Un indéniable succès ! N'en déplaise aux indécrottables optimistes qui se réjouissent trop vite que le FN fasse moins que le score que de pseudos enquêtes lui prédisaient, quand un électeur sur quatre se déplace pour glisser un bulletin d'extrême-droite dans l'urne, il faut regarder la vérité en face. Oui, le FN est fort, oui il a gagné des points dimanche soir.

Une victoire, et une dynamique, que l'on devrait malheureusement constater dimanche prochain avec le gain probable d'un ou plusieurs départements, ce qui voudrait dire que le FN a des réserves sur sa droite, mais aussi dans les abstentionnistes. Une dynamique surtout, parce que s'il stagne dans les zones où il est fort (entre 35 et 40 % dans le nord et le sud-est), il progresse fortement dans des territoires qui lui étaient jusque là plus hostiles (Bretagne, sud-ouest). Une dynamique enfin, parce qu'il fait des scores phénoménaux dans les villes qu'il dirige déjà, ce qui indique que par endroits, il s'agit d'un vote d'adhésion. Il n'y a avait qu'à regarder le sourire de Marine Le Pen dimanche pour comprendre que les raisons de se réjouir pour le FN était nombreuses.

Pourtant, à y regarder de plus prés, ce sourire était aussi un peu crispé. Parce que Marine Le Pen a bien compris qu'en même temps qu'une dynamique indéniable, c'étaient aussi les limites potentielles de son parti qui apparaissaient. En effet, pour la première fois depuis 2011, depuis qu'elle dirige ce parti, le FN n'a pas progressé en pourcentage. Il a encore gagné des voix, certes, mais sa part stagne. Pire, si on tient compte que des petits pans de l'électorat national ne votaient pas, des pans qui sont ceux où le FN est le plus faible (6 % à Paris à la présidentielle, 9 % aux européennes, 10 et 13 % à Lyon, 5 % à la Martinique aux deux scrutins, 10 et 14 % en Guyane, 11 % en Nouvelle Calédonie, 6 et 7% en Polynésie française, 6 et 9 % pour les Français de l'étranger, pour 3 millions et demi d'électeurs ptentiels en tout), au niveau national, c'est donc une baisse de 1 à 2 %. Légère certes, mais la première.

Des limites aussi, liées à l'abstention. Les résultats de dimanche soir sont sans équivoque : dès que le scrutin se nationalise, la dynamique FN est moins forte. Pour une présidentielle éventuelle, c'est une difficulté à venir.

Bref, le FN est toujours aussi menaçant, s'installe dans la durée, mais à peut-être trouvé un sommet (espérons-le maximum !)