L'UMP sort grand vainqueur du premier tour de dimanche soir. Une victoire qui devrait s'amplifier dimanche prochaine avec le gain probable de dizaines de départements. L'UMP a gagné, certes, mais c'est tout, parce que pour le reste, tous les problèmes sont devant elle.

A commencer par le manque d'envie qu'elle suscite. Son succès, elle le doit uniquement au discrédit de François Hollande et de Manuel Valls. Avec un score de 29 %, 36 % si on inclut les divers droite, elle réalise l'un de ses plus bas historiques. A peine perçue comme une alternance possible, elle n'incarne pas, loin s'en faut, l'alternative. Ce statut lui est disputé par le FN, où se réfugient nombre de ses électeurs. La droite n'attire pas parce qu'elle n'a pas de programme et n'a pas fait son aggiornamento sur ses années Sarkozy. Comment le pourrait-elle d'ailleurs puisqu'il est de retour à la tête du premier parti d'opposition.

Le FN reste son vrai problème, puisque moins de 24 heures après les résultats, il ressurgit sous forme de pomme de discorde. Quelle stratégie avoir pour le second tour ? Le ni-ni de Nicolas Sarkozy ne convainc personne et laisse place au brouhaha.

Pas de programme, pas de stratègie, et surtout pas de leader. Dimanche soir, Nicolas Sarkozy a essayé de récupérer la vitoire à son compte, mais les faits sont têtus, c'est bien la politique de l'alliance dès le premier tour avec le centre qui a payé. La stratègie d'Alain Juppé donc. D'une certaine façon, le premier tour des élections départementales était en quelque sorte le premier tour de la primaire à droite.

La droite a donc gagné, mais rien n'est réglé.