait un coup de communication, et en la matière, cela ne me gêne pas vraiment. Mais, il y a aussi les faits, et leur vérité est bien différente. Et elle est rarement entendue sur les ondes. malgré tout, sur ces domaines, droite comme gauche ont encore beaucoup à faire.

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05 août 2007

Veuillez ne plus cacher votre argent !

La France a longtemps été un pays particulier, où l'on feignait de donner plus d'importance aux choses de l'esprit qu'aux biens matériels. C'était bien le moins à attendre lorsque l'on se revendique à tout bout de champ d'être la patrie qui a donné naissance aux philosophes des Lumières, quand on est un pays qui a connu une telle effervescence intellectuelle après-guerre, et qui a un des derniers systèmes scolaires où l'on enseigne la philosophie au lycée.

prédominance de l'esprit donc, de la réflexion, et d'une façon générale de l'être sur le paraître. Ce qui peut expliquer que dans ce pays les questions d'argent ont souvent été taboues (ce qui a parfois posé quelques problèmes au niveau national, concernant les rémunérations de nos chefs d'Etat par exemple), et que les riches ont souvent été vus avec mépris, notamment dans les classes populaires.

Cependant, depuis la fin des années 70, les digues ont peu à peu sautées sous la pression des milieux d'affaires et des médias. Plus personne ne s'insurge aujourd'hui devant les rémunérations indécentes de certains grands patrons, sportifs ou artistes. Quand dans les années 80 Yves Montand se fait rémunérer pour passer à une émission de télévision, ou quand Michel Platini part jouer en Italie pour un transfert de 14 millions de francs, toute la presse monte au créneau. Aujourd'hui, ces faits se sont banalisés, mais les sommes de l'époque paraissent dérisoires face aux montants qui circulent aujourd'hui.

Mais il restait jusqu'ici quelques zones taboues. Elles ont toutes sautées le 6 mai 2007 à 20h00. Peu après son élection, le président élu va dîner au Fouquet's avec tout ce que la France compte comme grandes fortunes, il passe la nuit dans le même hôtel de luxe, se repose quelques jours sur un yacht gigantesque prêté par un des hommes les plus riches de France, et enfin passe ses grandes vacances dans une villa américaine pour un coût qui correspond à plusieurs années de smic. Le message est clair, l'argent est devenu la valeur première, celle qui fait référence. Non seulement il n'est plus méprisable d'être riche, mais il est de bon ton de l'exhiber.

A l'heure où les classes populaires ont quasiment disparues de la sphère médiatique, où la classe ouvrière passe pour morte alors qu'elle représente encore 6 millions de personnes, où l'on se méfie des plus pauvres, où les quartiers périphériques où vivent les plus fragiles sont le plus souvent stigmatisés et vilipendés, cette nouvelle attitude sans gêne instituée par les plus hautes sphères du pouvoir est nauséabonde et ne peut à mon avis que générer la colère et la violence à plus ou moins  long terme.

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23 juillet 2007

Il faut refaire de la politique !

Depuis des années le pouvoir économique a pris l'ascendant sur la volonté politique. Le trou de la sécurité sociale ? Un problème de gestion comptable. Le déficit des caisses de retraite ? Un problème d'économies. Le chômage ? Il faut déréguler le droit du travail et laisser les entreprises gérer ce problème. Tout se passe comme si au nom des contraintes économiques, l'Etat se déchargeait des questions difficiles sur les mutuelles privées, les caisses de retraites complémentaires, ou encore les entreprises du secteur privé. Et cela a toujours eu, jusqu'à présent, pour conséquences de creuser les inégalités et les déficits (et surtout de ne jamais rien résoudre).

