18 septembre 2009
Victoire de la gauche au Japon.
Après les Etats-Unis, ce sont les japonais qui ont choisi de basculer à gauche. Ou plutôt, on devrait dire qu'ils ont choisi de rejeter la droite et sa politique libérale. Mais, au Japon l'évènement est historique puisqu'il s'agit de la première vraie alternance depuis 50 ans.
Il ne faut cependant pas se leurrer, car même si l'espérance et l'attente sont énormes (comme aux Etats-Unis une nouvelle fois, la situation économique et politique des deux pays étant comparables en de nombreux points), il s'agira d'un gouvernement de centre-gauche dont le nouveau premier ministre a appartenu un temps aux rangs de la droite. Pour autant, le programme est ambitieux : augmentation des salaires, des retraites, fin de l'intérim et des CDD dans l'industrie, gratuité des autoroutes, fin de la toute puissance de l'administration. Ambitieux, certes, mais aussi un brin présomptueux dans un pays sur-endetté et vieillissant. Il est évident que toutes les promesses ne pourront être tenues et qu'il y aura des déceptions.
Cependant, cette élection devrait nous réjouir, nous Français, car le nouveau premier ministre japonais ne cache pas, à l'instar de son homologue américain, qu'il prend le système social français comme modèle. Ils sont d'ailleurs nombreux parmi les grands dirigeants de cette planète à considérer que la France résiste mieux grâce à son organisation sociale. Ils sont nombreux, certes, mais malheureusement, ils ne résident pas en France. Car depuis plus de 20 ans, nos gouvernants n'ont eu de cesse de se servir des difficultés comptables de nos services sociaux pour les mettre à mal, et instaurer peu à peu un régime privé cher aux libéraux.
Souhaitons donc bonne chance aux japonais, et espérons que pour une fois que nos mérites sont vantés un peu partout, nous n'allons pas persister dans une politique qui a mener les autres au désastre.
11 février 2009
Connaissez-vous le Bhoutan ?

Dans le tumulte d'une actualité sinistre, j'ai eu envie, pour une fois, de parler de choses positives, ou plus exactement d'un petit pays coincé entre l'Inde et la Chine: le Bhoutan.
Le Bhoutan est une monarchie, certes, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que le monarque est éclairé. En effet, là-bas, ce n'est pas le PNB (produit national brut ) qui sert à mesurer la richesse, mais le BNB (Bonheur national brut). Parmi les critères qui servent à son évaluation, on trouve le développement économique, la protection de l'environnement, la promotion de la culture et la bonne gouvernance.
De fait, le pays est un des plus écologiques du monde avec un quart du territoire consacré à des parcs naturels. Et si 23 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, l'école et la santé sont gratuits, la liberté d'expression totale, et on y déplore aucune corruption.
Je crois que nos vieilles démocraties occidentales feraient bien de prendre exemple. En tout cas, on en deviendrait presque royaliste.
06 décembre 2008
Nicolas Sarkozy reçoit en catimini le Dalaï-Lama.
Nicolas Sarkozy va rencontrer le leader tibétain. La Chine s'agace et menace, du coup la presse unanime ou presque vante le courage politique du président Français.
Mais de quel courage parle-t-on ? Celui de n'avoir pas reçu le Dalaï-Lama au moment des Jeux Olympiques, quand cela aurait eu une réelle signification diplomatique ? Celui de le rencontrer quelques minutes hors des frontières de la France ? Celui de ne pas assumer ses positions en faveur des droits de l'homme comme il l'avait pourtant promis pendant la campagne électorale ?
La rencontre de quelques minutes, en Pologne, entre les deux personnalités, relève plus du fiasco de la politique étrangère française que de la bravoure politique du représentant des Français. Là ou les allemands ont su se montrer intransigeants sur leurs convictions tout en ménageant leurs relations commerciales et diplomatiques avec la Chine, la France se montre incapable de l'un et l'autre.
La diplomatie française n'a aucune visibilité, notre ministre est aux abonnés absents des grands débats du monde, et nous sommes la risée des autres nations.
30 novembre 2008
Inde / Pakistan : la vraie zone à risque de demain.
