westlake couperet

Burke Devore, il y a encore deux ans, menait une petite vie tranquille. Cadre supérieur dans une fabrique de papier, un petit pavillon, une femme qui l'aime, deux enfants sans problèmes, bref, tout allait bien jusqu'au jour où son entreprise s'ést délocalisée au Canada et où il a été licencié. A cinquante ans, difficile de retrouver du travail, qui plus est dans une branche en pleine crise. Il a beau chercher, il ne trouve rien, ou alors des postes peu intéressessants eu égard à son expérience. Tout se met alors à dérailler pour. Il devient aigri, sa femme le trouve, et son fils se met à voler les jeux vidéos que son père ne peut plus lui offrir. Il est temps pour Burke de trouver une solution, ce qu'il va faire, de façon radicale : postuler à un emploi où il sera sûr d'être pris, puisqu'il aura tué tous ses concurrents.

Dans le roman policier, Donald Westlake a beau être le prince de l'humour noir, cette fois-ci, il fait fort. Dans un monde où le libéralisme fait rage, où il n'y a plus aucune morale, Westlake décide d'appliquer les méthodes libérales à son personnage pour lui permettre de retrouver du travail. Ainsi, c'est le chacun pour soi qui prime, les autres ne sont plus que des concurrents potentiels qu'il faut éliminer, à n'importe quel prix. Pas question de sympathiser, même si pour certaines d'entre ses victimes il aurait pu. Non seul compte pour lui de retrouver du travail, et surtout de retrouver sa position sociale.

Derrière cette histoire, Westlake décrit surtout les ravages du chômage sur le couple, la vie de famille, la vie sociale. Chacun des crimes que commet Burke est l'occasion de livrer une charge incroyalbe contre un système qui se moque de ceux qui le font tourner, pour qui les Hommes ne sont qu'une variable d'ajustement comme les autres.

"Le Couperet" est un livre jubilatiore, cynique à souhait, qui démonte implacablement le système capitaliste, tout en étant jubilatoire : qui n'a pas rêvé un jour de tuer certains de ses collègues un peu encombrants ?