rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

08 mai 2008

3h10 pour Yuma, de James Mangold

3h10_pour_yumaGrand amateur de western, il en sort si rarement de nouveaux que je ne pouvais pas rater celui-là, fut-ce un remake d'un film des années 50. J'y suis donc aller, sûr de passer un bon moment quoiqu'il arrive. Et là, j'ai été soufflé, je n'ai pas passé un bon moment, mais un grand moment. Avec ce sentiment si rare au cinéma, que le générique de fin arrive trop tôt, qu'on aurait bien repris une heure de rab'.

Dès les premières images il y a du suspens et du rythme, et cela ne diminuera pas jusqu'à la fin. Certes, il y a beaucoup d'action, cela canarde pas mal dans tous les sens, mais l'intrigue est subtile et complexe, à l'image des personnages admirablement joués, notamment par Russell Crowe, qui sait donner énormément de corps à son personnage de tueur sans merci. A peine peut-on regretter u manque de crédibilité de l'intrigue sur la fin, et encore, quand on est dans l'histoire, cela passe comme une lettre à la poste.

Bref, un des meilleurs westerns que j'ai vu depuis longtemps, et certainement un des meilleurs films que j'ai vu cette année.

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01 mars 2008

Paris de Cédric Klapisch

afficheKlapisch n'a jamais caché son amour de la capitale, décor de plusieurs de ses films. Cette fois-ci, il va plus loin, la ville est quasiment un personnage à elle toute seule. Paris est l'exact opposé du Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Autant le film de Jean-Pierre Jeunet représentait un Paris fantasmé, un peu idyllique, autant celui de Klapisch s'inscrit dans la réalité quotidienne.

L'intrigue est simple : un jeune homme gravement malade, persuadé qu'il va bientôt mourir, se met à regarder les gens de sa fenêtre. A partir de là, le film va s'intéresser à toutes ces bribes de vie qui font la ville. Ce sont pleins de petites histoires, mettant toutes en lumière une facette de la ville : les commerçants de Rungis, la boulangère raciste, les mannequins, l'architecte, l'assistante sociale, le danseur de cabaret, le SDF, le sans-papiers, la famille immigrée mal-logée.

images_4_Que des clichés me direz-vous. Mais c'est justement là qu'est la force de Klapisch. Il part des clichés pour mieux leur tordre le cou. La vérité la plus entendue et qui lui a inspiré le film, c'est celle qui sous-entend que Paris devient une ville morte, un musée géant. Cette rumeur, ce discours ambiant, c'est le personnage principal qui l'incarne. Lui, il se croit en train de mourir. Alors il s'arrête de vivre et regarde par sa fenêtre, et ce qu'il y voit, c'est une ville qui travaille, s'amuse, bouge, aime, meurt, donne la vie, etc. Bref, tout le contraire d'une ville morte.

images_5_Il faut absolument dire un mot de ces personnages. ils sont nombreux, mais tous ont de la profondeur, même tous les petits rôles, à l'exemple de cette boulangère irascible et raciste, mais dont finalement on finit par pardonner la bêtise. Et tous les acteurs sont justes, même Lucchini, professeur cinquantenaire qui revit dans les bras d'une jeune étudiante, n'en fait pas trop, il est époustouflant. La scène où il fait découvrir le rock de sa jeunesse à la jeune fille, est d'anthologie.

Je terminerai juste en disant que Paris est un film rare, un de ceux dont le générique de fin arrive toujours trop tôt.

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23 février 2008

Sweeney todd le diabolique barbier de Fleet street de TimBurton

1262036777_b0a8b3020a_m_1_L'histoire est connue, elle est tirée d'un fait divers s'étant passé à Paris au 14ème siècle, mais transposée à Londres au 19ème. Un juge fait condamner un homme  pour lui prendre sa femme. Celui-ci revient 15 ans plus tard, avec un seul désir, se venger. Pour cela, il va reprendre sa profession de barbier qu'il exerçait avant d'être emprisonné.

Qu'il fasse des films fantastiques, des comédies, des films de science-fiction, ou bien d'animation, peu importe le genre, un film de Tim Burton se reconnaît au style Tim Burton. Sweeney Todd, n'échappe pas à la règle, même si en plus ce film crée un genre à lui tout seul : la comédie musicale gore. Comme toujours chez Burton, les héros sont des personnages hors du commun. Ici, ce n'est pas une caractéristique physique qui fait d'eux des monstres, non, c'est la vie, le malheur et la misère qui les a poussés à devenir assassins.

