Jean-Luc Mélenchon a encore surpris son monde en proposant une marche pour une "révolution fiscale". Encore ! pourrait-on dire au premier abord ! Après la mise à jour des divisions profondes au sein du Front de gauche, après une séquence qui dure déjà depuis plusieurs semaines et où le Front de gauche, et donc Jean-Luc Mélenchon, n'arrive pas à faire entendre son projet pour le pays, laissant ainsi le champ libre au Front National, l'annonce de cette troisième marche depuis l'élection de François Hollande, pourrait apparaître comme une énième tentative pour tenter d'exister médiatiquement. Sauf qu'à bien y regarder, cette proposition est judicieuse et tombe au bon moment.

La politique fiscale, c'est le nerf de la guerre, l'alpha et l'oméga de toute politique.  François Hollande s'est justement fait élire en partie sur sa volonté de réformer la fiscalité française, de la rendre plus juste, plus équitable. En 18 mois, non seulement son gouvernement n'a rien fait allant dans ce sens, mais il a multiplié les hausses d'impôts et les taxes nouvelles qui toutes touchent essentiellement les classes moyennes, alors que les plus riches, les grandes entreprises sont en grande partie exonérés de l'effort demandé aux autres. Cette injustice est tellement ressentie que la colère face à l'impôt cristallise toutes les rancoeurs, or, et Jean Mélenchon le sait plus que d'autres lui qui est féru d'histoire, dans ce pays ce sont justement les impôts qui sont à l'origine de la plupart des émeutes, jacqueries et autres révolutions. Sa marche sur ce sujet arrive donc dans le bon tempo.

Mais il est d'autant plus temps de se manifester que la colère contre les hausses d'impôt a malheureusement été en grande partie par la droite, et est en train de se muer en colère contre l'impôt. Or, l'impôt sur le revenu, tel qu'il est conçu en France, est une idée de gauche qui a permis une certaine redistribution des richesses. La redistribution, ce n'est pas la priorité de la droite, encore moins celle des fameux "bonnets rouges" bretons, qui eux, au nom d'une hypothétique compétitivité réclament une baisse drastique des impôts, oubliant au passage que cette baisse ne peut se faire que sur le dos de la qualité des services publics, alors que ce sont justement eux qui tiennent encore ce pays à flot en ces temps troublés et moroses.

Il était donc temps qu'une autre voix se fasse entendre. Une voix qui défende l'impôt pour ce qu'il devrait et aurait toujours dû être : un instrument de justice et d'égalité. Il est temps d'aller dans la rue et de faire savoir qu'il est possible de faire une fiscalité qui relance la croissance, qui soit juste, équitable, et surtout acceptée de tous.

Le 1er décembre, je serai dans la manif pour une révolution fiscale !