Les tragiques attentats de Bombay viennent nous rappeler que si l'Inde est une puissance économique en devenir, ces relations houleuses avec ses voisins constituent une menace réelle pour la sécurité de la planète. Certes, à l'heure qu'il est, rien n'indique la responsabilité du Pakistan, mais le problème du Cachemire n'est pas loin. De plus, faut-il rappeler qu'en 2008 les attentats perpétrés par les islamistes se sont multipliés, répondant aux émeutes hindoues d'il y a 2 ou 3 ans, qui avaient causées la mort de milliers de musulmans. Les occidentaux n'étant pas parmi les victimes, nos merveilleux médias ont passé ces évènements quasiment sous silence.
L'agitation frénétique américaine en Irak et en Iran a fait croire à tout le monde que le danger résidait dans ce coin de la planète. Il y a incontestablement dans tout cela une bonne dose d'idéologies religieuses et une fuite en avant militaire pour cacher des faiblesses économiques. Certes, si la situation en Irak reste inquiétante, et si le président iranien est une source de menaces, la pauvreté du premier pays et l'évolution sociologique, éducative et politique du second n'en font pas des dangers à court ou moyen terme. Sur l'Iran, Je précise que je ne fais que m'appuyer sur la thèse d'Emmanuel Todd.
C'est d'ailleurs à Emmanuel Todd que l'on doit l'idée selon laquelle le Pakistan sera bien la principale source d'instabilité pour la planète. Ce pays vient d'atteindre un taux de 50 % d'alphabétisation, les femmes sont désireuses de s'émanciper de plus en plus. Face à ces évolutions, toute une part de la population, poussée par les extrémistes religieux s'oppose parfois de façon violente.
C'est la situation du Cachemire indien qui est source de conflit entre l'Inde et le Pakistan. Cette région est majoritairement musulmane dans un pays hindou. Cette rivalité entre les deux nations n'est pas récente, elle est le résultat de la décolonisation et d'un découpage des frontières ne tenant pas compte des réalités. Mais si ce conflit ancien risque de devenir une vraie plaie mondiale, c'est parce que dans les extrémistes hindous et musulmans sont très influents et pèsent sur le conflit, mais aussi et surtout parce que les deux possèdent la bombe nucléaire.
Je simplifie évidemment beaucoup la situation dans cette région, mais je constate encore une fois que la politique américaine au Pakistan qui a constitué à soutenir pendant des années un dictateur, n'a fait que détériorer et envenimer un problème déjà difficile.
13 mai 2008
Ce qui se passe en Birmanie est une honte.
Souvenons-nous, c'était pourtant il n'y a pas si longtemps, en septembre. A cette période les moines birmans suivis par une partie de la population se sont soulevés contre la junte au pouvoir, laquelle junte impose un des régimes les plus répressifs de la planète. La répression avait été terrible. Fin septembre j'avais écrit un message pour dénoncer l'inertie des grandes puissances(même si je sais que je n'ai strictement aucune influence). Certes, nous avions eu droit aux grands discours humanistes implorant la junte à plus de dignité et de liberté pour son peuple. Mais lorsqu'il s'est agit de prendre une décision à l'ONU, lorsqu'il a fallu agir, i n'y a plus eu personne.
Il faut dire que la Birmanie n'est pas l'Irak, que les militaires au pouvoir ne font aucuns obstacles pour l'exploitation des richesses naturelles du pays, et laissent les multinationales construire leurs oléoducs tranquillement. Si on ajoute à ces impératifs économiques l'intérêt stratégique de la Birmanie pour les Chinois, qui sont fortement soupçonnés de soutenir discrètement les militaires, on voit bien qu'il était urgent d'attendre. D'ailleurs, à peine un mois plus tard, je faisais remarquer que la Birmanie avait complètement disparue des préoccupations internationales. A ce jour, on ne sait toujours pas combien d'opposants ont été tués ou sont encore enfermés dans les geôles du pouvoir.