Pourtant, même si tout n'est évidemment pas si simple, il suffirait de prendre des décisions politiques pour se donner l'espace de nouvelles solutions. Les caisses de retraite ? Décrétons que l'âge de départ à la retraite est de 60 ans, et que le nombre d'annuités est de 40. Figeons cela dans le marbre une bonne fois pour toutes. A partir de ce moment-là, la question n'est plus comment faire des économies pour que le système continue plus ou moins bien (plutôt moins que plus d'ailleurs), mais comment trouver des financements. Et là, on change de logique, et oh miracle, il y a des solutions. Pourquoi seuls les revenus du travail sont taxés et pas ceux du capital ? Pourquoi ne pas avoir continuer à alimenter le fonds de réserve tel que le prévoit normalement la loi ? Pourquoi ne pas affecter les bénéfices des sociétés de jeux (Française des jeux, PMU), bénéfices colossaux, à une partie des régimes sociaux.

On peut évidemment appliquer cette logique à plein d'autres choses : le politique fixe la règle, une bonne fois pour toutes, puis décide du financement, en faisant en sorte que la qualité des remboursements et des services soit toujours la même pour tous, générations après générations. Comment peut-on expliquer qu'aujourd'hui nous ne pouvons plus financer la sécurité sociale, alors qu'elle a été créée en 1945, dans un pays exsangue économiquement ? On ne peut évidemment pas si on reste dans une logique économique. En 1945, la décision avait été politique.

A faire comme on le fait, c'est à dire des économies, les plus gros bénéficiaires sont toujours les caisses privées de mutuelles, de retraites, etc. Dans le même temps, je partirais à la retraite plus tard que mon père, et mon fils plus tard que moi probablement. En 2000 ans d'histoire contemporaine, on a rarement reculé autant.

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21 juin 2007

Les Français, peuple constant !

Et si contrairement à tout ce que l'on nous dit, les français n'étaient pas versatiles, mais bien constants, voire têtus dans leurs votes. Si à chaque fois ils ont voté pour des majorités ou des bords politiques différents, n'ont-ils pas cependant toujours voulu exprimer la même chose, une volonté de plus de sécurité devant l'avenir, et ce depuis 1981.

Reprenons le cours de l'histoire. Le 10 mai 1981, pour la première fois sous la cinquième République, la gauche arrive au pouvoir. Pendant presque deux ans, sous l'impulsion de Pierre Mauroy, la politique menée sera réellement une politique de gauche, faite de social, d'aide aux plus démunis et droits nouveaux pour les travailleurs. Cependant, avec l'aggravation de la crise économique, la montée du chômage (véritable échec de la gauche), et surtout la fuite des capitaux à l'étranger, Mauroy et Mitterrand vont être contraints de prendre deux décisions importantes pour l'avenir de la France : la première, celle de rester dans le serpent monétaire européen est de jouer le jeu de l'Europe coûte que coûte, la seconde, celle de faire rentrer la France dans une politique d'austérité. En plus d'un fort taux de chômage, les Français devront supporter un gel des salaires. En 1984, Laurent Fabius arrive à Matignon, s'en est alors fini d'une politique sociale ambitieuse, le virage à droite du parti socialiste est désormais entamé, il ne s'arrêtera plus.

En 1986, lors des législatives, la droite est portée au pouvoir, malgré un score moins élevé que prévu. Si on ne peut parler de réelle sanction pour la gauche, c'est tout de même un sérieux avertissement. Commence donc la première cohabitation, avec cependant une grande nouveauté, grâce à la proportionnelle (et à un petit coup de pouce de Mitterrand), l'extrême droite entre à l'assemblée et en même temps dans le jeu politique. Mais la droite au pouvoir va mener une vraie politique libérale, privatisations, suppression de l'autorisation administrative de licenciement, suppression de l'impôt sur la fortune. Ce sera un véritable échec, tant sur le plan économique que du point de vue de l'opinion. Il faudra désormais attendre plus de 20 ans pour voir un leader de la droite assumer ses choix libéraux.

