Ariane Felder est une jeune jeune ambitieuse du parquet de Paris. Son métier est toute sa vie, à tel point qu'elle a renoncé à l'amour et même à avoir des enfants. Pourtant, tout s'écroule lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte de 6 mois et que le père n'est autre qu'un dangereux cambrioleur accusé d'un crime atroce : il aurait découpé les membres de sa dernière victime à la meuleuse et lui aurait ensuite mangé les yeux. Bref, pour Ariane, c'est un cauchemar, qui ne fait qu'empirer quand elle se réveille avec le fameux cambrioleur au pied de son lit et découvre qu'elle est en quelque sorte son otage.

Jubilatoire ! Ce film est jubilatoire ! On le savait, Albert Dupontel a un univers bien à lui, fantasmagorique, déjanté, il l'avait déjà montré dans ses films précédents. Mais jusqu'ici, si dans chacun de ses opus il y avait des réussites visuelles réelles, des gags désopilants, le résultat final était toujours mitigé à cause du côté un peu foutraque, désorganisé. Dans "Neuf mois ferme", ce n'est pas le cas. Dupontel maîtrise enfin son art ! Surtout, cette fois-ci, on sent qu'il a apporté une attention particulière au scénario. Il y a enfin une vraie histoire et non plus un succession de gags. Un scénario qui permet tous les gags possibles et inimaginalbles mais qui en même temps maintient un vrai suspens, digne des meilleurs polars.

L'autre force de ce film réside dans le choix des acteurs, et notamment dans celui de l'actrice principale Sandrine Kiberlain, énormissime dans le rôle de la juge d'instruction. Elle a une vraie puissance comique, parce que justement, elle ne cherche jamais à faire rire. En plus de Sandrine Kiberlain, on retrouve quelques uns des fidèles d'Albert Dupontel : Philippe Uchan, Philippe Duquesne, Bouli Lanners et surtout Nicolas Marié, génial dans le rôle de l'avocat bégue et incompétent, dont la scène finale au tribunal devrait devenir culte. Albert Dupontel à ce génie de renouveler ce qui a longtemps fait le charme et la force du cinéma populaire français : les seconds rôles, ou ce que l'on a communément appeler les troches ou les gueules de cinéma. A noter aussi la présence au casting de Jean Dujardin, Yolande Moreau ou Terry Gilliam pour de simples apparitions certes, mais qui valent le détour (mention spéciale à Terry Gilliam !).

La présence de Terry Gilliam au générique ne doit d'ailleurs rien au hasard. Le réalisateur Britannique, bricoleur de génie, déclarait dans les bonus du DVD du film précédent de Dupontel ("Le Vilain"), que le cinéaste français était l'un des meilleurs au monde, l'un des plus novateurs en tout cas. Sur certaines scènes, notamment celles où Dupontel imagine les différents scénarios possibles, on se dit qu'effectivement il y a une filiation entre les deux et que Dupontel est avec le duo Kervern-Delèpine, ce qu'il y a de plus fécond dans le cinéma français aujourd'hui (Dupontel fut d'ailleurs la co-vedette de leur dernier film).

Bref, courait voir "Neuf mois ferme", enfin une comédie française drôle, dérangeante et qui en met plein la vue, au propre comme au figuré !

9 mois ferme - Un film d'Albert Dupontel

 

Et un petit bonus, une scène du film, où Sandrine Kiberlain est époustouflante.