rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

03 novembre 2007

La question humaine / de Nicolas Klotz

Voilà un film étonnant. Par la forme d'abord, les décors sont minimalistes, les couleurs froides, tout cela crée une atmosphère évidemment spéciale, comme si le décor extériorisait l'aspect lugubre de la profession du personnage principal. Etonnant aussi par le fond, car la forme peut désarmer, on est très vite happé par cette histoire.

Simon est psychologue dans le département ressources d'une filiale française d'une grosse entreprise allemande. Il a par le passé était chargé de désigner les employés les plus fragiles psychologiquement pour un dégraissage massif. Aujourd'hui, il se voit confier une enquête sur son propre supérieur hiérarchique. Et son enquête va le mener à se poser des questions sur son propre rôle dans l'entreprise.

Sans dévoiler l'intrigue, ni la fin, on peut cependant dire qu'il s'agit ici d'une critique pertinente, virulente, essentielle pour tout dire, du monde de l'entreprise aujourd'hui. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par la froideur voulue des décors et des personnages. On a beaucoup à comprendre à voir ce film. Et j'ajouterais, que c'est toujours un grand plaisir de voir cet immense acteur qu'est Michael Lonsdale.

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12 septembre 2007

Sicko / de Michael Moore

sickoVoici le nouveau film du trublion de la gauche intellectuelle américaine. Et il annonce la couleur dès le titre : sicko est en effet la contraction de sick (malade) et de psycho. Le film a pour objet les dysfonctionnements du système de santé américain.

Et ce que montre Michael Moore a de quoi faire frémir. Dans le style fait de manipulation du spectateur, de provocation politique et de beaucoup d'humour qui est désormais sa marque de fabrique, il nous donne à voir des dizaines d'américains victimes des compagnies d'assurances. Et les conséquences des velléités de profit de ces organismes peut aller jusqu'à entraîner la mort.

Parce qu'aux Etats-Unis, rien n'est mutualisé comme dans la plupart des démocraties occidentales, les américains doivent se payer eux-mêmes des assurances privées. Autant dire, qu'une grande partie de la population ne bénéficie d'aucune sécurité sociale. Mais le film s'intéresse surtout à ceux qui sont assurés, et là, on s'aperçoit que beaucoup n'ont pas accès aux soins les plus coûteux, les compagnies mettant tout en oeuvre pour ne pas rembourser, et les raisons évoquées relèvent parfois du burlesque : opérations jugées expérimentale, vice de procédure, etc. Le hic, c'est que si ils ne sont pas surs d'être payés, les hôpitaux n'ont pas obligation de soigner (à l'inverse de la France par exemple), et refusent donc les patients.

La démonstration est forte, et le portrait d'une Amérique égoïste et individualiste à outrance, aux antipodes de l'image de grande puissance habituellement véhiculée. On peut cependant reprocher à Michael Moore, quand il compare le système américain avec d'autres pays, la France notamment, son manque d'objectivité. Je pense que peu de Français se reconnaîtront dans ce qu'ils verront. Cela nuit à la force de son propos. Cependant, lui-même reconnaît cette faiblesse, et admet que son film est à la base destiné au public américain. C'est d'ailleurs son plus grand succès jusqu'à présent.

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26 juin 2007

Un film magnifique à voir

verges_avocat_de_la_terreurIl faut absolument aller voir ce film de Barbet Schroeder  : Vergés avocat de la terreur.

C'est un portrait fantastique, sans concessions du fameux avocat. Cet homme a eu une existence extraordinaire, il a non seulement plaidé pour les plus grands salauds de ces 50 dernières, mais il les a aussi côtoyés, et on comprend que dans certains cas, il avait avec eux une convergence d'idée. On compte parmi ses fréquentations les militants du FLN, ceux de la bande à Baader, le terroriste Carlos, le nazi suisse Genoud, etc.

Une véritable plongée dans cinquante d'histoire internationale, avec un personnage qui est peut-être un salaud, mais qui n'est certainement pas ordinaire.

Posté par leunamme à 19:40 - Cinéma - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2007

Deux films à aller voir !

Je voudrais signaler deux films documentaires, tous les deux sur le même sujet, et, curiosité, tous les deux autrichiens : We feed the world, notre pain quotidien. Je vais être honnête, je n'ai pas encore eu le temps d'aller les voir, mais de très nombreuses personnes de mon entourage l'ont fait, et tous sont unanimes, ce qu'on y voie est effrayant.

Le sujet : la fabrication des aliments, ou comment l'agriculture intensive, la mécanisation, les pesticides ont complètement dénaturès notre façon de nous nourrir. Comment en quelques décennies notre rapport à la nature a été modifié.

Dès que je peux, j'irais les voir, j'espère que d'autres visiteurs de ce blog aussi, et qu'on pourra en discuter.

A bientôt donc

Posté par leunamme à 08:04 - Cinéma - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mai 2007

Spiderman 3, l'idéologie reine

Je suis allé voir Spiderman 3, et je dois bien le reconnaître, des effets spéciaux époustouflants, une bande-son efficace, de l'humour bien dosé, on en prend plein les mirettes, et on passe un bon moment.

On passe un bon moment, oui, mais on en sort avec un drôle de goût dans la bouche. Pourquoi cette glorification du drapeau américain ? Pourquoi ce nationalisme outrancier ? Pourquoi toujours en permanence cette idéologie religieuse sous-jacente, comme quoi tout ne serait qu'un combat entre le bien et la mal ? Mais dans la vie il n'y a pas que deux chemins, un bon et un mauvais, il y a les raccourcis qui font parfois que l'on passe à coté de l'essentiel, il y a les détours, les chemins de traverse, à cause desquels le but trouvé n'est pas forcément celui recherché, mais chez les Américains, c'est basique, le bien ou le mal, les gentils ou les méchants. Et quand les méchants s'excusent, ils deviennent gentils.

Il y a toujours de l'idéologie politique ou religieuse dans les films "made in US", mais avant, il y avait aussi de grands acteurs, et des thèmes qui au-delà de la propagande pouvaient parler à tous. Aujourd'hui, il reste des effets spéciaux et de l'idéologie. C'est vraiment dommage, parce que pour moi comme pour beaucoup, Hollywood a longtemps été un rêve, ce n'est plus qu'un spectacle, agréable sur le moment, que l'on a du mal à digérer, et que l'on oublie.

Posté par leunamme à 21:15 - Cinéma - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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