Cela fait bien des semaines, voire des mois que l'on a l'impression que la gouvernance Hollande se délite, que cette majorité en est de moins en moins une. Mais là, depuis quelques temps, force est de reconnaître que les choses s'accélérent et que l'on voit vraiment mal comment ce gouvernement va faire pour tenir au moins jusqu'aux Européennes.

D'abord, il y a eu l'affaire Leonarda. Une affaire d'expulsion comme malheureusement il y en a plein dans notre pays, montée en épingle par les médias, un gouvernement qui panique et un président qui croit bon d'intervenir alors que rien ne l'y obligeait. Une intervention, surtout, où en voulant ménager la chêvre et le chou, il a sapé un plus la fonction présidentielle et le peu d'autorité qu'il avait.

Puis ce fut (c'est encore d'ailleurs puisque ce n'est pas fini !) la fronde bretonne, un mouvement hétéroclite regroupant des mouvements aussi divers et incompatibles que le NPA, le MEDEF, le Bloc Identitaire, La FNSEA, ou encore les indépendantistes bretons. Cette rebellion, certes contestable sur le fond, en dit cependant long sur sa forme : une part croissante du pays est à bout de souffle, en colère, il règne dans certaines régions de ce pays un climat quasi insurrectionnel.

Le dernier mouvement notable a eu lieu ce soir. En apparence plus anodin que les autres, il est peut-être au plan politique celui qui a le plus de signification : le Sénat a voté à l'unanimité contre la réforme des retraites. A l'unanimité ! Cela signifie donc que la totalité des sénateurs socialistes ont voté contre. Désormais la fronde touche ceux-là même qui sont censés soutenir le président.

Je résume  : un président affaibli et sans autorité, une colère populaire qui éclate par endroits, une majorité qui se lézarde de tous côtés, si tous les éléments ne sont pas réunis pour un bon vieux soubresaut populaire comme seul notre pays en est capable, je n'y comprends plus rien !