En 1988, Mitterrand remporte de nouveau l'élection présidentielle. Rocard arrive à Matignon, avec des ministres centristes. L'idée d'une gauche qui change le monde est définitivement enterrée, elle se contentera seulement d'essayer d'atténuer les maux de ce monde-là. Rocard va créer le RMI, gérer plus ou moins bien le chômage, mais renoncer à affronter le capitalisme et revenir sur quasiment aucune des mesures de Chirac, pourtant tellement contestées par la gauche auparavant. Rajoutées aux désillusions politiques et économiques, à deux autres premiers ministres médiocres (Cresson et Bérégovoy), se greffent les affaires judiciaires. Les législatives de 1993 seront elles une vraie sanction contre cette politique de renoncement : la claque est magistrale, moins de 60 députés pour le parti socialiste.

Arrivent les présidentielles de 1995, et un gros malentendu. La gauche est trop faible, et part de trop loin pour l'emporter. La lutte se fera donc à droite entre Balladur, soutenu par Sarkozy, et plutôt estampillé libéral, et Jacques Chirac que personne ne voit gagner. Il aura pourtant l'intelligence fabuleuse de comprendre et de formuler le souhait des Français, c'est à dire plus de garanties en matière économique et sociale. Il lance alors l'idée de la fracture sociale, contre le libéralisme de Balladur, mène une campagne sur sa gauche et l'emporte. Mais très vite, les Français vont s'apercevoir de leur erreur. Chirac ne peut pas mener une politique à laquelle une grande partie de sa majorité ne croit (et peut-être lui-même non plus).

Après la dissolution ratée de 1997, c'est le retour de la gauche. Mais du bout des lèvres seulement. Elle n'obtient pas la majorité des suffrages et ne doit sa victoire qu'à la montée en puissance du Front national. Le vote protestataire devient le premier vote en France. Et ce d'autant plus que Jospin qui promettait le retour du social, va privatiser comme personne avant lui, baisser les impôts, préparer le terrain pour les fonds de pension, ainsi que la privatisation d'EDF et GDF, mais surtout, il ne fait rien pour sauver les retraites et la sécurité sociale.En gros, il fait rentrer de plain-pied la France dans la mondialisation libérale. La réponse de l'électorat prendra la forme d'un coup de tonnerre : la gauche sera absente du second tour de la présidentielle pour avoir failli à sa parole.

Mais s'ils ne voulaient plus de cette gauche, les Français ne voulaient plus non plus de Chirac (et probablement encore moins de Le Pen au second tour). Cela n'empêchera pas la droite de croire qu'elle a tous les pouvoirs (de fait elle les avait, mais pas moralement), et de continuer cette politique créatrice d'inégalité et de précarité. A toutes les élections intermédiaires; les Français diront encore non, en réélisant la gauche qui aura le tort de croire que c'était un vote d'adhésion.

Arrivent enfin les élections de 2007, avec deux candidats, l'une de gauche, mais qui se rapproche clairement du centre, et va tenir des positions qui vont effrayer et repousser toute une partie de son électorat. L'autre, qui assume clairement être de droite et va rassemblé clairement une grande partie de son camp en jouant sur l'idée de la rupture. Entre deux candidats qui leur font peur, les électeurs ont peut-être choisi celui qui les effrayaient le moins. Ils n'ont en tout cas pas voulu prendre le risque d'être déçus une fois de plus par la gauche.

Cependant le résultat du second tour des législatives me laisse penser que s'ils ne sont peut-être pas encore complètement revenus de Sarkozy, les Français n'en attendent déjà plus grand-chose. J'ai le sentiment que depuis 25ans les électeurs n'ont pas rejeté systématiquement la droite et la gauche, mais les politiques qu'ils ont mené, tout simplement parce que c'étaient peu prou les mêmes.

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17 mai 2007

Remettre le travail au centre

La valeur travail, c'est autour de cela qu'une grande partie de la campagne électorale s'est faite. Revaloriser le travail, récompenser le mérite, c'est bien, mais attention, c'est un trompe-l'oeil. Si on parle de travail, ce n'est que parce qu'il constitue un moyen pour gagner de l'argent. Dans "travailler plus pour gagner plus", c'est "gagner plus" qu'il faut entendre. A ce "gagner plus", je préfère l'expression "gagner suffisamment".