1495559059_e494377220_m_1_Burton transpose à l'écran une comédie musicale à succès, raison pour laquelle il ne collabore pas pour une fois avec son compositeur fétiche Danny Elfman. Et c'est probablement là le point faible du film, puisqu'aucun air ne ressort, et les musiques sont parfois convenues, voire fades. Ce qui peut-être embêtant pour une comédie musicale. Mais, si on met ce petit bémol à part, tout le reste est génial.

2061719537_621317e66b_m_1_Les acteurs, tout d'abord, et au premier rang desquels Johnny Deep, qui compose un sublimissime barbier aveuglé par sa soif de vengeance. Deep est constamment juste, et surtout, effrayant. Helena Bonham Carter, un peu trop maquillée, mais irrésistiblement crédible dans ce rôle de miséreuse prête à tous les crimes par amour. Alan Ryckman, échappé d'Harry Potter, pour un rôle de vraie ordure qui lui convient à merveille. Mais aussi, il convient de le citer, Sacha Baron Cohen, qui en quelques minutes nous en montre plus que dans Borat tout entier.

Les décors ensuite. Burton recrée les quartiers populaires du Londres du 19ème siècle. Mais c'est un Londres stylisée, un Londres de comédie musical. Pourtant, ce décor de contes va se couler admirablement bien dans cette histoire un bien gothique.

2115923569_a0795b51dd_m_1_La réalisation enfin. Car Burton n'a pas fait une comédie musicale. Les airs sont toujours tristes, mélancoliques, et les passages dansés ou complètement chantés ne servent que de pause dans l'intrigue. Burton n'a pas fait non plus un film gore, même si les minutes passant, la folie de Sweeney Todd et de sa comparse n'ayant plus de limites, l'hémoglobine coule à flot. C'est filmé de façon stylisé, avec un sang d'un rouge improbable, de sorte que l'on vit ces scènes avec un certain détachement. Non, Burton a fait un film politique. Une fable sur les puissants et les faibles, sur la façon dont les premiers instrumentalise la justice pour maintenir les seconds en état de misère. C'est surtout cela que l'on retient de ce film, et c'est la marque d'un grand film, et d'un grand réalisateur.

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16 février 2008

No country for old men de Joel et Ethan Coen

2255031351_fc1c741dca_m_1_Un film des frères Coen, c'est un peu Noël en été : un plaisir indéfinissable, à chaque fois renouvelé. Celui-ci n'échappe pas à la règle. Il s'agit cette fois-ci d'un film noir, dans la lignée de Blood simple ou de Fargo.

L'intrigue est simple. Un chasseur de biche découvre les victimes d'une fusillade, probablement un règlement de comptes entre trafiquants de drogue. Mais il s'empare aussi d'une valise pleine de billets. A partir de ce moment-là, un tueur, payé par le propriétaire de la valise, se lance à sa poursuite.

2255042581_b608e9fc0e_m_1_On est tout d'abord saisi par les paysages : désertiques, vierges ou presque de tout arbre, ils donnent d'emblée un cadre mystérieux et angoissant à l'intrigue. Ensuite, comme souvent chez les frères Coen, les dialogues sont rares, sibyllins et directs. Tout est centré sur les personnages, particulièrement le tueur, filmé en gros plan la plupart du temps. On est bien dans un film d'action, où l'aspect psychologique est essentiel.

2255035893_bdf3638f4c_m_1_Enfin, il y a Javier Bardem. machiavélique, terrifiant, fascinant. En un mot, il est éblouissant dans le rôle du tueur. Il n'a pas besoin de parler, son regard suffit à glacer son vis à vis. Et le spectateur aussi.

On ne sait pas toujours comment Chigurh (Bardem), cyniquement prononcé Sugar, retrouve sa proie. C'est probablement voulu par les réalisateurs, même si cela peut nuire à l'intrigue, ça rajoute au côté inquiétant et imprévisible du tueur.

Sans conteste, un des meilleurs films de ce début d'année. A noter, une excellente critique de ce film à cette adresse : http://nuagesetvent.over-blog.com

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25 janvier 2008

La commune de Peter Watkins

commune_de_watkinsPeter Watkins est un cinéaste majeur de notre époque, pourtant la majorité de ses films ont été difficiles à financer, compliqués à distribuer, voire censurés. La raison en est simple : Peter Watkins est le plus virulent et le plus intransigeant des cinéastes engagés, dont tous les films brocardent avec efficacité (malgré le manque de moyens) un système inique et militent pour une vision anarchiste de la société.

