Les sondages nous manipulent, c'est désormais une certitude. Il n'est qu'à regarder d'un peu prés la façon dont les questions sont posées pour s'en convaincre. Ils nous manipulent certes, mais il arrive parfois que la réponse à la question échappe à ceux qui la pose et à leurs commanditaires et qu'elle ne corresponde  pas à ce qui était attendu. Il faut donc alors la complicité des journalistes qui décident de passer sous silence une enquête d'opinion ou de lui donner un écho moindre.

Imaginons un instant que la cote de popularité du président de la République continue de dégringoler et de battre des records dans la baisse, vous ne manquerez pas d'être informés. Mieux, imaginez une percée du FN ou de sa présidente dans l'opinion, non seulement on vous le dira, mais il y a fort à parier que des experts seront convoqués pour vous expliquer le phénomène. Après tout, pourquoi pas, mais à condition que cela soit toujours le cas, quels que soient les résultats du sondage.

Or, il se trouve que le dernier baromètre politique mensuel de l'institut CSA pour le journal Les Echos a peu fait parlé de lui dans les médias. On a bien dû vous dire ici ou là que les cotes de popularité du Président de la République et du Premier Ministre continuaient leur effondrement. Il y a quand même des fondamentaux dont il ne faut pas s'éloignement. Pour autant ce sondage comportait une seconde partie également pleine d'enseignements, et curieusement complètement passée sous silence.

L'institut CSA, comme chaque mois, mesure donc la popularité des principaux leaders politiques de ce pays. Et on y apprend que Mme Le Pen enregistre une baisse conséquente de 3 points, ce qui en un mois est significatif. Elle atteint même son résultat le plus bas depuis plus d'un an. Mais rien, nada ! Quand la même Mme Le Pen 5 mois plus tôt battait des records (à relativiser quand même puisque globalement les deux tiers des Français lui sont toujours restés hostiles) c'était le branle-bas de combat médiatique. Mais quand elle est à la baisse, ce n'est même plus une information !

A l'inverse, ce mois-ci, c'est Jean-Luc Mélenchon qui voit sa côte de popularité remonter sensiblement( 3 points). Là non plus, pas un mot. Il faut dire que cela aurait obligé la plupart des journalistes à s'expliquer, voire à manger publiquement leur chapeau, puisque depuis la manifestation du 1er décembre, ils sont nombreux à ne pas avoir ménager leurs efforts pour nous expliquer que le leader du Front de Gauche était isolé, coupé des Français et des réalités du pays. Il faut croire que les Français pensent autrement et que le fait que le Front de gauche soit le seul parti à parler tout le temps du pouvoir d'achat commence à payer.

La connivence entre milieux médiatiques et politiques n'est plus à démontrer, mais il est bon de la rappeler de temps en temps. Elle est en grande partie responsable du rejet des élites dans ce pays, rejet sur lequel surfe le FN, avec l'appui des tenants du système. Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche ont donc raison de tenir bon sur leurs convictions et de ne rien céder aux médias. Ce sondage leur donne d'autant plus raison qu'il est resté lettre morte dans la plupart des rédactions.

Pour consulter le sondage, c'est ici.