Dans cette société basée sur l'argent, c'est la consommation, le commerce, les comportements individuels, que l'on veut mettre en avant ("chacun pourra travailler plus s'il le veut"), au détriment d'une vision collective de la société.

Je suis moi aussi pour que l'on remette le travail au centre de la société, pas pour gagner plus d'argent,mais le travail comme facteur d'intégration sociale, pour que les conditions de vie collectives et individuelles de chacun s'améliorent.

Qu'est ce que le travail ? Comment le rémunérer ? Tout travail a-t-il la même valeur, la même utilité pour la société ? Voilà des questions qui ne sont jamais posées et qui pourtant le mériteraient.

Je pense qu'un système avec moins d'inégalités passe forcément par une révision de la façon dont sont rémunérés les gens et dont on considère le travail, qui ne serait plus un moyen d'enrichissement inégalitaire mais un vrai facteur d'égalité et d'intégration dans la société.

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13 mai 2007

Subvenir aux besoins fondamentaux

Après avoir essayé sur ce blog de voir pourquoi, selon moi, le capitalisme n'est pas une solution et pourquoi le communisme a échoué, je vais essayer, petit à petit, de réfléchir à ce que pourrait être un monde plus juste, plus humain, laissant la possibilité à chacun de vivre et de travailler comme il l'entend. Tâche difficile et un brin présomptueuse, mais passionnante et enivrante.

Je soumets comme première idée, quelque chose qui me semble une évidence du point de vue de la morale, beaucoup moins du point de vue de la pratique et de la mise en place. N'importe quel État digne de ce nom doit subvenir aux besoins fondamentaux de tous ces administrés, quels qu'ils soient.

Je distinguerai deux sortes de besoins fondamentaux : les besoins vitaux comme manger, boire ou dormir et les besoins fondamentaux secondaires comme s'éduquer, se cultiver ou se soigner.

Voyons tout d'abord les besoins vitaux :

Manger et boire : plus vital que ça, tu meurs ! Cependant, aujourd'hui, même dans notre société dite développée, des personnes ne font qu'un repas par jour, et des enfants issus de milieux modestes souffrent de malnutrition. Ne peut-on faire en sorte que les éléments nutritifs de base dans notre alimentation (lait, oeufs, farine, légumes, un peu de viande) soient fournis à chacun. Reste à voir comment cela pourrait s'organiser, mais que certains aient faim aujourd'hui, alors que d'autres croulent sous l'opulence, cela n'est plus tolérable.

Dormir : au-delà de ce besoin, c'est la nécessité pour chacun d'avoir un toit qui est ici l'objet de mes considérations. C'est une évidence, mais faut-il encore rappeler que tous les ans des SDF meurent de froid ?

Passons maintenant aux besoins secondaires, appelés ainsi parce que sans eux, on peut vivre malgré tout, mais on ne peut pas s'épanouir, ou se développer en intelligence avec les autres. De plus, que ce soit la santé, l'éducation ou la culture, ces besoins coûtent cher et ne peuvent être pris en charge par de simples citoyens.

S'éduquer : lire, écrire, compter, comprendre le monde, exercer un esprit critique sont des choses qui ne sont pas innées, mais qui sont fondamentales pour le futur, pour l'insertion dans la société, pour le bon fonctionnement d'une démocratie, car il n'est pas d'Etat démocratique qui ne puisse supporter la critique. Mais pour être efficace, l'éducation doit être équitable, donc la même pour tous.

Se soigner : Etre en bonne santé peut coûter cher, surtout si on gagne peu. Aujourd'hui des enfants, des adultes ne peuvent s'acheter des lunettes, ont des dents mal soignées, ou de simples maux qui parfois dégénérent, faute d'argent ou de bonnes mutuelles. Parce que la vie a la même valeur pour tous, se soigner doit être à la portée de chacun, quel que soit son niveau de vie.