La Commune ne déroge pas à cette règle. Sorti en 1999 dans sa version longue (plus de 5 h.), Peter Watkins en a fait en 2003 une version courte de 3h30 qui ressort actuellement dans quelques salles. On le trouve également en DVD.

L'originalité et la force du film, c'est son dispositif. Watkins filme les évènements de la Commune de Paris en 1871. Mais il imagine que les télévisions existaient à cette époque. Il met donc en scène ce qu'elles auraient filmé selon les différents points de vue : celui de Thiers et des Versaillais, celui des Communards.

Mais ce n'est pas tout, Watkins se sert de la puissance de ce qu'a représenté la Commune de Paris dans l'histoire des luttes populaires pour faire le parallèle avec notre époque. Et d'évocation historique, son film devient un formidable plaidoyer politique pour transformer la société. Il démontre qu'en 130 ans, rien n'a changé. Des inserts sous forme de panneaux viennent rappeler la réalité.

Mais là où Watkins est génial, c'est qu'il se sert de son dispositif initial pour démonter le rôle des médias, et notamment celui de la télévision, qu'il considère comme l'arme des grands groupes économiques et financiers pour maintenir leur domination sur les masses.

Il ne faut pas avoir peur de la durée du film : ce qu'on voit est tellement captivant, novateur et réjouissant que le temps passe très vite. Il ne faut pas avoir peur de la forme et d'un dispositif parfois déroutant : ce qui compte chez Watkins, c'est le fond, et là, il y à matière à penser, à réfléchir pour des semaines.

PS : je met en lien un site où l'on peut consulter un extrait du film.

http://www.anarkhia.org/article.php?sid=1979

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18 janvier 2008

Le renard et l'enfant de Luc Jacquet

renard_et_l_enfantUn très beau film à destination des enfants. Disons-le d'emblée, les adultes trouveront forcément à redire, que ce soit au niveau des incongruités géographiques (les lynx vivent dans les Vosges, les ours dans les Pyrénées, il leur est donc difficile de rencontrer), ou d'une intrigue mince et peu vraisemblable.

Mais voilà, les paysages sont sublimes (le département de l'Ain me semble-t-il), la petite actrice est craquante, et surtout, Luc Jacquet a évité le piège de l'anthropomorphisme. Jamais il ne donne au renard des comportements copiés sur les humains. Au contraire, ce film est un véritable plaidoyer pour le respect de la nature. A peine peut-on regretter la fin angélique, mais il s'agit d'un film pour enfants.

Dans la série des films destinés à la jeunesse, je dirai rapidement deux mots sur La Croisée des mondes, gros blockbuster américain, tiré d'un best seller de Pullmann. Là aussi, décors et paysages magnifiques, certaines scènes avec effets spéciaux sont époustouflantes, mais l'intrigue est compliquée et le jeu des acteurs convenu. Bref, on s'ennuie ferme pendant plus d'une heure avant que le rythme ne s'accélère sur la fin.

A choisir entre la fable animalière et la saga fantastique, prenez plutôt la première.

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08 janvier 2008

La visite de la fanfare d'Eran Golirin

visite_de_la_fanfareEn France, on avait l'impression qu'Amos Gitaï portait à lui seul le cinéma Israélien. Depuis quelques années, c'est moins vrai, car on assiste à l'éclosion de toute une nouvelle génération de jeunes cinéastes, très doués, et parfois très engagés.

Eran Golirin en fait partie. Et son dernier film, "La Visite de la fanfare" est un bijou de finesse et de subtilité. L'intrigue est simple : une fanfare Egyptienne doit donner un concert en Israël, mais elle se perd et se retrouve dans une petite ville perdue dans le désert du Néguev. L'espace d'une nuit, ces musiciens vont être obligés de se mêler à la population locale. Mais dans ce no man's land désertique, les habitants sont aussi à la dérive qu'eux. Mais la rencontre a lieu et nous donne toute une série de scènes drôles, amères parfois, mais où, à chaque instant, l'humain est au centre.

Il est évident que Golirin parle des relations entre juifs et arabes. Mais il est bien trop intelligent pour proposer une solution, une voie à suivre. Non, il se contente de parler des gens, de faire ressortir la part d'humanité qu'il y a en chacun d'entre eux, car pour lui, c'est sûr, s'il y a un jour une paix durable dans la région, elle passera forcément par une compréhension mutuelle des peuples.

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25 décembre 2007

La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche.

LE cadeau de Noël du cinéma Français. Un film humain, intelligent, sobre, comme on aimerait en voir beaucoup plus.

