J'ai voté Hollande en mai 2012. Oh ! je n'en attendais strictement rien, et de ce point de vue, je n'ai pas été déçu. Enfin, si quand même, parce que malheureusement, il ne s'est pas contenté de ne pas faire une politique de gauche, il a mis en place une politique parfois plus à droite que sous l'ancienne majorité. Autant dire que depuis l'élection présidentielle, j'ai eu maintes fois l'occasion de regretter mon vote.

Sauf que l'actualité politique de ces derniers jours vient, comme une piqûre de rappel, nous remémorer la raison pour laquelle il fallait voter Hollande, et donc la raison pour laquelle il ne faut pas le regretter : il fallait virer Nicolas Sarkozy du pouvoir, et toute la bande de mécréants qui gravitaient autour de lui et qui se sont servis de la politique à des fins personnelles (enfin la justice le dira, mais pour l'instant les soupçons sont plus que forts) ont sali le débat politique et contribué fortement à la montée de l'extrême-droite. Attention, loin de moi l'idée de tomber dans le tous pourri, et je reste persuadé qu'il y a à droite comme à gauche des politiques honnêtes et sincères, mais il faut bien reconnaître qu'en ce moment, il faut beaucoup de volonté pour s'en persuader.

Que les choses soient bien claires, on se contrefout de savoir où et quand Mme Taubira a été au courant des écoutes téléphoniques visant Sarkozy. En l'attaquant elle, la droite fait d'une pierre deux coups : faire diversion et discréditer une ministre dont elle a juré la perte dès sa nomination.

Les affaires qui se multiplient et la violence de la droite unie derrière messieurs Copé et Sarkozy viennent nous rappeler la violence des débats politiques pendant cinq longues années. Ces gens-là ne supportent pas la contradiction, ne rendent jamais de compte, n'hésitent pas à ressortir les thèmes les plus nauséabonds : bref, ils sont prêts à tout pour gagner le pouvoir. Je ne dis pas qu'au PS ils soient tous vierges de tout reproches, mais force est de reconnaître qu'on est loin d'atteindre les sommets de mauvaise foi et d'hypocrisie d'un Jean-François Copé ou d'un Nicolas Sarkozy.

Maintenant, je peux l'affirmer haut et fort, je combats la politique menée par Hollande et son gouvernement, mais je ne regrette pas d'avoir voté pour lui. Mieux, alors que dans ma ville je m'apprêtais à voter blanc dès le premier tour puisqu'il n'y a pas de liste parti de gauche (le PCF a là encorechoisi de s'allier au PS), je voterai donc pour la liste PS Front de gauche dès le 23 mars, l'objectif étant que la victoire de la droite soit la moins forte possible au plan national. Virons tous ces affairistes !