Se cultiver : c'est le moins évident de tous les besoins fondamentaux que je préconise, c'est pourtant celui qui me paraît le plus important. A quoi cela sert-il d'être éduqué si cela s'arrête une fois que l'on quitte l'école, à quoi sert la vie si elle n'est pas accompagnée de plaisirs, de rêves, de questions. Parce que les artistes nous questionnent, interrogent le monde, ils nous apportent les éclairages nécessaires sur ce que nous sommes, ce que pourrait être demain. Nous avons besoin de diversité culturelle pour mieux appréhender les autres qui nous entourent. Des médias de qualité, des livres, films, disques, musées accessibles à tous, partout, ce n'est pas une nécessité, c'est un devoir qui incombe à l'autorité.

Voilà, ce sont quelques idées que je sais être un peu naïves, mais qui n'attendent que d'être discutées. J'attends avec impatience vos commentaires.

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08 mai 2007

Pourquoi le communisme a échoué ?

Chose promise, chose due, après avoir tenté une analyse critique du capitalisme, je vais essayé de comprendre l'échec du communisme.

Tout d'abord, y a-t-il vraiment eu une expérience communiste, au sens même ou Karl Marx l'entendait ? Pour lui, le communisme se substituerai de façon logique au capitalisme, celui-ci devant aller jusqu'au bout de sa logique de profit et mourir de lui-même, et ainsi laisser la place à une politique collectiviste. En cela, les dérives ultra libérales actuelles ne choqueraient pas l'auteur du "Capital". En forçant un peu le trait, on pourrait même dire qu'aujourd'hui il serait lui-même ultra libéral.

De plus, Karl Marx pensait que s'il y avait bien un pays qui n'était pas prêt à son époque pour la révolution communiste, c'était la Russie : pays peu industrialisé, très rural, au niveau de développement plus faible qu'en Europe de l'ouest. Karl Marx voyait plutôt le communisme commencer à s'installer en Grande-Bretagne, pays le plus développé de l'époque.

Parmi les raisons politiques qui ont conduit à la dérive totalitaire en URSS, j'en vois plusieurs :

          - L'installation d'un régime communiste dans un seul pays (même si cela s'est développé par la suite), et dans des conditions de conflit avec les autres nations, impliquant des blocages économiques.

          - La substitution d'un régime fort par un autre. Le communisme a consisté à renverser le système d'oppositions. Alors que la minorité dominait la majorité, le pouvoir a été pris, puis confisqué au nom de cette dernière au détriment des premiers. Il n'y a donc jamais eu d'égalité réelle, puisque cela s'est accompagné d'un contrôle des libertés afin de pouvoir maintenir le système en place. En effet, face aux adversités intérieures et extérieures, le pouvoir n'a eu d'autres choix que de se personnaliser et de se durcir, devenant ainsi l'apanage d'une minorité d'apparatchiks.

De l'expérience soviétique (la chinoise étant différente mais constituant elle aussi un échec), on peut retenir un certain nombre de choses. Tout bouleversement politique majeur ne peut avoir lieu dans une seule région, il doit être international pour pouvoir s'imposer (c'est d'ailleurs ce qui se passe avec la mondialisation). Tout nouveau système devra faire en sorte de respecter la diversité des individus et des pensées, permettre l'épanouissement individuel, tout en privilégiant le collectif.

C'est à partir de ces quelques petites réflexions que je vais essayer dans les mois qui viennent, outre une critique acerbe de l'actualité, de proposer de réfléchir à comment bouger un peu le monde. Je sais cependant que je reste à mon humble niveau de français moyen, et que je ne suis pas un grand penseur ou philosophe, j'attends néanmoins vos idées et vos commentaires.

A bientôt

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07 mai 2007

Le capitalisme est-il un bienfait ?

Après un premier galop d'essai, voici donc ma première vraie chronique.

Avant d'entamer une série de suggestions ou d'idées, je propose d'examiner la question du capitalisme (et surtout de sa forme ultime, le libéralisme).