Slimane a 60 ans. Il vit à Sète où il travaille sur le port à la réparation des bâteaux. Mais, il n'est plus aussi "rentable " qu'avant, il est donc licencié. Il a aussi une vie personnelle compliquée, avec son divorce et sa nouvelle compagne.

Mais Slimane a une idée. Avec ses indemnités de licenciement, il rachète un vieux bâteau pour le transformer en restaurant. C'est sans compter sur les méandres de l'administration Française. Mais Slimane est obstiné, et avec sa famille, il va monter un plan pour convaincre les autorités.

Voilà pour le résumé. Mais il est difficile de résumer un tel film, parce que ce qui est important ici, ce sont les visages, les mots, les rapports entre les individus, et toute cette humanité qui se dégage d'eux.

On pense beaucoup à Ken Loach, à Mike Leigh, à ce cinéma britannique capable de prendre le pouls de sa société. Avec Kechiche, on tient un cinéaste de cette trempe. Son premier film " L'esquive" avait déjà été justement remarqué et récompensé. Celui-ci est encore meilleur à mon sens. D'autant plus qu'il traite d'un sujet rarement abordé dans le cinéma Français, la place des immigrés dans la société.

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03 novembre 2007

La question humaine / de Nicolas Klotz

Voilà un film étonnant. Par la forme d'abord, les décors sont minimalistes, les couleurs froides, tout cela crée une atmosphère évidemment spéciale, comme si le décor extériorisait l'aspect lugubre de la profession du personnage principal. Etonnant aussi par le fond, car la forme peut désarmer, on est très vite happé par cette histoire.

Simon est psychologue dans le département ressources d'une filiale française d'une grosse entreprise allemande. Il a par le passé était chargé de désigner les employés les plus fragiles psychologiquement pour un dégraissage massif. Aujourd'hui, il se voit confier une enquête sur son propre supérieur hiérarchique. Et son enquête va le mener à se poser des questions sur son propre rôle dans l'entreprise.

Sans dévoiler l'intrigue, ni la fin, on peut cependant dire qu'il s'agit ici d'une critique pertinente, virulente, essentielle pour tout dire, du monde de l'entreprise aujourd'hui. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par la froideur voulue des décors et des personnages. On a beaucoup à comprendre à voir ce film. Et j'ajouterais, que c'est toujours un grand plaisir de voir cet immense acteur qu'est Michael Lonsdale.

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12 septembre 2007

Sicko / de Michael Moore

sickoVoici le nouveau film du trublion de la gauche intellectuelle américaine. Et il annonce la couleur dès le titre : sicko est en effet la contraction de sick (malade) et de psycho. Le film a pour objet les dysfonctionnements du système de santé américain.

Et ce que montre Michael Moore a de quoi faire frémir. Dans le style fait de manipulation du spectateur, de provocation politique et de beaucoup d'humour qui est désormais sa marque de fabrique, il nous donne à voir des dizaines d'américains victimes des compagnies d'assurances. Et les conséquences des velléités de profit de ces organismes peut aller jusqu'à entraîner la mort.

Parce qu'aux Etats-Unis, rien n'est mutualisé comme dans la plupart des démocraties occidentales, les américains doivent se payer eux-mêmes des assurances privées. Autant dire, qu'une grande partie de la population ne bénéficie d'aucune sécurité sociale. Mais le film s'intéresse surtout à ceux qui sont assurés, et là, on s'aperçoit que beaucoup n'ont pas accès aux soins les plus coûteux, les compagnies mettant tout en oeuvre pour ne pas rembourser, et les raisons évoquées relèvent parfois du burlesque : opérations jugées expérimentale, vice de procédure, etc. Le hic, c'est que si ils ne sont pas surs d'être payés, les hôpitaux n'ont pas obligation de soigner (à l'inverse de la France par exemple), et refusent donc les patients.

La démonstration est forte, et le portrait d'une Amérique égoïste et individualiste à outrance, aux antipodes de l'image de grande puissance habituellement véhiculée. On peut cependant reprocher à Michael Moore, quand il compare le système américain avec d'autres pays, la France notamment, son manque d'objectivité. Je pense que peu de Français se reconnaîtront dans ce qu'ils verront. Cela nuit à la force de son propos. Cependant, lui-même reconnaît cette faiblesse, et admet que son film est à la base destiné au public américain. C'est d'ailleurs son plus grand succès jusqu'à présent.

Posté par leunamme à 20:14 - Cinéma - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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