Beaucoup se sont insurgés contre l'absence officielle de Marine Le Pen à la manifestation. Cette polèmique venait accréditer l'idée selon laquelle les politiques de tous bords s'entendrait pour ostraciser le FN. Le sous-entendu, relayé avec tapage par le FN étant  que lui seul détiendrait la vérité. La vérité, justement, elle est bien différente, et elle n'est pas à l'avantage de Marine Le Pen et de son parti.

Quelques heures à peine après les meutres de Charlie Hebdo, Marine Le Pen rompait la sacro-sainte union nationale et faisait feu de tout bois, tentant surfer sur ce qu'elle pensait être un boulevard pour elle en récupérant l'évènement (lire ici). Ce fut la première erreur, celle de faire de la politique politicienne alors que ce n'était pas le moment, que l'horreur n'était pas finie et que les Français avaient besoin qu'on les rassure.

La seconde erreur est venue quand Mme Le Pen s'est offusquée de n'être pas invitée à la marche républicaine. Il est vrai qu'en tentant d'organiser la manifestation, Manuel Valls n'a pas été malin, lui offrant une polèmique sur un plateau, mais le malentendu a vite été levé par un François Hollande pour une fois juste tout au long de cette période (à l'exception de quelques invitations à la marche !). En déclarant que la marche était ouverte à tous les citoyens, il était clair qu'il s'adressait à la dame de Saint-Cloud. Las, elle a fait sa mijaurée, refusant de participer.

La vérité une nouvelle fois est toute autre. Il fallait une excuse à Mme Le Pen pour ne pas être de la partie. Elle ne pouvait pas décemment prendre le risque de se faire siffler tout le long du cortège, ce qui n'en doutons pas aurait été fort probable, et aurait été dommageable pour quelqu'un qui aspire aux plus hautes fonctions.

La dernière erreur enfin, est d'avoir défiler à Beaucaire, ville tenue par le FN, dans un rassemblement d'à peine un millier de personnes, composé essentiellement de militants venus parfois de loin pour la voir (lire ici). Ainsi, elle est apparue isolée, à contre-courant de ce grand moment cathartique qui se déroulait à Paris.

Le résultat de cela pourrait s'avérer problèmatique pour elle. Pas sûr que les Français lui tiennent rigueur de tout cela, du moins dans un premier temps. Par contre, elle a sous-estimé l'esprit de corporation des journalistes qui n'ont à l'évidence pas apprécié son attitude. Leur comportement à son égard risque de changer, la complaisance dont ils faisaient preuve risque de disparaitre. Ce serit même déjà commencé si on en juge l'interview qu'elle a donné à Jean-Pierre Elkabbach, loin d'être le plus virulent de ses contradicteurs (lire ici)