Alors ce qui se passe aujourd'hui ne doit pas nous étonner. L'attitude ignoble du pouvoir, plus enclin à assurer sa pérennité qu'à secourir sa population n'a rien de surprenante, elle est inscrite dans quarante ans d'exercice du pouvoir, 40 ans d'atteinte aux libertés, de répression. Certes, le cyclone n'était pas prévisible, mais tout le reste l'était. Et on s'aperçoit de nouveau que les déclarations faussement indignées de nos dirigeants constituent peu ou prou les seules réponses. On voit que les ONG sont bien seules et démunies pour agir. C'est à désespérer de l'Humanité.
25 mars 2008
Il faut boycotter les JO de Pékin !
Il faut absolument arrêter l'hypocrisie avec la Chine. C'est au nom d'intérêts économiques et diplomatiques que la plupart des pays occidents préférent passer sous silence ou presque la répression et les atteintes majeures aux droits de l'homme. Il faut d'ailleurs noter que dans la réponse, la France a été une des plus molle, et une des dernières à réagir. Pour un pays qui voulait instaurer une diplomatie des Droits de l'homme, cela fait mauvais genre. Il faut boycotter les JO de Pékin, pour de multiples raisons :
1) Le CIO n'aurait jamais dû accorder ces Jeux à la Chine. En 2001, le Comité Olympique déclarait que l'organisation de cette manifestation par la Chine allait permettre une ouverture de ce pays. On voit aujourd'hui ce qu'il en ait, et le silence du CIO devant les évènements récents laisse perplexe. Faut-il rappeler que les Jeux de 36 en Allemagne avaient servis de tribune à Hitler, et n'ont permis aucune ouverture, qu'il en fut de même pouceux de Moscou.
2) Certes, boycotter les Jeux de Pékin ne fera pas tomber le régime Chinois. Mais il sera un message fort pour la population chinoise qui subit à longueur de journée la propagande communiste. Il sera aussi un message de soutien aux tibétains et à l'ensemble des dictatures : non la communauté internationale n'est pas prête à laisser tomber certaines valeurs fondamentales sur l'autel d'intérêts diplomatiques, économiques et financiers.
3) Les sportifs sont aussi des citoyens. Quel pays peut décemment laisser participer ses champions dans un pays où l'on massacre pour qu'il n'y ait aucun incident pendant qu'ils concourrent. Pour un sportif, y participer, n'est-ce pas un peu être complice ? Et rappelons quand même que si pour certains il y a des mois d'efforts, il ne s'agit au final que de sport, tandis que les tibétains meurent ou que d'autres sont condamnés à de fortes peines de prison juste pour avoir exprimer une opinion.
4) Un boycott de la cérémonie d'ouverture ne suffit pas. Ce serait un message envoyé aux populations occidentales seulement. La Chine aurait ensuite 15 jours pour organiser ses Jeux et faire une propagande massive auprès de sa population.
5) L'argument selon lequel les milliers de journalistes internationaux sur place pourront enquêter sur place n'est pas valable. Combien de Chinois verront ces reportages, car c'est eux qu'il faut en premier lieu informer et soutenir. Que je sache, l'envoi de milliers de journalistes pendant la coupe du monde en Argentine n'a en rien soulagé la population locale.
28 décembre 2007
La mort de Benazir Bhutto
Tout d'abord, je veux rendre hommage à une femme courageuse, une combattante qui a lutté toute sa vie pour la liberté et la démocratie. Sa mort est évidemment un drame pour le Pakistan, mais aussi pour toute la région voire le monde entier.
Car il ne faut pas se laisser berner par l'activisme américain contre l'Iran. Les Iraniens font preuve d'une maturité politique et ont une évolution politique, culturelle et démographique qui les rapproche de la situation que l'on connaît dans nos démographies occidentales. Et le caractère religieux du régime n'y change rien. Il se peut qu'il y ait encore des changements en Iran, mais ce pays n'est pas facteur d'instabilité pour la région. Je me réfère en cela aux travaux du démographe et historien Emmanuel Todd.
Par contre, et à l'instar même de Todd, je crois que le pays qui sera source d'instabilité dans les années à venir est le Pakistan. Parce qu'il n'a pas encore fini sa transition démographique, parce qu'une part significative de sa population désormais alphabétisée a accès au savoir, parce que sa situation géographique, coincé entre l'Inde, l'Iran, la Chine et l'Afghanistan est critique, pour toutes ces raisons, il constitue le véritable danger pour la paix dans la région. Mais aussi, parce que contrairement à l'Iran, il possède la bombe atomique, et qu'il peut demain tomber aux mains d'islamistes qui n'ont rien à envier à Ahmadinejad.
