L'Espagne, le Portugal et la Grèce sont trois des pays qui ont subi le plus durement la crise économique et vivent des politiques d'austérité tout autant draconiennes qu'inefficaces. Dans ces trois la gauche radicale fait une forte progression aux élections européennes et l'extrême droite y est quasiment inexistante, ou bien à un niveau contenu comme en Grèce. Comment peut-on expliquer que la France ait connu un tout autre destin ?

Depuis le 25 mai, les tentatives d'explication de l'échec du Front de Gauche à récupérer la colère ne manquent pas. Des divisions apparues lors des élections municipales entre PCF et Parti de Gauche, à l'attitude d'un Jean-Luc Mélenchon qui agace certains en passant par un discours européen peu lisible, tout a été dit sur ce sujet.

Tout ? Presque ! Parce qu'enfin il y a un sujet que personne n'aborde. Le point commun entre le Portugal, l'Espagne et la Grèce est que dans ces pays, les médias n'ont pas déroulé le tapis rouge à l'extrême-droite au point d'en faire l'unique opposant au système. C'est une différence de taille et un problème crucial auquel il serait temps que le Front de Gauche s'attaque, car le problème du FN, est médiatique autant que politique.