Depuis les attentats des 7, 8 et 9 janvier les France découvre horrifiée qu'une part de sa jeunesse, minoritaire certes, mais non négligeable, n'a pas adhérée au slogan "Je suis Charlie" et ne se reconnaît pas toujours dans les valeurs de la République. Pire encore, certains vont même jusqu'à justifier les actes des terroristes et d'autres se montrent forts perméables aux diverses théories du complot. Du coup, et c'est plutôt sain dans une démocratie, l'ensemble de la classe politique s'interroge pour tenter de résoudre le problème, de récupérer ces jeunes. Tour à tour, ce sont les prisons, les familles, les élus de terrain, et surtout l'Education Nationale qui sont montrés du doigt.

Pourtant, et c'est bizarre, personne ne s'interroge sur le rôle des médias. Je ne parle pas ici, de la façon dont ils ont couvert ces dramatiques évènements, ni sur le fait qu'ils focalisent l'attention sur ces jeunes en dérive oubliant au passage les millions d'autres qui ne posent pas problème. Non, je parle ici du contenu des programmes télévisés destinés au grand public, de l'omniprésence d'internet, de l'absence d'éducation à l'image.

En effet, l'une des caractéristiques de cette génération de collégiens et de lycéens qui arrivent est qu'elle est la première à avoir contenu le tout image, à être connectée en permanence, à être sur informée et surtout par les réseaux sociaux sans aucun filtre leur permettant de tout appréhender. Elle est la première génération gavée de télé réalité et de programmes n'incitant pas à la réflexion. Nous aurons la première génération d'enfants d'immigrés qui peut rester en permanence connectée avec les médias de son pays d'origine. Où est l'ouverture à l'autre ? Nous aurons la première génération qui ne lit pas la presse écrite. Où est la formation de l'esprit critique ?

Les médias, la télévision, internet, la radio, ne sont pas évidemment, la cause du problème. Celui-ci est multiple, gigantesque. Mais ils font parti assurément du problème comme de la solution. Pourquoi personne n'ose le dire ?