Pourtant, c'est bien sur l'Iran que les USA jettent leurs invectives. Mieux, ils ont soutenu envers et contre tout le régime mafieux de Pervez Musharraf. Encore une fois, les Etats-Unis jouent avec le feu et mettent la planète en danger. Et dans tout cela, il y a, pour nous Français une nouvelle inconnue, quelle sera la position de Nicolas Sarkozy , et de la France ?
07 novembre 2007
La Birmanie, on ne sait plus où c'est !
Il y a quelques semaines, la révolte en Birmanie faisait la une des médias. Il faut dire que toutes ces manifestations menées par des prêtres en robe safran, c'était très télégénique. Et puis, suite à ces manifestations, et pour répondre à l'émotion créé par la violence de la répression, les grandes puissances de cette planète se sont manifestées, ont appelé à ce que l'ONU intervienne, à prendre des mesures draconiennes contre la Chine qui soutient la junte au pouvoir. Enfin bref, plein de beaux discours.
Mais depuis, le calme est revenu en Birmanie, les médias, les politiques, l'opinion en général, tout le monde est passé à autre chose. Pourtant, la répression continue, la liberté d'expression n'existe toujours pas, de forts soupçons subsistent toujours sur les autorités chinoises, ou sur le rôle de certaines multinationales, en particulier Françaises.
Malgré cela, plus rien. Pourtant, maintenir la Birmanie sous le feu des projecteurs aurait pu faire bouger les dirigeants internationaux. Mais la Birmanie n'existe plus, elle n'est plus intéressante du point de vue du seul registre qui fait désormais agir : l'émotion.
Cela devrait au moins nous faire réagir sur la qualité de notre information. Enfin, rassurons-nous, si la Birmanie a déserté les télévisions et les journaux, nous n'avons rien manqué du divorce des Sarkozy.
26 septembre 2007
Révolte en Birmanie.
Depuis plusieurs jours, le peuple birman se soulève contre la junte militaire au pouvoir, une des dictatures les plus dures et les plus violentes au monde.
Pourtant, cela fait 40 ans que ces militaires sont au pouvoir, et personne n'en parle. La Birmanie est quasiment ignorée des grands médias. Il a fallu cette révolte originale (donc médiatique), puisque menée par des religieux, pour que la situation de ce pays de plus de 50 millions d'habitants soit jugée digne de reportages pour le journal télévisé. C'est probablement moins intéressant que les vacances de Sarkozy.
Mais, si elle ne fait pas la une des médias, la Birmanie n'est pas non plus au centre des discussions internationales. Même aujourd'hui, alors que la répression risque d'être particulièrement sanglante, je n'ai pour ma part entendu aucun dirigeants des grandes puissances de ce monde demander une intervention de l'ONU, ou tenter d'intercéder auprès de la junte.
Mais, si on y regarde de plus près, le fait que ce pays soit abandonné à son triste sort est peut-être bien volontaire. Les Birmans sont certes pauvres, mais leur pays a bien des richesses Il est le lieu de passage de l'un des principaux oléoducs de la région, que la firme Total a pu construire dans des conditions plus que louche, avec l'appui de la junte. Par contre, les militaires font tout pour développer le tourisme de cette région très prisée par les occidentaux.
En outre, si on regarde une carte, on s'aperçoit que la situation de la Birmanie, coincée entre la Chine et l'Inde est géopolitiquement stratégique. Et comme par hasard, la junte est considérée comme l'alliée traditionnel de Pékin, et comme personne ne veut se fâcher avec la Chine...
Alors, pour toutes ces raisons, j'ai bien peur que personne ne bouge pour les Birmans, et qu'on les laisse se débrouiller seuls face à un régime sanguinaire.
P.S. : Au moment où j'écris ce message, j'apprends que le conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence. Tant mieux, mais on peut tout de même regretter qu'il faille des bains de sang pour que la communauté internationale intervienne.