Tout d'abord, faisons quelques constats,  tous les défenseurs du capitalisme s'accordent pour dire que celui-ci a favorisé le progrès social et économique : nous vivons mieux qu'il y a 50 ans, nous vivons plus longtemps et en meilleure santé, la plupart des équipements modernes sont présents dans la plupart des foyers, le niveau d'études et de culture moyen à globalement augmenté.

Tout cela, ce sont des constats que l'on pourrait supposer objectifs, mais a y regarder de plus prés, le sont-ils vraiment ? Ne portent-ils pas en eux les marques même de l'échec du l'échec économico-politique dans lequel nous sommes ?

Vivons-nous vraiment mieux ? certes, nous sommes globalement plus riches qu'il y a 50 ans, mais il y a de fortes raisons de craindre que pour la première fois, la génération qui vient ne verra pas sa situation s'améliorer par rapport à la précédente. En outre, si nous sommes plus riches, c'est dans un monde individualisé, sans solidarités, de plus en plus conflictuel et inégalitaire (un nombre croissant de nos compatriotes sont exclus du progrès, quand une petite minorité en profite allégrement). Enfin, vit-on mieux quand se développe la précarité et l'instabilité économique, et qu'une part croissante de personnes ne savent pas comment finir le mois.

Vivons-nous plus longtemps ? oui, c'est indéniable, mais en meilleure santé ? probablement, mais penchons nous réellement sur la question : les maladies liées au stress (dépressions, etc.) se développent, de même que les suicides et les accidents du travail sont en constante augmentation (symptômes d'une société anxiogène). De plus, si on vit plus longtemps, on constate que de très nombreuses personnes agées finissent souvent seules, complètement oubliées. Ce n'est peut-être pas directement lié au capitalisme, mais une société basée sur l'individualisme est encline a négligé le plus souvent les solidarités de base.

Avoir de multiples équipements est-il facteur de progrés ? Rien n'est moins sur, car si dans tout système capitaliste c'est l'innovation commerciale et la consommation  qui font marcher la société, là aussi, c'est source d'inégalité et de tension : tout le monde est donc encouragé à consommer plus,sauf que tout cela à un coût que chacun ne peut pas assumer. De surcroît, tout cela crée des besoins et des envies factices. La pauvreté des uns, l'opulence consommatrice des autres est donc génératrice de tensions et de violences à l'intérieur même de la société.

Sommes-nous plus instruits et plus cultivés ? globalement, malgré toutes les critiques que l'on peut faire à notre système scolaire, on peut dire que oui. Mais attention, là aussi les disparités sont criantes selon le milieu d'où l'on vient et vont en s'accentuant. Chacun sait que la culture à un prix (le cinéma, les musées, sont souvent à un prix inabordables pour les plus pauvres et situés dans des quartiers éloignés). La télévision qui pourrait être un formidable outil de vulgarisation ne l'est pas, ou alors à 1 h. du matin (heure improbable pour un ouvrier ou lycéen) ou sur des chaînes câblées (donc payantes et plus facilement disponibles pour les plus riches). On voit donc que même au niveau culturel, les disparités existent et ont même tendance a augmenter.

Sur tous ces sujets qui me tiennent à coeur, mais aussi sur d'autres, j'aurais l'occasion de revenir et de développer ces quelques idées rapidement évoquées.

Peut-on se contenter de vivre dans une société globalement inégalitaire ou une majorité a accès à la plupart des bienfaits du progrès, mais où une minorité de plus en plus imposante reste à la porte de tout cela. Je pense que ce n'est ni juste ni équitable. Nous ne sommes pas responsables du milieu où l'on est né, mais l'existence de chacun a normalement aux yeux de la loi la même importance. Le système économique, politique, culturel, éducatif dans lequel nous vivons doit donc être le reflet de cette égalité dans les textes.

Mes prochaines chroniques seront consacrées à la recherche des solutions, ou plutôt des utopies. Mais avant, après avoir tenté une critique succinte et objective du capitalisme, j'essaierai de comprendre pourquoi le communisme, seule véritable alternative à avoir été essayé jusqu'à aujourd'hui n'a pas fonctionné.

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